<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="14178" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/14178?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-30T02:41:27+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="56239" order="1">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5d03856a746d9f467445231234c57ef0.jpg</src>
      <authentication>d9b4c490c90f4f517ad79749ff981d57</authentication>
    </file>
    <file fileId="58368" order="2">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fd5f2df8f74809f8b5addeca451a8bea.jpg</src>
      <authentication>ef63be9a399903efbc308d5a98a851b7</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915617">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58369" order="3">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4a5eecd025cdf9630e891ae14f0e60e0.jpg</src>
      <authentication>733a5b32a8e5eeba61cfb0d2993f0ace</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915680">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58370" order="4">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/310ca45aa76185b0c1b495c18086ddf2.jpg</src>
      <authentication>0901c2af9cc4910e2aa2c21b11508b82</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915711">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58371" order="5">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/74c2caf24387283c5fca45ea1d680263.jpg</src>
      <authentication>d911e1f28b18cd6d04a84e22ddf9d3b2</authentication>
    </file>
    <file fileId="58372" order="6">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/511e7221269afac59d60ba57488779d9.jpg</src>
      <authentication>b318c8fb0007335675067a694b8c6629</authentication>
    </file>
    <file fileId="58373" order="7">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d086f3903ff43c052bf05545df1e428e.jpg</src>
      <authentication>531ae0afc3820f45ccf2dac4b9b2142f</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915836">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58374" order="8">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/95923112a1bc8b1f111205f26d5dc263.jpg</src>
      <authentication>a6b529156e9ab9f553b14e6b6608701a</authentication>
    </file>
    <file fileId="58375" order="9">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b210c89424ff5b174a7a9fc004fe8a5c.jpg</src>
      <authentication>ccd39e09e1bcc8e37f6f612244ab0031</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915900">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58376" order="10">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3b4286be1688d835c7728905e2b94569.jpg</src>
      <authentication>a120a44e8d2be43247fbba2592fa664c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915931">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58377" order="11">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/051f0dcab48bf44f2f3f133a10664eb2.jpg</src>
      <authentication>9646ba1e88927488d0c890b4ccaf7555</authentication>
    </file>
    <file fileId="58378" order="12">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1d79ea0103295ff325068f2df49c4b36.jpg</src>
      <authentication>e604db12839663dcbed59d2ed590e7eb</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915985">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58379" order="13">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d0476c3b8887c7265d36caf272435629.jpg</src>
      <authentication>5f172da276ba0d2a403cd817b043e6a1</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916017">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58380" order="14">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fefac5905bc0f1a7d1b0b8d16bae578a.jpg</src>
      <authentication>80e7038c27edbdb11e4aec2769e8756a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916049">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58381" order="15">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2d7fb0b381f9e31e550316d5236bcb5b.jpg</src>
      <authentication>4f8b5e8e215d6f7128ca334e7a455d21</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916080">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58382" order="16">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/cf59e1974e19d35e4e9609b6a9982593.jpg</src>
      <authentication>0f7c3ea734838c4961e3a0d713ff23da</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916113">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58383" order="17">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d827482807faa370de4155e02d869c0e.jpg</src>
      <authentication>1a56b3494d60d0ee11979d5427498d6f</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916176">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58384" order="18">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3216724bb8619b52148bf314d50df34f.jpg</src>
      <authentication>68c29a0045f718a1b43ee08b24ffec55</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916239">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58385" order="19">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5898180548bdc089a2e67c6e2ca80135.jpg</src>
      <authentication>f9c7d18141c8a0d0c7e646076f5af7ce</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916273">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58386" order="20">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/dea3ef888bc03378c01f24738f5546eb.jpg</src>
      <authentication>5f4c6d955a95f8dca2d9ee7c1736fbbd</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916305">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58387" order="21">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/51d4e8c41c1b1c2832b3358039c20009.jpg</src>
      <authentication>156999001867d1083f407e6aa9ba6695</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916337">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58388" order="22">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a31352571f2505b4b4c00e3583afa701.jpg</src>
      <authentication>64fe73e3d851a76e347f23ee7aff8b01</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916369">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58389" order="23">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fabc00ab606282118ecd664015cc7d87.jpg</src>
      <authentication>beb594ad12b0c03bda0bd3fd4073f080</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916400">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58390" order="24">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/27d7c61bfbf4c1bc6bd6223b99982d94.jpg</src>
      <authentication>e364a0ae116e09ba8181357992d069ac</authentication>
    </file>
    <file fileId="58391" order="25">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5fba5fff84dd1e1ffa38db4c7d6c8df5.jpg</src>
      <authentication>a2febcd258fd741ef5e0455ed17fb7df</authentication>
    </file>
    <file fileId="58392" order="26">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/88740f76a66050b1d4bc6e54bb5b60c6.jpg</src>
      <authentication>3e7ed5d0717f3bbaeadfa0304d86b63e</authentication>
    </file>
    <file fileId="58393" order="27">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/99234ae932571511f189e23e4d3278f2.jpg</src>
      <authentication>60d18b7583021cb543f972850ab4e377</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916526">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58394" order="28">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4c1b7c80a4fa319db9fa222aeb1ecd78.jpg</src>
      <authentication>734cb429bfb550feb09e55b14578f5c7</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916561">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58395" order="29">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/07f0aa286678c54940a768fee9062908.jpg</src>
      <authentication>6343b24656d9bf7b01cb15b120a49405</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916626">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58396" order="30">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/15e45bcb7caf6898659d57720ebc4021.jpg</src>
      <authentication>001b9bd8420a8d0d6afb3139c229a90c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916657">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58397" order="31">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e4d86a80a920d61c20d4014633c4a59b.jpg</src>
      <authentication>5e5bc58972c4443189315d5b5573f41b</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916688">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58398" order="32">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e57f953b8a1d4e93a6f0a7f8b63871a8.jpg</src>
      <authentication>7acf29149ef14e2f1dc98b3516251c34</authentication>
    </file>
    <file fileId="58399" order="33">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/93291c8fac5e268bdab5e25dfa96d776.jpg</src>
      <authentication>04fa323abf429b3e9c2adbbb2cef6f07</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916754">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58400" order="34">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/023a553cf1fe6ce72a4684074081a77c.jpg</src>
      <authentication>7d2c5cf4c27462787d5e1d1c599c47fd</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916791">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58401" order="35">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5810f69eb281f9abcd72662723b513ab.jpg</src>
      <authentication>eddea45c2082b8487598e3ad21e34ef7</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916855">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58402" order="36">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/54749be968d89202e4b7f317056f084b.jpg</src>
      <authentication>3774cd8b18100348acffb986c527d4ed</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916886">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58403" order="37">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/41bcc65008eea79189583ad8aecc902a.jpg</src>
      <authentication>fbc19baa7eaf9be5998e627fc3569082</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916921">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58404" order="38">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/535af497734200be6011bf764e000339.jpg</src>
      <authentication>1f3b217111a61bf5d9214f093d7e8482</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="916957">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58405" order="39">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/32bd3e6bb0d34f48c9db41a204593061.jpg</src>
      <authentication>14fc5bd87982e9930d96b2d4b9e2946e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917024">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58406" order="40">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9c28622dcc61e3be943810d0e25cec4e.jpg</src>
      <authentication>a64fdecb4b7c7c4309593dbb8f58e9ab</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917087">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58407" order="41">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/93c66b84abeb8c57f2c84315712123c3.jpg</src>
      <authentication>10f2c9777a46c22d165658b199e3ed7d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917123">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58408" order="42">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b80c5c197d4e6b1a57a03005b313d416.jpg</src>
      <authentication>f602de0fa5204566a0ca398c11f6cbd8</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917186">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58409" order="43">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bbdb85d4213964e015e0b4a7c53ee6f7.jpg</src>
      <authentication>1c983f126e8c0a7790157c8e02e56ba6</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917249">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58410" order="44">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/aa7e5012992d2d6b85d7c8ac05d8a185.jpg</src>
      <authentication>afcf5ad64d4ab0a2978d68da36cd8b1d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917282">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58411" order="45">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/797f754f4e35241e93e1525c9eb046d5.jpg</src>
      <authentication>724de8f1d46dee36f65d96c52dbbd362</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917319">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58412" order="46">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5618478aea47b32db286d88ee8e10ccb.jpg</src>
      <authentication>37a138a4a19ddcda445197c9612b1151</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917383">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58413" order="47">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2df32b067c7451fe116d57d7e90c1796.jpg</src>
      <authentication>d4f968b9ead3fd2895b5b13f2197bc8e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917414">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58414" order="48">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b8510caded43bd965d5db04deb74581c.jpg</src>
      <authentication>b078f3a24f5af38d97dbaaa3c53ee7f0</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917448">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58415" order="49">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bb0a324853f64558f4a85760caa1b52d.jpg</src>
      <authentication>5b0a7222f89309d088da65acf0e87a34</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917480">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58416" order="50">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/140367b24a28430ca75fcc5b9f11cc18.jpg</src>
      <authentication>94fbeb0ed4ec54fc34a561b54c336cf0</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917513">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58417" order="51">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/37a1c04eae054709be3957a401012c8e.jpg</src>
      <authentication>2091e43b489b61b3efff48987236a918</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917577">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58418" order="52">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/74c4c9164a32500dbc297afed808e75a.jpg</src>
      <authentication>bc60207f3b5750b872bea5c70aba101f</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917612">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58419" order="53">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/564571fd4d5993f2b3ba3f0d6379bb22.jpg</src>
      <authentication>80be3acfc71c83e92933a3116a5f7ce3</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917643">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58420" order="54">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f4af42769a0b51ff9a75025302fe44dc.jpg</src>
      <authentication>a52d141bdd6875d1d1af31dbd6f92514</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917679">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58421" order="55">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9219707d009b4236e85daf665d04a4d0.jpg</src>
      <authentication>61a358b798e2c02a1c51dad1189269e8</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917714">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58422" order="56">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4ac2fb03158a898097ad3219d8b79095.jpg</src>
      <authentication>26438359411a3ec23849e6031fea7c02</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917777">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58423" order="57">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5bd2b6fe6f9a31329bb1d49b8036708a.jpg</src>
      <authentication>eabea31a566696fbb326f560d3a4ad23</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917840">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58424" order="58">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/80decc5fbf50b15553e26ea3b4a09cad.jpg</src>
      <authentication>a26085c2c2ce57ab76ba6657af456378</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917875">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58425" order="59">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/47099cb5a48af3dafa881aef676c824f.jpg</src>
      <authentication>5d40a554097e1aa5da12d274d77eb395</authentication>
    </file>
    <file fileId="58426" order="60">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8d10a8082574cf0ff2e696a9dc4abd80.jpg</src>
      <authentication>f65dbfb4f308cc8dcd8cadfadab3563d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="917971">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58427" order="61">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/72ec5ece38dca9aaf1f0f5157a0ab94b.jpg</src>
      <authentication>a6ac56e6c4dbc08cafce7f7318dcefd9</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918002">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58428" order="62">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d7b4c2b83b893f9d7c9f58e09b031dfc.jpg</src>
      <authentication>9d881bc9f8ea5eaceb52c578fc97d853</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918038">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58429" order="63">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d254072b3dc06d7c1eb5a4abcfc3fc80.jpg</src>
      <authentication>a670956c4c2e6980af8b379046afc267</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918101">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58430" order="64">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1539e43289ca6a6d2ee29ccff9d64b5c.jpg</src>
      <authentication>181d2b3a41f2a503fb91b75cb467885c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918164">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58431" order="65">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b8a15625a3af98e03a7f6624b3187ef2.jpg</src>
      <authentication>f1c3df305275bafd907ad8d53666b10e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918228">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58432" order="66">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/091c53aa6724f6a8e2f10968d8f6bc29.jpg</src>
      <authentication>ff22d35f8f640dfa61a58fd48d7f1b83</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918291">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58433" order="67">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1943f06700ce405e5742ab92346dc5b2.jpg</src>
      <authentication>0fb7ac9e04f959d87cd58e8be4dbd8ff</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918322">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58434" order="68">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f2a3cfcc4358b2e4b2dfb035cc5222a7.jpg</src>
      <authentication>87d37f6b26d8ae8ca103080160991489</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918353">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58435" order="69">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5a70c0474301e5f51c8be9f954cc016f.jpg</src>
      <authentication>9d0c3cd636626ea01535c04700032d0d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918384">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58436" order="70">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3dced52b58f981c0863a8f9c0a8779fa.jpg</src>
      <authentication>4fbdd0996dfaf773c68bc56c48290099</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918418">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58437" order="71">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/cf747cf8c76e5c999b33519aa1203c18.jpg</src>
      <authentication>69e8e56e907a145d5707659928858d34</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918483">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58438" order="72">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d500d0bee50ef81c83466e43e79ba0f3.jpg</src>
      <authentication>a6f8bf766905543a4d4d3b1dfa57817f</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918546">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58439" order="73">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a2c3aa24a6d7de046bf973a754815b51.jpg</src>
      <authentication>150e3b1b766698a3a845ee5a6099dab5</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918578">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58440" order="74">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c745fea889ff5451d71f49bcf076d580.jpg</src>
      <authentication>9aba9fd4d5310ef982bbc23ccfe53698</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918641">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58441" order="75">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/72bceaaf88c901e2d0eed20fe5715413.jpg</src>
      <authentication>3ccf3aec7437f9809ed628c8f6ebd9f3</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918673">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58442" order="76">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/982861740a5f03d698f7d3b76a0db9b8.jpg</src>
      <authentication>6d634f21409e8583e9e6cfd74effd588</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918710">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58443" order="77">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a6bed3aa7e6a101da85887fb1cd7dba7.jpg</src>
      <authentication>4dda2e092c7c058880a8930430f1c732</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918773">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58444" order="78">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3887ed3e3fbc323b0837ebdd555ce074.jpg</src>
      <authentication>5796230f356219207d1f3b72e87e6f8e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918804">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58445" order="79">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9f53985762ddd1af4a7164ae900fac8c.jpg</src>
      <authentication>751218ff620930faa72d9ad812608131</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918867">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58446" order="80">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ac4b71031735e9741cf9dbdb8b24457a.jpg</src>
      <authentication>c218a23621baee625ed4cbbca57862ca</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918930">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58447" order="81">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0ea78ce65fafc8d0241279d5d8fd4a92.jpg</src>
      <authentication>76e049cbc282adda73de17be6840629b</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="918968">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58448" order="82">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ce18c9ce040426a2fb88807d30e49025.jpg</src>
      <authentication>46351485223f6b0d0854f16f9b6c2163</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919031">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58449" order="83">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ff9bc1615783bbd7b71c637522048d5b.jpg</src>
      <authentication>2e9a73d32d609a74a0b77bc99dee109c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919065">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58450" order="84">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6b741e238a90f8d9e80b9ed6b75c4b42.jpg</src>
      <authentication>5e46996b35c801eda9082db490fa78d6</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919128">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58451" order="85">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c6fb232f7a587a114fc5677099724f40.jpg</src>
      <authentication>68c749b51004216cb26a69b331b1e6b9</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919159">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58452" order="86">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/dd6a15a90c58aacc9f31544ff60bf2bb.jpg</src>
      <authentication>faa94169233189206b1edf7d7a574f28</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919195">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58453" order="87">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f63ded3a89235e4aa5c63b070d441891.jpg</src>
      <authentication>b81cfdd35257517cbcaf98caac84aa2e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919258">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58454" order="88">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0fc9af31a27d3b06f4a99414f2b5d72a.jpg</src>
      <authentication>846903ad09c5376dd9fb10da2d91d71c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919325">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58455" order="89">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9d0261626466c893c4a8e2dc7616c7d7.jpg</src>
      <authentication>841ddad9717d0937a9b61a766490a10d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919388">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58456" order="90">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/210b0c2aeca0db4937242bb23963f75b.jpg</src>
      <authentication>af8976e9059601a21b62846d48734e2b</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919431">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58457" order="91">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c0bc152efebb517f51d86e6ebdeee9ed.jpg</src>
      <authentication>576715a9a39b61bc36c4abfc6e6faf0e</authentication>
    </file>
    <file fileId="58458" order="92">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/cc2dce7b50cafda5f5ab2d8dd6a0995d.jpg</src>
      <authentication>0ca3a400236cae8d144679798d394f4b</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919476">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58459" order="93">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/99209d52f96e185332eeed75af3ee607.jpg</src>
      <authentication>946c978a96edc66d7e8fd14c5f68b001</authentication>
    </file>
    <file fileId="58460" order="94">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/587a24e4797c40049df29b25e6627c49.jpg</src>
      <authentication>326e6d0e03723ffcb51694cf77bd6e9d</authentication>
    </file>
    <file fileId="58461" order="95">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5683fb8111cd957435c146aa75d008c2.jpg</src>
      <authentication>9f3891d02349a5a48a5e8567a589e588</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919601">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58462" order="96">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a30732cef7a90f86e5aeeb3ce6cac272.jpg</src>
      <authentication>46a23f4bed9d11eea515d95edaab45a8</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919636">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58463" order="97">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/27ea4dd209a1ceba536cd40a578f4704.jpg</src>
      <authentication>5479ba0244e508afe96d11d01ab0a0b1</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919667">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58464" order="98">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bb336d39802b52a664cd40c9d49bec42.jpg</src>
      <authentication>860e74edb7e6797bbb70a11741c82fd4</authentication>
    </file>
    <file fileId="58465" order="99">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a077fb02af4f508437b00ae85cc3d74b.jpg</src>
      <authentication>1c2c6345aadc90017803408c2806b7d4</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919729">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58466" order="100">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/24175a0d0f9b174e950ba0a5a72c21ee.jpg</src>
      <authentication>da28da6e2bb00ad7e29db4496ae719db</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919792">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58467" order="101">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6dd03c923d9e45a39e5483148bdf9474.jpg</src>
      <authentication>65ef71684cdf92d90d777f0ff1b71705</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919824">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58468" order="102">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d5ef59d6f6b714930bfb23200b235b42.jpg</src>
      <authentication>cd35f552c84f92d72fa47966f2d74f4a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919896">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58469" order="103">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/67e88313e2b33b7500cb3ff894059dac.jpg</src>
      <authentication>3cc3d0a6bbd12046c93594f6918b9fe3</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919927">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58470" order="104">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/814788a32255a02bf6e34261481f09c2.jpg</src>
      <authentication>6a8edc964e511d788b09c0c058a1af85</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919958">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58471" order="105">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2cc5effe89ae43ca425de169cc6f901a.jpg</src>
      <authentication>674f6a581bc2afc3964d20b994fa280c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="919995">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58472" order="106">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/403b37fe5ab991170aa252f6a654b748.jpg</src>
      <authentication>92a78b75aacd1cb2b3596bea07a81fd4</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920058">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58473" order="107">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4a968cf41f0fdbfc5d2e598fdcd38f71.jpg</src>
      <authentication>0e09fcf0f7a4d07a6fed2d4eb076318c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920121">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58474" order="108">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3ee92cd6f49216ac3bba82ea07176427.jpg</src>
      <authentication>7a89929aa95c29afea23ff48a57fb440</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920155">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58475" order="109">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ba1e4a772181e0eeff71afbaf79dd34d.jpg</src>
      <authentication>bb1f95f2d848fe385c21fdf22ad1a2e1</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920218">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58476" order="110">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d7750d5dce86e49109a5524f936d08ae.jpg</src>
      <authentication>fd713ae85488740010f833dcd0a9e489</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920250">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58477" order="111">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8c64de10f9b7eb2a01abf440baef1987.jpg</src>
      <authentication>882f65bb9e8c056ddb51bb86d1b848b0</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920282">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58478" order="112">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fb41c0873e7f69b73b2d4e990ffc2c4c.jpg</src>
      <authentication>7becae0bd8e5b63381c2f291fe8c5916</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920313">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58479" order="113">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/228182e894b6e5ce3141c519807fb31b.jpg</src>
      <authentication>fd9893e6932d100c79debbdc68c5c9f2</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920350">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58480" order="114">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/313dd66d31cc23b2ab35d8814aac2268.jpg</src>
      <authentication>c08e5c3f70a08419ba2523725c9c020d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920413">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58481" order="115">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b23f7a9b750de96a7e96108d48c0309b.jpg</src>
      <authentication>46c9ffbb7f3ba191d83da37b7ffff7dc</authentication>
    </file>
    <file fileId="58482" order="116">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a8e297e319abd028e86e6cba4a88c768.jpg</src>
      <authentication>dcecfc4033d1b2472426216ce7e5880f</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920451">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58483" order="117">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9f4dfe8f904af57b6237a7523b7937b5.jpg</src>
      <authentication>fcf17a8a106d664e5206eb6f9e4ca657</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920482">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58484" order="118">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/dbc88ac762caca808f7108a74a89c50c.jpg</src>
      <authentication>b8c142ce0fb15220cd102e161e9e7167</authentication>
    </file>
    <file fileId="58485" order="119">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/60005d72d55ba377e91bd8ea705ac2f1.jpg</src>
      <authentication>946974547c4082262facb1c1f2fd302c</authentication>
    </file>
    <file fileId="58486" order="120">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0794fb7f3b43c43c6b43c26b161134a7.jpg</src>
      <authentication>7d252160ed803f079ba7d6b226c0bf51</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920580">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58487" order="121">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/7df70030d8d79dc0f7c420f3f597ab30.jpg</src>
      <authentication>9ebd9dfb2a89f86229b42dfd8b34f0c7</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920612">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58488" order="122">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d131a64e8b5834e451bf4c7d5d30b4d5.jpg</src>
      <authentication>00a8531ffc04fb301efa7a90c6d9243e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920648">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58489" order="123">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8c2d1a3196068f2003bad7e0b4f89d35.jpg</src>
      <authentication>8e7a3165352e850519ae8084c2861983</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920681">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58490" order="124">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b29a971513c90bc92f126dbea6d05dd5.jpg</src>
      <authentication>f44669acc3f70bcb4c9e76b72923bb6a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920744">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58491" order="125">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/91199ff0c27a5e6dfbc96979a19094d7.jpg</src>
      <authentication>d25f2396b2bb6663373e390d4b33b4e4</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920776">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58492" order="126">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c49f450cd05156a2748c80dc9207e734.jpg</src>
      <authentication>756876894b372cb9a87d694bd101f778</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920809">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58493" order="127">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f16e27699020b4f8f85cceda9e471528.jpg</src>
      <authentication>6d38ce37ec68c3916908f908a4987bb1</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920841">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58494" order="128">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/af43338663624863fb6dcd68b8410067.jpg</src>
      <authentication>0cd4835a5c813e35e9aad78154b4f04a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920872">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58495" order="129">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/497cbd11619fbbfa5eac400f4a713fee.jpg</src>
      <authentication>5284ef921deaabcaed97138a5c7468b1</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920906">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58496" order="130">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c5cdb6d75c578dae63100846b54ad097.jpg</src>
      <authentication>b73930688425e1741eb6eb28721f554d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="920972">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58497" order="131">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/539c734762c874521ea1a2f6486be782.jpg</src>
      <authentication>a143845b68e8fc8d459ce16d7bca5c72</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921036">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58498" order="132">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/db257c1bb36d7659108cfaf1247a7651.jpg</src>
      <authentication>f328184890e93e3eeb417baf54c4bea9</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921069">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58499" order="133">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/33d7975746bb505c965dd8f7016da89d.jpg</src>
      <authentication>9f0a3e0ab2e106599d86ea3b7033b9b0</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921101">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58500" order="134">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ec84d06f3cb34b0a8fb03d8370b908de.jpg</src>
      <authentication>0917af8943b4ab984ffbec2a01425987</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921132">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58501" order="135">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/787dbf11c147dafbf1de336a8790c251.jpg</src>
      <authentication>92cd7eefcfa2f2366423befe295ecbec</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921169">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58502" order="136">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d4475c167593ebc5c1271e6989667efa.jpg</src>
      <authentication>025a28a4c7cda46f8b82d28150e74408</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921233">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58503" order="137">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f34bcfc5c7f659d55a1feb9c175c9559.jpg</src>
      <authentication>11f72d61c3b29b21781dd62a972b6a29</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921268">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58504" order="138">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0c05fa7eee64b7fa597a7963beedec54.jpg</src>
      <authentication>f52054f8d2831770222c3414bf31452f</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921299">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58505" order="139">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bc577bf5f26c1a1875a247f98fd34820.jpg</src>
      <authentication>a66c5e3d6337729f239071c35bee3dfa</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921330">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58506" order="140">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/62d5679d58009ad79054675dbe0c2805.jpg</src>
      <authentication>1509e07ef1febb8ec8e470cd3ffb7f25</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921361">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58507" order="141">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/77d6df0385cea0c8fe12ff0a46a1b273.jpg</src>
      <authentication>64ed9e0522c722844c731e7d1f6a2bf8</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921396">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58508" order="142">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3a7049a5f790f42e8f3cb38aa4b58b48.jpg</src>
      <authentication>573186c7c917d0b33306ae8d4abead0c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921430">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58509" order="143">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/77adf8ecc3944e285dae9fee1bcdde0d.jpg</src>
      <authentication>bcb593876afc032ce1b760102eff7554</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="921468">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58292" order="144">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/12a4e79572307884f363d0196d90ff04.xml</src>
      <authentication>f5c3018a13ba9ac9e1b128ced85e10a2</authentication>
    </file>
    <file fileId="58293" order="145">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3a5ce54fa8d2cdc1c6d0882db11d06d4.pdf</src>
      <authentication>a5cc0d4eca60c7dd1e7b79bb0ec28e96</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="612722">
                  <text>�a1&gt;,IB
SSSSSSÏS!SS!SÏSSSS:sSSÏÏ"!"
"*BI,fl"B"BllBak'**aiiaaB"""aa"&lt;|B||B,,&gt;B*B·*··"**""B"1|&gt;*"l&gt;
•■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■■■
IllaallllallMillIallallRllllalallalalaaaaBlaaalalalllla

1

HUILERIES

FÉLIX

AUDEMARDÌ

[| Société Anonyme - Capital : 3.500.000 Fr. \\
mm
mm
■■

H

Sa

NICE - Avenue Auber, 23-31 - NICE

jj

HUILES EXTRA
:| FABRICATION

&amp;.

RAFFINAGE::

Usine à la MARGUERITE

ïï

�— 6 —

ARMANAC NIÇART
1922 JAINVI
l9i&gt;.46à4h-2
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
2t
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

D Circoncision
L s Basile
M s* Geneviève
M s Rigobert
J s« Amélie PQ.
V fjpiphanie
S sc Mélanie
D s Lucien
l s Marcellin
M s Guillaume
M s1' Hortense
J s Arcade
V Bapt.J. C. PL
S s Hilaire
D s Maur
L s Marcel
M s Antoine
M Ch.desPierre
J S SulpiceDQ,
V s Sebastien
S s* Agnès
D s Vincent
L s Raymond
M 5 Babylas
M Conv. s. Paul
J s* Paulc
V s Julien NL.
S s Chariemag.
D s f ranç. de S
L s" Bathilde
M s' Marcelle

FÉVRIER
19 h. 24 a 4 h- 46

MARS
lfi h- 36 à 5 h. 32

AVRIL
17 h. 32 a 6 h- 19

1 M s Ignace
1 M s Aubin
1 S sc Valérie
2 J Purification
2 D Passion
2 J s Jacob
3 V s Biaise
3 V s Marin
3 L s Richard
4 S s Gilbert PQ
4 5s Casimir
4 M s Isidore PQ
5Dsf Agathe
5 D Quadraqès.
5 M sc Irène
6 L 5P Dorothée
6 L s= Colette PQ 6 J s Célestin
7 M s Théodore
7 M s Thom. d'A. 7 V s Clotaire
8 M s Jean de Ma 8 M s Jean de D. 8 S s Alberl
9 J s' Appoline
9 J s" Françoise
9 D Rameaux
10 V s* Schoiastiq. 10 V s Doctrovee 10 L s Fulbert
11 S s Adolph PL. 11 S s Euloge
11 M s Leon.pa.PL
1 2 D Septuagés.
12 D tieminis. PL. 12 M s Jules
13 t s Lézm
13 L s' Euphrasie 13 J sc Irma
14 M s Valentin
14 M s' Mathilde
14 V s Tiburce
15 M s Faustin
1 5 M s Zacharie
15 5 s*" Anastasie
16 J s Onésime
16 J s'Octavie
16 D Pâques
17 V s Théodule 17 V s Patrice 1 17 L ferïé
18 S s SiméonDQ, 18 S s Alexandre 18 M s ParfaitDQ.
! 9 D Sexagésime 19 D Oculi
DQ 19 M s* Ldonline
20 L s Sylvain
20 L s Joachim
20 J s Theottme
21 M s Pépin
21 M s Benoît
21 V s Anselme
22 M s'Isabelle
22 M s Emile
22 S 5pOpportune
23 J s Gerard
23 J M i-Carême
23 D Quasimodo
24 V s Mathias
24 L s Gaston
24 V s Gabriel
25 S s Césaire
25 S Annonciatio. 25M s Marc
26 O QuinquaNL. 26 D Lasiare
26 M s Clet
NL
27 t sK Honorine 27 L s Jean, éveq; 27 J S Frédéric
28 M ,Mardi-Gias 28 M S GonlranNL 28 V s Fernand
29 S s Robert
29 M s Eustase
L'année russe
30 D s Ludovic
30 J s Amédée
relarde de 13 jours 31 V s Léon

VI Al

'

16 h. 33 à 7 h-3

JUIN 1922
,15 h. 54 à 7 h- 43

1 L s Jacq. s Phi
1 J s Pamphile2 M s Alhanase
2 V se Emilie PQ.
3 M Inv. y Croix
3 S seClotilde
4 J s* MoniquPQ 4 D Pentecôte
5 V s Pie V
5 L Férié
6 S s Jean P La(. 6 M s Claude
7 M s Lié
7 D s Stanislas
8 L s Désiré
8 J s Médard
9 M s Grégoire
9 V sB Pélagie PL.
10 M s AntoninPL 10 5S Landry
11 J s Mamert
U D Trinité
12 V s' Flavie
12 L s Guy
13 5s Servais
13 M s Ant. de P.
14 D s Boniface
14 M s Rufin
15 L se Denise
15 J Fête-Dieu
16 V s Cyr
16 M s Honoré
17 M s Pascal
17 S s Avit
DQ.
18 J s Venant DQ 18 O s Florent
19 V s Yves
19 L s Ger. s. Pro.
20 S s Bernardin 20 M s Sylvère
21 L&gt; s' Gisèle
21 M s* Alice
22 J s Alban
22 L Rogations
23 M s Didier
23 V s Félix
24 M s Donatien
24 5 Nat.sJ, B.N1.
25 J Ascension 25 O s Pròsper
26 V s Philip_N.NL 26 L s* Héloïse
27 5 s' Caroline
27 M s*-Adèle
28 D s Olivier
2HM s 1 rénée
29 L s Maxime
29 J s Pier. s Paul
30 M S Ferdinand 30 V s Martial
31 M s' Félicie

Lisez " L'Éclaireur de Nice "
1922 JUILL
1 5 h. 52 à 7 h- 56

AOUT
16 h. 24 â 7 ti 29

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

1 M
2 M
3 J
4 V
5 S
6 D
7 L
8 M
9 M
10 J
11 V
12 S
13 D
14 L
15 M
16 M
17 J
18 V
19 5
20 D
21 L
22 M
23 M
24 J
25 V
26 S
27 O
28 1
29 M
30 M
31 J

S s ThierryPQ.
í&gt; Visit. de la V.
L s Anatole
M s* Berthe
M s' Zoè
j s'Angèle
V s Elle
S S« VirginiePL
D s* Blanche
L s* Félicité
M s Cyprien
M s Gualbert
J s Eugène
V Fête Nat
5 s Henri
D s-Estelle DQ
1s Alexis
M s Camille
M s Vlnc de P.
J se Marguerit.
V s Victor
S s' Marie Mad
D s Appolin
L s'ChristinNL
M s Jacq. le ma
M s* Anne
J s'Nathalie
V s Samson
S s' Marthe
ï&gt; sr JulieltePQ
L s Ger. l'Aux.

S E PT E IVI H
17 h 7 o 6 h 33

s Pierre ès L 1 V s Gilles
"2 5s Lazare
s Alphonse
3 O s" Euphémie
s" Lydie
s Dominiqu. 4 L s1 Rosalie
5 M s Berlin PL.
s Abel
Trans.de N S. 6 M s' Reine
s Gaétan PL. 7 J s Cloud
8 V La Nativité
s Justin
9 S s Orner, év.
s Sa mue!
10 O s* Puichérie
s Laurent
11 L s Hyacinthe
s' Suzanne
12
M S Léonce
s'Claire
s Hippoiyle 13 M s Mauriil.DQ
14 J Exalt.s* Croix
s Eusèbe
AssomptDQ 15 V s Nicomède
16 S s Corneille
s Roch
17 D s Lambert
s Septime
18 L s" Sophie
s" Hélène
19 M s Gustave
s Flavien
20 M s EustachNL
s Bernard
21 J s Mathieu
s Privat
s SymphoNL 22 V s Maurice
23 S s Céleste
s* Jeanne
s 3arthélcm. 24 D s Andoche
s Louis, roi 25 L s firmin
26 M se Justine
s Zephirin
27 M s Côme PQ.
s Armand
s AugusliPQ 28 J s^Clémentin.
Decoll. sJ.B. 29 V S Michel
30 5 s Jérôme
s Fiacre
s Aristide

OCTOBRE
17 h- 50 à 5 h- 30î
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

NOVEMB
J 8 h- 38 à 4 h, 31

1 M Toussaint
D s Remi
L ss Anges Gar. 2 J Trépasses
3 V s Hubert
s" fa'us'.e
M s f ranç.d'As. 4 S s Charles PL.
J s ConstantPL 5 D s* Bertille
6 L s Léonard
v s Bruno
7 M s Ernest
S s Auguste
8 M s" Reliques
lî sc Brigitte
9 J s Mathurin
L s Denis, év.
10 V s Juste
M s Paulin
11 S s Martin DQ.
M s» Clémence
12 D s René
J s Séraphin
V s Edouar.DQ 13 L s Brice
14 M s* Philomène
5 s Calixte
15 M s" Eugénie
D se Thérèse
16 J s Edme
L s Léopold
17 V s Algnan
M s florentin
M s Luc, évéq, 18 S seClaudtn.NL
19 D s1 Elisabeth
J s Savinien
V s AurélienNL 20 L s Edmond
21 M Prés. Vierge
5 s* Céline
22 M s'Cécile
D s Mellon
23 J s Clément
L s Hilarton
24 V s* Flore
M s Magioire
25 5 s'Catheri.PQ
M s Crépin
26 D s* Delphine
1 s Rustique
V s' Antoine-PQ 27 L s Séverin
28 M s Sosthène
5 s Simon
29 M s Saturnin
I&gt; s Narcisse
30 J s André
L s Arsène
M s* Lucile
P. CILLARD
M

DÉCEMI922
19 h. 23 à 3 h- 55
1 V S Eloi
2 S s'Aurélie
3 D Avent P»
4 L Sc Barbe
5i M s Sabas
6MS Nicolas
7 J s Ambroi^s
8 V ImmacConc.
9 5 s* Léocadie
10 O s' Valère,
11 L s Daniel DQ.
12 M 5' Constance
13 M se Luce
14 J s Nicaisc
15 V s Mesmin
16 S s* Adélaïde
17 D S" Olympe
18 L s Gatien NL.
19 M s Darius
20 M s Théophile
21 J s Thomas
22 V s Fabien
23 5 s'Victoire
24
s' Emilienne
25 L (Noël PQ.
26 M s Etienne
27 M s Jean, apôl.
28 J sslnnocenls
29 V s" Eléonore
30 S s Roger
31 D s Sylvestre

l&gt;

Lisez le " Petit Niçois " - Nice

�VA;

.WWW,

HUILE D'OLIVE
SUPÉRIEURE
EAU de FLEURS d'ORAj\GER EXTRA

lion des Propriétaires \
DE NICE

ì

Siège Social :

í

Rue Qeorges-Ville - NICE

Succursale : 10, Aven, de l'Opéra - PARIS

La pureté de notre huile est garantie
par l'Art. 3 de nos Statuts : La Société
s'interdit absolument le commerce de tonte huile autre que
celle d'olive pure.
En vente dans toutes les Bonnes Maisons d'Alimentation
Membre da Jury aux Expositions de Paris 1889 - Turin 1911 - Gand 1913

L. PERUGGIA
Assurances
Foncière

-

et

transports

Transport

-~-

PLACE CASSINI
ASSURANCES MARITIMES
TERRESTRES

a

ET

*

VALEURS

L'ABEILLE "

COMPAGNIE
D'ASSURANCES

ANONYME

CONTRE

L'INCENDIE

ASSURANCES CONTRE LE VOL

j

JAaritimes
Téléphone :

&lt;t&gt;

21-69

NICE

LA PRÉSERVATRICE
COMPAGNIE
*

C0NTRE

FONCIERE
COMPAGNIE

D'ASSURANCES
LES

-

ACCIDENTS

VOL

D'ASSURANCES

CONTRE LE VOL

EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT d AVARIES
Agenças à Monaeo, Cannes ml Grassa

�REPRÉSENTANTS DES ALPES-MARITIMES
AU SÉNAT

M. S AU VAN HONORÉ
Maire de Nice

M. AMIC JEAN
Industriel à GrasSe

A LA CHAMBRE DES DEPUTES

M. RAIBERTI FLAMINIUS
Vice-Président de la Chambre des Députés
Président du Conseil Général
MM.
MM.
BARÉTY LÉON, Avocat.
OSSOLA J., Maire de Grasse.
GRINDA EDOUARD.
ARAGO F.
M. RICOLFI HUMBERT, Avocat
MEMBRES AU CONSEIL GENERAL

MM.
AMIC JEAN, Sénateur.
ARDISSON, Maire d'Antibes,
ARNULF GASTON, Avocat,
BARÉTY LÉON, Avocat.
BELLON HONORÉ.
BERMOND JOSEPH.
BERMOND PIERRE.
CAPRON, Maire de Cannes.
CHARABOT JOSEPH.
CORNIGLION PHILIPPE.
DONADEI ALFRED, Avocat.
DURANDY DOMINIQUE.
DURANDY JUST.
FULCONIS.
M. SCOFFIER

MM.

GASIGLIA ANDRÉ).
GASIGLIA THÉODORE.
GASSIN LOUIS, Avocat.
GIANOTTI ANTOINE.
MARTINY ALBERT.
MAURIN PIERRE.
MORIEZ ROBERT, Docteur.
OLIVARI ANTOINE.
OSSOLA JEAN.
RAIBERTI FLAMINIUS.
RICOLFI HUMBERT.
ROURE Industriel.
ROVER Y MAURICE.
SAUVAN HONORÉ.
EDOUARD,

Avocat

CONSEIL D'ARRONDISSEMENT DE NICE

MM.
BARELLY LOUIS.
BAUD.
DALBERA, Docteur.
DAVEO, Maire de Saorge.
GAYRAU FRANÇOIS.
MAIFFRET CHARLES.
MAISSA ANTOINE.

MM.
NAVONI.
PAOLI JOSEPH.
PESCETTO ETIENNE.
ROSSI JOSEPH.
RUFFARD JOSEPH.
SARAMITO LOUIS, Docteur.
THAON CAMILLE.

�ADMINISTRATION

MUNICIPALE

CONSEIL MUNICIPAL
Elu à Nice les 3o Novembre &amp; 7 Décembre

M.

HONORÉ

1919

SAUVAN "k 1 Q Sénateur des Alp.-Maritimes
Adjoints au .Maires

MM.

GAUTIER. — FRANÇOIS ORIZET
JEAN CAILLET
r
ALEX. MARI. - D EMILE GAYRAUD - LÉON FÉRAUD
Dr DENIS CIAUDO
PIERRE

MM.

ANDREIS CHARLES.
AUTIÉ MARCEAU Dr.
AUGIER FRANÇOIS.
BOUNIN PAUL.
CALVIERA. FRANÇOIS.
DALMAS CHARLES.
DELFIN Louis.
DOU GASTON.
FAIVRE CHARLES.
FOSSAT MARCEL.
GAGLIO VICTOR.
GARCIN JEAN.
GAZZOLA AUGUSTE.
GIMELLO FRANÇOIS.

MM.

GIRAUDY AUGUSTE.
GUILLAUME PAUL.
LA U RENTI AUGUSTE.
MARTIN PIERRE.
MAUREL MARCELLIN.
OLIVIER MICHEL.
PIETRI VALÈre.
REBOUL BERNARDIN.
RICCOBONO VICTOR.
RUFFARD JOSEPH.
SCOFFIER Louis.
SEMER1A HONORÉ.
TRELLÉ JOSEPH.
UGO HONORÉ.

M. CRISTINI, Secrétaire général.

�ARMANAC NICART
QUATRE-TÈMS

COUMPUT ECLESIASTICO

Noumbre d'or
Epato (Gregori)
Cicle soulari
Endicioun roum

4
Mars
2
Jun
27
Setèmbre ..
5
Desèmbre .
Lettra douminicala
A

a,
7,
20,
20,

10,
9&gt;
22,
22,

11
10
23
23

BANQUE CAÇLkONE 8t C
MAISON

NICE

—

ÉTABLIE EN

1811

8, Avenue de Verdun, 8

NICE

TÉLÉPHONE ; 21-62

FESTA MOUBILI E FISSI
25 Mai
Ascencioun
6 Janvié
Pendecousta
4 Jun
2 Fébrié
11 »
Trinità
»
12
Festa de Diéu.... 15 »
»
19
Festa Naciounala. 14 Juliet
B
26
»
N.-D. dau Carme. 16
Ier Mars
Asoumpcioun .... 15 Avoust
»
- 5
Nat. de la Vierge. 8 Setem.
12
N.-D. dei 7 doul.. 15
»
19 »
7 Ont.
Sant Rousari
26 i
8 »
Santa Reparada. .
2 Abriéu
ier Nouv.
Toui lu Sant
»
9
2
s
Ln Mouort
M
8
»
Santi Reliquia... .
16
3 Des.
Avènt
2X
25 »
Calèna
. 22 Mai

Epifania
Purificacioun
Septuagesima ... .
Sexagesima
•
Quinquagesima . .
Cendre
Quadragesima .. •
.
Reminisceri
Oculi
•
Laetari
Passioun
Rampaù
■
Divendre Sant... •
Quasimodo
Rougacioun

VIGÍLIA — JEUNI
15 Abriéu (Pasca, 16 Abriéu) — 24 Mai (Ascencioun, 25 Mai)
3 Jun (Pandecousta, 4 Jun) — 14 Avoust (Asoumpcioun, 15 Avoust)
31 Outoubre (Toui lu Saut, 1" Nouvembre)
24 Desembre (Calèna)
DEMMHDFZ LA VRAIE
mur

£XC€£STdR iïûVJSJfJ
EVITEZ

LES

CONTREFAÇONS

�=

SOCIÉTÉ ANONYME

des Automobile*
et Cycles

SWè

_

MjPJIffjgOt
J^*^·* *~Y --^·*
/

au Capital de 30 000 000 de francs

=

Cycles et Motocycles Voitures de Tourisme
Véhicules Industriels

%

10 Usines Spécialisées
3000 AGENTS 12 Succursales

Tracteurs Agricoles - - f
Agence de NICE : 11, Rue de Rivoli, 11
Cycles et Motos ;

miiiiiMiiiiiii·iiiM

AUDOLY, 8, Place Garibaldi

■atiRiiiiiifiiiiKi

iMimiBititii

iiaiiiaim

Grande FABRIQUE ::
::
de VERMOUTH de TURIN

MARTINI &amp; R0SSÌ
SUCCESSEURS DE

MARTINI, SOLA &amp; Cie
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne \\
et de

Portugal

Vermouth - Fernet - Marsala jt Víno Chinato |
8 GRANDS PRIX'ET 40 MÉDAILLES DE 1RE CLASSE
59. Boulevard Gambetta - NICE il

�Loa Canoun d'en Castèü
A la memòria de Sir Coventry.

Toui lu poble soun d'incounsciènt
Que si rèndon dura la vida...
Maladia, duei e tourment
Nen tènon assè pèr la brida...
. Sènsa que cerquen d'envencioun
Que nen coumplicon l'ësistènça :
Baïouneta, fusiéu, canoun...
Lou tuà erijat en-sciènça....
Au men tu, canoun d'en Gastèu,
Noun as rèn su la tiéu counsciènça...
Que ploùgue o que fague soulèu,
Se fas audi la tiéu presènça,
Detestant l'envueia doù sang,
Se souortes de la tiéu cabana,
Lou tiéu tir es un tir à blanc
Que parte de la barbacana...
Quoura lou soulèu au zénith
En doui partaja la journada,
A toui fas audi lou tiéu crit
Jouious coum'un' esquilassada.
Bravi gènt, vequi lou moumen
De s'entaulà pèr si refaire...
E t'escoutan doucilamen,
E voulountié si laissan faire,
Siès tu qu'anounces lu plesi,
De la miéu Niça bèn aimada...
La poulitica rèn ti di,
E lou matin cantes l'aubada,

�— 12 —
Signales lou coumençamen,
Dei corso, jouiousi rafala,
E pu tardi bêles tamben
Pèr nen dire- qu'es la finala...
Canoun de pax, d'amusamen,
Cantan à toui la benvenguda,
Vouoli ancuei publicamen
T'oufri la paumoula déuguda.
Vouoli, canoun doù miéu Castèu,
Pèr prova de grand simpatia,
Que duerbes VA rmanac nouvèu
Car ti tèni de la famiha.
L'ARMANAC NIÇART.

�TR/Wfll
5EC0UR5

UNioun
MUTUALITÀ

Me ERNEST LAIROLLE
AVOUCAÏ
Vice-Président d6u Counsèu Superiour de la Mutualité

Lou talentuous e simpatico avoucat, Mèstre Ernest Lairolle, ancien bastounié, ancien counseié general e ancien re:
presentan de Niça à la Chambra dei Députât, ven de vèire
courounà la siéu carriera de mutualista éprouvât pèr la siéu nouminacioun couma vice-presidènt
doù Counsèu Superiour de la Mutualité en ramplaçamen de Moussu
Mabilleau. La persounalità de
Moussu Lairolle n'es tou jou estada
simpàtica, quau sigon estadi li luta
à li quali s'es trouvât mesclat, car
aven toujou rescountrat en éu
l'orne bouon, sincère e invariable
dintre li siéu counvicioun. Sian*
dounca à l'aise pèr felicità courdialamen aquéu digne Niçart d'adoucioun parvengut pèr lou siéu travai
i; la siéu coumpetènça de primo cartello de li questioun mutualisti, en aquela situacioun envidiada.
Lou noum de Moussu Ernest Lairolle evoea tout un passat de travai, e lou diguen tambèn, de bataïa. Ancuei que la
grossa part dei proutagounista d'aloura nòun esiston plus,
rouden si permetre un' alusion discrèta à li vièii luta fantastiqui dei quali toui lu Niçart doù nouostre tèmp si souvenon.
Après avé creat lou merioun d'oupousicioun que noun
esistïa encara, toujou su la brècha mé la paraula e mé la
pluma, si desplaçant quoura lou falïa, revenen courajousamen à l'assaut contra lou nemic poutènt, a fenit pèr vèire lu
siéu esfouors triouflà, justa recoumpènsa de la siéu voulountà lougica e perseveranta.

�— 14 —

Ma, soubre tout, es en la siéu bella carriera d'avoucat
que n'es estat dounat de l'aprecià lou de maï. Li luta poulitiqui an aco de laït que denaturon toujou l'aspèt veritable
d'un ome de valour, lou plaçant tra doui camp antagounista
dóun un lesalta en tout e l'autre voudrïa lou lapida. Davan
la Justicia lu camp si foundon en un ensèmble amiratour
doù talènt, quoura lou talènt es réel. Souta d'aquéu rapouort,
Moussu Lairolle a counouissut au Palaï atual couma à l'ancien Senat, de sucés triounfal. Dotat d'una sciènça de jurista
de premié ordre, abile à l'ataque, prount e segur à la respouosta, saupen desberi la verita de touti li maïa que l'enfouloupavon, noun li restava plus en li pledourïa qu'à
s'abandounà à la siéu elouquènça clara e grandiousa, d'una
tournura e d'una lougica impecabla e sentiavas passà en la
sala quoura fenissia lou frissoun avant-courrur de la siéu
vitoria.
Mèstre Lairolle, après avé representat lu cantoun de
Breil e de Mentoun au Counsèu General e la vila de Niça à
la Chambra dei Députât, après-avé fournit un travai inmènse, a trouvât que se en li assemblada deliberanti si parla
touplen, en revenja lu resultat pratico soun souven mesquin,
e que d'autra part li facultà de l'orne, touti poutènti e estendudi que pouodon estre, noun fan que s'esparpaià dintre
d'aquelu mitan ingrat e lou pu souven entrigant. D'un autre
coustà, li couïna eletourali an troù de relènt d'aiguié mau
lavât. L'idéal de la Mutualité a agut resoun de la poulitica,
lou renounciamen s'es fach sensa secoussa e sensa regrèt.
Aven aplaudit à la siéu decisioun. Li questioun souciali an
lou pas marcat su touti li autri ; la mutualità ben capida e
ben praticada da toui noun poù que pourtà lou bouon acordi
e lou ben estre que fan défaut, en dounan à toui aquela part
de seguressa e d'assistança individuala e famihala à la quala
a drech tout estre en venen au mounde. La presènça d'un
ome de la valour de Moussu Lairolle à la vice-presidènça
doù Counsèu superiour de la Mutualità, noun poù que nen
faire prougressà vers la counquista de l'ideal recercat, oujèt
de li pu nobli aspiracioun.
L'ARMANAC NIÇART.

�Loa dangié d'amour
i*

$0*
_t

ttitun-h. kno

_
r

hk

-L^

~

i—.

e

1

1—!

^

in-fr** J*. hù*.- ta.

Ỳ

1—:

1

Adaut, sus la mountagno
Ai entendu ploura,
Aco's la voues de moun amigo,
M'en vau la counsoula.

^

if—

j
' bis

— De-qu'avès, Margarido,
j
Que vous fai tant ploura ? (
Ai ! se iéu ploure ansin souleto,
Es d'un qu'ai trop ama.

OIS

— Digas-me, Margarido,
,
bis
Quàu es qu'avès ama ?.... I
Ah ! lou noum de moun calignaire,
Iéu vous lou dirai pas.
— Es que porto l'espado
O lou bastoun ferra ?
— Porto l'amour dins si parpello
Quand vèn me vesita.
— Se voulès, Margarido,
Vous l'anarai cerca ;
— Bèu pastrihoun, sus la marino
Faudrié vous esmara.

bis
i

A-

�— 16 —
— Pèr ana dins lis Isclo
Armarai un batèu,
Vous adurrai voste fringaire
Tout uscla dòu soulèu.

bis

— Pas besoun d'un navire,
bis
Bèu pastre, anas-ié plan.
Mai vous regarde e mai me sèmblo
Qu'avès soun biais galant.
— Se n'es ansin, o bello,
bis
Secas vosti bèus iue.
Regardas-me, que iéu vous ame,
Lou jour coume la niue...
— Jouvènt, li fedo
Davalas vitamen
Dounas-vous siuen di
Trèvon d'aquest

chaumon, bis
;
loup raubaïre
moumen.

— Li moutoun dins la piano
bis
Soun au dangié dòu loup.
Mai, vous e iéu, bello pastresso,
Sian au dangié d'amour.
PÈIRE DEVOLUY.

Dansa mihou vèntre plen que rauba nova.
A cuoù pounchut li braïa calon.
Un marchand es couma lou pouorc,
noun sau s'es gras que quoura es mouort.
Marchandisa ben tenguda
Es à mitan venduda.
Voulès arrestà una lèbre ?... marida-la.

�Tourtuna e Tiíantroupia

Mc ALESSANDRE MARI
AVOUCAT

Ajount au Mera de Niça, delegat à l'Estrucioun Publica
Lu nouostre rèire avion pèr abituda de representà la
justicia e la Fourtuna m'ai uès eubert d'un bendèu. Aquela
doubla alegouria significava doui cauva ben diferènti seloun
qu'un l'aplicava à la Justícia o à la Fourtuna. Pèr la Justicia,
voulia dire que noun devia si laissa recrèire pèr rèn e lu
uès bendat representavon l'impassibletà, l'impoussibletà de
vèire lu antagounista en presènça afin de poudé rèndre un
jujamen imparcial. Pèr la Fourtuna, avia un'autra acepcioun Era pu \èu la persounificacioun d'un caprici, l'ignourança de poudé destingà en la massa lou mai meritori e de
favourisà au asart. Aqueli doui alegouria pero noun avion
rèn d'assoulut. Couma nautre, lu nouostre bouoi vièi ignouravon pas que lou bendèu noun era qu'una simpla ficioun ;
que la justicia quoura lou voù o quoura li es tenguda noun
si gêna pas de lou s'aussà pèr vèire doun dèu aclinà lou platèu de la siéu balança seloun que l'argènt, l'amicissia, li enfluènça e la fouorça li diton lu siéu arrèst. La Fourtuna si
permeté tambèn quauqui fes parieri licènça e arriba souven
que « pèr un pounch Martin perdet l'aë ! »
En favourisan lou nouostre simpatico quatrième ajount,
Moussu Alessandre Mari, la fourtuna a moustrat una fes de
mai que lu siéu regart avion trapanat lou bendèu. Nautre
toui, que à VArmanac Niçart noun sian pas jilous de l'uroua
chança dei autre, aven emparat m'un grand plesi la bouona
nouvèla, l'aubena que à l'improuvisa favourisava un dei
nouostre councitadin e quoura aven sauput lou libre e filantroupic usage que venia de faire d'una partida d'aquel argènt inesperat, aven remerciât la Fourtuna d'avé agut lou
cop-d'uei juste e de s'estre moustrada niçarda
En la siéu qualità d'ajount delegat à l'Estrucioun Pu2

�— 18 —
blica, Moussu Alessandre Mari si souvenen qu'es estat tambèn un brihant elèva dou nouostre ancien bahule — aquéu
bahule que n'a laissât tant de bouoi souveni, — a vougut
qu'un elèva de li nouostri escola primari aguesse finda la
ppussìbletà de li parveni e en aquéu but a fach la dounacioun d'una boursa coumplèta pèr lou Licéu. Bravo ! Moussu Mari, pèr aquéu gèste d'orne eclerat. Quoura tantu cancre soun entretengut à grand très en lou nouostre establimen d'ensignamen segoundari e n'en souorton bestia couma
lou jou que li soun intrat, sera counsoulant pèr nautre de
vèiFe perioudicamen un enfan doù poble, intelligènt e travaiur, franqui la barragna e s'encaminà vers una situacioun
gagnada pèr la voulountà e l'estudi. Noun fourman qu'un
souvèt : es que li municipalita s'ispirant de la voulountà espressa doù dounatour favourison realamen lou pu digne
dintre li siéu futuri destribucioun.
La segounda dounacioun de Moussu Mari li es estada
ditada pèr una pensada touta de couor : la foundacioun d'un
liech coumplèt au Dispensari Lenval. Toui lu malaut soun
interessant e à Niça lu establimen espitalié noun fan pas
défaut. Ma avant tout, cen que nen crêpa lou mai lou couor
es li soufrènça de l'enfança, de l'estre fragile que pouorta su
d'éu ben souven li tara diversi que li an legat lu parènt ;
de l'inoucènt que noun es en estat de s'esplicà ; dau qual fau
devina lou màu. Car lou diguen. en la nouostra villa de
grand lùsso, souta lou nouostre bèu ciel azurat qu'esclarsisse
un soulèu radious e constant, en la sublimità d'un païsage
que noun counouisse minga d'égal ; fra lou tourbihoun de
li festa pu prestigiousi e pu tentanti li uni que li autri, la
misèria e la soufrènça an égalamen la siéu part... E se benedissen en nautre la pressa niçarda tou jou ben ispirada quoura
va cercà en la pu reculada de li soufieta la famiha paura pèr
li pourtà à l'oucasioun de li nouostri festa tradiciounali, toujou respetadi, la douça ilusioun d'un ben èstre passagié ;
quoura garnisse li man dei bambin d'aquelu « jouèt » que
countemplon estounat e ravit, à pu fouorta resoun aplaudissen de touta la fouorça de la nouostr'anima lou gèste
de Moussu Mari que ven s'ajougne à tant d'autre pèr la perpetuacioun d'un'obra durabla.

�_ 19 —

Se l'individualisme ai tèmp que viven desseca mai d'un,
s'en trova tambèn touplen d'autre que pratican l'altruisme
noun vivon pas que pèr élu. La Soucieta noun cuènta pas
soulamen d'egouïsta e de revoultat ; la filantroupia a finda
lou siéu countingènt e es aquéu courrènt que a pèr missioun
de paralisà lou mau, que vengue de la misèria, de l'injusticia doù sort o de touta autra sourça. Mé li siéu doui foundacioun, Moussu Mari, s'es aquistat de drech à la recounouissènça publica. Seran doù nouostre avis lu futur boursié e à
défaut dei bambin noun counsciènt vers lu quai si baissa lou
praticien eserçat pèr li pourta lou soulajamen e la vida,, li
maire e lu païre dei èstre soufrent !...
L'ARMANAC

NIÇART.

Le Milhas
A MISTRAL
O

moun pais I...

Le païrol rits, le foc fa cluca la parpèlho,
Le joun nou punto pos encaro, mès déjà
La balento Marioun despenjo la toudèlho
Que pel milhas poulit sap ta pla maneja.
Miet ple d'aïgo ount a mes de sal une pugnado,
Lusis le païrol, clar sui negre paradou,
E dabant el, Marioun aprèts s'estre signado,
Adobo coumo cal un ferme sietadou.
Paue à pauc, douçoment, en plèjo de nèu flno,
Toumbo la flou del milh sense l'mendre couquèl,
E dirion que remeno, en acatchant l'esquino,
Quicom de pu laugè que plumetos d'ausèl !

�— 20 —
Més joui sucre et la leït uno flaïno embalmado
Deforo s'espandis de l'oustal alandat,
Barejant a l'audou del bosc e de la prado
L'amo del caut milhas, daurat et boudoufi&amp;t !
Flic, flac ! S'es pos prou còit s'en manco pos de gaïre ;
Darrè cop de toudèlho, e, gaujouso al trabalh,
En tastant de milhas se dits, la bouno maire :
« Ban ausi de maïti la festo del brespalh ! »
Car Janot e Pierrou, la Mario e la Paulo,
Qu'aïmon mes le Milhas qu'un dîna de filhol,
Pel rascladis, abant de s'enfuge à l'escolo,
S'enroundararl countents à l'entour del païrol !
ADÈLE D'EVENOS.

TRADUCTION

O mon Pays /...

Le chaudron rit, le feu fait cligner la paupière — le jour
ne pointe pas encore, mais déjà — la vaillante Marion décroche
« la toudeille » — qu'elle sait si bien manier pour faire un joli
rnillas.
A moitié plein d'eau où elle a mis une poignée de sel, —
il luit le chaudron, clair sur la noire plaque du foyer, — et
devant lui, Marion,- après s'être signée, dispose et assujettit un
solide petit siège.
Peu à peu, doucement, en pluie de neige fine, tombe la fleur
de mil sans faire le moindre grumeau, et l'on dirait que Marion,
en baissant l'échiné, — remue quelque chose plus léger que
plumettes d'oiseau.
Mais avec le sucre et le lait, une haleine embaumée — s'épand
au dehors de la maison grande ouverte, — mêlant à l'odeur du
bois et de la prairie — l'âme du chaud millas aux boursouflures
dorées !

�— 21
Flic, flac ! s'il n'est pas assez cuit il ne s'en manque guère ;
— un dernier coup de toudeille et, joyeuse au travail, en goûtant
le millas elle se dit, la bonne mère : — « Je vais entendre de grand
matin la fête du régal ! »
Car Jeannot et petit Pierre, la Marie et la Paule, — qui
aiment mieux le millas qu'un dîner de baptême, — pour le
« râclagei », avant de s'enfuir à l'école, — se mettront en rond
contents autour du chaudron' !
A. D'EVENOS.

Cupidon e l'Abeja
Apres avè ferit cu sau cantu mourtal,
Emb'au sieu dart tan dous, ma tamben infernal,
L'Amour, en vouletan, s'en tournava a Sitera,
Courà ve per camin, en un bouisson fleurit,
Una rosa en bouton, dan pu beu coulourit ;
La pu fresca bessai ch'aighe prouduç la terra.
Per n'en senti l'òudou, la si cueje en passan.
O terrible malur ! de dessauta li fueja
D'açhesta bela flou, une marida abeja
En mourmouiran s'escapa e lou pougne a la man.
Cupidon gieta un crit, si plourà, si lamenta,
E, si sussan lou mau, crida plen de courous :
« Non veines deman, o bestia maufasenta !
« Se lou gran Giupiter audesse la mieu vous.
« Ch'es che t'hai pouscut faire en cuejen la mieu rosa !
« — Couma ? li respondet l'ardida mosca a meu,
« Mi sembla che d'aplomp n'has una bouona dosa !
« Sies, au liiec d'un amour, un demoni nouveu. « En mi tauban la flou de don miegia endurmida,
« Trovavi lou repau ben gagnât dau travai,
« S'en es mancat de pau, mi levaves la vida,
« E sench'es che m'has faç ? mi demandes pi mai.
« Ma tu, fieu de Venus, esconta, di-mi pura,
« Sench'es che t'han pi faç, tan e tan d'amourous,

�— 22 —

« Che d'un couor ensensible, e d'una anima dura,
« Ferisses toui lu giou emb'un dart verinous ?
« Degia non sentes plus la mieu deibla mourdagna,
« Che li plaga che fas vou laisson la magagna. »
Apres acheu discours, l'abeja s'envolet,
Laissan lou paure enfan che, confus, emparet,
Che non si deu giamai faire patir en d'autre,
Senche non voules pas che vou fasson a vautre.
Noncle PETOU.

Vau mai teni un lapin que sègre una lèbre.
Qu es countènt es mouort.
Bouquet de menta,
L'amour vous tenta.
San Jousè faïa de crous, e n'a tant fach que n'i a pèr toui.
Manjà de poulènta e pourtà rauba de sèda.

�L'Opera rocipicipal

« Jamai doui sènsa iré », di un vièi prouvèrbi. Une fes
de mai lou prouvèrbi a agut... touort. Moussu Bruni, que
avia regit la scèna de l'opera pendènt doui an e que cuentava
seguramen su lou renouvelamen doù siéu baï, s'es trouvât
assetat pèr decisioun doù Counsèu. E l'empresa es passada
en li man de l'aministracioun doù Casino.
La gestioun de Moussu Bruni es estada touplen discutada e mé touplen d'acrimounia pèr certen mèmbre doù
Counsèu, injuste au nouostre avis, car aven seguit pas à pas
la siéu direcioun en l'evoulucioun d'aquelu doui an e deven
avouà imparcialamen que l'empressioun que n'es restada
es un'empressioun de soudisfaciour? Noun sian ni de
mediocre que sí countenton de tout à la « vai-que-t'abuti ».
ni de resquihur oubligat de mandcà quand même de coù
d'encensié. Quoura anan en n'impouorta que teatre lou si
pagan. Es lou soulet mejan pèr garda vis-à-vis de toui l'independènça la plus coumplèta, car nen laissa libre d'aprouvà
cen que trouvan bouon o de blaimà cen que jujan marrit...
La carestia tou jou tíreissènta de la vida e li pretencioun
esourbitanti d'una partida doù persounal avion plaçât la
vila davan d'un dilème : counsenti li aumentacioun demandadi e pèr mesura de eounsequènça crèisse fourtamen la
suvencioun — cauva inooumpatibia mé Testât atual de li
nouostri finança — a ben fermà l'Opera.
La Municipalità a préférât pihà lou camin de la tangènta
e pèr evità aqueli estremità, a counfidat l'empresa de l'Opera
au Casino. A counfessà la verità, aquela coumbinesoun noun
n'a que mediocramen soudisfach. Assé de trust esiston ja
à Niça sènsa que venguesse encara li s'ajougne aquéu dei
teatre. Fin ahura l'Opera avia viéugut de la siéu vida propra
e tant bèn que mau lu siéu diretour s'eron tirat d'afaire.

�— 24 —
Lou véen ancuei calat en un plan segoundari e devengut
lou vassal, lou tributari doù Casino. L'art s'ipoutecan su lu
juèc noun n'a jamai sourit. Au pounch de vista puramen
artístic, aquela fusioun noun poù estre que desavantajousa
pèr l'un dai doui establissamen, caresperavan que lou Casino
repihesse en grand lou siéu repertori d'operà-coumic e la
crènta de fa councurrènça au vesin o per mihou dire de si
councurrènça éu même va l'empedi.
En la sesoun passada l'aparicioun su l'aficha doù Casino
de la represa de la Dame Blanche, irreprouchablamen
dounada deven lou dire, n'avia laissât crèire que seria
seguida de touplen d'autri. Val vèire se venon... N'an laissât
su la tourre s'espalancà li parpèla couma Ana, la sorre de la
frema de Barba-Blu, e cregnen qu'aquest' an noun sigue
couma Tan passà, senoun pè|ou...
Pèr cen que regarda l'Oj&gt;era, la souleta cauva que nen
fa plesi es lou mantèn de Moussu Bruni que remerciât pèr
la vila n'en retourna pèr lou Casino. Vequi cen que si poù
noumà en lengage de coulissa una veritabla sourtida de
teatre. Si plasen à rèndre justícia ai siéu esfouors pendènt lu
siéu doui an de direcioun. A sauput surmountà bèn de dificultà en lou recrutamen doù persounal artístic en de tèmp par
tieulieramen dificile e n'a presentat de troupa de valour indiscutable. En cen que toca lou repertori se li creacioun
soun estadi rari. li obra ancieni que n'a dounat
an agut un' interpretacioun remarcabla. La massa doù
public es doù nouostre avis contra lu mourre sucrât e lu
Trissoutin de l'art. Li aian d'autra part recounouissènt couma
Niçart d'avé favourisat lu debut doù paure Hensatto, mouort
su la brècha e de n'avé revelat lou talènt de la charmanta
Madoumaisèla Dalmas, artista de grand aveni, que a encarnat d'une façoun magistrala lou rôle patetiqne de Miernon
e la suava figura de la Vierge en lou sublime oratorio de
Berlioz. VEnfança doù Crist. Noun s'arresteren pas su
quauqui feblessa de misa en scèna, couma noun chicaneren
pas de mai su '«rteni pichini questioun de detai,
Sur de trop vains objets, c'est arrêter sa vue,
e en cen que councema lou manque de varietà doù repertori

�— 25 —
jugat, blaimeren notm l'empresari, ma la coumessioun
teatrala.
S'entenden bèn. Degun noun es tengut de croumpà un
cat dintre d'un sac. Lempresari a la charja de soutametre
lou repertori que si prepausa de faire passà en lou' courrènt
de la sesoun e doù moumen que sian nautre que pagan lu
frès de la suvencioun, la coumessioun teatrala a lou devèr
e lou drech d'escarta wrteni obra que li parèisson troù rabatudi e de rejouini lou prougrama. Es una questioun de coumpetènça e de chois. Se la Coumessioun recounouisse que l'envestitura de mèmbre noun es pas sufisènta pèr li fourni la
coumpetènça artística que li manca, noun a qu'à faire apèl à
d'elemen fouora doù siéu sen, ai abounat o à la partida
eclerada doù public, que saupran la guidà en la draia d'un
discernamen serious.
Se si fousse emplegat aquela metoda, touplen de
roussignoù que tenon perpetualamen l'aficha noun s'auderion plus o quaucafes basta de luen en luen. Aven li auriha
ressaciadi dei Puccini, dei Mascagni, dei Massenet, e reclaman Giordano- Ponchielli, Boîte, Paladilhe, Godard, Salvayre e tantu autre de valour, sistematicamen escartat. Lu
reclaman à juste titre au noum de l'art e pèr mesura d'ecounoumia car lu décor de li siéu obra esiston e la misa en
scena seria plus à creà. Se certen éditeur vouolon s'impausà
noun li a qu'à lu metre categoricamen à l'indès e à s'adressà
à d'autre men pretencious. D'aquela façoun lu repertori
bournat que n'an servit jusqu'ahura faran plaça à de prougrama ecletic e reducacioun artística doù païs s'en ressenterà.
L'estrangié que vé lu noum de tantu musicien dounat
à li carriera de la vila nova e lu noum escrich su lu medaioun
dou kiosque doù Jardin Public, dèu si pensà que sian una
vila de deletant e qu'aissustu noum representen lu autour
d obra preferadi e souven jugadi. Qu'errour es la siéuva.
Auber, Herold, Berlioz, Mozart, pèr non cità qu'élu soun
coumpletamen relegat au noumbre dei dispareissut, Bossini
surviéu mé Guillaume Tell e lou Barbié, lou resta noun esiste
plus. Trovatore, Traviata e Rigoletto, vequi lou past de
famina de Verdi. Noun parlen de Donizetti e encara pu pau
de Bellini, li siéu obra si soun perdudi en la nuech dei tèrnp.

�— 26 —

Halévy, même, qu'es mouort à Niça, noun resta plus que
l'autour de la Juive ; lou siéu inmènse bagage musical es
quasimen oublidat. E quant u autre que pouodon prouclamà
couma aven calat despi vint an e couma sian suscetible de
calà encara...
Si sian laissât dire qu'es assé dificile pèr un diretour
de l'Opera d'outeni que la manutencioun dei décor s'esecute
seloun lu siéu ordre e que s'ignora même Testât en lou quai
si trovon certen. Livran à la Coumessioun teatrala aquela
assercioun couma n'es estada dounada, en li demandan de
verificà lou fach e de pihà de mesura se besoun es. Lu founf
e décor soun lou bèn endivis de toui, devon estre entretengut
e catalougat afin de poudé estre utilisât quoura lou fau.
Soun pèr la Coumessioun un' endicacioun precioua de li peça
suscetibli d'estre jugadiEn escriven 'aqueT article si sian couma tou jou ispirat
de la justicia e doù désir qu'aven cle sourti doù terre-à-terra
en matèria d'art musical. N'avion proumès, li a quauque
trenta-doui an qu'un ourquestra sinfounic douneria de
councert au Jardin Public, proumessa restada vana couma
tant d'autri, e se lou nouvèu chèfe de la Musica Municipala
noun aguesse pihat Tiniciativa de metre en repeticioun
certeni obra de sinfounista, touplen d'amirable moussèu
serion restat pèr la grossa massa incounouissut.
Assé de ratatouia !... L'art es una segounda religiûun
pèr lou poble e se voulès que prougresse en aquéu doumani
estendès lou siéu cadré de counouissènça. Meté-lou à même
d'audi toupleni senoun tout, de penetrà lou gèni dei mèstre
e de coumparà.
L'ARMANAC NIÇART.

Qu si leva à miejou duerme pas tout lou jou.
Macadura, màu que dura.
Qu paga lou predinà déu ren lou matin. .
Qu va à la uouoça sensa envit,
mérita d'estre màu servit.

�Les noms de lieux dans les
montagnes des Alpes-Maritimes

Puisque vous pensez, mon cher Eynaudi, que ce sujet
pouvait intéresser les lecteurs de VArmanac Niçard, je crois
ne pouvoir mieux faire que de vous donner une sorte de
résumé d'une communication faite par moi en 1909, pendant
une séance de la Société des Lettres, Sciences et Arts des
Alpes-Maritimes. J'y rendais compte d'une importante brochure publiée dans les Annales de cette Société par le capitaine du génie Gros-Long (aujourd'hui colonel en retraite, en
littérature Pierre Devoluy), sur les Noms de lieux du comté
de Nice.
Quand M. Etienne, étant ministre, prit l'initiative de
réformer les noms dénaturés de nos communes de France,
on put espérer que cette mesure serait suivie tout naturellement de la révision des cartes publiées par les administrations de la Guerre et des Travaux publics. Or, aujourd'hui,
après tant d'années révolues, ces cartes sont restées telles
quelles, avec les mêmes erreurs, les mêmes noms de lieux
défigurés, capables très souvent d'éveiller chez le lecteur une
douce hilarité.
Il faut avouer que ces administrations se trouvèrent en
face d'une foule de difficultés quand il fallut dresser les
cartes des divers pays. Elles envoyaient des ingénieurs ou des
officiers ne comprenant rien à la langue des indigènes, entendant tout de travers prononcer les noms de tel village ou
de telle vallée et commettant ainsi, sans le vouloir, de terribles bévues. Ils ne faisaient, d'ailleurs, que suivre les errements des administrations elles-mêmes qui, dans les divers
documents officiels, «adastres, cartes géographiques, aima-

�— 28 —
nachs des postes, etc., s'efforcent de franciser les noms de
lieux. Les difficultés furent encore plus grandes en face des
idiomes les plus éloignés du français ; voilà sans doute pourquoi, dans les cartes du pays de Nice, les noms de lieux sont
les plus maltraités.
Pendant les quatre à cinq siècles que le comté de Nice,
détaché de la Provence en 1388, demeura sous le Gouvernement des comtes, puis des ducs de Savoie, il fut administré
d'abord en provençal, comme l'a écrit un linguiste de talent,
M. Pionjat, qui ajoute : « Le français s'introduit ensuite progressivement et triomphe vers la fin du xvi6 siècle. L'italien
arrive plus tard et ne réussit à déloger le français que partiellement. Celui-ci conserve ses positions essentielles dans
l'administration et dans l'enseignement ; mais la carte de
l'Etat-Major sarde est écrite en italien, et non seulement elle
transcrit les noms de lieux suivant la graphie italienne (gh,
ch pour le provençal gu, qu ; gli pour Ih ; gi et ci pour j et
ch) : d'où maintes déformations de noms dans les bouches
françaises comme dans pour Chans, Ciamincias pour Chamincias, mais elle italianise parfois arbitrairement les sons
eux-mêmes : une clusa, cluso, clua devient chiusa ; ChastiIhoum, devient Ciastiglion, etc.. On trouvera, là-dessus tous
les détails désirables présentés avec une méthode parfaite,
rîans l'étude de P. Devoluy. »
Suivant le même écrivain, l'administration française et,
après elle, les géographes et cartographes écrivant en français ont adopté les noms de lieux provençaux, mais en les
transformant en général. Parmi ces transformations multiples, il faut noter un déplacement curieux de l'accent tonique : i final est généralement conservé et attire sur lui, cet
accent dans la prononciation française ; en parler local, on
dit à Nice : Artùbi, Vesùbi, qui sont devenus dans les cartes
françaises Arluby, et Vésubie.
Les modifications les plus profondes et les plus aventureuses sont celles que subissent les petites localités. Ici, par
exemple, on trouve Grand-appareil pour Granda-Parci
(grande paroi), Pied-chaud pour Piech ou Puech aut (puy
haut) : on sait que les mots puy, puech et même pey viennent du latin podium, élévation, éminence. Là, on trouve le

�— 29 —
col de Mylord pour Müo-Aures (mille vents), hameau de
l'Abbé Heureux pour YAbéurou (l'abreuvoir) ; là, par une
combinaison subtile de coquilles, de fautes de copie et d'interprétations hasardeuses, un Jas de Guigout (bergerie d'un
nommé Guigou) s'est transformé en Jus de Gigot.
J'ajoute ici une transformation presque aussi amusante
subie par un petit pic des Basses-Alpes, que j'ai une fois
tenté d'escalader dans mon jeune âge. « Gomment s'appelle
cette montagne ? » dit un jour un officier de l'Etat-Major
au premier paysan rencontré. Celui-ci, qui n'entend pas le
français, hésite et finit par lui dire en son patois : « Aco es
lou Couardoun ». C'était, en effet, le pic de Couard, le petit
Couard, car il n'atteint pas tout à fait 2.000 mètres comme la
cime voisine du Cheval-Blanc. Lou Couardoun, lou Couardoun... Notre officier se fait répéter le mot plusieurs fois,
jusqu'à ce qu'il soit sûr d'avoir compris. Alors il prend son
crayon et écrit sur son calepin : Montagne du Carton.
Les agglutinations d'articles et les mauvaises divisions de
mots mal compris sont fréquentes ; par exemple : Leuze,
IAouve sont mis pour VEuse ou VEuve (yeuse, chêne-vert). Je
remarque , ici que cette agglutination s'est produite également dans le français : lendemain s'écrivait anciennement
lendemain ; lierre (provençal Vèurre) s'écrivait ierre, hierre,
au dixième siècle èdre, du latin hedera.
A cette catégorie se rattache le nom d'un fort de Nice
écrit sur les cartes Ladret, La Dreit, La Dretle. Or, Devoluy
nous a prouvé qu'on devrait écrire Fort de VAdreit ou
YAdrech, ou VAdré, parce qu'en provençal le mot Adré ou
Adrech signifie côté d'une montagne exposé au midi : nos
pères appelaient donc ce fort le Fort du Midi. C'est l'opposé
du mot Uba ou Ubac, versant exposé au nord, à l'ombre. (Y
a-t-il beaucoup de petites villes en Provence qui n'aient pas
un quartier ou une rue de l'Ubac ?). Eh bien ! ce mot est
devenu, dans la carte itinéraire bleue des chasseurs alpins,
Le Bac, dans, une autre carte Les Hubagues. « Faites-vous
après cela, ajoutait Devoluy, une idée de la physionomie ou
de la situation des lieux ! »
Aujourd'hui, l'étude de l'étymologie, géographique au générale, est devenue une étude vraiment scientifique. Avec

�— 30 —

cette arme de précision à la main, nos administrations de la
Guerre et des Travaux publics devraient tenir à honneur de
poursuivre l'exécution de l'idée de M. Etienne : le prestige
de la France peut paraître atteint par cette barbare déformation des noms des communes de France.
Croyez-vous que les Allemands, qui se sont proclamés et
se proclament toujours les maîtres de la science, ne font
pas des gorges chaudes de notre ignorance ou de notre indifférence devant des questions analogues à celle qui nous
occupe ici ?
Je suis certain qu'ils ont dû avoir en mains, pendant la
guerre, nos cartes de l'état-major. Or, ils ont traduit Mireille,
ils ont un Bartsch, un Meyer-Lubke, un Frédérik Diez et d'autres qui ont écrit sur les langues romanes des ouvrages qui
font autorité ; ils ont introduit l'étude du Provençal dans
leurs Universités avant nos Universités françaises. Ils doivent
donc bien rire de la façon dont nos cartes françaises traitent
les noms de lieux de notre pays.
EUGÈNE JAUBERT.

�Lou Goitre e la Granoja

2

Un goitre en un beal pescava,
Coura d'un gionc vesin,
Che soubre Taïga au vent si bressoulava,
Tombet, marrit destin !
Una granoja.
L'ausseu che ben dessouta, en la beta pastroja,
Lest, emb'au sieu gro bec,
Recassa acheu bistec.
« Signouria Moussù, li dighet la meschina,
« Escusa-mi touplen, de v'avè desturbat.
« Crese-lou vou, senche m'es arribat,
« Estremamen mi douola e mi ciacrina,
« Considéras pourtan, che non hai minga touort
« E che per tau malur, non meriti la mouort.
« Sabi ben che per vou, la mieu paura carcassa
« Es una bouona cassa.
« Ma laissa-mi la vida, aughes pieta de jeu,
« E lou vou renderai, me Tagiuda de Dieu. »
D'una pariera pitansa,
Si seria Tausseu voulentié regalat ;
Ma si laissan toccà, ben che vueja la pansa,
Grassia faghet a la regina dai valat,
Che per lou sieu mersi, tiret una cantada,
A faire retenti li couola e li valada.
Si di pi ch'un benfaç, non es giamai perdut,
Cu es che sepandan si seria cresut,
Ch'en achela granoja aughesse un giou d'affaire,
Lou sieu benefatour.
Un beu matin pourtan arriva ch'un cassaire,
En lu gionc aperseu lou nouostre pescatour,
Una botta en lou pieç a li manda s'apresta,
Couma su lou fusieu, Tome baissa la testa,

�— 32 —

Per l'agiustà pu ben e mira couma fòu,
De soubre un canïon, de don era agioucada,
La granoja li manda en l'ues una gisclada.
Mieç embornit, l'autre manca lou cou.
Fra tem lou passeron s'en parte e vola encara,
E lesta la granoja eschija en l'aiga clara.

Lou Gal e la sieu ombra
Un gal, terrour dai sieu parié,
Ch'avia toui vinent en millanta bataja,
Temut e respetat de touta la voulaja,
Coum'un sultan, regnava en lou sieu galinié.
Fier dau sieu beu serai de mai de sen galina,
Acheu prinse orguejous,
Che la pòu d'un rival rende inchiet e ciacrina,
Monta un giou, per cantà, soubre l'orle d'un pous.
L'aiga limpida e neta,
Couma un mirai su lou cou lou refléta,
En li mouostran un autre gal,
Che couma en prepoutent, arrougant e marsial,
Aussa la cresta e redrissa li pluma.
En l'animau gilous la ràbia leu s'alluma,
Si prepara au combat, allonga lou sieu couol,
L'imagina en lou pous, en même temp Tallònga.
« Giouve presontuous, non auras vida Tonga. »
Crida a l'ombra lou fouol,
Che la sieu bila enrauca e rende temerari,
Ma dau sputran dau pous,
Per l'ecò regaugnat, aude la même vous.
Soubre de l'enemic imaginari,
Lou nouostre ausseu, si gieta aloura embe furour.
O malur ! tomba en l'aiga e l'ombra dispareisse.
Crida, batte de l'ala, e dau bec, tour a tour,
S'encala au font enfin, per non plus repareisse.
Lou paure gal mourett emb'au remors,
De non avè pas vist a tem la sieu foulia.
O cantu còu a l'ombra douna un cors
La gilousia !
Noncle PETOU.

�UNA BOUANA PLACA
Sèna à demi Persounage

COULIANDRI PIN, negouciant (bouosc)
BOUFETI MÈu, escribachoun

BOUFETI

46 an
26 »

(lou capèu à la mari)

Pourrii parlar à Moussu Couliandri ?... à Moussu Pin
Couliandri ?...
COULIANDRI

A iéu même... — Que li a au vouostre servici ?...
BOUFETI

Charmât, Moussu Couliandri de faire la vouostra
counouissènça... — Escusa-mi se veni vous desturbar... Veni
vèire
o pèr mihou dire, ai sauput que aurias besoun d'un
secretari...
COULIANDRI

Asseta-vous... — Besoun d'un secretari... n'es pas lou
mot... ma plus léu un quaucun que mi segoundesse en lou
coumerce de bouosc que fau... Ai talamen d'afaïre !...
BOUFETI

Cresi que Moussù Pecoul v'a parlat de iéu ?... siéu iéu
Boufeti.. l'enfan mendre de Boufeti, lou fustié d'en Coundamina...
COULIANDRI

Ah ! sias vous l'enfan Boufeti ?...
BOUFETI

Boufeti Mèu...
3

�— 34 —
COULIANDRI

De fach, l'autre matin su lou Marcat, l'amic Pecoul m'a
parlat de vous.
BOUFETI

Vous déu aver dich qu'ai toui lu certificat ?...
COULIANDRI

Oui, lou m'a dich.
BOUFETI

Siéu même bachelié...
COULIANDRI

Cenque non gasta ren à la sauça !... — Dié-mi, couma
bachelié, devès aver una bel'escritura ?...
BOUFETI

Tené !... sabi faire l'anglesa, la bastarda e la rounda...
Finda ai toujou agut lou premier prèmi...
COULIANDRI

D'incanto !... — E ben, Moussu Boufeti, vous pihi au
miéu servici à data d'ancuei. —Vous dirai que pèr coumençar
la paga noun es pas...
BOUFETI

Capissi, Moussù Couliandri, li a coumençamen en tout...
COULIANDRI

Vous dounerai, vist que sias bachelié, cent lira pèr
mesada, — n'en dounavi que nouranta en aquéu qu'es partit,
es ver n'avia pas de certificat;—sabi ben que pèr lu tèms que
courron cent lira n'es pas una souma... ma sias jouve, vous
farès au miéu una situacioun... e pi, que sabi, Boufeti, vives
en famiha ?...
BOUFETI

Oui, en famiha, Moussù Couliandri.
COULIANDRI

Es couma lou vous diéu. — Que vous demandi ? o pas

�— 35 —
gran cauva... quasi ren... Mangra la miéu pousicioun, siéu
pas l'orne à mi mountar lou couol...
BOUFETi

Moussù Pecoul lou m'a dich.
COULIANDRI

Vivi simplamen, sabés... ■— En essent au miéu, vous
counsideri pas soulamen coum'emplegat, ma pèr un amic,
coum'un ver e bouon cambarada !...
BOUFETI

O Moussù Couliandri !... Merci ! d'aqueli prevenènça...
COULIANDRI

Lou poudès crêire, lou miéu cambarada ; serès l'entime
amic de Couliandri...
BOUFETI

Veramen !... es troù d'amabilità...
COULIANDRI

Aqui, au miéu, vous repeti, sias lou vouostre mèstre ;
anas, venès, v'assetas, marchas... fès couma se noun H foussi,
couma se noun esistessi ; vous despegouisserès pèr lou mihou
en l'enterès de la maïoun...
BOUFETI

Poudès cuntar se iéu !... — E lou miéu travai, Moussù
Couliandri, seria ?...
COULIANDRI

Lou vouostre travai ?... quasi ren... escoutas : lou matin,
arribas vers li set oura, redrissas lu papié espantegat su lou
burèu, classas lou tout e cada cauva à sa plaça... e pi, moun
Diéu ! se veès un poù de pous, la levas ; en lou fra-tèms ren
noun v'empedisse, dounas un coù d'escouba, es tant vitou
fach...
BOUFETI

Segur !...

�— 36 —
COULIANDRI

En li uech-mieja, anas en fumant una cigaleta, cercar lou
courrié à la pouosta... encaissas quauque mandat, timbras
una centena de letra...
BOUFETI

Es counvengut...
.

COULIANDRI

De retour, proufitas pèr mi pouorge lou lach que vous
demandi de mi faire escaufar... Pi, à noù oura anerès à la
Banca ; en cours de routa laissas quauqui fatura ai client.
BOUFETI

E pi ?...

•
COULIANDRI

E pi, à dès oura coumencen li escritura. Vous diti una
quinzena de letra ; e transcrieurès un article que toui lu jou
doum à la Gazeta Verda, l'escrieurès mé d'ancra speciala e
n'en tirerès quinze o vingt copia... Aco fach...
BOUFETI

Aco fach ?...
COULIANDRI

Pourtas Jiou tout à la gran pouosta, e revenès mi liège lu
journal de la loucalità... denembran jamai de relevar lu cours
doù jou.
BOUFETI

Ben !....
COULIANDRI

Pi, de ounze à miejou, istoria de passar lou tèms,
couolerès lu bihet de la Chambra de Coumerce... farès de
paquetoun de vint-à-cinq lira... à miejou...
BOUFETI

Vau dinar ?... pensi...
COULIANDRI

Couma diès, anas dinar.

�— 37 —
BOUFETI

Ben !... e lou predinar ?...
COULIANDRI

Lou predinar, fin à très oura, metès li escritura à jdu,
relevas soignousamen lu buletin de coumanda, ensin doù
resta pèr lou libre de caissa ; aco fach, coupas lu feuietoun
dintre d'aquelu journal... es pèr la miéu frema... lou libre
au jou d'ancuei es talamen car...
BOUFETI

■A qu lou diès !... e pi ?
COULIANDRI

A li quatre e mieja, venès mi demandar au Pomel... vous
dounerai d'ordre pèr la courrespoundènça, vous manderai de
fès au telefone, piherès de nota e li coumanda ; aco fach,
venès m'asperar à siei oura à Tahtonville ; li mi trouverès
faguènt lou piquet emé Goustin Labrua... Aqui vous
dounerai quauqui pichouni coursa à faire, qu'en la journada
un poù aver denembrat...
BOUFETI

(enervat)

Es tout ?...
COULIANDRI

Cresi qu'es tout... Vous diéu, sias toujou. libre dou tèms
que vous soubra... Veès, Boufeti, que noun aurès pas gran
cauya à faire... Es una plaça.de repau e surtout de counfiança... — Que m'en diès ?... Vous counven ?...
BOUFETI

(em'irounia)

Segur !... Pura, Moussù Couliandri, avant de counsenti,
laissa-mi vous dire...
COULIANDRI

Diès... parlas pura...
BOUFETI

Es que sias countent de la baïla qu'avès en maïoun ?

�— 38 —•
COULIANDRI

Ah ! ah ! ah !... aquela pi... — Ma perquè, Boufeti, una
tala questioun ?...
BOUFETI

Perquè ?... — Pourrii dintre la journada faissar lou
pichoun, lavar quauque peas, lou bressar, l'endourmi... e se
madama Couliandri es fatigada, anar faire lou marcat... Se
fau laverai li sièta e fruterii lou souol...
COULIANDRI

Li ai pensat... ma li lengatiera doà quartié pourrion
pensar autra cauva.
BOUFETI

Pensar ?... e ben iéu, Moussù Couliandri, pensi, qu'en
cercant ben, pourrias trouvar quaucun que vous lavesse
finda lou c... !
COULIANDRI (emé bila)
Qu'impertinènça !... Se la plaça que vous proposi noun
vous counven, noun mi resta ren autre à v'oufri que de
intrar au miéu couma esclapa-bouosc !... (à part)... Aganta !
BOUFETI (en s'en anant)

Noun avès vergougna !... à un bachelié... esclapabouosc !... Anas au tron de noun que v'esclape !... (à part)
Toui parié aquelu peoui !... soun à la souoieta cenque lou
miladiéu es à la souca !...
JULES

DICH,

BOUOI

MOT

E

EYNAUDI.

PROUVERBI

Cenque naisse au jas es dou pastre.

Cau naisse pèr estre poulit,
si maridà pèr estre ric e mouri pèr estre brave.

�L'ALOES
A Messius Cappatti e Padovani,
amistà d'un Rigaù niçart.

Mi rapeli lou tèmp que si calignavan...
N'en plasia touplen, tant à iéu qu'à l'aimada,
De chausi lou Casteù discret pèr proumenada...
L'isoulamen counven à de couor de vint an...
Lu aloès, souven, an reçut en passan
Doui noum, data, sermen, traçat en grafignada
M'un esplinga... Pero su la fueia gravada
Retrovavan plu rèn cour a remountavan...
Lou cas dei aloès n'en dounet à pensà
Que seria pu bèn bessai de si laissà...
E si separerian... Viva l'endipendènça...
V'ai plu rèn counfidat aloès doù Castèu
E me la Musa vau vers l'aloès nouvèu
Que sauprà n'en tratà me men d'empertinènça...
MÀRIUS BLANCHI.

-. A A *N A A A A A A A A Á A A A A A A A A A AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

DICH,

BOUOI

MOT

E

PROUVERBI

La frema nana
Es touta tana.
Quoura la gloria marcha davan,
la vergougna noun es luen.

�Poésies Niçoises de 1770
En 1770, le 19 août, Nice fut en fête. Le second fils du
roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III, Benoît-Maurice,
duc de Chablais, colonel d'un régiment de dragons depuis
1766, filleul du pape Benoît XIV
arriva dans notre ville.
Il avait vingt-neuf ans. Scaliero rapporte que les premiers
personnages l'attendirent à la porte Pairolière : l'évêque
Astesan, qui le harangua « en français au palais », le commandant de la Ville et du Comté, Jean-Baptiste de Bellegarde, comte de Nangy, qui le harangua « en français à la
porte Pairolière », des chanoines, les consuls, etc.. Le 24,
il repartit, salué par les canons, et se rendit à La Turbie, où
le commandant le quitta, à Peille, à Sospel, où l'évêque de
Nice et celui de Vintimille prirent congé de lui, et à Coni.
Durant les quatre journées où il séjourna à Nice, il avait
visité notamment Aspremont, Saint-Isidore, Villefranche (où
il inspecta la forteresse et se rendit à bord d'une frégate
anglaise) et Saint-Hospice.
Les Muses locales saluèrent son passage à l'envi. Témoin
un recueil manuscrit, conservé aux Archives départementales
(i),

(1) Né en 1741, le 21 juin, du roi Charles-Emmanuel III et de
sa troisième femme, Elisabeth de Lorraine (qui mourut presque
aussitôt, le 3 juillet, et dont tous les diamants lui furent donnés),
il épousa en 1775 sa nièce Marie-Anne, fille du roi VictorAmédée III. Chargé en 1792 de défendre le Comté de Nice contre
la France,_ il échoua. Privé, en 1796, de son titre de duc, il prit celui
de_ marquis d'Ivrée, puis se retira en Sardaigne, où son neveu, le
roi Victor-Emmanuel Ier, le nomma commandant des tours du
littoral. Il mourut en 1808.
(2) Scaliero, m. III, p. 766.

�des Alpes-Maritimes (3). On y trouve de nombreuses poésies.
Les unes en italien : vingt-et-un sonnets, trois chansons,
dont l'une est qualifiée modestement par son auteur, Maurice
de Orestis, de « pindarique », une ode. Parmi les auteurs,
un professeur royal de théologie, le P. Jean-Vincent Lovera
de Marie, clerc régulier des écoles religieuses ; un professeur
royal d'éloquence, le teologo Jean-Baptiste Provassi ; l'avocat
Plorace Vachieri de Châteauneuf, Joseph Loquez ; CharlesMarie Guigliotti. D'autres en latin. Quelques-unes en français : trois sonnets, une série de stances, une épigramme. Le
reste — et c'est ce qui peut intéresser le plus nos lecteurs —
en niçois : huit chansons. Parmi les auteurs de celles-ci, un
Pierre Berardi, qui porte le titre à'Academico Volsco ; deux
officiers, dont Victor Raiberti ; un certain Ange Cavallier,
qui a, d'autre part, composé en français les stances et un
sonnet.

***
Je crois qu'on aimera à lire sa pièce en langue du terroir.
Elle a pour titre : « Complancioi des Pescados su la partenso
de S. A. R. », et une note apprend que ce fut le « complimen
fac dai Pescadoi su la cuolo de Villafranco à S. A. R. ». Elle
se compose de huit couplets, chacun de six vers. J'ignore, il
est vrai, qui fut ce poète niçard.
Sias toui bei ébattus ; Beu Dieu, que le beciado !
La nuostro gaietà s'es vite despassado ;
Tout ha disparouit, et troumbetto et vioulon ;
Aisi non si ve plus ni festo ni allegresso ;
Sian dematas dau tout, abimas de tristesso ;
Lu saut et lu plesi non soun plus de sesoun.
Beu Duco, a tout moumen lou nuontre eu or souspiro ;
Lou n'aves emmagliat : tougiou vers vous si viro.
(3) Arch. dép., F. 1.

�— 42 —
Despí que sias partit, sian toui mut et revés.
Viras, viras de bort, autramen tout esclamo.
N'aves toui enmascat : tou lou pays vous bramo
Se non tournas a leu, lou batteú va traves.
Seben que dapertout doun vous complaises d'être
Tout aimo un bravo enfan dou plus brave dei mestre (i)
Cadun de v'enhaussa non si trovo mai las
Mai nautre aven un cuor qu'es d'uno buono pasto :
Lou rey et vuostre frère en han gia agut la tasto
Cuor s'amarro, es plus ferm qu'un pilon, qu'un rocas.
Bessai vous nou dirès qu'es a non v'aima gaire
De voulè s'allarga dau vuostre real paire :
Qu'aquo non muostro ren un cuor ben ourmqgiat
Beu prince amainan toui anas beu duc aimable
Reveire un tan buon pere, un frère tant vistable (2)
Voulé vou retenir, non serio beu peccat.
Quan paguerian, buon Dieu, d'avè tant de fourtuno
Couro pensan au rey, lou nuoptrs cuor s'engruno
L'aven vist uno vuoto et per nautre es ben pau
Si creyan a la velo estouffavan de giojo
Cour vegurian tamben lou duco de Savojo
Lou pere ni l'enfan non nou voulion ren mau.
Mai aqueu grand plesi si viret en plourado ;
Beu Dieou, que- vees tout, sabes la faquinado
Qu'aven pigliat despi per lou nuostre buon rey,
Non veguerias lou cour tombat a found de calo
Cour aguerian per eu aquefllo, pou mourtalo
Et gia que lou sabes, flou li saupre en quei.
(1) L'expression « le plur; brave des maîtres » peut viser la part
que le roi Charles-Emmanuel III, qui mourut trois ans après ces
fêtes, avait prise à la guerre de la succession d'Autriche, où, allié
de l'Angleterre et de l'Empire, il combattit l'Espagne et la Franca.
On sait qu'il vint à Nice, durant cette période, et y fut gravement
malade. On n'ignore pas non plus que oon oraison funèbre fut
prononcée à Saintei-Réparate, en 1773, 16 mars, au nom de la
Municipalité, par son assesseur, l'avocat Roissard, qui devint peu
après le premier des* barons de Bellet.
(2) « Le frère si en vue » désigne le futur roi Victor-Amédée III,
né du second mariage de Charles-Emmanuel III avec PolyxèneChristine, fille d'Ernest-Léopold, landgrave de Hesse-RheinfelsRothenbourg, cousine germaine de la première femme de VictorAmédée-

�— 43 —
Sentit aqueu rumou, tirerian toui en terro
Non si lagnerian plus ni de pas ni de guerro
Tant cregnian aqueu mau, que cregnian soubre tout.
Lou cuor plen d'ansietà non fayavan que plagne,
Soufflavan nuech et giou, coumo la mar, cuor fragne,
A la fin Dieou vouguet audi lou nuostre vout.
Anas, beu duca, anas, segues la vuostro routo ;
Lou nuostre paure cuor parpitto, es en derouto ;
Mai non l'escoutes plus. Anas, pourta-vous ben.
Dieu vous garde de mau. Saludas vuostre pere
Ben ben da nuostre part, lou duco vuostre frère,
La duquesso, lu enfan(l), lei princessoi tamben.

*

*

*

Si le poète Cavallier n'a pas une grande notoriété, un
des officiers qui composèrent des chansons en niçois portait
du moins un nom des plus connus dans notre ville. C'est
même un membre relativement célèbre d'une des principales
familles de la noblesse locale. Victor-Amédée Raiberti, l'un
des fils de Jean-Louis, qui avait été secrétaire d'Etat à
l'Intérieur, président du Sénat de Savoie et régent de la
chancellerie de Sardaigne, devint colonel des dragons de cette
île et commanda Sassari. Son frère Charles-Flaminius devint
en 1771 surintendant des Archives avec le titre de président.
Je suppose qu'on lira avec curiosité la chanson de Victor
Raiberti, dont la carrière militaire devait être brillante. Ce
sont quatorze couplets de six vers.

(1) Le futur Victor-Amédée III avait épousé, en 1750, l'infante
Marie-Antoinette, fille du roi d'Espagne Ferdinand VI. Il avait
sept enfants : le futur roi Victor-Emmanuel Ier, né en 1751, MarieJosèphe, née en 1753, qui épousa en 1771 le futur Louis XVIII de
France, Thérèse-Marie, née en 1756, qui fut mariée en 1773 avec
le futur Charles X de France, Marie-Anne, née en 1757, qui épousa
en 1775 son oncle, le duc de Chablais, dont il est question ici,
Maurice, duc de Montferrat, né en 1762, Marie-Charlotte, née en
1764, Joseph-Placide, comte de Maurienne, né en 1766.

�— 44 —
Su l'ario « Gran Prince

Savoyo » :

D'acheu moinen Ailtesso
Que Nisso aves quittà
Un affrouso tristesso
Ses empara
La giojo, l'allegressa
Beu prince n'an laisosa.

Giamai en lei istorio
Un prinse trouveren
Que si fasse uno glorio
D'aima lei gen
E de teni a memorio
Ce que li anavan dien.

N'aviavan pas pres gardo
Qu'un giô n'han laisserias,
L'allegresso Nissardo
Vous porterias,
E a la Maesta sarda
Nuostres plaisirs dirias.

Lou pescado si plouro
E si va ramembran
Per s'affligia a quel oro
Que laisserian
Un prinse qu'enamoro
Si scapa de lei man.

Aro puodes li dire
Que tout a bien ciaugia :
Lou plour scasso lou rire
E nés passa,
Fràncamen a vous dire,
Lou gust decantà.

Lei mogliers dai pescaires
Lei figlioj, lus enfan
Courons per tuois lus caires
Tougiour cercan
Lou degne enfan d'un paire
Que nau tres tan aiman.

Tout lou pouble de Nisso
S'anavo lusingan
Lou bourgeois, la milisjso
En descassan
Dai cuor toutoi lei risso
S'anavan consolan.

Taisi de la noblesso
L'affet et lou ciagrin
Que nen prouvé Altesso
Couor de matin
Apres la santo messo
Vous mettias en camin.

De la vuostro arribado
Tougiour si souvendren
Su d.'uno colonnadtì
La tan scrieouren
Bello e famous giournado
Per lus nuostres felen.

Nissarts, que voulen faire
Lais/ien l'estonnamen
Nuostre souvran et paire
Coummunemen
Preghen embe pescaire
Fuorsi en duoi an l'auren.

Mai de vuostro partenso
Lou giô oublida voudrian ;
La vuostro permanenso
Nen plasio tan
Qu'aro que nen sias senso
Anan buoi sospiran.

Lou prince non ignoro
Lou nuostre attacamen,
Sau que lo pouble adoro
Un rei clemen,
Un duco qu'enamoro
E la famiglia ensen.

�— 45 —
A vous prince aimable
Si raccamadan tous
Lou dolor memorable
Que per vous
Provan sera durable
Ai nuostres derniers gious.

Un dai dernier rimaíre
A fac sta canison ;
Voudrio ben saupre faire
Un pou de buon
Per aggrada, per plaire
En áchesta oucasion.
« De

*

VICTOR RAIBERTI,

officier. »

*

Provassi (Jean-Baptiste) devint chanoine du chapitre de
Nice, en fut le bibliothécaire et mourut en Piémont, en 1798.
C'est lui qui harangua en latin Mgr Valperga, lors de sa
première entrée à la cathédrale, en 1780, 15 octobre, quand
il descendit, mitre en tête et crosse en main, du cheval blanc
sur lequel il avait, sous le dais, traversé la ville depuis la
porte Pairolière. C'est encore lui qui prononça, au nom du
clergé, en 1785, 14 octobre, à Sainte-Réparate, l'oraison
funèbre de la reine Marie-Antonia-Ferdinande, fille du roi
Ferdinand VI d'Espagne et femme du roi de Sardaigne
Victor-Amédée III, dont un ex-jésuite avait, la veille, au
nom de la Ville, dans un premier Requiem, vanté les mérites.
Provasso publia, en 1787, un Orazioni panegiriche, à Nice :
i1 était alors professeur d'éloquence et préfet du Collège
Royal de notre ville.
Il semble que ces souvenirs permettent de reproduire au
moins l'un des trois sonnets qu'il composa.
Ben e ragion, s'ebbra di gioja il cuore
S'esulta Nizza or che per sua ventura
T'accoglie, real prence, entro sue mura
Che par ch'ella esca di se stessa fuofe.
Sol di goder per lei
E ho corne posto in
Alla parte salir del
Fa il nome tuo de

queste son ore
bando ogn 'altra cura
Ciel più pura
bronzi tra il fragore.

�— 46 —
Poteo l'Insubria forze e la guerriera
Pote Germania e forze Itàlia ancora
Darti d'amor più grandi prove altère
Ma non poteron mai di quelle ch'ora
Da a te la pàtria mia dar più isincere
A te del tuo gran padre imagina vera.

*
* *
Voici la première strophe de la « chanson pindarique »
de Maurice de Orestis, de qui je ne saurais assurer qu'il
s'agisse du futur premier Consul de Nice en 1773, connu
sous le double prénom de Barthélémy-Maurice :
No, non e sempre vero
Che al désir che mi sprona io ponga il freno
O men superbo e altiero
Renda il mio Plettro il favellar d'eroi
Che la brama talor, che n'arde in seno
Tal si diffonda in noi
Che aile mete più eccelse apre il sentiero ;
Ma se manca la voce al gran desio
Avverrà poi ch'in un profonde obblio
Resti la debil Cetra,
E allor che infino all'Etra
Tenta d'alzare l'orgoglioso stile
Conviene che céda inonorata Nile.

*
* *
Joseph Loquez est un poète que chacun de nos lecteurs
connaît. Il a publié un poème en trois chants, intitulé
I giorni, en 1780, pour la promotion de Valperga di Maglione
au siège épiscopal de Nice. Plus tard, il fut un des membres
de la Société Littéraire et Scientifique que le premier préfet
des Alpes-Maritimes, Florens, fonda sous le nom de Lycée.
A ce double titre, il semble mériter que l'on connaisse son
sonnet.

�— 47 —
Corne intenta la turba d'ogni intonio
Se insolito astro su nel cielo splende
Mira e saper che sia quel lume attende
Cosi fu Nizza, o prence, in questo giorno
O Cesare di mille palme adorno
Ed immortal per l'opre sue stupende
Dice ciascun che a rimirarti intende
O Scipio, o Numa, al mondo fa ritorno.
Ma la fama che vola e recca il vero
Disvela el viso e l'almo portamento
Che del gran Carlo sei germe ben degno.
Dinnanzi ate di riverenza in segno
Umil s'inchina allora e con sincero
Affetto esprime l'alto suo contento.

* *
Le vassal .et avocat Horace-François Vachieri di Castelnuovo est moins connu que Joseph Loquez comme serviteur
des Muses. Voici son sonnet, qui a trait, d'après le titre, à
l'arrivée du duc à Sospel. On n'ignore pas que les Vachieri
étaient originaires de ce lieu et qu'il obtint, en 1780, le titre
de baron sur une portion du fief de Châteauneuf.
De Savojardi eroi o germe egreggio,
Figlio di padre chiaro e glorioso,
Del natal vostro andate pur festoso
Avete il sangue ed ogni merto régie
Fan le virtudi a voi nobil corteggio
Siete prudente, saggio e valoroso
Di gloria amante e dell'onor geloso
E in voi riluce ogni più raro preggïo.
Dell'armi ostili più fier periglio
Paventar non potrem, se il difensore
Sara di Carlo un tanto degno figlio.
Onde l'amor per voi accesa il cuore
Sospello ancor con inarcato ciglio
Di rimirarvi ha pur l'eccelso onore.

�— 48 —

On sait qu'un Lovera, de Coni, avait reçu l'inféodation
du village de Marie, dans la vallée de la Tinée, en 1723, et
que César Lovera di Maria fut premier président du Sénat
de Nice de 1768 à 1792. Pour cette raison, il y; a quelque
intérêt à publier au moins l'un des trois sonnets du P. JeanVincent Lovera di Maria :
Additta ognun con immortal suo vanto
In questo ah ! quanto fortunato giorno
D'inusitata gioja appieno adorno
L'augusto prence che si vede accanto.
Chi scioglie il labro in armonioso canto
E risuonar ne fa sue glorie intorno
Chi il dolce plettro nel real soggiorno
Tocca con dotta man festoso intanto.
Ai lieti applausi, 'ai cittadini viva
S'ergon statue ed archi e lieta ancora
Echeggia di Nettun l'algosa riva
Onde scosse dal mar gia vengon fuora
Le Nereidi, Triton, la Glauca Diva
Per ammirar chi quœti lidi onora.

*
* *
Enfin, nous croyons qu'il n'est pas inutile de publier un
des sonnets de Charles-Marie-Joseph-Maurice Guigliotti, qui
fut nommé substitut de l'avocat fiscal général en 1789 et
dont une parente, la dame Guigliotti Lascaris, veuve de
l'intendant Lazare Corvesi, reçut en 1773 l'investiture, pour
la moitié, du fief de Gorbio.
Girava Apollo un di stupido il ciglio
Su monti, ove poggiava un personaggio
Che cavalcando ben li dava saggio
Desser regale e di gran merto figlio.
Avea Marte e. Minerva in tal viaggio
Ch'entrambi il dirigean con consiglio
E sprezzator cosi d'ogni periglio
Marciava tutto pien di gran coraggio.

�— 49 —
Disceso quindi al piano, in bell'ospizio
Seguito Apollo, e corne si prefisse
D'aver da lui, di lui un qualche indizio.
Dimmi, gridô, clie il Ciel vi sia propizio
Prence chi sei ? E dei mirando disse :
Benedetto io son Maria Maurizio.

*
* *
Et enfin, pour terminer, un sonnet de Ange Cavallier :
Quel spectacle charmant vient s'offrir à mes yeux,
On ne respire ici que fête et qu'allégresse,
Tout s'abandonne au feu d'une charmante ivresse,
Mille bruits éclatans s'élèvent jusqu'aux cieux.
Par de nouveaux plaisirs on embellit ces lieux,
Chacun veut s'y livrer, chacun court et s'empresse
De célébrer, de voir et d'admirer sans cesse
Un objet plein de charme, issu du sang des dieux.
Oui, grand Prince, c'est vous qui transportez notre âme,
C'est vous qui nous causez une si belle flamme,
Heureux si nous pouvions vous l'exprimer longtems.
Vous chanter, vous chérir et chercher à vous plaire,
Rendre par là nos cœurs satisfaits et contens,
C'est marquer notre amour à votre auguste Père !

On a ainsi une faible idée de ce que diverses Muses
locales firent en latin, italien, français, niçard, à l'occasion
du passage, qui dura si peu de temps, du fils du roi CharlesEmmanuel III dans notre ville en août 1770.
GEORGES DOUBLET.

4

�Moda passada

Ah ! signour, qu'es bouon lou tems de la guerra
Pèr nen ramena vers la devoucioun.
Cadun es crentous, la fet es entiera. —
Ah ! que bouon moumen pèr la rehgioun. —

Toui, gran e pichoui, l'angouis lu doumina...
Se noun n'ajudas qu'anan deveni,
O Vierge dau Ciel, Souvrana Regina !...
Ai temple veès intrà e sourti.

Pregon toui lu sant ; brulon de candela,
Messa, counfessioun, communioun pèr toui ;
Soun enfouloupat en la même tèla,
E ben umblamen plegon lu ginoui.

Dimènegue, pi toui lu jou de festa,
A la gleïa van d'un pas assurât...
Regarde-li ben ; soun li même testa.
Car pèr quauque tèms si soun abounat...

En veènt lou flus que despi l'intrada
Va jusqu'à l'autà en serran lu rang,
Segur, vous diès : « Religioun sacrada,
O que fedeltà qu'an lu tiéu enfan !... »

�— 51 —

A la mièja-nuech precedan Calèna,
Courron toui t'audi, Messa dou Bambin...
En van vous pressas... Es un fenoumèna,
Déurès està drech, asperan la fin...
Ma Fesfraï passat, adiéu prouselita...
Anà pregà Dieu ?... Fau plus li pensà...
Satan enterven... La gleïa si quita,
Viva lou fox-trott e.. lou cinemà...

Viva lu plesi que li fan envueia...
Vis-à-vis de Dieu pouodon estre ingrat...
Qu'impouorta lu mouort e la gleïa vueïa,
Pouodon oublidà... lou dangié passat...

O vil farisèu, lâche couma Juda,
Méritas ancuei lou miéu dur flagèl...
Se voulès de Diéu counservà Fajuda,
Ai grand souveni moustra-vous fedel !...
Rapela-vous ben que ren que pèr Niça
Quatre mil' enfan véon plus lou jou,
E que cada crous qu'en lu couor s'adrissa
Di : « Qu va pregà li pensa toujou ! »
PAUL NADIR.

�Un Sorcier Niçois
de la Fin du XVI™e Siècle

Bouche raconte ce qui suit, au tome Ier de sa Chorographie
de Provence (i) :
« L'on croit que, dans les ruines de Cimiez, il y ait de
grandes thrésors. J'ajouteray sur ce sujet une chose digne de
remarque, qui m'a esté contée à Rome par un personnage de
grande créance, le sieur Isnard, neveu d'Octavian, jadis
évêque de Glandevez (2) ; scavoir que l'an 1628, un certain
gentilhomme provençal ayant appris d'un certain magicien
qu'à une terre qui appartenoit au sieur Jean-Baptiste Gubernatis (3) il y avoit un grand thrésor, il s'y porte avec ce
magicien qui, après avoir fait ses invocations fut veu emporté
en l'air bien battu et entendu pleurant avec de grands cris
et lamentations, et finalement remis en terre il fut veu par
deux assistans qui y estoient presens tout livide sur sa
personne et tout meurtry de coups, detestant ses charmes et
ses invocations ; ce que le sus allégué sieur Isnard avoit
appris de la bouche du sieur Gubernatis, témoin oculaire. »

(1) T. I, p. 122.
(2) De 1615 à 1621.
(3) Premier Consul de Nice en 1618 et 1628, il fut le grand-père
de la plus grande illustration de cette première branche de cette
célèbre famille : Jean-Jérôme-Marcel, né en 1635, Qui fut un des
diplomates les plus en vue.

�— 53 —
Le prétendu magicien dut exciter la pitié du gentilhomme
provençal, à qui il avait dit que la terre de Gubernatis
contenait une fortune considérable, et enfin celle du propriétaire du sol qui assista, avec un autre témoin, à cette
aventure. S'être proclamé magicien, faire des invocations,
être emporté dans l'air comme une pauvre feuille morte, y
recevoir des coups assénés par des ennemis invisibles, verser
des larmes, pousser de grands cris, même des lamentations,
redescendre sur terre en piteux état, n'être plus qu'un pauvre
diable tout livide et contusionné, et finalement maudire les
pratiques dont il avait été s'i fier ; voilà qui ne dut pas
accroître la notoriété de cet imposteur et faire affluer, par la
suite, les clients, « les poires », comme on dit familièrement,
au local de ses prétendues sorcelleries. Le trompeur, s'il est
vrai qu'il se promena dans l'espace et y fut battu par les
diables, put regretter d'avoir assuré aux imbéciles qu'il
possédait l'art d'obtenir, par certains procédés, des résultats
inaccessibles aux moyens naturels et étrangers à l'intervention divine.
Il va de soi qu'il ne fut pas le seul, en ce temps et dans
notre ville, à prétendre — bien d'autres continuent à en faire
autant ici et ailleurs, même de nos jours — qu'il assujettissait à sa volonté des esprits, des génies, des démons, qu'il
les conjurait et les évoquait, qu'il produisait des phénomènes extraordinaires, qu'il révélait les choses à venir, qu'il
exerçait d'irrésistibles influences sur les volontés ou les
sentiments, qu'il avait un pouvoir sur les éléments de la
nature. Depuis l'ancienne Egypte, où des magiciens d'un
Pharaon changèrent leurs bâtons en serpents, transformèrent
les eaux en ruisseaux de sang, firent pulluler les grenouilles
et périrent d'ulcères, depuis les Babyloniens de jadis, chez
qui, 2.000 ans environ avant notre ère, les deux premières
lois du code de Hammourabi concernèrent les sorciers, depuis
le peuple d'Israël, où la loi de Moïse menaçait les enchanteresses, mais où le goût de la magie fut des plus développés,
avant et après l'époque évangélique, depuis les Grecs et les
Romains qui crurent constamment aux philtres, aux objets
magiques, à la nécromancie, il y a toujours des imbéciles qui
y croient.

�— 54 —
L'épisode raconté par Bouche ne mérite d'être cité que
parce que nous savons, d'autre part, que, à la fin du xvi®
siècle et au début du xvu6, les prétendus magiciens n'étaient
pas rares à Nice. Il va de soi, en outre, que plus d'un habitant de ce pays ne suivait pas les dogmes catholiques. D'où
un double souci pour les évêques d'alors : il leur fallait
combattre et les sorciers et les hérétiques. Or, chacun le sait,
les évêques avaient autrefois un droit de justice, qui, exercé,
depuis environ le ix" siècle, par leurs officiaux, fut, en
France, restreint de plus en plus à dater du XIVe et supprimé
par la loi de 1790, 11 septembre.
Les évêques de Nice l'avaient sous la domination de la
maison de Savoie. C'est ce qui donne un grand intérêt à un
recueil factice que possèdent les Archives communales de
notre ville. Des quatorze affaires qui y sont traitées, je
détache celle qui m'a semblé la plus curieuse : un procès de
sorcellerie.
Nice avait quatre portes munies de pont-levis. Chaque
année, lorsque la Municipalité avait été renouvelée en mai,
elle choisissait, lors de sa première réunion, en général le
20, juin, ses employés, notamment les quatre portiers. C'est
l'un d'eux, Claude Trastor, couturier de son métier, qui
comparut, en avril 1598, comme sorcier, devant le tribunal
ecclésiastique, présidé par l'évêque. Les griefs que la justice
épîscopale eut contre lui peuvent se résumer ainsi : ce
portier avait des livres suspects, notamment un de Corneille
Agrippa, un traité, semble-t-il, d'onomatomancie, certains
ouvrages et un dessin qu'un récollet espagnol lui avait
donnés, un livre qu'un Provençal lui avait remis, des papiers
compromettants qu'un soldat du château lui avait depuis
longtemps, et contre une somme fort modeste, prêtés, des
cordes qui avaient servi à pendre des condamnés, des
triangles de bois dont un homme de Castellane lui avait
appris à se servir pour des usages magiques — et quels
usages ! — enfin des secrets qu'un homme, décédé dans la
suite, lui avait enseignés. Trastor avait écrit des choses
suspectes sur un certain nombre de papiers, fait des dessins
avec des encres rouge et violette, jeté ces encres dans le
Paillon, fait faire d'étranges dessins à un autre soldat du

�— 55 —
château, qui était son parent. Détail curieux : il s'agit, en
■effet, d'un homme qui se signala ensuite, — qu'on lise
l'admirable Note d'Archivio de M. Joseph Brès, — comme
peintre, sculpteur et ingénieur, Jean-Louis Baldoino, qui fit
en 1607 le remarquable plan de Nice, d'où procède la gravure
exécutée à Rome par Jean Maggi et dédiée par Honoré Pastorelli, en 1610, au comte de Beuil, son protecteur. Enfin le
sorcier avait montré quelques-uns de ses livres suspects à
diverses personnes, leur avait appris à se servir des extraordinaires triangles de bois, communiqué verbalement d'admirables secrets à tel ou tel, vu une dent merveilleuse entre les
mains d'un de ses amis, qui était devenu l'un de ses ennemis,
vanté parfois sa science magique, déclaré qu'il fallait, quand
on y recourait comme lui, y croire, plaisanté parfois de tels
procédés. Il avait des ennemis. Le soldat, son parent, était
un ancien fabricant de cadrans solaires, qui avait appris à
un Franciscain à en faire, parlé, soit avec ce religieux, soit
avec un docteur ès-lois des inscriptions qu'on voyait sur ces
objets, et fait, selon le désir du portier du Paillon, pour le
plus grand bien conjugal d'un neveu de celui-ci, des dessins
infiniment délicats. L'autre soldat, qui avait donné un des
livres suspects et des papiers fort inquiétants, avait quitté
Nice depuis une vingtaine d'années. Enfin, un des hommes
qui avaient exercé une grande influence sur le couturiersorcier, se vantait, durant sa vie, d'être un grand spirite,
faisait venir des esprits dans un miroir, dans une cruche,
sur une poêle à frire et proclamait qu'il avait des secrets
contre les arquebusades ; ce qui ne l'avait pas empêché, il est
vrai, de mourir d'un coup d'arquebuse. Je n'ai pas la prétention d'avoir tiré au clair tout ce qu'il y a de confus, on va
en juger, dans les dépositions parfois pleines de réticences
ou de contradictions, dans les détails de magie, sorcellerie,
spiritisme — j'avoue que je n'y connais rien — dans les
racontars et, disons le mot, dans les ragots qui encombrent
tout ce procès. Le plus simple est de le faire revivre, sans
avo;r l'ambition de l'annoter.
Il comparaît à Nice, dans le palais épiscopal, devant
l'évêque Pallavicino de Ceva, en 1598, le 7 avril. Ses réponses
sont consignées en italien ; les questions, en latin.

�— 56 —
Savez-vous pourquoi vous êtes emprisonné et cité ? —
V. G. m'a dit hier soir que c'est pour des pratiques diaboliques.
Pourquoi, en répondant, ces soupirs et ces gémissements?
— C'est parce que, depuis cette nuit, j'ai mal au côté.
Que savez-vous des pratiques diaboliques ? de qui et
quand les avez-vous apprises ? — Je n'en sais rien ; je ne
crois pas que personne puisse dire qu'il y comprend quoi que
ce soit.
Avez-vous donné des remèdes pour nouer l'aiguillette (1)?
— Monseigneur, non.
Connaissez-vous un remède qui fait boiter les chevaux et
les empêche de marcher ? — Non ; mais V. G. trouvera peutêtre dans mes écritures la chose en question.
De qui tenez-vous ces écritures ? Depuis quand ? — Un
Ausepie (sic), qui était au château, nommé Fidèle, voulant
se rendre dans le Languedoc, me dit qu'il avait ces écritures
et des feuilles qui valaient de l'or, qu'il les prêterait pour
quelque argent. Je lui prêtai 40 parpagliole (1). Les feuilles
que Fidèle me remit, je les ai toujours gardées ; je n'en
ai rien fait ; je les ai montrées à plusieurs personnes.
A qui ? et quelles écritures? — Je les ai montrées trois
fois à Jean Chiabotto, mercier (mersaro) de Nice ; il aimait
à les lire ; il me demanda de les lui laisser ; je refusai. Je
les ai encore fait voir à un de ses amis, Horace Bonfiglio, à
Baptiste Sostena, à d'autres que je ne me rappelle plus.
J'étais de garde à la porte du Pont ;■ je les tenais dans la
caisse (cassia) ; c'est là que je les exhibais. Une fois j'ai
conduit Chiabotto chez moi ; j'ouvris le paquet (fagoto) que
V. G. a trouvé dans une caisse chez moi ; il lut avec attention et voulut emporter la chose ; je lui demandai ce qu'il
voulait faire de ces blagues {forfanterie).
Quand le nommé Fidèle vous remit ces choses, les avez(1) Je ne reproduis pas, par discrétion, le terme cru1 du texte
latin. N'importe quel livre explique ce que les sorciers entendaient
par là.
(1) La parpaillole valait environ 2 sous. C'est donc pour 4 francs
cme Trastor était entré en possession des inepties dont Fidèle avait
dit qu'elles «valaient de l'or».

�— 57 —
vous examinées ? — Alors non. Je ne regardais que les
caractères, qui étaient bizarres à voir. Il m'avait dit que cela
avait de la valeur et que, en portant ces écritures sur soi,
un homme ne courrait aucun danger dans la vie militaire.
Elles étaient liées avec un nœud ou lacs (grosso o sia lasso).
Les deux grandes cordes (lassï) et les deux petites, feu le
prévôt Allegramente les enleva au bourreau (boia) qui pendit
les deux frères Deleuse ; Allegramente me les donna, me dit
de les garder, me les a redemandées souvent. J'ai refusé de
les lui rendre. Les deux qui étaient dans la caisse qui1 me
fut prise au Pont, me servaient à tirer .le pont-levis : c'est
la femme du défunt bourreau qui me les a remises pour mon
travail. Mon compagnon, Baptiste Sostena, peut l'attester.
Huit témoins, dont le procès-verbal tait les noms, font
des dépositions appelées tantôt informatio tantôt revelatio.
Les cinq derniers déposent pour soulager leur conscience, en
raison d'un monitoire lancé par Pallavicini.
Témoin A. — « J'étais un des gardes du pont. J'ai vu
plusieurs fois Trastor tenir des livres ainsi que des papiers
écrits et peints. Il les laissait voir et lire aux divers hommes
qui venaient garder le pont. Je ne suis, au surplus, qu'un
pauvre idiot et un illettré (essendo io idiota e illitterato). Je
ne sais ni lire ni écrire. Je remarquai seulement que les
caractères étaient tracés avec plusieurs encres. Il avait aussi
une feuille de papier, blanche et rayée (rigata) ; Trastor y
faisait, dans la matinée, des dessins. »
« A-t-il, demande l'évêque, donné à quelque jeune homme
des secrets pour lui faire avoir des femmes (per farli aver
di donne) ? et à qui ? — Je l'ai vu parler notamment avec
Horace Richelmi, Horoce Bonfiglio, Denis Detat, JeanBaptiste Roehione, Jean Chiabotto, Jean-Louis Molinaro. Je
t 'ai rien entendu de ce qu'ils disaient. Je n'ai pas remarqué
qu'il leur ait donné des secrets ni exécuté des beu#»nerfes(ne fatto mascarie). »
Témoin B. (i). — « Ces jours derniers, Trastor vint, me
(i) C'est une femme, et, d'après ce qui précède, la veuve d'un
gardien de la prison. D'après ce qui suit, elle s'appelait Antoinette,
et son mari, Baptiste Riva Allegramente.

�— 58 —
trouver aux prisons publiques. Il me demanda si j'avais une
corde pour tirer le pont-levis. Je lui dis que mon mari en
avait une dans une armoire. Je lui permis de la prendre, à
condition de me laisser celle dont son gendre se servait pour
son âne. Il prit deux cordes, dont une avait servi, je crois,
à pendre Pierre de la Roquette, qui a été supplicié. » (i).
Témoin C. — « Vendredi dernier, j'ai signifié à Antoinette, veuve de Baptiste Riva Allegramente, ci-devant
prévôt, d'évacuer la maison des prisons. Elle se disputa avec
Antorona, ma femme. Elle dit qu'elle me ferait mourir dans
un mois, sans me toucher. Ma femme m'avertit que Trastor
lui avait défendu de parler soit à lui soit à Antoinette.
Trastor lui avait dit que, s'il n'était qu'un pauvre ver de
terre (un picolo verme), il avait plus.de force qu'on ne
pensait. Je sais que Riva, lorsque les frères Deleuse furent
pendus, prit la corde de l'un d'eux, l'emporta aux prisons
et dit qu'il y avait dans cette corde divers secrets. »
Témoin D. — a II y a 3 mois, Trastor m'a montré divers
papiers écrits et couverts de dessins ; il m'a dit que cela
protégeait contre les armes et avait diverses puissances. Ce
sont bien celles que V. G. me montre. J'ai vu aussi une
demi-feuille de papier où il y avait une croix, ainsi que des
mots commençant par : La sera quando vai a dormiré et
finissant par maleficio provato. L'écriture était de la main
de Trastor. De même pour une demi-feuille, où il y avait
des mots commençant par: Per aver gratia 'da qualchè
persona et finissant par Tuo precioso sanguine ; et pour une
autre où il y avait un texte débutant par Parolle con caratteri
et se terminant par Sine sentirai sonare ; et pour un livre
couvert d'un vieux parchemin où il y avait, au début,
Adjutorium nostrum in nomine Domini, et à la fin Manifestafi mihi. Finis : dans celui-ci, divers caractères sont également de sa main. Il m'a montré un livre imprimé où sont
décrites les vertus des Psaumes. Il m'a fait voir de petites
brochettes de bois (certe brochette di legno piccole) avec
lesquelles il disait qu'il empêchait les hommes d'avoir des
relations avec les femmes ; il plantait une de ces brochettes
(1) Donc un des frères Deleuse.

�— 59 —
dans la terre, à l'endroit où l'homme avait satisfait un besoin
naturel, et il disait : « Dialigas, Faligas, Aligas, Longinus,
Machabeus » ; il m'a donné le texte du secret écrit de sa
main sur quelques brochettes. » — Ge qui va suivre est peu
clair. — « Trastor m'a montré, dit l'inculpé, un secret pour
faire battre (pica-r) (i) une horloge, à savoir pour faire battre
un anneau dans un verre ; il m'a dit de prendre l'anneau,
de l'attacher (stacare) avec du fil vierge et de répéter trois
fois : « Ecce enim in veritate tua dilexisti et incerta et occulta
tua manifestassi mihi (2) ; il m'a assuré qu'il en avait fait
la démonstration! Il m'a montré une feuille « où il y a un
cercle tout plein de lettres, caractères et nombre pour savoir
la mort, la maladie ou la santé de n'importe qui » ; c'est
Trastor qui l'avait dessiné ; je l'ai vu maintes fois s'en
servir. Il avait encore une feuille de papier, à la troisième
page (faciata) de laquelle on lisait, entre autres : « Per saper
uno ladro ». Et un tout petit livre manuscrit de huit feuillets,
qui commence par De quatuor annulis clavícula Solomonis (3)
et finit par Figura autem in serico describenda sit ; il est de
la main de Trastor ; il ne me l'a pas prêté. Et une feuille
écrite sur trois pages (faciate) : la première commence par
Dica.corne voi et direte Angelo santo agiuro te, la seconde
par Scritto per furti et cose perse, la troisième par De furto
inveniendo ; au milieu de celle-ci, on lit : Experimentum per
haver uno spirito dentro uno spechio che risponda et dimostri
quetlo che voi ; cette feuille est de la main de Trastor. Il m'a
donné des écrits pour avoir une fille à ma disposition
(a posta) ; je ne me rappelle plus les paroles ; c'étaient de
petits tableaux (quadretti). J'ai vu aussi un grand livre
couvert d'un vieux cuir noir, intitulé Giulio Agrippa (4),
Ci) Pour « picchiare ».
(?S Psaume L. 8.
(3) La grande clavicule de Salomon était — du moins il me
semble l'avoir lu — une prétendue conjuration à Lucifer. Il y avait
.aussi un talisman de grand prix : un papier ta'lié en rond, 011 se
voyait « le grand pentarîe dp Salomon ». Je ne sais pas si le portiersorcier a possédé cet objet dont la vertu était considérable selon
les demoiselles Couedon de ces temps-là.
(4) Hn réalité, il s'agit du De occulta philosofihia, en 3 livres,
oit'avait publié, à Anvers et Paris, en TC31, Henri-Corneille Agrippa
de Nettesheim, médecin (il le fut notamment de la mère de

�— 60 —
et un livre ayant pour titre L'Ar'te délia Nomandia (i) entre
les mains de Jean Chiabotto, à qui Trastor les avait prêtés. »
Témoin E. — « Dans la maison que Trastor habite près
du Canto di Santa Cattarina, j'ai vu divers livres, écritures
et caractères, notamment L'occulta filosofia dell'Agrippa et
La scienza de Nomando. Plusieurs fois il m'a conseillé d'entendre la première messe et de venir déjeûner chez lui. Il
m'a montré un registre de papier royal où des caractères
sont tracés avec des encres de diverses couleurs ; il a pour
titre : Michel Ladan. Dans une partie, j'ai vu une peinture
représentant un homme et une femme qui s'embrassaient,
et l'image d'un homme ayant deux cornes. J'ai vu aussi une
pierre d'aimant noir. Toutes ces écritures sont de la main
de Trastor. Il m'a remis des paroles contenant un secret pour
détourner les femmes de la vertu (per corromper le donne) ;
il m'a montré des secrets pour enclouer (inchiodar) un cheval
et enchanter les armes. Il m'a dit qu'il n'attachait pas d'importance à de telles fourberies (ribaldarie). »
Témoin F. — « Gui Fornaro, soldat au château, m'a
offert un secret pour avoir une femme (per haver una donna)
et m'a proposé de m'apprendre à faire une pâte (pasta), pour
un ducaton ; j'ai refusé, pensant que c'était mal. J'ai entendu
dire à Horace Bonfiglio que Trastor avait de beaux secrets. »
Témoin G. — « Les mois derniers, Trastor étant malade,
j'allai le voir, afin de lui dire comment je faisais la gardé
au Pont. J'ai vu et lu chez lui un grand livre, imprimé,
couvert de noir, intitulé Henrîci Cornelli Agrippa, partie
en latin et partie, je crois, en hébreu. Et un livre imprimé à
Venise, en italien, sous le titre : La scienza di Nomandio.
Je l'emportai ; je le montrai au P. Michel, jésuite, qui me
dit que c'était un livre défendu ; je le brûlai en présence de
Françoip Ier), historiographe de Charles-Quint et philosophe cabaliste. Cet homme, natif de Cologne, qui mourut à Grenoble vers
1^34, avait été accusé de magie et emprisonné un an à Bruxelles.
C'est le premier type des sorciers de 1a Renaissance.
(i) Je suppose qu'il s'agit d'un traité d'ononiatomancie ou,
comme on a dit par corruption, de nomancie. Cette prétendue
divination, que ses adeptes prétendaient faire remonter au patriarche juif Enoch, se pratiquait à l'aide du nom d'une personne, du
nombre et de la combinaison des lettres dont il est formé.

�— 61 —
trois témoins chez Philippe Lambert, aubergiste de cette
ville. Un jour où Trastor était de garde au Pont, j'ai vu
une feuille de papier royal, où des psaumes étaient écrits, et
une croix,' tracée, et des armes, peintes ; c'étaient, m'a-t-il
dit, des remèdes contre les armes. »
Témoin H. — « Bertrand Bottiero m'a dit que Trastor,
apprenant qu'un de ses cousins devait aller à Genève pour
ses affaires, lui a conseillé de chercher « une chèvre qui eût
son chevreau mort dans le ventre », de prendre le chevreau,
de le faire écorcher, d'en faire tanner la peau et de la lui
apporter. Ce sera, m'a dit Trastor, une recette pour aller et
venir librement. Le cousin de Bottiero l'a fait. Trastor a
écrit divers caractères sur la peau, l'a rendue à cet homme
-et lui a déclaré qu'il n'avait plus rien à craindre, même d'un
coup d'arquebuse. »
Le 16 avril, second interrogatoire du sorcier. L'évêque
est assisté par le P. Dominique Galli, dominicain, et par
Jean-Augustin Cavallini, notaire et procureur.
« Quel est votre nom, votre lieu de naissance, votre âge,
votre profession ? — Je m'appelle Claude Trastor, 45 ans ;
mon métier est de coudre (cusir) ; la ville m'a nommé portier
de la porte du Pont ; je sais lire et écrire.
« Avez-vous écrit ce papier (cartafacio) où je lis, en tête,
Adjutorium nostrum ? à la seconde page, il y a des carrés
et des caractères ; à la fin, le mot Finis ; les neuf feuilles
sont écrites. Est-ce de votre main ? — Je l'ai trouvé un
matin sur le pont, quand des gens allaient processionnellement à la Madone de Cimiez, il y a 2 ou 3 ans. Je ne l'ai
montré à personne.
« Dans les papiers saisis chez vous, en est-il que vous
ayez écrits ? — Oui, Monseigneur !
« Lesquels ? et que contiennent-ils ? — Je l'ignore (1).
Examinez-les. — Je reconnais avoir fait un cercle sur
du papier royal, avoir écrit dans ce cercle Henfortunium
infortunium, avoir écrit la feuille qui commence par La sera
et finit par provat a à la seconde page (faciata), les caractères
sur un bulletin de papier vierge, la petite feuille qui com(Î

(1) Aussi l'évêque lui met-il les papiers sous les yeux.

�— 62 —

inence par La squilantia (i) in 4 hore et finit par supplico,
Ja feuille qui commence par Bramo a g dinari (2) et finit par
di Rubino, le billet De metalli, le billet Grossa boni, le billet
Smeralda, le billet où est la prière de saint Antoine, le billet
Gloria Patri, le billet Salmo, le billet commençant par Patrole
con caratteri barré et taillé en une partie, et intitulé dans sa
seconde page (faciata) A saper quante hore sono, la feuille
De furtum inveniendo, la demi-feuille intitulée Per far botter
uno anello, un bout de papier intitulé Santo Giulia.no, qui
contient divers secrets. Les dessins en rouge et en violet qui
sont sur cette peau de chevreau, je les ai, pour passer le
temps, copiés sur le papier royal que Fidèle m'avait donné.
Un prêtre di son Clo (sic) survint, me dit que c'était de la
superstition, me conseilla de les brûler ; ce que je lui promis.
J'ai jeté l'encre dans le fleuve. Mais je n'ai rien brûlé. Les
papiers qui ne sont pas écrits de ma main, il y a 18 ou 20
ans que Fidèle me les a donnés. Enfin, le petit livre intitulé
Le juge de quatuor annulis sapientis Solomonis, en cinq
feuilles, relié avec un petit aigle en relief (3), con aquilina
di pomello, je l'ai reçu, il y a 2 ans, d'un Provençal, nommé
M. De la Porte. Je ne les ai ni brûlés ni, après les ordonnances de V. G., remis à l'évêché ; je reconnais mes torts.
J'ignore ce qu'est le livre intitulé Cornelio Agrippa. J'ai
divers ouvrages, couverts de cuir, que m'a laissés le P. Jean
Gattières, théologien espagnol, de l'ordre des Zoccolanti (4),
qui était au service de feu la Sérénissime Infante (5), La
Scienza di Nomandia, je ne l'ai montrée qu'à Chiabotto ; je
ne l'ai plus depuis longtemps ; c'est Fidèle qui me l'avait
donnée ; j'ignore ce que j'en ai fait ; je l'ai lue plusieurs
fois (6). Je reconnais mes torts : j'ai mérité de mourir, non
(1) Lire « squinanzia » : l'esquinancie.
(2) Je désire 9 deniers.
(3) Ou couleur vert-de-pomme- (pomella) ; je ne garantis ni l'un
ni l'autre de ces sens.
(4) Les Récollets, qui usaient de sandales (zoccoli).
(5) Catherine d'Autriche, fille de Philippe II d'Espagne et
femme du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier, était morte en
1597, 6 novembre.
(6) -Le témoin G a dit qu'il l'avait brûlé1 en présence de trois
témoins, dans une auberge de Nice.

�— 63 —
une seule fois, mais 1.000 (non una morte, ma mille). Je veux
dire la vérité. C'est Fidèle qui m'avait donné le Cornelio
Agrippa; je l'ai fait voir à Chiabotto qui l'emporta quelques
jours, me le rendit et me dit que c'est un livre mauvais et
plein de diableries (cativo et pieno de diavolarie) j je l'ai
brûlé, ainsi que le Nomandia (i). J'ai eu tort de dire que je
n'avais eu ni l'un ni l'autre ; je m'en remets à votre indulgence. Les cordes des pendus, j'avais entendu , dire que,
quiconque faisait dire trois messes du Saint-Esprit sur l'une
d'elles et en tenait une en jouant à la balle, il gagnait
toujours. Je n'en ai donné aucune à personne. Les triangles
de bois et la petite feuille de papier qui porte les mots
Dialagas, etc.. est écrite de ma main, c'est un homme de
Castellane qui m'a appris à m'en servir ; voyant un passant
uriner, pendant que j'étais de garde au Pont, il me dit que,
si je plantais ces brochettes de bois à la place où ilj s'était
soulagé, cet homme ne pourrait plus avoir de relations avec
des femmes. J'ai donné le secret à Chiabotto et à Bonfiglio ;
celui-ci me montra une dent qui, disait-il, était une dent
d'une lamie {dente di lamea) et avait plus d'effet pour cela ;
il ajouta que la dent d'un .loup était encore plus efficace. Je
n'ai jamais cherché à nouer l'aiguillette de qui que ce soit.
Je reconnais ce qui regarde le chevreau mort-né. Quand je
donnais les secrets, je disais aux personnes qu'elles avaient
besoin d'y croire ; que, autrement, il n'y aurait pas d'effet.
J'ai fait la preuve que, par la vertu de certaines paroles, un
anneau placé sur un fil et suspendu au milieu d'un petit
verre {ciati) (2) le frappe plusieurs fois : c'était pour savoir
quelle heure il était. C'est Isoard Gallo qui m'a donné le
secret pour découvrir un vol et faire venir un esprit dans
une cruche (ambora) ou dans un miroir ou sur une poêle à
frire (padella) (3) : je l'ai communiqué à Chiabotto, ainsi
que les recettes, écrites de ma main, contre la torture, la
fièvre quarte, les saignements de nez, et pour enchanter
(1) Il vient de dire qu'il ne savait pas ce qu'il avait fait de ce
dernier livre ; d'autre part, le témoin G l'aurait brûlé. Tout cela
est embrouillé.
(2) Traduction douteuse.
(3) Ou bien, un bassin où les malades font, au lit, leurs besoins.

�— 64 —
l'épée d'un ennemi. Je n'en ai pas fait l'expérience. Le papier
Santo Giugliano, j'ai voulu en faire l'expérience avec mon
petit garçon : il m'a dit qu'il ne voyait rien. C'est Galli qui
m'a donné le secret, que j'ai copié, pour faire marcher et
agir les femmes au gré de ses caprices (per tirar donne alla
sua volontà) ; je n'en ai pas usé. Le cercle où est écrit
Henfortunium, c'est un Franciscain, alors attaché au comte
Martinengo, qui m'apprit à le tracer. La figure d'un ange
tenant une épée en main et celle du diable, c'est du moine
espagnol que je les tiens ; il les a tracées devant moi. Le
livre que j'ai dit que j'ai trouvé sur-le pont, n'est pas écrit
de ma main. Le dessin de l'homme et de la femme qui s'embrassent et se baisent et celui de l'homme qui a deux cornes
sur la tête, je l'ai fait faire à Jean-Louis Baldoino, soldat
au château et peintre, sur l'ordre d'un de mes neveux; (i),
Joachim Viano, de Saint-Laurent en Provence ; il m'avait dit
que sa femme le trompait et que, pour la ramener au bien,
il voulait « délicatement (destramente) », la nuit, attacher
ces images à la porte de sa maison et dire qu'elles y avaient
été mises par d'autres. Je répète que je suis coupable ; j'ai
péché par curiosité, sans vouloir contrevenir aux ordres de
l'Eglise ; je suis catholique et veux mourir tel. »
Le 17, Jean-Louis Baldoino comparaît devant l'évêque.
« Connaissez-vous Claude Trastor ? — C'est mon ami.
« Avez-vous entendu dire qu'il s'occupe de sortilèges ?
— Non ; c'est un homme de bien et un galant homme (homo
da bene et galantuomo).
« Comment l'avez-vous connu ? — Il m'a fait faire quelques peintures, et sa femme était parente de mes cousins.
« Quelles peintures ? — Des bouffonneries (maccare)
qu'il voulait envoyer à Antibes, et, dernièrement, un crucifix
en bosse (un crocifisso in rïlevo).
« N'avez-vous pas fait aussi des masques pour le Carnaval (picturas ultra formas larvarum pro carnisprivio) ? —
Celles que V. G. m'a montrées et qu'elle tient à la main.
« Que représentent-elles ? — Il m'a dit qu'un Proven(3) Sur celui-ci, voir Joseph Brès, Note d'archivio, p. 137, et
mon article dans L'Eclaireur du Dimanche, numéro du Ier mai 1921.

�— 65 —
çal (i) avait une femme qui lui faisait porter les cornes
(portar le corne) ; qu'il voulait le faire peindre, avec les
cornes à la tête, et sa femme embrassant un homme.
« Avez-vous connu un Franciscain, qui était chapelain du
comte Martinengo ? — Oui, Monseigneur.
« Quelles relations avec lui ? — Je lui ai montré à faire
des cadrans solaires (orologi di sole) ; il me parlait d'inscriptions qu'il avait lues sur de tels objets.
« Avez-vous reçu de lui un cercle peint sur du. papier,
portant les mots Heu fortunium infortunium ainsi que
Adversitas, valetudo, vita, prosperitas, œgritudo, mors ?
Le voici. — J'ai eu une écriture semblable ; mon confesseur
m'a interdit de la garder.
« Vous en êtes-vous servi ? — Quelquefois. Mais, comme
cela ne réussissait guère, j'ai tenu cela pour une blague
. (boia).
« De qui teniez-vous cette roue ? — Je ne m'en souviens
plus. Ou plutôt si. Je suis allé de Monaco à Castellar. Au
port de Monaco, je m'occupai de mon métier de peintre et de
fabricant de cadrans solaires ; Honoré Lascaris, docteur
ès-lois, avait reçu, quelques jours avant, un cercle auquel
il ne comprenait rien. J'allais à Castellar avec lui. Il me le
montra. Je lui dis que l'objet ne signifiait rien. Il y en a un
morceau chez moi.
« Connaissez-vous des nécromants qui usent de tels
cercles ? — Feu Isoard Gallo avait divers secrets, notamment contre les arquebusades ; il m'en a proposé ; je lui ai
répondu que, lorsque j'étais en danger, je me recommandais
à Dieu et à la Sainte-Vierge. Et c'est justement d'une
arquebusade que Gallo est mort. »
Le lendemain, nouvel interrogatoire de Trastor. Il renouvelle ses regrets, assure qu'il est un bon chrétien, affirme
qu'il fut un bon portier du Pont. Son fils déclare que l'inculpé
est un homme de bien, qu'il a des sentiments très religieux,
qu'Horace Bonfiglio et la mère de celui-ci, « Madama
Liquineta Bonfiglio», en veulent, depuis trois mois, à son
père et ne lui parlent plus.
(i) On a vu que c'était un neveu de Trastor.
5

�— 66 —

Suit la déposition de 6 témoins, qui ne déposent pas sous
le secret. Aussi connaît-on leurs noms. Ce sont des témoins
à décharge.
i° Pierre-Antoine Bonfiglio. — « 11 y a 5 ou 6 mois,
« Madama Jauquineta », femme de François Bonfiglio, m'a
dit que leur fils Horace fréquentait Trastor d'une manière
qui lui déplaisait. Elle a prononcé des paroles de menaces
contre Trastor. Il est maintenant fâché avec Horace. Trastor
est un brave homme et a une excellente réputation. »
2° Paul Carene. — « Trastor est un homme de bien, un
bon catholique. Les religieux de Cimiez le chargent souvent
de leurs commissions. Autrefois il fréquentait Horace Bonfiglio. Depuis un mois et demi ils ne se parlent plus. »
3° Le P. Etienne Lanteri, gardién du couvent de Cimiez.
— « Trastor est un excellent homme. La semaine dernière,
j'étais malade à Antibes. Il m'a soigné fort bien, m'a tenu
des propos aussi consolants que chrétiens, a refusé à un de
ses frères de rester là-bas, voulant faire ses Pâques dans
notre église. Je sais qu'il les a faites. »
4° Pierre Moretti. — « Je connais d'autant mieux Trastor
que mon moulin est à côté de la porte du Pont. Je l'ai vu
souvent dire son chapelet. Plus d'une fois, il a(gagné les
TpsLrâonsfipigliava il perdono) à la chapelle Saint-Antoine,
qui est à côté. J'ai entendu parler de lui en termes mauvais ;
j'ai vu Horace Bonfiglio avec lui, mais pas depuis 2 mois ;
la mère de celui-ci m'a dit qu'elle voulait battre Trastor. »
50 Baptiste Sostene. — « La mère d'Horace Bonfiglio a
adressé à Trastor des paroles de menaces. »
6° Antoine Blanqui. — « C'est un homme de bien ; il
dit son chapelet régulièrement. Il est brouillé avec Horace
Bonfiglio. »
Le 2 mai, le procureur fiscal requiert la condamnation
de Trastor. Le 4, l'évêque, entouré de Jean-Baptiste Borriglione, protonotaire, prévôt de la cathédrale et vicaire
général, du P. Dominique Galli, de cinq des chanoines,
Melchior Baldoino, prieur claustral du chapitre (1), Jean
(1) J'ignore quelle était sa parenté avec le « soldat du château
et peintre » Jean-Louis.

�— 67 —

Gente, sacriste, Jacques-François Jaucellet, infirmier, Pierre
Peglione et Antoine Artenari, ainsi que des P.P. Augustin
Confaloneri et Michel Peroti, jésuites, déclare que Trastor
est convaincu des crimes qu'il a avoués, sacrilèges, divinations, enchantements et maléfices. 11 le condamne à les
détester et à y renoncer pour l'avenir. 11 envoie au feu toutes
ses écritures, ses livres, les objets qui lui servirent à des
usages illicites. Il tient compte de ce qu'il a tout avoué. Pour
la première fois, il use de clémence. Il lui impose de se
confesser et de communier chaque mois, durant trois années,
de jeûner chaque samedi et de réciter ce jour-là à genoux,
les sept psaumes de la Pénitence et les litanies. Enfin il le
bannit du diocèse pour ces trois mêmes années et l'avertit
que, s'il y rentre, il y va des galères. Le prélat se réserve
d'adoucir, s'il y a lieu, la peine infligée au sorcier. Le
procureur fiscal déclare que le châtiment est trop léger. Le
condamné promet d'exécuter strictement la sentence de
Pallavicini.
***
Pour en revenir à notre point de départ, on ne s'étonnera
guère, après une telle histoire, que, trente ans plus tard, il
se soit trouvé, à Nice, un sorcier capable de faire croire à
un gentilhomme provençal qu'il découvrirait de grands
trésors dans les ruines de Cimiez. J'aimerais à savoir jusqu'à
quel point l'excellent Gubernatis, qui fut premier consul de
notre ville en 1618 et l'année des prouesses de ce farceur, l'a
vu, une fois ses invocations terminées, emporté dans l'air
et battu par les diables, l'a entendu pousser de grands cris
et des lamentations, l'a recueilli après sa chute, tout livide
et meurtri de coups, ainsi que le noble édile le raconta au
neveu d'un évêque de Glandèves. J'aime mieux ce procès du
portier-sorcier, ses dialogues avec l'évêque de Nice, les
dépositions des sorciers. Voilà du moins un document de
notre histoire locale auquel on ne saurait refuser Tine certaine
saveur.
GEORC.ES DOUBLET.

�Pendoun de fourca !..
BALADA

Lu peoui courron pèr carriera,
Passat lou tèms qu'anava màu,
Clafit de sou, bâton miniera,
Soun lu signour doù gros patàu ;
A gran, ranfouors, mé lou tambàu,
Vous faran faire la mazourca,
Soun proprio, cadun lou sàu,
Aquelu bei pendoun de fourca !...
Soun parentat à l'estrassiera, —
Misé Davica Cachimbàu, —
Felen de Mèna, patra.ssiera,
Counouissuda pèr ben de ràu.
De la nidagna aqui lou tràu...
An pèr blasoun : calen e dourca,
Cimié de goula, gros fanàu...
Aquelu bei pendoun de fourca !...
Pèr si despegoui dei niera,
An fach un pati m'ai Tartàu ;
Li remetran, en Pairouliera,
La siéu maïoun dou sentemàu ;
Noun lu cresès paure diau, —
Qu fa ben soun liech ben si courca, —
Fan barouchin, an de cavàu,
Aquelu bei pendoun de fourca !...
MANDAT

Peoui ! creat pèr fa d'esclàu,
Dama fourtuna ancuei v'enfourca,
Pouorc engraissât à l'acanàu,
Farès de bei pendoun de fourca !...
JULES EYNAUDI.

�Titou Bacèu decourat

Titou Bacèu, un niçart de la vièia roca, natiéu dou
quartié Sant-Elena, que noun avia jamai quitat, s'oucupava,
en la maïoun que li avion laissât lu siéü vièi parènt, de
l'alevage dei magnan. — Veus despi lountèmp, sensa enfan,
li pourtava una veritabla passioun. Li grana counservadi de
l'an d'avan, 'eron estadi tri ad i, una pèr una, esaminadi l'una
après l'autra à la loupa e tengudi en un luec fresc en asperan
lou moumen de li faire naisse. Vers la fin de mars la futura
sala d'estudi recevia una repassada coumpleta ; muraïa,
poustat e plafoun eron passat à plusiur man à la caussina,
lbu souol lavât à Taïga ben poutassada e lu bouscage netejat
à fount. La proupretà, diia Bacèu, es una de li coundicioun
principali de la reussida.
Avan que lu amourié si siguesson vestit de vert, lou
brave Bacèu avia courut pèr caire e pèr contoun pèr poudè
s'assura la fueia, afin que lu siéu pensiounari aguesson, à
pouneh noumat, la soustança fresca que convenia ; pi, pèr
una bella journada dou' prencipi de mai, metia li grana à
naisse. A la voulountà de Dieu, pèr aco couma pèr lou resta,
diia en si frutan li man, lu veiren veni. Era un veritable plesi
de vèire aquelu verpet, que, au debut, semblavon de pichini
ligna negri, longui à pena de quauque milimetre, groussi à
vista d'uei e deveni lu bei verp long e redoun, coulou de la
car, gras couma de liri, en asperan lou moumen que cadun
filesse lou siéu coucoun.
Ma era au moumen de la frèsa (es ensin que si nouma la
fam estraourdinaria dei magnan avan lou filage), que Bacèu
faia prova d'una paciènça d'ange. Noun durmia ni nuech,
ni jou. La fueia ramplaçada de moumen en moumen, ecitava
lou magnan à faire soun proun. Una temperatura égala era

�— 70 —
entretenguda dintre la gran peça afin qu'una douça calem
ajudesse lu resultat. Fra tèmp lou cabanage era preparat
pèr que lu magnan pousquèsson si livra à la ginastica que
li plasïa e chausi lou siéu luec proupici pèr si basti la
presoun.
Tamben li gen que au frecuentat lou marcat de souta lu
portegue de la plaça Garibaldi, si remembron toui que
l'arribada empacientamen asperada de Bacèu prouvoucava un
atroupamen autour de li gouorba. Lu amatour s'escaufavon
e l'urous poussessour toucava quaranta sou de mai au men
pèr kilo que toui lu autre vendur. Francamen, lou si
meritava. Iéu que l'ai counouissut en aquelu jou, pouodi dire
que era touplen sensible à l'ouvacioun de li gen. Que
maraviha de countemplà la siéu merchandisa : coucoun
me jan, rous couma Tor o blanc couma la nèu e peouge couma
de ploumb.

A
Un an, lou ministre de l'Agricultura, que noun era ni
un avoucat, ni un médecin, ni un dentista, ma un veritable
païsan, enfan de païsan, decidet de si rèndre conte pèr
éu-meme de l'estat de la prouducioun de la seda e au moumen
que degun noun li s'asperava, faguet incognito, la siéu
tournada. Si fermet à Lvon, seguet touta la valada dou Rose,
s'arrestan en li pu pichini loucalità e si trouvet' à la plaça
Garibaldi lou matin que Bacèu pourtava lu siéu coucoun.
Ah ! que sigoiet countènt Moussù lou Ministre e Bacèu parié.
Lu bélicre d'or su lou nas, Tounourable membre dou Gouvernamen noun laissava de s'estasià. E regarda cme ti regarde,
c toca que ti toque. E ououra emparet que Bacèu pourtava
tord lu an su lou marcat una merchandisa fouora de par, si
pronmetet en èn-meme de li dounà una recoumpènça.
Rintrat â Paris, Ion ministre, oue avia oihat touti H siéu
nota, si sonvenguet de Bacèu e, à Tenvès de la gineralità dei
siéu eo"lèea aue an counservat Tabitnda de oronroetre sensa
tem. tenenet sensa oroumetre. Au Jourvnl OiiHcièl dou 2Q
sombre mreisset la nortnr'riaeionn de Titou Bacèu couma
Chival-'é de Tordre dou Meriti Agrciole, Tordre dou pouore,
couma dïon H gen mau respet.

�— 71 —
Ma si que, li era bela lurada que lou brave Titou avia
dcnembrat lou bèu moussù vestit de negre, à luneta d'or,
aue li avia fach de coumplimen. Quant ai journal, n'en legia
un de cent en quatre, vieuguèn da soulou, si souinan au
Bellet e auria proubablamen ignourat touta la siéu vida
qu'era decourat, se lou siéu viei amic, Jacou Mascle, d'en
plaça d'Arma, noun lou li aguesse emparat en venen un jou
lou trouva pèr saupre de la siéu bouca même se era toujou
viéu o mouort.
Que nouoça, lu miéu car. Una lebre nouvelamen tuada
faguet lu frès dou past acoumpagnada d'una sequèla de
boutiha, alignadi souta lou taulié couma de sourdà. Quoura
lou sera venguet, lu doui amie canfrat d'una maniera que
noun si pau dire si quiteron e eron ja luen l'un de l'autre
que la vous de Jacou, touta à ressaut couma lu caretoun à
la calada, cridava pèr la centièma fès à Titou : Vai.. da...
Bounfante... Li dies... que... siés Bacèu... lou... nouvèu...
decourat... de Sant-Elena... Ti dounerà... cen... que fau...
Lou lendeman de matin, Bacèu, la testa lourda, lu chivus
malaut, s'en anava da Bounfante e, après avè parlat m'au
coumis, s'en sourtia la boutounièra de la vesta nourida dou
riban vert e rouge de Sant-Elena.
S'en calava plan-plan su l'avennguda de la Vitòria, fier
couma Artaban, semblan dire à li gen que rescountrava :
i Moustra-nen autant se poudès », e s'encaminava vers la
cabina dei tramway pèr pihà aquéu pèr la Califòrnia, quoura
un agent de pouliça l'arrestet.
Couma li esplicacioun que dounet au sujet dou siéu riban
sigueron pu lèu counfusi, l'agènt lou menet à la Suretâ,
carriera Gioffredo, e d'aqui lou Coumissari lou faguet menà
au Parquèt. A la Suretà, l'avion gardât doui oura ; au
Parquet, lou garderon quatre. A la fin lou meteron en libertà
prouvisoria en l'envidan à si teni à la dispousicioun de la
justícia couma inculpat de pouort ilegal de decouracioun.
Lou panre Bacèn. aue cresia faire un'intrada sensaciounèla à Sant-Elena m'au siéu bèu riban, pihet lou camin de
maioun li ala bassi en maladissen lou ministre, la decouracioun e lou siéu amic Mascle ane la li avia anounçada.
Lou jou de l'audiènça publica la sala dou Coureciounel

�— 72 —
era plena. Bacèu, arribat doui oura avan, s'era anat assetà
su d'un banc e, lou capèu en li man, pensava en asperan lou
siéu tour.
Afaire Titou Bacèu, cridet lou lussiè.
Bacèu s'avancet vers la barra dou Tribunal en saludan
mé la testa couma Carnevale su lou Corso.
Lou juge Cingla que presidava, fiançat dai siéu doui
acoulite, coumencet Tinterougatori dou testemoni, l'agènt
que avia arrestat Bacèu. Pi, passet à Bacèu, éu-meme.
Après avè counstatat la siéu identità, Tenvidet à s'esplicà
su lou delit que moutivava la coumparucioun.
— Soubre tout siguès bref, pihas Tescourcha, li diguet.
— Ma Moussù lou Juge, li a pa d'escourcha pèr veni de
Sant-Elena fin aqui.
— Aloura, esplica-vous couma voulès, ma pressas lou
pas.
— Vequi, Moussu lou Juge. Couma toui lou sabon, fau
lu maghan. Pèr aco m'en chargi, sabés. Ni li gen de Niça,
ni de Drap, ni de Cantaroun, ni de l'Escarena, ni de
Blausasc, ni de degun autre pais doun fan lu coucoun, noun
soun en. estat de la mi dire. Fau counouisse la fileta, cresélou-vous pura e pa s'endurmi su lou roustit. Tamben lu
pessou toumbon granat e se pousquessi n'en faire de mai
toui lu an lu venderii toui lou même matin. Lou mes. de
San-Jouan, quoura pourteri lu darrié, li era un gran Moussu,
vestit en escur, mé de gros panèu e li brossa, que noun
poudia si levà de davan li gouorba. « Belle marchandise,
cocons superbes », diia toujou. Li demanderi : « Vous voulez
les cromper, Moussu ?» — « Non, mon ami, mi respoundet
en si rien, ze protèze les éleveurs, mais ze n'acète pas pour
mon comote : ze vais filer à Paris ». Fila à Paris e crompa
mancou lu miéu coucoun, mi digueri, aloura que filaire es ?
Si sourtet de la pocha un pichin libret -e, après m'avè
demandat, couma vous adè, lou miéu noum, prenoum, l'a?e
e l'adressa, li escrivet onauqui rega soubre e s'en anet. L'ai
plus vist en carta de vènt.
... Vers Calena, lou miéu amic Mascle, de Panliani,
venguet mi vèire. Brave orne, Moussu lou Juge, e fidable.

�— 73 —
Si toucan la man e mi di en s'esquilassan : « Fas da gobou,
Bacèu, ma deves estre estat ben apountelat, né ? »
— Perquè mi dies aco ?
— Noun faire la choula, mé iéu, Moussu lou Chivalié,
sabes ben que siés décourat.
—&gt; Decourat, iéu. Premièra nouvela.
— Aloura, doù bouon, lou sabies pa?
— Ti juri que non.
—- Lu journal de Niça Tan anounçat.
— Sabes ben que nen liègi gaire.
Jacou m'emparet qu'eri decourat despi lou 29 setèmbre
pèr servici rendut à Tagricultura e que pourii mi pagà ai
miéu frès una bella crous e un bèu- riban.
Quand même, aquela nouvela, que noun asperavi, mi
faguet un pau Brancoular. Aloura, li era de San Miquéu que
Teri e noun n'en sabii ren se tu noun venies. Pousitivamen.
Brave Jacou, vene que t'embrassi e que festen la càuva couma
si dèu. Ai una lebre tuada despi davantié qu'ai laissât doui
nuech à la Serena, la s'anan fumà. E Tacoumpagneren de
quauqui boutiha de Bellet, d'aqueli qu'an la taragnïa e que
sabes, s'en fouton de Vaiga fresca.
Anfin, quoura si laisserian su lou tardi, eravan un pau
lustre. Aviavan manjat tout ai doui couma de torou e
beugut couma de tourtairou. Que journada, Moussu lou Juge,
quoura li pensi...
— Laisas aquelu detai inutile e venès! au fa,ch.
— Li veni, Moussu lou Juge.
Lendeman de matin, seloun lou counsèu de Jacou, m'en
caleri da Moussu Bounfante, pèr croumpa la crous. Moussu
Bounfante parlava mê de grand moussu à levita e noun
pousouet pa mi dounà soudisfacioun. Ma lou siéu coumis
tiret de la lieta un estrop de riban e de crous en mi dien :
« Choisissez ». N'i era de touti li mers : de rouge, de vert,
de v;oulet, de blu ciel, de jaune, de bigarat ; que de coulou,
bambin dou ciel ! Preferí que sigues vous que la mi dounès,
respounderi, sabès pu ben que iéu cenque fau. Avès pa la
crous doù magnan ? « Non, ça n'existe pas ». E ben aloura,
couma siéu Bacèu, lou nouvèu decourat de Sa'n-Elena
«J'ai compris, mi diguet lou coumis en m'interoumpen,

\

�— 74 —
c'est le ruban de Sainte-Hélène que vous voulez ?» E
m'esplinguet à la boutounièra lou bèu riban vert e rouge
qu'avii quoura m'an menat. E la crous, noun la mi dounas ?
« La croix n'est pas bien utile, on ne la porte que les jours
d? cérémonie avec l'habit militaire ; le ruban suffit ». Aloura
aquéu pichin cap de riban es Cap de Crous ? — « Parfaitement ».
Après l'avè remareiat e pagat m'en eri encalat vers la
plaça Massena pèr anà pihà lou tramway, quoura Moussu
lou poulissot aqui presènt, mi piquet su l'espala en mi dien :
« C'est à vous cette découracioun que vous avez là ?... »
— E à qu voulès que sigue, veni de la croumpà li a un
moumen.
— Vous êtes médaillé de Sainte-Hélène, vous ?
— Oui, Moussu, Titou Bacèu, de San-Elena, nouvelamen
decourat.
— Suivez-moi.
S'en anan tout ai doui ensen e mi mena davan d'una
maioun blanca d'en carriera Gioffredo doun li era un drapèu
nou que floutava. Li demandi poulimen : « Es un nouvèu
tabaquin ? » e pensavi que m'anava pagà un cigaro quoura
mi lançan un cou d'uès de caire e m'abutunan, mi faguet
traversà un gran couredou, mi menet en un'espeça de burèu
doun li èra un moussu viéi que legia lou journal e un jouvinet
qu'escrivia.
Lou moussu viè:. mi demandet lou noum, lou cougnoume,
l'âge, l'adressa, couma vous adè, mi pauvet quauqui questioun ; lou jouvinet escrièuguet quauque mot su d'un papié
que dounet à Moussu lou poulissot en li dignen : « Conduisezle au Parquet ».
Mountan su lou quèi, traversan lou jardin Massena, la
descenta de la Caserba, e arriban au Palai. Que d'escaliè e
que intrada, li auria de plaça per jugà à fava, que couredou
long, ma couma li chambra soun estrechi e soumbri ; hi miéu
magnan soun pu ben loujat, noun an qu'una pèça, ma grana,
clara e touta pèr élu.
— Au fach, Bacèu, lou Tribunal pou pa perdre lou siéu
tèmp à escoutà tali reflecioun.
— Li veni, siéu à la finala, Moussu lou Juge.

�— 75 —
... Dintre lou cabinet en lou qual intran li era mai doui
moussu, un vièi e un jouve. Lou vièi moussu mi demanda
mai lou miéu nourn, cougnoume, l'âge, l'adressa, couma
vous adè, pensa e pensa, m'interoga, respouondi couma devii,
pi, douna à Moussu lou poulissot l'ordre de mi metre en
libertà e mi di qu'anavi estre perseguit pèr pouort ilegal de
decouracioun. Se Mount-Cau siguesse calà dansà la mazourca
su lou jounjoun serii pa estat mai estounat, Moussu lou Juge.
Veiren ben, que fagueri, aco soun de Casteà, Titou noun a
tuat, ni raubat degun, sien pa su lou Camin de la Galera,
tron de padiena. Siéu Bacèu, un brave ome, nouvelamen
decourat de Sant-Elena pèr lu magnan, lou bèu jou de SanMiquéu, e esfidi qu si sigue de mi refourti.
E couma suprême argumen laisset calà su lou burèu dou
juge un coù de poun fourmidable que faguet sautà en l'aria
toui lu doussié.
***
Lou juge Cingla, que d'ourdinari era pu lèu dur pèr lu
prevengut, noun relevet pa lou geste e li diguet :
— Assè de defensa Bournala aqui.
Pi ajustet :
-— Titou, li vouostri esplicacioun an fach teni au
Tribunal lou fiéu â'Ariana. Lu ransegnamen qu'aven su de
vous son bouoi, siés un travaiadou estimat que noun cercas
ua lu Quatre Camin e s'avès pecat es pèr ignourança de la
cauva. La decouracioun que poudès vous metre es lou Meriti
Agricole e minga d'autri. P.amplaças aquela qu'avès, car
lou Pouort v'es enterdich e, même aguessias tout l'or de la
Califòrnia, vous que noun avès jamai vist que li Campagna
dou Var, aurias pa lou drech de la v'esplingà. Avii cresut
que la v'eravas messa per VOTIS mountà lou coù, pèr vous
crèisse s'eravas Gaire-Aut, ma véu que noun avès pa la
foulia de li grandour couma la bouona part que soun à San
Pouon e que finda noun avès pas cercat à n'en faire pihà lou
fanau de Sant-Ouspici per una Lanterna. Ma pèr SantAntoni, fe-li ben atencioun un'autra fès. Vous de Sint-Elena
siés vengut v'asseta au banc dei futur pensiounari de li
Novi e avès manquât de la pagà Cara... Bacèu.

�— 76 —

— O Moussu lou Juge !... A qu lou &lt;diès. Se la miéu
paura frema, bouon anima, m'aguesse vist aqui, si seria
plourada couma la Madalena, tamben lou vous juri, poudès
estre tranquil Guardi mi Dio.
— Va ben aloura. Siés assoit Bouon Viage.
***
E Titou Bacèu, coumpletamen lavât davan lu ome,
s'afretet de retourna à la maïoun dei siéu car magnan,
inoucènt d'aqueli coumplicacioun. Couma quaucun li diia
qu'en coumpensacioun d'aqulu enuei, meritava que lou
faguesson ouficié o coumandur à la premièra fournada, s'embalet e, pihan la pauva tràgica de Marcel en lu Ugonotti,
li respoundet : Non, non, non, non, non, jamai, assè de
gijouola, n'en vouoli pourtà minga d'autri qu'aquela dou
miéu festin. M'an decourat sensa que lou demandessi e aquel
oimour m'a vougut de passà en coureciounela. Se mi dounesson un grado pu aut noun pourria estre que li assisa, e, un
bèu matin à l'auba, adiéu Bacèu, mi farion pihà lou camin
de la Chapa e mi guilhoutinerion !...
PAUL NADIR.

yyyytrW\\?yy y

\V

NJ&gt;

\y "tr

-J*

\V y *l' ^ H'

^v!' M'

M' \t' \]f \C

Lou RENART, la GALINA e lou CAN

Un renart affamât era partit en cassa
Coura apersen, escourtada d'un can,
Una gallina ferma e grassa.
Sensa acheu maladit e facious gardian
Poudia lou gromant, n'en faire una ribota
E s'en sariá ben voulentiè regalat.
Ma, cregnen d'estre estrangoulat :
fis troù maigra, dighet, per li foutre una bota.
La fourtuna non poù sourire toui lu giou,
S'en plagne es ben, ma s'en rire es mïou.
NONCLE PETOU.

y *!/

�Es à Bairouoîl que v'asperi !...

Un bairouolenc, Goustin Tabuseia, decidet un jou de
calar à Niça, encargat da soun paire d'anar faire quauqui
prouvista e pagar de nota à divers fournissur. Couma poudès
saupre, Bairouol es un pichoun païs tranquile que n'a pas
d'istoria, li distracioun li soun rari, ma que faire ?... cheto
quauqui partida à la quadreta o ben doui pounch à li bocha...
Inutile de vous dire que jamai la Coumèdia Francesa, ni
men encara una tournada Baret noun li s'eron arrestadi...
Vous laissi pensar, se lou nouostre grihet era radious !...
— Diès, pouder aver un jou de libertà, anar vèire Niça e
li passar una bella journada... Que mirai !... passejar su
l'avenguda, si moustrar en un cinema, si vèire assetat en
un gran café, godre lou ben estre, escoutar la musica !...
— Vous diéu, Goustin Tabuseia, de li pensar, noun pleguèt
l'uei de la nuech ; finda de gran matin siguet levât, e lèu
alestit, vestit de festa, — meten à proufit la carreta d'un
vesin, — li s'ajouquet, noun sensa aver embrassât toui lu
siéu lu quai, aco va sensa dire, li fagueron touti li recoumandacioun d'usança :
— Goustin, vas-à Niça, duerbe l'uei e lou bouon, maneja
la tiéu boursa... fai que noun t'assipeï... Capisses !... Lou
nouostre brave curat ti déu aver dich... e patin-coufin, una
recoumandacioun noun asperava l'autra.
Ma que poù faire, à Goustin Tabuseia, tant de recoumandacioun, que sèmpre respoundia :
— Vouoi !... e vouoi !...
— Noun tarzar de reveni...
— Vouoi !...
— Noun denembrar lu tiéu, e resouventi que sias de
Bairouol, que...

�— 78 —
— Vouoi !...
Basta, parte e lou camin que separa Bairouol de Niça ès
fach en un tèms assé court. Goustin arriba e lèu s'apressa
de faire touti li coumissioun dounadi ; lou bourset es ben
garnit — lou rèi en aquéu moumen es maneou soun coupaire,
— e crès bouon, après aver viroulat en toui lu caire, de
soudisfaire lou siéu apetit. S'encamina vers la Pairouliera,
doun li an parlat d'un bouon oste, pintat tout de vert, à
l'ensigna : « A qui si bèu e alègre s'esta ».
— Es aqui !... si di Goustin, e couma un lamp li s'abriva.
Saluda :
— Eh bouonjou ! Mèstre... Siéu iéu Goustin Tabuseia,
de Bairouol, e veni au vouostre mi regalar...
— Siguès lou ben vengut !... Douna-vous la pena de
v'assetar.
E lèu Goustin piha plaça vis-à-vis d'un orne estirat au
lambic, pourtant una barba nègra quitran que tal un can
afamegat ti rouïava una cousteleta. — Aquesto era talamen
preoucupat que noun faguet gaire cas au nouvèu arribat.

***
— Que pouden vous servir, bèu moussù ? di à Tabuseia
un'avenènta doumestica. ■
— Tout cenque voulès...
— Pouden vous dounar pèr coumença doui bouoni tripa,
una doba qu'embàuma ! un moucèu de merlan, vedèu mé de
tantifla roustidi, cougourdoun farcit, griada...
— Basta !... pourta-mi, vous tourni dire, quaucaren de
caùd ; ai un fam, ma bella !... ma aloura un fam, sabès T..
E li ti siervon una jata de tripa e lou resta sègue tour
à tour ; un boucoun noun aspera l'autre ; grignota coum'un
ben urous, e lou nouostre bairouolenc ti sarapa couma quatre.
En lou fra-tèms, l'orne à la barba nègra, pensiounari de
l'oste, pagan à la mesada, si pana lu moustas e s'alestisse à
partir ; régla, en meten doui cent lira dintre un sietoun.
Goustin noun crès lu siéu uès !... — Lou mestre de l'oste
sensa façoun, couma se ren noun fousse, ramassa lu doui
bihet blu.

�— 79 — Crédiéure ! si diguet lou bairouolenc, aqui ti fan
bruar !... t'estrangouolon sensa ti faire cridar, t'espïon
coum'un lapin !... O paure Bairouol ! doun siés toumbat !...
E ja calcula lou siéu plan ; trova que la sauça es pu cara
que lou pei... — Lèu debana la darniera pourcioun servida
e meten à proufit lou moumen que lou mèstre es en couïna,
lesto glissa un bihèt de cènt dintra una sièta, pi plan-planin
la s'esbigna, countènt de pouder s'en sourti à mitan près. '
Ma l'aubergista lèu s'apressa e veguènt la souma, souorte
de l'oste pèr rejougne lou nouostre bairouolenc que
sabateava...
— Eh ?-.. eh l'amie ?... O de Bairouol ?... noun courrès
tant vitou ! asperas... E lou resta ?...
— Lou resta ?... lou resta ?... respouonde Goustin si
revirant, lou resta ?... es à Bairouol que v'asperi !...
***

Despi l'oura, lou bairouolenc, quoura li acapita de veni
à Niça, mai noun denenbra de si pourtar lou cavagnoù ben
garnit. Ben de passeroun si pihon à la vescada, ma l'oste :
« Aqui si béu e alègre s'està » jamai n'a plus revist Goustin
Tabuseia.
— Es à Bairouol que l'asperon !...
JULES EYNAUDI.

DICH,

BOUOI

MOT

E

PROUVERBI

Necessità noun a lei.

Lou blanc, lou rous va e ven
ma lou jaune si manten.

Bella gabia nourrisse pas lou passeroun.
Moussèu avalat n'a plus de goust.

�Varianta su lou « Vase brisé »

Oumbra venerada de Sully-Prudhomme, perdoune-

Lou « cofre-fort » de la Receta
Un jou s'es trouvât enseat...
La fissura lountèmp sécréta
Era l'obra d'un emplegat.
Dau fin pertus l'argen passava
En li man don moussù trou lec,
Que toui lu jou recoumençava
En juran de lou laissa sec.
Lou .Recevur, bouona natura,
Countemplan lou cofre serrat,
Passava davan la fissura
Sensa si dire : « Es enseat... »
Souven lou trou de counfiança
Nen rende dupa dei couquin...
« Surveias li nouostri finança,
« La frauda sau toui lu camin, »
Vous dirà lou countribuable,
« Tira-v'en toui couma poudès ;
« Pagui ren, siéu pa iou coupable,
« Es enseat ? Noun mi touquès ! »
PAUL NADIR.

�A Rosalinde Rancher
Aven gravit aucuei la Couhna Sacrada,
Ensen, pèr ti pourtà Tournage que cad'an.
Fervènt admiratour de la tiéu renoumada,
Pouèta ti deven, tu de Niça l'enfan.
Mèstre, qu'as emplegat la lenga dou terraire
Per douta lou pais d'un'obra de grandour
«La Nemaïda », de couor ti saludan, ô fraire :
Escrivan enspirat e geni precursour.
E, couma lu ancien à la fouont d'Ipoucréna
Venion apaï lou siéu désir ardènt
De cantà la bèuta, parié désir n'en mèna
A venir s'enspirà, Rancher, dou tiéu talent.
Laisse-mi souveni dou bèu tèmp de l'escola ;
Car es d'aquéu moumen qu'un paire ben niçart
Ma fach en pelegrin vesità l'Acropola
E su lou tiéu cavéu fissa lu miéu regart.
Data d'aquéu moumen que sentèri la flama
De poudé ti semblà m'envahi tout entié ;
Aquéu fiat ardènt que nen brûla, nen brama
E que su lou pais councentra lu pensié.
M'as gravat en lou couor l'amour de la natura
E de la miéu Niké, terra fouora de par,
Li siéu auba d'argen quoura lou ciel s'azura,
Lu raï dou siéu soulèu, lou blu de la siéu mar

�— 82 —
La sublima bèutà de li nuech esteladi
Quoura dintre lou ciel monta lou pouiron d'or
Li nouostri libertà dai rèire counquistadi,
Lu nouostre souveni, grand, unicou tresor ;
La Niça dou vièi tèmp, li siéu verdi campagna,
Lu partèra de flou, lu siéu jardin fruchié,
Lu suave parfum naissut en li baragna,
Lou passeroun cantan l'amour su l'oulivié ;
Lou dous zounzounea de Taïga que babiha,
La rústega bèuta de la maïoun dei vièi,
La fet en un Dieu bouon, l'union en li famiha.
La santa carità couma suprema lei
Vous gardi à cadun tou ta la miéu tendressa,
O pere cultivat ! O tu grand escrivan !
Que m'avès ourièntat en la prima jouinessa,
L'un mi moustran lou but e l'autre m'enspiran.
E venen vous prouva la siéu recounouissença.
En l'ademphssamen d'aquéu dever filial,
L'orne madur d'ancuei trova la renaissènça,
Car li ressuscitas un passat idéal ;
Car pèr l'alountanà dou sera que lou guèta,
Evoucas lou retour de Tome vers l'enfant :
Vers lou jou que li t'a revelat, ô pouèta,
Soun pere en lou menan proche tu pèr la man.
MARIUS BLANCHI.

Annioersari de la naissança de moun pere.

�Es pas de Boù, qu'es de Vaca !...
A Moussù Doumenica DC/RA^/DY.

Pas ben luen de Niça, à pena quauqui lèga, si trova un
bèu pichoün païs, au bort de inar, renoumat pèr la. siéu bella
rada, vouoli dire Vilafranca, e lu siéu councitadin, lu rascas,
soun fier de li estre nat... — Lu an souvèn blagat e si
counouisse se d'élu pas mau d'istoria... Vilafranca es pèr
nautre cen que Martigue es pèr lu Marsihès ; finda m'en
voudran pas, car se lou niçart aima lou rire, lou vilafranquié
es malicious de raça ; s'es un pau arpagoun, noun lou
blaiman pas troù e nen cau counveni que lu rascas, — quasi
toui pescadou, — soun de bouoi-vivant, touplen travaiadou.
Mi permetran, pensi, de racountà ai letour de VArmanoc
Niçart, aquela pichouna istourieta doun l'acioun si passa au
siéu e qu'entitulerai : £5 pas de boù, qu'es de vaca !...
***
Dau tèms de la miéu jouventura, li era, su lou camin de
Vilafranca, un pau avant d'arribà en la coumuna, una
pichouna boucharia tenguda da Carleto Merlusset, brave orne
doù païs, maridat em'una gènta Sant-Jouanenca, que
respoundia au dous noum de Babèta. Eron urous couma de
prioù, coume de pèi en l'aïga ; sensa enfa,n, faïon bouon
meinage e ben li siéu afaire ; vendion de bouona carna de
premiera qualità, — su l'étiqueta, — eh bèu Diéu !... de fes,
mai que souvèn, de segounda o troisièma categouria !...
Lou meinage Merlusset si coumpletava d'un papagàu,
que lou paire Vitourin, esplouratour vilafranquié, li avia
rapourtat au cours d'una longa travessada ; e pi, couma tout
coumerçant que crès toujou avé de garri que lou rouïon, pous-

�— 84 —
sedavon un gros cat gris au pèl aigre, ma dous, pai, coum'un
agnèu... Basta, passen toui aquestu détail fastidious e lèu
revenguen au nouostre soujèt : Es pas de boù, qu'es de
vaca !...
***

Aquéu jou, s'ai bouona souvenènça, era vigilia de SantMiquèu, patroun venerat e que lu rascas noun mancon mai
de festejà toui lu an à pariera epoca.
En aquela oucasioun, lou bouchié Carleto Merlusset avia
cresut bouon de faire una grossa croumpa, entr'autre, avion
pouscut avé à bas près, una bella vaca, si pourria dire una
magnifica vacassa !... Ja, mé sa mouié Babèta, escoumton
una recèta sensa par.
— Capisses, diia Carleto, découperai tour lu moussèu, e
sabes Babèta, que la marchandisa ben...
— La marchandisa ben presentada, es à mitan venduda.
— Degun si doutera qu'es pas de boù...
-— Qu'es pas de boù... aqueia vaca... — V'acapissi, replicava Merlusset que si fretava li man. — Vèir'as, passera
lèu la vaca pèr lou boù e lu brave vilafranquié li veiran que
de blu, li piheran goust, ben que pas de boù sigue de vaca !...
Aquéu discours, o pèr mihou dire, aquela charra preliminària, si passava lou sera à taula, en l'arriera-boutiga,
fermada... —- Qu àuria pensat !... — jamai Carleto mé
Babçta si serion cresut que lou papagàu lu escoutesse... —
lou nouostre rufian à pluma verda, faïa tra éu ben de repeticioun pèr lendeman de matin : Es pas de boù, qu'es de
vaca !...
Lou cat, en un cantoun, amouchonat, lu regardava... ma
gaire au courent doù coumerce de la vianda, noun avia cura
de. la fachènda que si tramava...
Lendeman, de gran matin, lu Merlusset soun levai ; en
un vira-d'uès meton l'estalage, alestisson, enregon soignousamen tantu moussèu découpât... Li balança soun en plaça,
tout es lustrât, brihant, qu'es un plesi ; lou papagàu es
ajoucat dapè loou gros taulié doù fount, e si vé louj migno
assetat su la peira picada de l'intrada, que m'una pata si lava
lou mourre...

�— 85 —
Lou tèms, malurousamen, es pluvious ; un'aïga fina noun
cessa de calà, au luen li campana de la parròquia terignouneon, anounçant de Sant Miquèu la festa... e lu Merlusset,
emb'au faudiéu embugadat, blanc couma nèu, asperon li
pratiga, que si cresènt manjà de boù, deuran si countentà
de vianda de vaca... — Carleto emé Babèta pihon aloura una
countenènça séria poudènt ensinda menchounà mihou lou
siéu mounde... — Un cliènt si presenta :
— Ben lou bouonjou !... Merlusset, Tounin vous saluda...
— Ten !... vequi Tounin, e couma va ?
— Pas mau, couma veès...
— Que- marrit tèms, n'es vèr ?...
— Que vouos, moun bouon, li plueia de Sant Miquèu
coumençon... — Carleto, vourrii que mi dounesses un bouon
buit...
— Laissa-mi faire... Aqui ai cen que fau ; doune-mi lou
tiéu papié...
E Tounin si descuerbe, piha un tros de journal dintre la
casqueta, permeten de poudé admirà una bella testa d'avori,
una superba couossa... Ma lesto, lou papagàu qu'es à l'aspera
de li dire :
— Es pas de boù, qu'es de vaca !...
Tablèu !... — Tounin es d'estuc, e mlicious regarda lu
Merlusset que barboutan, noun sabon plus cen que dire...
— De vaca !... Leto... Babèta... de vaca !... n'aimi gaire
la siéu carna... Aquela pi !... •— Es de boù que vouoli e noun
pas de vaca !... Ah, v'acapissi !... — e la si frisa, en tant
que Jacot li répéta encara una fes : Es pas de boù, qu'es de
vaca !...
Merlusset e sa mouié, couma poudès lou crèire, soun
furious... — Marrit debut, l'estrena es maigra !... — E,
mautratan lou papagàu, lou t'ajoucon un pau pu en là, dintre
la boutiga... — Pena perduda, imitila !... A cada pratiga que
vèn, lou nouostre bastart à pluma verda, de li cridà de pu
fouort en pu fouort : Es pas de boù, qu'es de vaca
A la fin, lu Merlusset, fouora'd'élu, embilat, t'aganton
Ion delatour, emé fouorça lou jeton fouora e li fan mouordre
lou bâchas... E Jaquot sèmpre repetava :
— Es... pas... de... boù,... qu'es de... vaca!...

�— 86 —
— O maladit !...
— Siés l'encausa de tout lou mau, diia Babèta, qu'era
devenguda rougia coum'una pebreta...
— Salop !... sala bestia !... Vai-t'en au Diàu que ti prefounde !...
— Es... pas... de... boù,.. . qu'es de... vaca !...
diia toujou lou papagàu qu'en lou bâchas si reventouola... —
E si redressan, plan-planin piha l'escourcha, fa lou tour, vers
la pouorta doù carreiroù, e ven si secà en couïna soubre lou
fugairoun... noun cessant de repetà mé la vous un pau rauca :
Es.. . pas... de. .. boù,... qu'es... qu'es... de vaca !...
Lou cat, qu'en un moumèn dounat avia partajat lou siéu
sort, — en li bestia si trova finda lou bouon couor, — bagnat
e tout pautous, lou ven rejougne dapè lou fuec, cercant au
siéu tour de poudé si secà e si rescaufà... — E lèu Jacot, en
s'arramban, de li dire en counfidènça : a Finda tu as dich...
es pas de boù, qu'es de vaca ?... »
— Ai rèn dich, li respoundet lou cat, ma t'asseguri, moun
bel amie, qu'ai agut moun coumte !...
Despi loura, lou papagàu perdet la paraula, lou cat lou
siéu pèl... e lu Merlusset lou siéu credi !...
JULES EYNAUDI.

DICH,

BOUOI

MOT

E

PROUVERBI

S'un cat blanc la mi fa, un cat nègre la mi paga.

Tau s'arouïna en proumetèn
Que si remounta en dounant rèn.
A quinze an lou diàu era bèu.
La bouona grupia fa la bouona bestia.

�Miejou-pounènt
Noun aimi ni riban, ni crous...
A l'ambicioun barri la pouorta —
Sensa besoun vivi urous...
Argen, favour, titre, qu'impouorta ?
Soulet, noun ai plus qu'un plesi :
Viévre moudestamen la vida,
Dei miéu toujou mi souveni,
Dous pouèma que noun s'oublida ;
Garda la fèt dei premier an,
Pregà sou ven plen d'esperança,
Au malurous tèndre la man,
A toui inspirà counfiança ;
A l'amistà restà fedel,
Noun faire de vani proumessa,
Aima la natura, lou ciel,
Lou libre, li flou, la jouinessa ;
Cantà la tendressa, l'amour,
L'esfog dou tèms de plena saba ;
Celebrà tamben la valour
Dei nouostre que ren acaba ;
Cantà lou païs doun siéu nat,
Lu vièi quartié de la miéu Niça,
Nobla terra dei antenat,
Devenguda la miéu nourriça,
E lou jou que déurai quità
Pèr l'Au-delà lu siéu rivage,
Counservà pèr l'eternità
Lu siéu tret e lou siéu lengage !...
MARIUS BLANCHI.

�Chambreta de campagna
4 la Ternità-Vittorio.

Un garda-rauba d'un gris mat,
Un taulieret, una cadiera,
Vequi l'amublamen traçat
De la miéu chambra vacanciera.
Ni fresca-, ni papié, ni vas,
Tout es passat à la caussina ;
A pena se veès au bas
Un lambrissèu que si dessina ;
Una pouorta, simple vantèu,
Douna su d'una grana sala ;
Pèr la fenestra,, gros carrèu,
En la pèça lou jou dévala.
Farias lou tour en quauque pas
D'aquela moudesta chambreta ;
Pero, mai qu'un palaï mi plas,
Car es gaïa e ben proupreta.
Davàu lou four, lou jardinet
Que si tocon ; pu bas, la plana
D'oulivié gigant e d'aubret,
Souca, làupia, fourman cabana,
Venon s'oufri ai miéu regart,
Que soun mai sassi de lu vèire,
E mi dïon touta la part
Que devon au travai dei rèire...

�— 89 —

Enfin, pèr suprême tresor,
Lou soulèu que su la campagna
A brassada proudiga l'or
De la siéu rica capa magna !
Es aqui que cada matin,
Pena levât, après merenda,
L'imaginacioun fa camin,
Pèr l'escoulan grossa fachènda...
Car lou magistre voù est'an,
Que jou pèr jou de li vacança,
Cadun en lou desveloupan,
Dou siéu tèms digue la soustança.
Magistre, mi fas ben sudà,
Pèr respouondre au tiéu desideri
Doun trouverai la variera ?...
Li miéu journada soun parieri.
Passeroun qu'à la lus de Diéu
Cantas lou dous bouonur de viéure,
Luen de la ret e dei fusiéu,
Douna-mi la fouorça d'escriéure...
Empara-mi à varià
Couma vautre li cantilèna,
Afin que pouosqui triounfà
D'un'endigença que mi pena...
M'avès audit e toui ensen
Un councert esclata. — Delici !
Vous percevi distintamen,
O vous que guidas lou nouvici.
E su lou papié gaïamen
La pluma courre, va souleta,
Lu cant e lou siéu grinçamen
Transfiguron la miéu chambreta.
PAUL NADIR.

�^ V Ỳ Ý "Ỳ V "V V V V "V V Ỳ y Ỳ Ỳ V Ỳ Ỳ W

V

yyywwy it^yy^yy y-yyp.

CATARINA SEGUR AN A
Ajà su lo Sincaire, en monten en Casteù,
Copet la testa au Turc, li strapet lo drapeù.
Animet lu Nissart d'acheù tret de courage
Fagheron dou nemic un orrible carnage,
E eu non li laisset li camba, ni lo nas
Gauce buon acciapà la Poncia de Caras ;
Lo combat a cessat e la gran eroïna
Es portada en trionf : E viva Catarina !
Volés saupre de mai ? — Parlas ai Musulman,
Vou diran senche n'es, finda eu es Sangian,
Vous diran l'espavent e lu pronta desfacia
Ch'an agut acheu giou de la Frema Maufacia ;
Vou diran cu es Monfort, e sench'es lo Sincaire,
Se lo temon toplen, o se lo temon gaire.
ANTONIO FENOCCHIO.

LI DOUI CANDELA
Bregida, la vièia servènta dei Frisoulin, — à Vilafranca,
— ben que noun sigue troù beata, s'en va toui lu matin audi
la premiera messa ; es una bouona- crestiana, ademplissen
emé fet lu siéu de ver religious.
Dounca, un d'aquestu matin, avant l'oufice, s'apresset
d'anà metre doui belli candela à l'image doù bouon Sant
Miquèu, patroun dei vilafranquié, proutetour dei prouprietari
e gaire 'ben vist dei afitaule.
Lou curat, que la vé, de li demandà :
— Perquè, Bregida, doui candela ?...una à Sant Miquèu e
l'autra au demoni ?...
E la nouostra servènta de li respouondre emé vivacità :
— Mi demandsa lou perqué, Moussu lou Curat ?... Fau
que lou vous digui. — Cresé-mi qu'es bouon d'a,vè d'amie
dapertout, en aquestou mounde e finda en l'autre, car que
saupi, un sau jamai doun poù anà, e, couma di tant ben lou
prouverbi : « Vau mai un'oura de proutecioun que cènt an
de bouoi servi ci !...
E. J.

�Plesi d'estiéu... magagna d'lvèr
Sèna à doui persounage

emplegat
la siéu mouùié

GUSTA PECOUL,
FINA PECOUL,

an
38 »

42

(si ventaiant)
Moun Diéu, que toufourassa !... Noun si pou plus
resistre !...
FINA PECOUL

GUSTA PECOUL

Iéu, pura trovi que lou eàut es supourtable...
FINA PECOUL

Siés de marmo, aloura !... — Dïes aco, ma noun lou
penses...
GUSTA PECOUL

Aimi mai sudà que tremoulà...
FINA PECOUL

Quoura un tremouola dou frèi, si tapa, e quoura un
soufrisse dou càut...
GUSTA PECOUL

Si destapa... pas mai !...
FINA PECOUL

Tapa, destapa !... — O vai, tapa gros patalouc !... —«En
tant, regarda luTartàu... despi quinze jou soun à Vichy...e...

�— 92 —
GUSTA PECOUL

E nautre, lu Pecoul, lu gros Pecoul, soun encara à
Niça !...
FINA PECOUL

Couma toui lu an soun anat ai aïga, "faire una cura...
GUSTA PECOUL

Ai aïga !... ai aïga !... — Nen mancon pas aici... Se
voulen si bagnà, aven lou bort de mar que nen counvida, e pi
se un vou pihà de doucha o bagne de pen, aven encara l'aïga
de la Vesubia...
FINA PECOUL (em'irounïa)
E aquela de Santa-Tecoula... pèr si purgà !...
GUSTA PECOUL

O Santa-Tecoula !... aïga benedida toui lu fin dou mès !...
— Aven encara, à quauque pas, la campagna ensin que belli
proumenada...
FINA PECOUL

Oui ! oui !... ti véu veni... pihas lou tram lou matin e
v'entournas lou sera... ensin fa la pauruègna !...
GUSTA PECOUL

E moun Diéu ! que sabi, n'aven pas de soubra ; emé la
miéu mesada noun si pou gaire anà lu en... — Penses pas
qu'aven doui enfan à baila, lou mage au Lycée...
FINA PECOUL

(enerwda)

E una frema à maïoun...
GUSTA PECOUL

Lou fach està, da rif o da raf cou mastegà toui lu jou...
tout crèisse...
FINA PECOUL

Ensin que l'avaricia...
GUSTA PECOUL

Tout es car ; lu mèstre de maïoun vous crèisson lou fit
cada très mes e v'encargon de faire touti li reparacioun.,.

�— 93 —
FINA PECOUL

Debana, debana...
GUSTA PECOUL

Que vouos faire ?... Fau mesurà lou pas seloun lou soù
qu'un pou despendre...
FINA PECOUL

Finda, seguen lou tiéu resounamen, jamai lou nouostre
Fernand lou metrai en un burèu ; de faire un grata-papié
o sauta-valat a toujou lou tèms... — Cou dire, Gusta, fouora
doù tiéu benedit emplec, noun t'engènies, fas ren autre...
pastrouies, charres touta la journada emb'au ters, emb'au
quart... fumes...
GUSTA PECOUL [mé vivacità)
E tu à maïoun fumes, mastrouies doù matin au sera...
FINA PECOUL

Audès cantà lou merlo !... — Siéu pèr tu una servènta...
e ben de fes, à ce que véu, un'encarga... — Mastrouï !...
ah ! se ti fauguèsse pagà una couïniera, veirïes !...
GUSTA PECOUL

Basta !... basta !... pèr misericòrdia !... plante-la aqui...
— - Ti lagnes toujou !... •— Pura ti meni souventi fès au Café,
au Teatre.de l'Opera, au Casin, l'ivèr... Ti plagnes ?... Ti
manca ren, as de rauba pèr touti li sesoun, de capèu de touta
mers... as de bou tina de près... quatre o cinq parèu de
rechange... Ti plagnes... as...
FINA PECOUL

Vourries, bessai, que foussi messa couma un estrassoun ?... Aquela, pi !...
GUSTA PECOUL

Noun, ma enfin !...
camen...

— E pi

vouos que lou ti digui fran-

FINA PECOUL

E ben ?...
GUSTA PECOUL

As una supèrbia que ti rouïa e que ti rende ridícula...

�— 94 —
Ma bouona, est'ai à ta plaça !... e se cadun tenguesse lou
siéu rang, touplen de gen viéurïon mihou...
FINA PECOUL

(mé fiertà)

Mi troves supèrbia !... una supèrbia;, dïes, que rouïa...
Ma que saupi, una frema es toujou fiera de la siéu persouna,
e lou rang que déu teni dintre la soucietà es la counsequènça
de la vida que si mena au jou d'ancuei.
GUSTA PECOUL

Iy'escola doù vici, pouodes dire ; noun si vé plus pèr
carriera que de nas aut, plus aut que lou front... e lou nas
même pintat, noun si manja !...
FINA PECOUL

E iêu, ti diéu, l'envueïa de parèisse mi demanja... — A
trenta-uech an una frema n'es pas encara da lança en là !...
siéu jouve... e vourrii...
GUSTA PECOUL

Capissi, e vourries mi creà touplen d'amie !... — Pura,
quoura t'ai counouissuda, simpla pantalouniera, eres tout
autra...
FINA PECOUL

Altri tempi, altra musica /... Fau que li braïa cadun li
pouorte à soun tour... — Sabes, Gusta, que noun frecuentan
degun... si poù dire même, vivèn couma de sauvage !...
GUSTA PECOUL

De Sauvage civilisât !...
FINA PECOUL

Se mi veguesses parlà mé quaucun m'en faries una
sèna !... Siés jalous coum'un gai, un noun poù lou si crèire...
GUSTA PECOUL

Noun siés jilous que de cenqu'aimas !... e lou sabes que
ti vouoli ben, que t'aimi e que...
FINA PECOUL

Mensonèga travestidi que tout aco !...

�— 95 —
GUSTA PECOUL

Oui, ma chèra, siéu jilous... — La jilousia es una planta
que crèisse eouma lou balicot dintre una caisseta...
FINA PECOUL

Laissan lou balicot... — Pensa, Gusta, l'ignores pas, lu
Tartàu n'an envitat à anà lu rejougne... e...
GUSTA PECOUL

Envitat !... envitat es pas lou mot; entra l'en vit e
l'acetacioun li a un bèu pas !...
FINA PECOUL

Gusta !... noun pouodes t'imaginà couma li gen soun
ficanas...
GUSTA PECOUL

Finda lu can lou soun ficanas...
FINA PECOUL

Ti diéu, noun pouodi faire dès pas sensa rescountrâ
quaucun que mi digue : — « E ben, Madama Pecoul,
noun anas est'an en campagna ?... ai aïga ?... nautre parten
deman pèr la Bourboula... — Lu Boufiga ?... noun sabes
soun despi ier au Coulimaçoun... — Lu Tartàu ?... despi
quauque jou soun à Vichy... — Lu Barilet ?... vilegiaturon
en Pimount... — Lu Petavin ?... soun à li| Serra... »
GUSTA PECOUL

E tantu à Niça si serron la centura !...
FINA PECOUL

Tapa, vai !... — Gusta, perquè refudà aquéu plesî à la
tiéu Finoun ?... — Que ti cousta pi ?... di-mi ?...
GUSTA PECOUL

■

Rèn !...
FINA PECOUL

O pas gran cauva... ti cousterïa un o doui mile lira...
GUSTA PECOUL

Una païeta !... n'es ver ?...

�FINA PECOUL

Faren d'ecounoumia est'ivèr... — Di, se vouos s'en aneren
fin â San-Martin...
(pauva).
GUSTA PECOUL

O bèu
manda (si
ai pensat,
lu Pecoul

(à part)

San-Martin !... plagne-mi, Pecoul à tu si recouten la testa en li man). — E ben, la miéu Fineta,
e ben calculat, parteren dilun ; après deman matin
quiteran Niça...
FINA PECOUL

O que joia !... que countentessa !... Ten ! un grosi baià
su lou front, vene que t'embrassi...
GUSTA PECOUL

Vau pihà lou miéu congé d'un mes... Alestisse lèu li
mala ë tout lou sanfrusquin... — Sabes, Finoun, doun
anan ?...
FINA PECOUL

Ma, à San-Martin ?...
GUSTA PECOUL

Ma que San-Martin d'Egite !...
FINA PECOUL

Aloura doun ?... doun vouoles mi menà ?..
GUSTA PECOUL

Anan passà quinze o vint jou à Rigàud...
FINA PECOUL

A Rigàud ?...
GUSTA PECOUL

Anan trouva li nouostre baile ; lu pichoui seran urous de
nen vèire, lou mage, Fernand, nen farà festa... Bouon'aria,
aïga clara ; faren una bou ona cura, ti diéu !... — Pi, ti fau
counveni...
FINA PECOUL

Counveni, Gusta, ma...

�— 97 —
GUSTA PECOUL

Pas de frès inutile, lou necessari jounch à l'agreable...
quauquè bouoi faïoù à miejou, una bouona soupa au pistó
lou sera ; lu jou de festa si faren un bouon lapin au civet e
au siéu jus una macarounada ben coundida... Pjinsa piena
boium riposo
una bouona sièsta... Que vouos de mai ?...
e pi faren d'ecounoumia...
FINA PECOUL

Oui, ma... li gen diran...
GUSTA PECOUL

Li gen diran cenque vouolon... ren doù tout...— Escouta :
vau passà au journal, avant de parti e lou prègui d'anounçà,
dintre lu eco que : « Moussù e Madama Pecoul soun partit
vilegiaturà en Suissa... » e lou tour es jugat... — Rigàud,
après tout, vau ben Vichy, que trest !...
FINA PECOUL

{rient)

La Suissa !... dou Pugèt...
GUSTA PECOUL

Lu Tartàu, que parles tant, l'an passat an fach parié...
FINA PECOUL

Lou sabes, tu
GUSTA PECOUL

Se lou sabi, dies ?... ma pouodi lou t'assegurà ; au burèu,
n'es estat un'esquilassada !... — Soun anat à Vichy couma
iéu à Rouma vèire lou Papa... An fach touplen de busbi, e
Diéu sau !... e pi sabes doun eron ?...
FINA PECOUL

Noun !... doun eron anat ?...
GUSTA PECOUL

Fin au Broc !...
FINA PECOUL

O la bella !... au Broc !...
7

�— 98 —
GUSTA PECOUL

Vivent su li erousta d'un cousin... à ce que dïon, touplen
parènt de Madama Târtàu... un cousin dau coustà senec...
FINA PECOUL

Aquela, pi !... e dire que fan tant d'esbroufa !... dirias
pas, en lu veènt... li en dounerias pas tant en aquela galina
nana...
GUSTA PECOUL

E lou brave Tartàu, cousin gernian de San Luc, lou
mandavon cassà la lèbre... en lou fra-tèms la siéu mouhié...
FINA PECOUL

Counversava emb'au cousin... pas mau !... ma aloura,
lou pichoun qu'es naissut darrieramen, seria...
GUSTA PECOUL

Sabi pas s'es de seria... ma segur, ti troumpes pas... e
sabes qu es lou pairin ?...
FINA PECOUL

Lou pair...rin ?... lou cousin, va sensa dire !...
GUSTA PECOUL

Es ensinda que coumença la parentèla.
FINA PECOUL

Campagna l'estiéu, enregistramen dei bagage noù mes
après...
GUSTA PECOUL

Es coum'aco,

ma bouona ; plesi

d'estiéu,

magagna

d'ivèr !..
FINA PECOUL

S

Oui, Gusta, anan à Rigàud, vèire lu nouostre... n'aven
proun nautre couma aco.., e laissen à touplen d'autre li soidisant vila d'aïga... souventi fès màu filtradi...
JULES EYNAUDI.

�eievacioun
Lou mistèri divin va vitou s'adempli...
A la terra, lou ciel su l'autà va s'uni...
Déjà l'enfan de chœur, campaneta levada,
D'un sounà prouloungat avisa l'assemblada,
E cadun à ginoui aspera prousternat
Que cale lou Segnour, dou prèire demandat...
Un calme religious soubre li testa plana...
Lou celebrant, l'ostia en man, celèsta mana,
Fa la genuflessioun e tres fes vers lou Ciel
L'aussa... Pi, la pau van, es un segount apèl :
Lou calici tres fes ai pen de Dieu s'avança...
E pan e vin que soun de terrèstri soustança
En lou cors e lou sang dou Crist si soun chanjat,
O miracle d'amour toujou renouvelât !
O souvrana bountà d'un Dieu plen de tendressa,
Que ven pèr adempli touti li siéu proumessa ;
Ouloucausta pèr toui, nourritura dei fouort,
Que vince lou diàu e destruge la mouort...
Jamai aquéu moumen noun m'a vist insensible,
Lou senti dapè iéu lou gran Diéu invisible,
E, counfiant en éu, lou pregan mé fervour,
Li suplica sou ven s'acoumpagnon de plour !...
PAUL NADIR.

DICH, BOUOI MOT E PROUVERBI

L'amour fa dansà lu aë.
Frema daurada,
Lèu counsoulada.

�Letra de Madama Veuva Frederic Mistral

Madama Frederic Mistral n'a fach lou grand ounour de
nen favourisà de: la letra seguènta, en respouosta au mandat
de l'edicioun de VArmanac Niçarl 1921. Madama Mistral
finisse la siéu gènta letra) en nen pourgen toui lu siéu vout
ae prousperità pèr l'aveni.
Maülane, 22-7-1921
Messieurs,
J'ai reçu avec plaisir TArmanac Niçart que vous avez
eu Vamabilitè de madresser. Je vous en exprime tous mes
remerciements auxquels j'ajoute mes éloges.
-.
Cette publication qui met en valeur Vidiome de votre
pays, et en relief les gloires et l'histoire de la cité niçoise,
mérite bien l'approbation du lecteur et ses vœux de prospérité pour l'avenir.
Veuillez agréer, Messieurs, mes salutations distinguées.
MARIE FRÉDÉRIC

MISTRAL.

Es de grand couor que remereian Madama Mistral dei
terme particulieramen afetuous en lu quai a degnat
n'escrièure e que li esprimen touta la nouostra flertà que la
nouostra moudèsta publicacioun annuala ague outengut lou
siéu sufrage. L'inmourtal autour de Mirèia es estat lou
nouostre premié pairin, n'a persounalamen guidât en la
routa que s'eravan traçat e jougnen rencourajamen à
l'esèmple, a tengut à estre lou nouostre coulabouratour à
plusiur reprieia. Es dounca una grand' soudisfacioun pèr
nautre de vèire ahura que noun l'aven plus, que nen resta
per bouonur Faproubacioun de la coumpagna dei annada
de la siéu vida, la Miréia de li Miréia, doun lu sentimen

�— 101 —

idèntic reston inseparable doù venerat grand pouèta de la
Prouvènça, lou nouostre brès artístic e pouëtic.
Lou noum de Mistral a una repercussioun proufounda
en lou nouostre couor, car aven agut la joïa estrema de
l'aprouchà e de li parlà. Evoca dintre lou nouostre pensió
touta un'esistènça de travai, de renounciamen, d'intelligènça
e de luta. Nen canta touta la bèutà e la riquessa de la lenga.
Fa passà davan lu nouostre uès lu panourama sublime de la
Prouvènça, li Alpiha, lu Baus, Avignoun, la vila dei Papa,
Arles, la Rouma Galula, la Crau, l'impetuousità doù Rosé
lou blu intense doù siéu ciel de flama ; lu travai dei camp,
lu crenihamen de li cigala ai grand jou d'estiéu. Nen
rameuta l'auba crestiana e nen mena à través dei siècle
jusqu'ai tèmp mouderne, en li bèutà de l'istoria e de la
legènda ; nen di l'enfluènça sana doù cenacle de Founseguda;
nen mouostra l'afluènça dei visitour1 vengut de touti li part
dau mounde en pèlerinage à Maïana, delèta li nouostri
auriha de li sublimi cantilèna de Gounod ; nen remèmbra
la suavità de li fiha d'Arles, e doù fount de la toumba nen
crida de continuà à cantà lou nouostre grandious païs e à
lutà nèr lou triounfle de l'idea regiounalista.
Es aquelu aflus d'empressioun e de sentimen qu'a
revihat en nautre la letra de Madama Mistral e que nen fa
si dire respetuousamen lu siéu amiratour e ben devot,
L'ARMANAC NIÇART.

PROVERBI
Riquessa noun es vertu.
Erba d'amour
Que brandiha, brandiha,
Erba d'amour
Que brandiha toujou.
Frema entamenada
Es lèu manjada.

�Tipe doù Camin

Ganta la vèsta !...
Sac e balança su l'espala,
L'estrassié, un napoulitan,
Pèr li carriera si cavala
E souvèn fa baubà lu can.
« Qui a, qui a d'istrass' da vèndre ! »
Clama d'un ton soupranisant.
E vous demandas à l'entèndre,
S'es ben un crit o s'es un cant.
Counouisse la toupougrafia
De toui lu quartié ; lu cantoun
Doun sau trouva de vieiaria,
E reluca cada maïoun.
Quoura quaucun o ben quaucuna
Lou sounan, lou fa revirà,
Benedisse la siéu fourtuna
E mounta sensa si pressa ;
Esamina, toca, discuta ;
E si e la, e mie e mac,
S'en va, revèn... En fin de luta
A mes lou vendur en lou sac !..
Siguès prudent en fen d'afaire ;
Noun lou laissés jamai soulet,
Car l'artista si gêna gaire
Se poù, pèr lu coû de filet...

�— 103 —

De fes s'encaïna, marrouna ;
Mounta, ma cala bredonièt ;
Es quoura quaucun lou couïoun*
En lou laissan su lou planet.
Ma li siéu pu marridi passa
Soun dei muradou lu chantié
E tamben lu couchié de plaça,
Car toui l'escornon voulountié ;
Aloura, lu « ganta la vèsta ! »
La soun cridat à plena vous ;
Ma l'orne raramen s'arresta
E davan d'élu fila dous...
L'estrassié da gobou travaïa
E gagna mai qu'un noun si crès.
Sau alevà la siéu marmaïa,
A pa de muble, pau de frès.
Toui un pèr un faran carriera ;
Vau mai aco qu'estre mandrol ;
Qu empaierà de cadiera
E qu estama casserol.
E se li ven la noustalgia,
Retournera plen de désir,
Doun si canta Santa Lucia,
« Veder Napoli, poi morir !... »
PAUL NADIR.

24 AvOUSt 1Ç2I.

A San Martin,
Tapa li bouta, tasta lou vin
E laissa anà l'aïga au moulin.
Qu avala amar noun poù escupi dous.

�Un bèu cóu de fusi éu
— Parlas, vautre, de partida de cassa ! diguèt Gisclet
en si vessant encara mièch det de branda. Pèr iéu, mi siéu
jamai tant amusât couma quoura frequentàvi Tounin,
Tounin lou borni. Toui lu dimenegue que lou bouon Diéu
faïa, s'en partavan tout-ai-doui e, vague de cambada ! Un
jour à Gatièra, un autre coù à Peia, lou dimenegue d'après
à Levèn.
E aloura, couma pitada, vous diéu qu'aco ! Tounin
oounouissïa tout lou mounde e, dapertout, eravan bèn vist
e bèn reçut.
E tenès, doù moument que parlan d'éu, eau que v'en
conti una.
Un jour, faguerian una partida, ma una d'aqueli partida
que, v'en rapelas toujour. Eravan bèn una vintena, toui o
quasi toui cassaire, qu'eravan estat envidat da Moussu
Taulaigo que, couma sabès « a une dei pu belli campagna
d Santa-Clara, avant d'arribar ai prat de Levèn.
A pena lou jour levât, noun s'audïa que de coù de fusiéu.
Pin !... Pan ! Pan !.... Pan ! Pan !... E n'en voulès de lèhre
t de perdigau ? Aqui, n'avès.
Basta ! quoura si retirerian da l'amie, en-là li dès oura,
de gibié, n'i èra una moulounada. Vous poudès imaginar
que festin que siguèt, soubre-tout que Taulaigo avïa una
crota bèn garnida de Bellet.
Tambèn, après dinar, couma dïèn à Niça : li èra un pau
de vènt en li vela. Quaucun proupousèt de faire un couneours
de tir e Tounin diguèt :
— Tenès, farèn couma *n Prouvènça ; anan tirar au vol
soubre lou miéu capèu.
E s'anèt poustar à una douzena de mètre e lancèt lou capèu
en l'aria.

�— 105 —
Ma, sigue la difficulté, sigue lou vinetou, à pena se n'i
auguèt un que l'agantèt.
— Sias pas bèn fouort, si metèt à dire Taulaigo ; manda,
Tounin ! un pau vèire.
L'autre lancèt lou capèu, ma Taulaigo, qu'avïa espalat,
asperèt que siguesse en terra e li ti mandèt una bota que
li faguèt un trau à li passar lou pougn.
— Bravo, l'amie ! cridèt Tounin, en anant ramassar lou
siéu capèu. Ma, plan-planin, ajustèt :
— Tu, vouos fa' lou fùrbou, ma ti pessuguerai.
Après quauqui partida de bocha, e au mitan dei rire e
dei plesèntaria, l'après-dinar si passèt. A la toumbada doù
soulèu, eravan réunit autour dei boutiha de vermout, quoura
Taulaigo diguèt :
— Si sian trou bèn amusât. Crêpe l'avaricîa ! Si souperèn
emé de poulas. Anan tirar sus la poulaia. A tu, Girome, piha
aquéu fusiéu.
E s'apressant doù galinié :
— Piéu, piéu, piéu, faguèt, pèr fa' sourti li galina.
Sabïa bèn ce qu'avïa fach, lou bougre ! Sensa que degun
s*en avisesse, avïa levât lou ploump da touti li cartoucha e,
quoura lou coù siguèt partit, qu siguèt bèu nèc, siguèt
Girome.
— A iéu ! A iéu ! cridèt Tounin qu'avïa pihat l'arma e
que, d'escounduhoun, li avïa mes una dei cartoucha qu'avïa
en pocha.
S'amirèt bèn e tirèt.
Jujas de la tèsta de Taulaigo quoura veguèt sèt o uèch
dei siéu galina qu'estiravon lu patoun.
V'assegùri que, de la miéu vida, mi siéu jamai fach una
foura de poulas couma aquéu sera !
JOUSÊ GlORDAN.

Faire lou viage de la luna; :
parti entié e reveni en quatre quartié.
Doun lou soulèu lus, la luna n'a ren à faire.
Lou levant es ni cassaire ni pescaire.

�Frissoun d'Iver
Fa frei &lt;! che rude iver, la sesoun es bene dura.
Su li couala la neu va fen la proucessioun.
Fa frei ! che de frissoun, si ploura la natura,
D'achi, d'amoun, d'avaù, noun regna che glassoun.
Lou picioun passeroun chita la sieù retreta,
Dei bouasc, dei valoun, deman, sesilerà,
E fin au dous printen, la sieù maioun secreta
A la fassa de Dieu plu noun redurbirà.
L'aigheta doù valoun noun fà plu : « glouglouglou ! »
E lou beù roussignoù noun es plu amourous ;
Lou laugié parpaioun noun baja plu la flou
E tramblotoun doù frei lu paure malurous.
Per poudé revejà la gran natura entiera,
Li dounà lou parfum d'un giou lou pu beù,
Lou rire, li siéu flou, l'amour, la gran lumièra,
Noun li foù, o gran Dieu ! ch'un rejoun de souleù.

Piciouna Rouseta !
O piciouna rouseta, au soufle doù printen,
De dandin parpaioun badinoun auprè de tu.
Cadun a soun tour va giuran che t'adora ;
E toui ti proumetoun lu plesi d'un siel blu.
Ma coura lou souleù va durrni dintre l'ounda
Lu picioui parpaioun desertoun tour à tour
E la troupa couchina, pèrfida, vagabounda,
Ver d'autre rousié van sercà d'autr' amour.
MENICA RONDELLY.

�Doui Fauta
Jan Feluca, un gaïart cinquantenari que noun avia jamai
counouissut que li joia extra counjugali, s'era resoulut à
metre fin au siéu celibat. — Aimava lou tendre e, couma l'âge
noun li laissava gaire d'espérança de vèire li siéu ofra
agradidi de bouca à bouca pèr quauque doumaisela de vintacinq an, s'era décidât à emplegà la fileta de li agença matrimouniali. — En même tèmp seguia atentivament li anounça
dei journal à la rubrica dei mariage, si proumeten de sesi
ai chivus la premièra oucasioun proupiça que li proucureria
frema e argen.
Un bèu matin lijet en quatriema pagina de la « Vigia de
San Brancai » l'anounça seguenta :
« Jeune femme de 25 ans, dot 200.000 franncs, épouserait
de suite Monsieur, même âgé, ayant situation. Deux fautes.
Envoyer photo Agence X..., rue de la Bigue, à SaintBrancail. »
Feluca si faguet un dever de manda la foutougrafia à
l'adressa en questioun e, quinze jou après, l'Agença l'enfourmet qu'avia 99 chança su 100 d'estre agradit pèr la
doumaisela, souta reserva que l'ouriginal respoundesse à
l'idea que li avia dounat l'efigia dou souspirant.
Li eau va marcheron souleti e, après li publicacioun
d'usança, Moussù Jan Feluca aguet la soudisfacioun de fa
counsacra pèr Moussù lou Mèra e Moussù lou Curat de SanBrancai, la siéu unioun mé Madoumaisela Cloutilda Repassada, sensa proufessioun. Li doui eeremounia sigueron
seguidi d'un banquet dau qual lu San-Brancaienc an gardât
lou souveni. — Si cantet e si dancet jusqu'à la mieja-nuech,
moumen fissat pèr lu espous pèr la s'esbignà e metre lou
tèmp à proufit en aspèran li vesita doù lendeman.

�— 108 Doui jou après lou nouvel espous si rendet à l'Agença
pèr avè d'esplicacioun détaïadi su lou passat de la siéu
mouhié, principalamen li doui fauta.
— La premièra, li diguet lou diretour, es que la vouostra
frema a agut un enfan...
— Passas, respoundet Feluca, mi douta vi ben de
quaucaren d'aquéu genre, ma la segounda ?
— La segounda, lou miéu bouon ome, es pu serioua. —
Es lou journal que s'es troumpat. A mes un zero de mai à
la dota que noun es en réalitàt que de vint mile au luec de
doui cen mile.
Lou paure Jan, pihat à la lèca couma un reinart, s'en
sourtet mé la eoua bassa, maladissen Agença e journalista.
Un pau de frei siguet la counsequènça d'aquela desilusioun,
ma la siéu fremeneta, touta graeioua, saupet lou dedoumajà
d'un autre coustà, e fagueron bouon mainage.
— Quand même, - si, diia Feluca, se deveni véus e que
deugui mi remaridà pèr li Agença, avan de dire Segnour si,
demanderai à coulaciounà li prova, car, francamen, aquéu
maladit typo noun si doutava jamai, quoura coumpousava,
dou prejudici qu'anava pourtà à un galant ome couma iéu.
PAUL NADIR.

D1CH, BOUOI MOT

Ë

PROUVERBI

Darrié la crous souven si ten lou diàu.
San Jausè faïa rie crous e n'a tant fach que n'i a pèr toui.
Toui lu noble soun cousin,
toui lu gus soun coumpaire.
Au tèms que Berta filava
e que lu gàrri pourtavon li pantoufla.
Toui lu mandat siguesson countènt,
balerïon su lou cuoù d'un goto.

�Conte dau front

Lu estilo
Melanoounicamen, mi proumenàvi soubre lou quèi de la
gara de Lioun.
L'aspèt d'aquéu ciel neblous e tristas, après mai d'una
semanada passada au bouon soulèu de Niça, l'idea que, pèr
quatre mes, anavi mai viéure luen de tout ce qu'aimavi, e
l'isoulamen — èri vengut soulet fin aqui — tout aco assoumbrissïa lu miéu pensié.
Tout-en-un-coù, darrié d'un pilastre, assetat en terra au
mitan d'un atras de musetà e de' paquet, veguèri enfin una
figura de counouissènça, Letou d'en carrièra drecha.
— O. Letou ! siès tu ?
— B, aï, siéu iéu.
— E aloura, que fas ?
— Asperi lou trèn pèr mai mountar au pastis.
— Doun es lou tiéu setour ?
— A Cormicy, doù coustat de Reims.
— Aloura, cales à Jonchery ?
— Just.
— Couma iéu. E bèn ! farèn routa ensèn.
— Voulountié.
— Ma, couma tron va que t'aigui pas vist en gara de
Niça ?
— Hé ! siéu arribat aqui ièr matin. Li a bèn tèmp d'anar
ii faire roumpre lou mourre... Ai un pau visitat Lioun.
A la biblioutèca, avii croumpat una carta poustala e
m'alestissii à l'escriéure quoura m'avisèri que n'avii pas de
creioun.
— Tèn ! un estilo, mi diguèt Letou en mi pourgent un
magnifie Onoto.
— 'fant d'un amoulèt ! rèn qu'aco, ti pagues ?

�— 110 —
— M'en digues rèn, es la frema qu'a vougut lou mi
croumpar. Di que touti aqueli carta escrichi au creioun li
plason pas.
Gountunierian à charrar en asperant lou nouostre trèn.
L'aministracioun militaria, plèna d'atencioun, nen pagava
aquela fes un pichoun viage pèr lou Bourbounes e, en plaça
de mountar drech soubre Paris, anavan vèire un pau lu
païs doù Cèntre.
Finalamen, couma tout arriba, même lu trèn pèr lu permissiounàri, lou nouostre venguèt e s'embarquerian.
Que vous dirai doù nouostre viage ? Toui, sabès ce
qu'èron, aquelu retour au front. De coumpartimen plèn couma d'où, de bagage à n'en plus fini e de merènda à tout
moumènt.
Quoura, nautre même, aiguerian acabat de! manjar e
begut un bouon coù, Letou, avant de si plaçar pèr faire un
penec, si tastounèt e em' un' aria de sourpresa :
— Ma, m'as rendut lou miéu estilo ?
— Seguramen, t'en rapèles plus ?
— Mi sèmbla bèn que lou m'as dounat, ma lou trovi
plus..
E, tout en si refestounant :
— Aquela seria pi bella, se l'aiguessi perdut !
Ma touti li jirecerca siguèron inutili, l'estilô èra introuvable.
Lou paure Letou si desoulava qu'es pas de dire. Finalamen, counvint qu'èra que lou troverïa pas, pihèt lou siéu
partit en dïènt :
— Escouta, pouodi pas estar ensin. Deman matin, en
arribant à Gorbeil, nen cromperai un.
Sus d'aquela bella resoulucioun, s'endurmèt.
A Corbeil, à pena desbarcat, siguèt un dei premié à sourti
e aiguèt proun pena, en la pichouna vila encara endurmida,
de trouvar una pa petaria dubèrta.
Ma, va-ti fa'... pintar, d'estilò parié doù siéu, n'en trouvèt pas e cauguèt que n'en croumpesse un autre.
— Basta ! mi diguèt en mi veènt, la frema vèirà qu'escrivi emé l'estilô e, pèr lou moument, es tout ce que cau.
D'aqui à l'autra pèrma, veirèn.

�— iil —

Un' oureta après, lou nouostre titre tampounat, mountavan en un autre trèn e si dirijavan sus Paris.
— Tout de même, mi faguèt, regrèti de l'aver croumpat,
sabes. Quoura retournerai à Niça, fourçadamen, caurà que
n'aigui un parié en aquéu qu'ai perdut, perquè la frema
noun mi cèrque garrouia.
Estaguèt un moument penseirous e pi :
— Tant pis, en arribant à Paname, mi desbroierai pèr
sourti e pèr nen croumpar un parié.
Couma faguèt pèr sourti de la gara, à Paris, lou mi siéu
toujour demandat. Lou fach es que quoura retournèt, l'asperavi sus lou quèi e aiguerian que lou tèmp de s'eimbournar
en un coumpartimen.
— Aquestou coù, n'ai un que sembla soun fraire, sai !
Ah ! siéu countènt ! Ma, rapèle-ti que m'en rapèlerai d'aquéu
viage. M'aurà coustat quarant' un franc !
Tout-en-un-coù, lou veguèri veni blèime. E ti mandèt una
bourdada de. Tron e de F... à faire escoundre trenta-sièi caretié.
La siéu man, au soutran ûe la doublura de la vairusa,
venïa de trouvar lou premié estilo !!!
Vous pensas se, toui lu pelous qu'èron aqui e ai quai
oonteri la fachènda, sènsa pietà, si gareerian d'éu.
JOUSÈ GIORDAN.

d'una Rosa Niçarda
Segnour, siguès laudat en la vouostra sagessa.
Rosa m'avès creat e, pèr mai de tendressa,
Pèr aumentà lu vouostre doun,
Avès mes lu miéu jou soubre d'aquesta terra
Sublima, de bèutà, la terra nourriciera,
Plena d'amourous abandoun.

�— 112 —

Avès mes su lou brès tout un crouncèu d'estela,
Un gran domo d'azur de la pu fina tela
Tissada da li vovuostri man ;
Una lampa d'or fin que fa viéure li raça
E qu'à la fin doù jou dintre lou ciel ramplaça
Una luna de diaman.
Avès mes ai miéu pen un tapis de verdura
Qu'es toujou vert au sen de la bella natura
Doun lu miéu jou soun destinat ;
E dich ai passeroun à la vous caressarita,
Jougnès li vouostri vous, dous lengage qu'encanta,
En cada nido poupulat.
Avès dich au zefir : « Bressa la flou cherida ».
L'a fach ; e pèr pu bèn embeli la miéu vida,
Que noun dura qu'una sesoun,
Siéu nada su lou bort de la sourça marina
Doun lou balançamen en la conca divina,
Di la gloria dou vouostre noum.
Counouissi la bèuta de l'auba clara, pala,
Lou dous frissounamen de l'oura vierginala
Au premié baià dau levant ;
L'ardènt embrasamen de l'oura miejourana ;
Lou moumen grandious quoura l'astre que plana,
Si drapa d'un mantèu sanglant.
L'umble recueiamen de la nuech silenciousa
Qu'à l'anima de toui di calma, religiousa.
Lou grand pensié de de damoun
Quoura dintre lou ciel vagabounda la luna,
Ma lou sort lou pu bèu, la miéu pu grand' fourtuna,
Es d'avé agut un bouissoun.
Sîguès laudat, ô Diéu, pèr l'abrit tutelàri
Que sau nen custoudi, nen preservà d'esvàri ;
Fouort en vous noun toumba degun...
Permetés que la flou doù doute preservada,
A l'oura doù destin que la veirà passada,
Si revengue en lou siéu perfum !...
PAUL NADIR.

�Envoucacioup
LOU

POUÈTA

Musa ! noun sigues tant ingrata,
Vène m'enspirà de nouvèu ;
Siéu desperat dau lun1 au sata,
Pèr tu mi levi m'au soulèu,
O miéu bel ange boufarèu !...
Noun trouvi ren, ni or ni mouta,
T'escoundes darrié lou ridèu,
Ti gardes tout e fas ta routa !...
LA MUSA

Se mi pihes pèr una mata,
Ti lusingues, vièi estournèu !
Laisse-mi luen dei coù de pata
E garde-ti l'encèns, lou mèu...
Pèr iéu, malaut as lou cervèu.
Ja mai que d'un ancuei s'en douta,
Lu pouèta soun toui martèu,
E iéu ti laissi, fau ma routa...
Lou POUÈTA
L'irounïa que mi sagata,
Crès mi laissa su lou carrèu ;
Destroumpe-ti. Se toujou grata
La pluma voù cantà lou bèu,
Pèr l'escrivan tout es simbèu...
Segoundat, bravi la dérouta,
E sarcisserai lu moussèu
Se m'ajudes en cours de routa...
LA MUSA

Siès troù vièi pèr lu miéu counsèu
Pèr ramplaçà la pluma routa,
Fai empiéta de gros cisèu,
Serà la prouvesioun de routa !...

;

JULES EYNAUDI.
8

�UN BOUNAPABÏISTA
L'istoria que vous vau dire noun data pas de ièr, ma aco
li fa rèn...
Era quauque tèmp après la guerra doù 70. Lou nouvèu
recevaire de la Regïa de Souspèu venïa à pena de rejougne
lou siéu pouost e faïa la siéu premièra tournada à la
Giàndola.
Arribat aco doù buralista, e après li aver arrestat lu siéu
comte, aluchèt en bouona plaça, dintre de cadre de bouosc
negre, doui afrousi croumo-litougrafïa representant Napouleoun III e l'Emperatriça.
— Couma va, li diguèt, que gardas aquelu doui pourtrèt ?
Poudès pas lu laissar aqui, vous que sias un founciounàri de
la República?
— Iéu, Moussu ! lu levar ? Ma vous voulès rire ! De saní
que m'an coustat dès soù l'un !!!
JousÈ GIORDAN.

Se voughesses m'aimà
Se voughesses m'aimà, anerian planplanin,
Coura s'en va lou giou, dintre lu bouasc oumbrous
Ch'argenta la luna doù sieù blanc mourin
E ch'embaumoun lu pin d'un parfum résinous.
Se voughesses m'aimà, anerian lou matin
Au pouncin doù souleù per valoun, per valière,
Audi lou roussignoù, lou merlou, lou sérin
Cuji en lu bouissoun la rosa printanièra.
E, se lou siel es beù, soubre la vert' erbeta
Sauterian, si farian de belini bajeta
Doun lou murmure pur ressembloun de preghiera.
Pi, essen ben las, regagnerian maioun,
La man dintre la man, o la mieù calignera !
En cantan doù siel blu la divina cansoun.
MENICA RONDELLY.

�Un gueuleton municipal sur les bords du Var
en 1759

Parmi les soucis de nos municipalités passées, le Var
joua un grand rôle. Il débordait souvent sur la rive gauche.
On ne cessa d'envoyer des commissions qui examinaient les
mesures à prendre. D'où, nécessité de déjeuner à la campagne et, cela va de soi, aux frais des contribuables. J'en
ai parlé à la fin du banquet que l'Acadèmia Nissarda, la
savante compagnie dont la publication, le Nice Historique,
est si justement appréciée, organisa en juin dernier à SaintRoman-Bellet (1). Je n'avais pas remis alors la main sur
une pièce curieuse, dont M. Joseph Bres, qui en a signalé
d'analogues dans son excellent Note d'Archivioi n'a point
parlé. Je viens de la retrouver. Elle intéressera peut-être nos
lecteurs. Ils verront quel était le prix des choses en mai
1759, comment un traiteur niçois ordonnait le repas des
consuls et de leur suite, quel style et quelle orthographe
avait ce brave homme, sans doute un Français, puisqu'il
n'use ni du niçois, ni de l'italien. C'est dans les cahiers
des mandats municipaux, conservés aux Archives communales, que figure ce menu succulent.
« Ce 9 mai 1759. Compte du dîné pour MM. les consuls de
cette ville avec sa suite au Var.
« Boulis et deux soupes, 6 liv. Une teste de veau farsie, 6.
Une timballei de ris de veau, 5 liv. 10 s. Deux plats de
friquendaux, autant. Deux poulárdes piquées, 4 liv. 10 s.
Un fillet de bœuf, 2 liv. 10 s. Une (l'indication du plat est
restée en blanc), 4 liv. 10 s. Servelle frite, 1 liv. 10 s. Une
langue de beuf, autant. Un jambon pezant 16 liv., 8 liv. Un
(1) Voir le numéro 2 du Nice Historique de 1921.

�— 116 —
pâté, 14. Une tourte, 3 liv. lu s. Deux longies de veau, 8.
Un quartié de motion, 4. Un lièvre. 3. Dix poulets, 6. Dix
pigions, 7 liv. 10 s. Deux dindons, 4 liv. Six lengues de couchons, 4 liv. 4 s. Trois livres mourtadelle, 4 liv. Trois livres
saussisons, autant. Articheaux, 1 liv. 10 s. Asperges, autant,
Espinars, autant. Pois verds, 2 liv. Lait, 15 s. Pain, 5 liv. 19 s.
Vin comun, 9 liv. Cinq fiaconset demi de vin de M. Coupon,
3 liv. 19 s. Pour les porteurs, 8 liv. Un gâteau d'amendes, 6.
Tartelettes, 3. Une livre agriotes au ratafia, 16 s. Deux livres
persici au ratafia. 1 liv. 12 s. Deux livres perus en composte,
1 liv. 5 s. Une livre et demie noix, 1 liv. 2 s. 6 den. Une
livre et demie chinets, 1 liv. 2 s. Deux livres sedrats en
composte, 1 liv. 5 s. Deux compostes pomes avec sa gelarée,
2 liv. 10 s. Deux livres amendes à la perline, 1 liv. .Deux
livres confiture blanche, autant. Une livre et demie biscutins,
18 s. Une et demie biscuits, autant. Deux livres massapans,
1 liv. 8 s. Deux livres patte souflée à la cicola, 1 liv. 10 s. Six
petits flacons vin de Siracuse, 5 liv. 5 s. Six bouteilles vin
muscat, 4 liv. 10 s. Une bouteille vin de malaga, 2 liv. 15 s.
Une de Bourgogne, autant. Une de vin (nom en blanc), autant. Une douzaine oranges Portugal, 6 s.
« Total : 185 liv. 9 s. 6 den. — Jean Constans, troteur. »
Les consuls ont trouvé que la note était salée. On lit
au bas : « Si riduce la sud. provista a lire 150. Nizza. H
25 maggio 1759. Massilia, console. Antonio Gautiero, console».
Il est piquant de comparer les prix d'alors et ceux
d'aujourd'hui.

GEORGES DOUBLET.

Un bouon mantèu cuèrbe lou brut e lou bèu.
Qu noun poù pica l'aë, pica lou bast.
Vau mai un aë viéu qu'un doutour mouort.
Qu aurà de pu bèu fiéu farà de pu bella tèla.
Larg de bouca estrech de man.
Doui frema e un'àuca fan un marcat.

�L'escola pèr un jou de plueia

Es survengut una bourrasca
Improuvisa ; tambèn ancuei
De l'escola mai d'un s'en casca
E lu banc reston quasi vuei.
O que plesi ! dïen adaise,
Faguesse toui lu jou tempié ;
Chanjan de plaça, sian à l'aise,
E d'aïur s'empara parié...
Lou magistre qu'es impassible,
Nen fa quand même la leçoun,
E nen passa d'autan au crible
Que pu reduch es lou mouloun.
Li carta de
E lu tablèu
Emprunton
Un charme

su li muraia
d'ensignamen,
dintre la grisaia,
qu'es plen- d'agramen.

Fouora, la plueia toujou cala...
Lou ciel es bas, soumbre, car gat,
E Taïga pèr brusqui rafala,
Su lu vitre fa de valat...
Si vé plus li maïoun d'en faça ;
Li car riera soun de tourrènt ;
Audès li voitura de plaça
Que s'encourron couma lou vènt ;

�— 118 —

E tout aco distrai l'enfança ;
Tout interessa l'escoulan...
A pichoui pas l'oura s'avança...
Asperan lou soulèu deman.
PAUL NADIR.

DÉPART
A Monsieur et Madame R...

La petite maison qui fut votre séjour
Depuis votre départ a changé de figure
Et le soleil ardent et le ciel qui fulgure
Semblent avoir rendu son silence plus lourd.
Tristes, nous nous disons : Notre bonheur fut court
Et maudissons le train à la rapide allure
Qui, hier, vous emporta, cruelle meurtrissure,
Loin, loin, bien loin de nous, peut-être sans retour.
Mais de près ou de loin on peut prouver qu'on s'aime ;
Comme les bons lorrains sachons dire quand-même.
Près des vôtres vivez unis, vivez heureux.
De notre éloignement que l'amitié nous venge ;
Une tendre caresse à votre petit ange ;
Laissez-nous le chagrin et prenez tous nos vœux.
MARIUS BLANCHI.

Mai

1911.

Es bèu de la messa audi,
Ma fau la maïoun custoudi.
Un bèu soulié fara toujou una bruta groula.
Quoura pèr Nouvé li a pas de luna,
Qu a doui cabra n'en vènde una.

�Cansoun maienca
Fiheta, jou ventura,
Festejèn la natura,
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
Anèn pèr li campagna
Despuhi li baragna ;
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
Cuhirèn de rouseta
'Mé de margarideta ;
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
Pourterèn à brassada
La missoun embaumada ;
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
Dei flour que Mai nen douna,
N'entressèn de courouna ;
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
La guirlanda loùgiera
Souspendèn pèr carriera ;
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
Virèn au clar de luna
'Mé la blounda o la bruna ;
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
O sesoun benedida
Qu'à l'amour, nen counvida !
Cantèn, cantèn
Lou retour doù printèmp.
JOUSÈ GlORDAN.

�AVENTURES
D'UN

NIÇOIS

AU

PARAGUAY

au début du XIXe Siècle

« On sait que J.-B. Verany (i) fut chargé par le Gouvernement sarde, en 1835, d'une mission scientifique en Amérique du Sud. Ce savant Niçois rapporta de son voyage d'études, de précieuses notes sur les mœurs, les coutumes,
l'histoire et la géographie des contrées qu'il visita (2).
« Nous y trouvons - l'intéressante relation suivante,
concernant un de nos concitoyens complètement ignoré :
Escofier, fils de François (Verany ne le nomme pas autrement (3), qui périt très malheureusement à l'Assomption
(Paraguay), vers 1830, victime du dictateur Francia (4). »
(1) Pierre ISNARD — Jean-Baptiste Verany (1800-1865) et le Musée
Municipal d'Histoire Naturelle de Nice, 1 plaquette, 17 pages et
1 portrait (extrait du Nice Historique, année 1910, numéros 1-2).
Nice. 1910, Imprimerie du Commerce.
(2) Verany recueillit en outre, au cours de son voyage, de
nombreux objets d'histoire naturelle qui enrichirent les Musées de
Turin et de Nice, où on peut encore les voir.
(3) Nous citons Verany textuellement. Nous nous permettons
seulement d'intercaler dans son texte quelques notes pour l'intelligence et la facilité de la lecture du récit.
(4) Le Dr José-Gaspard-Podriguez FRANCIA, dictateur du Paraguay, né à l'Assomption en 1758, d'un père Français et d'une créole,
mort en 1840. Après avoir étudié la théologie et le droit, il s'établit
avocat à l'Assomption et fut nommé secrétaire de la junte lors de
la révolution de 1811 qui chassa les Espagnols de Buenos-Ayres
et du Paraguay. Il se fit ensuite élire consul au Paraguay puis

�— 121 —

Escofier, fils de François, ingénieur-géographe, de Nice,
était, à l'Ecole de Marine de Brest, aspirant de première
classe à la Restauration.
Animé d'un esprit ardent, il abandonna la France et vint
dans les Amériques, à l'époque de la guerre « entre BuenosAyres et le Brésil pour l'indépendance de Banda Oriental (5)
qui s'était soulevé, en 1825, contre ce dernier Etat dont il
formait la province Cisplatine ».
Il prit parti dans la marine de Buenos-Ayres, « qui venait
de se porter au secours des insurgés », et il commandait une
goélette que l'on avait armée en corsaire pour faire la guerre
aux brésiliens.
Ces derniers abandonnèrent, en 1828, les provinces
révoltées et celles-ci se trouvant en paix (6) désarmèrent les
corsaires. Escofier se trouva toujours attaché à la marine de
la République, mais la paix ne fournissait pas assez d'occupations à son esprit bouillant et à son désir de parvenir.
Aussi il renonça au service militaire, arma un petit navire
et, malgré les conseils de ses amis, se dirigea vers le
Paraguay.
« Cet Etat, qui s'était affranchi en 1811 des liens qui le
rattachaient à l'Espagne, s'était donné, en 1814, José Francia
pour dictateur. Ce tyran avait fermé le pays aux étrangers
et il tenait en captivité ceux qui avaient pu y pénétrer.
Cependant, en dehors des Espagnols, pour lesquels il avait
dictateur tenrporaire en 1814 et dictateur à vie en 1817. Il exerça
1111 pouvoir absolu, qu'il consolida par les emprisonnements et les
supplices. Il avait institué le régime de la terreur et faisait fusiller
saru~ pitié, les Espagnols. Cruel, soupçonneux et bizarre, il ne
vovait partout que conspirations. Il avait fermé ses Etats aux
étrangers, qu'il ne laissait plus repartir une fois an'ils y avaient
pénétré. Son administration fut cependant utile au Paraguay, dont
il favorisa l'industrie, l'agriculture et le commerce. TI avait fait
un monopole au profit de PEtat de la culture du maté ou thé du
Paraguay.
(*) P 'nda -Oriental nrit, plnr. tard, le nom de Uruguav(61 Aux termes du traité intervenu le 27 août 1828 à Rio-de- .
Tfn-iro. sons la médiation de l'Angleterre, entre le Brésil, et
l'Union de la Plata, Banda Oriental se déclara indépendant le 10
septembre i8aq et fut reconnu comme tel pous 1e nom de Republicà
Oriental de l'Uruguay.

�— 122 —
une haine profonde, il les traitait assez bien tant qu'ils
n'excitaient pas sa défiance en cultivant le maté (7) ou yerba,
dit thé du Paraguay, dont il avait fait un monopole au profit
de l'Etat.
« Il empêchait ainsi tout commerce avec les pays étrangers et surtout avec les pays limitrophes dont il redoutait
le contact pour son peuple, qui aurait ainsi pu faire de dangereuses comparaisons entre son propre état politique et celui de
ses voisins.
« Les Suisses Reugger et Lonchamps et le savant naturaliste français Bonpland (8) furent parmi les premières
victimes de Francia.
« Bonpland, que Verany (9) vit à Buenos-Ayres et de
qui notre savant concitoyen tint le récit de la malheureuse
(7) Le maté (Bex Paraguayensis Lambert — Ilex maté A. SaintHilaire), encore appelé herbe des jésuites, de Saint-Barthélémy,
arvore do mate ou da cougonha, est une espèce de houx. C'est un
arbuste à feuilles cunéiformes dentelées employées par les habitants
de l' Amérique du Sud en infusidn théiforme. Elles renferment de
la caféine et elles sont astringentes et stimulantes.
(8) Aimé Bonpland, célèbre naturaliste français, né à La
Rochelle en 1772, mort en 1858, était élève de l'Ecole de Pharmacie
et du Jardin des Plantes, quand il suivit Humboldt en Amérique
en 1779. U y recueillit plus de 6.000 plantes. En 1804, à son retour
en France, il fut nommé par l'impératrice Joséphine directeur des
jardins de Navarre et de la Malmaison. Il retourna à Buenos-Ayres
en 1818 et, après une captivité de douze ans au Paraguay, il revint,
en 1832, à Buenos-Ayres, où il reçut Verany ; puis, s'étant marié
avec nue indienne, il s'établit définitivement en Amérique du Sud,
vivant tantôt à Montevideo, tantôt à Curientes, tantôt à San Borja
de l'Uruguay. On lui doit la partie botanique du Voyage en
Amérique ; Description des plantes rares de la Malmaison, 1813 ;
Vue des Cordillières et monuments indigènes de l'Amérique, 1819,
et un grand nombre de documents acquis par la France.
(9) Au retour de son voyage en Amérique du Sud Verany dédia à
Bonpland une nouvelle espèce de céphalopodes qu'il avait trouvée
dans l'Océan Atlantique : le Grimalditeuthis (Loligopsis Bonpiandii Ver. « en témoignage, écrit-il, de ma gratitude au digne
« compagnon de M. Humboldt, au célèbre prisonnier du docteur
« Francia, à M. Bonpland, que j'ai eu le bonheur de rencontrer sur
« les' bords de la- Plata, et qui m'honora de son amitié et de ses
« conseils ».
Verany a donné la description de ce céphalopode dans un
Mémoire sur deux nouvelles espèces de céphalopodes trouvés dans
l'Océan (avec 2 pl.). Extrait des « Memorie Accademia Reala di
Torino», 2e sér., tom. I, 1839, p. 99 à 102, ouvrage qui se trouve
à la Bibliothèque Municipale de Nice.

�— 123 —
histoire d'Escofier, était parti en 1818 pour Buenos-Ayres,
où il venait d'être nommé professeur d'histoire naturelle, et,
de là, il s'était embarqué, le Ier octobre 1820, sur le Parana
pour entreprendre un voyage d'études et d'explorations dans
le Paraguay. Après y avoir étudié la culture et la fabrication du maté il en établit en face, à Santa-Anna, sur la rive
orientale du Parana, une plantation considérable. Le dictateur vit dans cette conduite une infraction au monopole qu'il
s'était arrogé et un jour, en 1821, il fit envahir le territoire
de Buenos-Ayres par ses soldats, qui ruinèrent la plantation
de thé de Bonpland et amenèrent celui-ci prisonnier avec les
indiens qui étaient employés à cette culture.
« Francia lui fit intimer l'ordre de ne pas quitter la hutte
et le petit enclos attenant qui lui furent assignés. Bonpland
demeura ainsi en captivité pendant douze années. »
Malgré ces exemples et les avertissements qui lui furent
donnés, Escofier persista dans sa détermination et M. D.-F.
d a Paulo de Sobidet, négociant de cette ville, son ami, lui
ayant complété le chargement de son navire en farines, il
partit et arriva en peu de temps à l'Assomption, où il
débarqua et vendit à un bon prix ses farines, mais ne put
acheter aucune marchandise pour emporter. Et, quand il
voulut repartir, Francia lui fit signifier que son navire était
séquestré et qu'il ne pourrait lui-même partir que quand le
dictateur le jugerait à propos.
Escofier se soumit à cette condamnation arbitraire et,
avec l'argent qu'il avait retiré de son chargement, il vécut
assez commodément. Son esprit très agréable lui procura
l'amitié du dictateur, qui le reçut quelquefois très familièrement et lui promit que, quand il en serait temps, il serait
renvoyé, mais que, pour le moment, il ne fallait pas qu'il
y songe.
Fatigué des promesses illusoires du dictateur, poussé par
son esprit ardent, Escofier tenta une évasion. Il traversa le
Paraguay, entra dans Chaco, et, après mille et mille détours,
après avoir perdu deux de ses compagnons de fuite, exténué
par la faim et les fatigues qu'il avait endurées en traversant
les déserts immenses, il se trouva sur les bords de l'Aguaray.

�— 124 —
Il aperçut une hutte sur l'autre bord de la rivière et, croyant
avoir dépassé les limites du Paraguay (erreur presque impardonnable à un marin), il monta sur un radeau et se présenta
à l'habitant sauvage de la hutte.
Cétait un des gardes avancés du Paraguay qui reconnut
tout de suite Escofier, dont il avait reçu depuis plusieurs
jours le signalement. Voulant s'assurer du captif, ce sauvage
s'arma d'une hache et en frappa à l'improviste le malheureux
et confiant fugitif, qui, d'un coup, eut la tête fendue.
Le barbare, sûr de lui, le garrotta alors et fit annoncer
sa capture à l'autorité voisine.
La force du tempérament et de l'âge firent triompher le
malheureux prisonnier de sa blessure et peu de jours après
il put être conduit, chargé de fers, aux environs de l'habitation de M. Bonpland, dont il reçut probablement des soins.
V guérit entièrement, mais accablé de misère, objet de la
haine du dictateur, privé de toutes ses ressources pécuniaires,
il dut, à l'exemple de ses camarades de chaîne, se procurer
par ie travail quelque adoucissement à ses maux. Il se mit
i: faire des chapeaux de paille.
Il obtint enfin d'être délivré de ses chaînes et jouit, grâce
à l'ancienne amitié qu'avait pour lui le dictateur, d'une
nouvelle liberté. Il revint à l'Assomption et y entreprit de
faire des formes de souliers et de bottes, puis, s'associant à
un cordonnier, il fit ce métier.
Il se lassa bientôt de cet état et sa tête volcanique médita
une nouvelle fuite. Il trouva des camarades ; l'évasion fut
concertée, décrétée et entreprise. Tout avait été prévu. Déjà
les provisions et les chevaux étaient sur l'autre rive du
fleuve. Déjà les embarcations pour le passage du fleuve étaient
prêtes. Les camarades s'étaient laissés vers le soir, avec
promesse de se rendre, à 10 heures, au point convenu. Un
des fugitifs avait une maîtresse qu'il chérissait et qu'il
voulait emmener avec lui. Par crainte de bavardages il ávait
été déterminé dans la troupe qu'on ne l'aurait prévenue qu'au
moment du départ.
A la nuit, l'amant se rend chez son amie, lui expose son
plan, qu'elle adopte. Elle lui demande le nom de ses complices, le lieu et l'heure du départ ; ensuite, poussant la

�— 125 —

dissimulation à son comble, elle prépare le peu de hardes
nécessaires à son voyage, puis elle demande à son amant la
permission d'aller faire ses adieux à une amie dont elle ne
veut pas, dit-elle, se séparer sans l'embrasser.
Elle demande peu de minutes pour cette visite et engage
son amant à aller l'attendre à un point indiqué qui le mettait
sur la route qu'il devait faire pour se rendre à la barque. Le
crédule amant sort et la perfide, loin de courir chez son amie,
va droit au palais de Francia, où elle demande avec insistance
à parler au dictateur. Ce n'est qu'à force, d'insister qu'elle
arrive en face du despote. Elle lui dévoile alors le projet de
fuite d'Escofier et de ses neuf compagnons, lui indique le
lieu du départ et lui rapporte tout ce qu'elle a appris.
Francia eut encore le temps nécessaire pour envoyer des
satellites qui s'emparèrent des malheureux fugitifs, en partie
dans les barques et en partie à quelques pas de là. Il en
expédia d'autres au-delà du Parana pour s'y emparer des
prisonniers et des chevaux que les fugitifs avaient assemblés
pour subvenir à leurs besoins, pendant la route qu'ils devaient
faire dans le désert, afin d'éviter les bords du fleuve où,
infailliblement, ils auraient été arrêtés.
Le lendemain de leur arrestation, ces dix victimes de
l'amour de la liberté, furent fusillés par ordre du dictateur.
« Tel est, dans sa simplicité émouvante, le récit de
Verany. Nous nous en voudrions d'y ajouter un commentaire
quelconque.Qu'il nous soit permis cependant de regretter
que le savant Niçois ne nous ait pas laissé des renseignements biographiques plus complets sur notre malheureux
concitoyen, dont le nom est certainement digne de figurer à
côté de ceux de ses contemporains Bavastro et Infernet.
PIERRE ISNARD.

Qu fa cen que noun sau, gasta cen que a fach.
Toui lu noble soun cousin e toui lu gus soun coupaire.
A crestian que ploura, judiéu que ri.

�SU LA T{lBJt DE MA7{

Un matin d'estiéu

Lou matin, se Ion tèms es clar,
M'encali su la proumenada
Relucan la riba de mar,
Arrambat à la balustrada.
Su la vasta conca d'azur
Rèn noun soufla ; la mar si pauva.
Pero si vé pau de bagnur ;
Es un pau l'oura que n'es cauva ;
E fa fresquet, lou si diguen.
Un ome lança la pouprièra.
De pescadou, un pau pu luen,
Amaïnon lou filet en terra.
Es pèr iéu un countentamen,
Cada fes que la pesca douna,
— En l'entremaï, que lou reten, —
De vé lou pèi que s'amoulouna.
Aquéu bèu pèi viéu, argentat,
Que gardan la siéu vigouria,
Fouora de l'elemen salat,
Boulega, sauta, si tourtiha.

�— 127 —
Bagnusi, à vous lou poumpoun.
Es vous que cerqui quoura passi
En ajustan lou miéu lourgnoun...
Bloundi, bruni, maigri o grassi,
Segui lu vouostre mouvimen
Quoura li man, partajan l'ounda,
Vènon si raprouchà dei sen ;
E quoura la même segounda,
Li vouostri camba s'aloungan,
Fan en la mar doui souloumbrina,
L'una de l'autra s'escartan,
Pèr refoula Taïga marina.
Oundini, mi plasès tamben
Quoura la mar vous faguen crènta,
D'un bagnur, au coumençamen,
Demandas l'ajuda counsciènta...
Quoura lou siéu bras vous soustèn,
O quoura la siéu man vous frôla,
Cresé-vous que regreti ben
De noun poudé vous fa l'escola...
Ma soubre-tout, Ninfi d'estiéu,
Counfesserai, paraula grava,
Que fes doù miéu couor un brasiéu
Quoura revenèn su la grava
Demandas au nouostre soulèu,
En v'aloungan ben su la plaja,
De secà m'au siéu grand mantèu
Lou vouostre cors doun l'aïga raja ;
Car souta lou maiot coulant
Que pressa li vouostri persouna,
Pouodi sègre, en ver deletant,
Lu precious tresor qu'empresouna.

�— 128 —
Fra lu bei moussèu descubert,
En passan n'en remarqui una
Que tapa m'un &lt;t chaperoun » vert
La siéu grand chivulura bruna ;
Un maiot negre, ben serrat,
La recuerbe despi l'espaia
Jusqu'ai flanc ben desvouloupat
En una pressioun ideala.
A pena lou bagne pihat,
Meditativa, langouroua,
S'alounga, lou vèntre baissât
En una pauva capitoua ;
Lou buste aut, couë plegat,
Libre davan, liège, s'arresta,
Pensa, segué lou fuei virat...
Ben raramen aussa la testa.
Sensa que s'oucupe de iéu,
M'en pagui sou ven una vista,
E plan-plan, m'esclami, mi diéu,
Seloun doun pouorta la revista :
Que l'ensèmble ressouorte bèu ;
O l'adorabla creatura !
Que carnacioun, que bella pèu,
Que roubustessa, que figura !...
Admiri tout : gorja e sen,
Bras poutelat, man de deessa,
La soupla cambrura dei ren,
La siéu gracia, la siéu finessa ;
L'amplour couma la perfecioun
De la siéu croupa relevada,
Lu boutèu gros, ferme, redoun,
La cuèissa fouorta, ben tournada ;

�— 129 -

Vourrii baià lu siéu peu
Que si causson de doui baboueha ;
Su la car, proumenà tamben
Lu det couma soubre de toucha.
M'escarti d'ela raé regrèt ;
En lou couor senti de tempesta ;
Pèr lendeman fau de proujèt
E reviri sou ven la testa...
PAUL NADIR.

Lou " Pater Noster "
Que brave ome qu'èra, Doun Soulina !
Perquè, eau que saupès que Doun Soulina n'es pas un
èstre imaginari, un d'aquelu persounage que n'an jamai
esistit qu'en l'esprit dei gènt que vous d'ion de faula.
A bel e bèn esistit : èra vicàri à Santa-Reparada e, couma
l'escrivii en coumençant, èra lou pu brave ome que la terra
pourtesse.
Doun Soulina avïa, à Sant-Antoni-de-Ginestièra, una vigna que li rendia un vin bouon que-noun-sai, e li dounava
toui lu souin emé l'ajuda doù siéu metaié Goustin, un païsan doù luèc, travaié, ma que noun praticava la religioun :
d'aquelu que si di que la glèia risca pas de li toumbar
soubre.
Soun mèstre s'èra mes en tèsta de lou counverti e erèsi
bèn qu'à la fin li arribèt.
Un coù, mountat soubre lou siéu aë, aquel aë qu'un bèu
jour, sènsa façoun, lou desbarquèt soubre lou Pouont-Vièi,
Doun Soulina arribava à Sant-Antoni.
En intrant soubre lou siéu, reacountrèt Goustin que 1 aura va.
— Bouon jour, Doun Soulina !

�— 130 —
— Diéu lou ti donne, respoundèt lou prèire. Aloura, que
li a de noù ?
— Hé I pas gran cauva. Anerîa mihou se noun aiguessian aquela secaressa.
— Que vouos, Goustin, eau aver paciènça e pihar lou
tèmp couma vèn.
— Pèr fouorça...
— E di-mi un pau, Goustin, ti siès pi décidât à anar à la
messa ?
— Qu l'a messa, que la lève, plesentèt l'autre.
— Ti demandi pas de t'en rire, mescresènt ! Siéu segur,
tèn, que sabes mancou plus lou Pater noster.
— Aquela, serïa bella !
— Dies aco, ma siéu segur que noun.
— Quant escoumetès, que lou sàbi ?
— Tèn, se siès capable de lou mi recitar dau coumençamen fin à la fin sènsa ti troumpar ni t'arrestar, ti douni lou
miéu aë.
— E bèn ! sian d'acordi. Goumenci ?
— Coumença.
— Pater noster qui es in cœlis, sanctificelur nomen tuum,
adveniat regnum tuum, fiat voluntas... Ma, diè-mi un pau,
Doun Soulina ! mi dounas tambèn lou bridoun ?
— Ni l'aë, ni lou bridoun, carogna ! que ti siès arrestat !
Vées bèn qu'avii rasoun !
JOUSÈ

GIORDAN.

DICH, BOUOI MOT E PRQUVERBI
/

Pèr doumptà lou Diàu lou niarideron.
Gen de guerra e de marina
Soun de la même farina.
Soun gen de marina,
Tout cenque an lou pouorton su l'esquina.
Mé lou tèms e la païa lu nesp'o maduron.

�S ^S\^\&lt;^\^^^\^\^\^\P®P®P®P®P®P®P®P®%P®P®
^I

Li Fesusi d'Ange
« Bagne de pen moustardisat,
Segue ergotât, purga, aguia,
Pèr li frema e pèr li fiha,
Vequi lou mejan emplegat
Mé tant d'autre. Sias enfourmat :
Qu li counvèn que si dérange,
Fournissen chambra, liech e plat ;
Sian nautri li fesusi d'ange !... »
Crimineli ! que pèr l'argeh
Tuas l'enfan, souven la maire,
Pousquèssi vous farii faire
La fin que vous méritas ben :
V'ougnerii mé l'aigardèn
Aleman, lou liquide estrange
Que'dounas pèr l'avourtamen
E pi, au fuèc, fesusi d'ange !
Pèr vous, mi meti pas de ganc.
L'arma de mouort, l'ourribla sounda,
La vous metrii ben proufounda
Au couor, pèr vous poumpà lou sang,
Couma poumpas l'enfan au flanc,
En vous diguen : « Voù ben lou change. »
Noun veirias ni presoun, ni banc
Dei Assisa, fesusi d'ange !
Lu bambin, aquelu bei lis,
Diran pas lu vouostre louange
Au siéu retour en Paradis,
O sinistri fesusi d'ange !
PAUL NADIR.

�Histoires de Poissons
Le 27 novembre 1650, au plus clair de l'après-midi, l'évêque de Nice sortait solennellement de la Cathédrale SainteRéparate avec son clergé et ses consuls.
Que s'était-il passé pour déclancher une telle cérémonie ?
Une bande de marsouins était venue évoluer capricieusement dans la baie des Anges et elle déchirait sans merci
depuis quelque temps les filets des pêcheurs. Dieu allait être
appelé pour qu'il mît un terme à cette calamité.
De fait, le pasteur, arrivé à la plage, après un marmotage de litanies, montait en barque avec des chanoinès. Puis,
dans le désert des calmes ondes bleues, les saints hommes
jetaient des malédictions contre les mammifères satàniques.
Vous souriez. Voilà, me dites-vous, toute la pompe du
monde officiel étalée parce que des animaux s'ébrouent à
plaisir.
Eh là ' ce n'est pas tout. La fin de l'affaire est meilleure
encore. Un incident éclatait bientôt entre les édiles et le
clergé. Tandis que les vieux mots latins volaient entre le ciel
tendre et l'azur des eaux endormies, les magistrats civils,
tourmentés de rage sourde, retournaient tous seuls à SainteRéparate. Ils avaient été vexés, vexés au point de s'en aller
incontinent. Une place ne leur avait pas été réservée sur
l'esquif fragile.
Et, certes, ce sont bien des histoires pour quelques poissons !

�— 133 —
Gomme vous seriez enclin à philosopher de tout cela, je
vous interromprai pour vous raconter une autre petite chose.
Un jour de 1764, une tortue de mer s'endormait le ventre
ou le dos au soleil et, béate dans les tièdes courants, elle se
laissait pousser sous le ciel ardent de Nice.
Un pêcheur se trouvait juste alors balloté dans sa coquille de noix. Il abattit promptement à coups de rames la
masse indolente. Le poisson trucidé arrivait peu après sur
le rivage et le peuple niçard accourait.
Toute la bourgade assemblée ne pouvait manquer de
grouper de nombreux moines. Avec eux, le Très Haut ne
tardait pas à être mêlé à l'affaire !
Que n'allait-il encore se passer ?
Les frères minimes de Saint François de Paule décrétaient aussitôt que le monstre marin était leur bien. Les
autres moines mettaient le holà ! et, perfidement, pour enlever la bête à l'appétit des accapareurs, ils annonçaient que
le diable pouvait bien ne pas être étranger à cette extraordinaire arrivée de phénomène. Très sérieusement, on parlait
d'aller chercher les eaux bénites. Le bon peuple, l'éternel bon
peuple se montrait prêt à se battre pour l'un ou pour l'autre
des chicaneurs. Et la bagarre eût vraisemblablement éclaté
si la police n'avait mis fin à tout ce trouble en jetant à la
mer cette tortue étourdie, qui était venue s'inscrire dans les
annales de Nice.
De nouveau, vous seriez sans doute dispos à tirer des
déductions de cette petite anecdote, à insinuer qu'elle est
bien naturelle au fond et que tant de graves affaires n'ort
d'autres causes que de tels débuts.
Eh ! Bon Dieu ! je couperais vos pensées en vous disant
que j'ai simplement voulu vous raconter deux drôleries. Et,
si vous le voulez bien, je vous demanderai de sauter brusquement ailleurs.
Louis CAPPY.

La luna es lou soulèu de li lèbre.
Luna plena a jamai vist soulèu levà.

�Oiunon che si trova vieja
Giunon degia su lou déclin de Tage,
(Cu di che viei lu dieu non venon pas giamai ?)
Tan fiera un côu dau sieu divin visage,
Per cas si regarget en un mirai.
En si trovan tan vieja e touta reghignada,
Sighet espaventada,
Couret à rabaton, remplida de courous,
Serca garouja au sieu espous.
E, davan d'eu, pareissen touta nuda,
Li dighet : « Ve, Giupin, couma sieu devenguda,
« Ieu tan bela autre côu !
« Acheu gusas de tem, giou per giou, pou a pou,
« Soubre dau mieu beu cors a coumes mil outrage,
« Regargia che ravage !
« Regargia che de pel, de taca. e de bouton !
« Non hai plus un civus, mi ven triple menton,
« Su la gauta mi greja una grossa veruga,
« Hai la poutina ai ues e lou degout au nas,
« De tan hai d'agassin non pouodi faire un pas,
« E de la testa ai pen sieu remplida de ruga.
« Tamben, tu lou premié, mi fas de fidé-fin
« Emb'una banda de catin.
« Despi lontem lu dieu m'han toui abandounada
« E non sieu dai mortal mamcou plus regargiada.
« Anen, brave Giupin, sighes compatissent,
« Non mi laissar ensin. Tu che sies tan poutent
« Rende-mi la beutà, rende-mî la gioinessa,
« E che, degna de tu, sighe la mieu belessa. »
En si rien lou dieu, che l'embrosïa buo,
Li respouonde : « Che diau en la testa ti greja,
« Consouole-ti, ma paura vieja,
« Li rosa soulamen, devenon grata cuo. »
Noncle

PETOTJ.

�y -*9Bfr- -@B8-

-sSEfr-

Le Village Niçois au XVI1' Siècle
L'on a beaucoup médit de nos villages, on; se représente
tiop souvent leur passé comme une longue série de servages,
d'ignorances, de1 préjugés, de misères. Le touriste qui s'aventure aujourd'hui parmi les ruines de villages abandonnés ou
dans les ruelles patinées des villages peuplés, juge trop
défavorablement les siècles passés et respire, dit-il, en repassant le vieux porche ou en quittant les carrières empierrées.
Il s'apitoie sur le logis étriqué d'antan en le comparant à
l'hôtel moderne ou à la maison de rapport munie du gaz
et de l'eau à tous les étages. Il est injuste. Je ne viens pas
faire devant vous l'apologie du passé villageois et je n'ai
nullement l'ambition de vous inviter à déposer des gerbes
de regrets sur des masures démantelées, je sais combien la
vie des ancêtres ruraux manquait de facilités et de luxe, mais
nous ne devons pas exiger d'eux le confort de notre époque.
Chaque temps a ses besoins et ses ambitions. Nos descendants du XL6 siècle nous plaindront certainement de notre
condition qui nous paraît si supérieure à celle des familles
moyenâgeuses et ils seront eux-mêmes plaints par d'autres
générations. Ne devrions-nous pas apprécier une société
d'après sa propre mentalité et dans la mesure où elle a cru
trouver satisfaction ?
Aujourd'hui le villageois souffre de la nostalgie du changement et de l'indifférence de la terre : il trouve monotone
l'horizon de ses crêtes et fade le cours de ses jours ; il a la
peur de multiplier à son foyer des désenchantés et l'ambition
de courir les aventures des villes, laissant la natalité
décroître, l'exode s'accentuer, la population diminuer de
plus de la moitié en 50 ans, l'atonie, la mélancolie même
prendre le village sans soupçon d'un palliatif. Tant que la
société rurale garda ses cadres, son élite dte cultivés, le

�— 136 —
notaire, l'avocat, le chirurgien, un nombreux clergé, des
gentilshommes amateurs de la terre et distributeurs de
conseils, son esprit, la passion du seuil paternel, elle connut
l'entrain. Après la dislocation de l'encadrement, sur le déclin
du xixe siècle, la joie et une force s'étiolèrent : à la vertu
de collaboration se substitua le goût de l'isolation, l'individu
se cantonna dans la famille, l'égotisme attrista les champs.
L'entrain s'est évanoui avec les associations-confréries et les
assemblées délibérantes. Les fêtes traditionnelles sont tièdes ;
l'appétit de sociabilité qui travaillait les pères et leur appelait
de permanentes diversions est perdu.
Autrefois, le villageois satisfait de son vieux toit, comprenait l'émigration comme une dure nécessité des malheureux ;
aujourd'hui il se plaint de rester, il n'a plus vives les
passions de jadis,, le sentiment de la race et de la terre, le
goût des plaisirs mesurés, la fusion aux voisins. La jeune
fille encore plus rêveuse préfère l'employé à portion congrue,
la loge de concierge et donne sa sympathie au jeune homme
de retour du service militaire qui aspire comme elle à la cité.
Les anciens se plaisaient au village qui leur donnait la
satisfaction compatible avec leur état d'esprit. Reculons de
trois siècles et revivons quelques instants avec nos ancêtres
dans l'un de ces pittoresques villages niçois juchés en sentinelle sur un éperon de la montagne ou mollement assis dans
une vallée le long d'une rivière. Tous les villages de l'Ancien
Comte _de Nice ont partagé les mêmes mœurs à quelques
différences près marquées par le climat, le site, le régime
seigneurial.
I
C'est le dimanche de la Trinité de l'an 1600. Les sentiers
qui zigzaguent au flanc des pentes apportent des hameaux
des lignes mouvantes de gens endimanchés ; les ruelles
du' village se peuplent et se vident ; les portes des maisons
se ferment et les cheminées s'éteignent ; les cloches gaiement
carillonnent, tout le village s'achemine vers l'église au porche
couvert de planches moussues. Beaucoup de personnes
tiennent à la main une écuelle d'érale ou une marmite qu'elles
vont déposer dans la salle du Saint-Esprit contiguë au lieu
saint. En attendant le dernier appel de la clochette de l'abside,

�la population s'égayé sur la place. On cause, on rit, des
enfants jouent à cache cache dans le labyrinthe des groupes ;
des théories d'hommes sont assis sur les parapets et échangent leurs impressions sur le temps, la floraison des arbres
et les promesses; des blés ; les femmes sont massées devant
ta grand' porte ; des curieux font une double haie autour d'un
jeu de quilles. Les dirigeants du pays, le notaire, le
chirurgien, les meilleurs propriétaires promènent et échangent des saluts. Tout ce monde est habillé proprement en
étoffe fabriquée dans la localité. Les hommes, de l'enfant
au vieillard, portent un chapeau de feutre à petits bords
sur les cheveux longs, une chemise en toile rigide dont le
col s'échappe d'un mouchoir bariolé, un petit gilet collé sur
'e corps et qui ne descend qu'à la ceinture ; par-dessus une
veste eo irte à parements étroits ; des culottes ; une ceinture
bleue ou rouge qui leur serre les reins, des bas de laine bleus
ou bruns, des1 souliers ferrés. Les hommes ont des muscles
robustes et des os sans chair superflue, des épaules larges,
des poignets solides et des mains calleuses, un visage ovale
et fort, le front et les pommettes saillantes, les yeux clairs.
Les vieillards ont les lèvres, les joues rosées et la barbé
retranchée en coleret'te des tempes sous le menton. Beaucoup
d'hommes mûrs épanouissent leurs favoris et d'autres préfèrent pencher leurs longues moustaches à la gauloise. Des
femmes âgées passent les cheveux nettement partagés, noués
en tresses sur la nuque, dans un bonnet ; elles sont habillées
de toile du pays à grosses mailles de chanvre ou de drap
hurel jauni tissé pendant les veillées sur trois lignes
d'épaisseur ; elles portent le gounellon ou jupe courte
coulissée à la taille, une casaque moulant te buste, des bas
de laine, des souliers ferrés. De moins âgées ont passé une
robe de drap ou de serge à garnitures avec des nœuds de ci
de là, des galons aux parements ; elles épanouissent un large
rabat sur la poitrine, ajustent un châle d'écarlate ou dé
mousseline sur les épaules, croisé devant et les bouts sous
1* tablier. Les filles à marier ont un gracieux corset, une
croix d'or passée à un ruban, de volumineux pendants
d'oreilles, des manchettes ; elles coiffent un charmant
bonnet, fin travail à l'aiguille, ajouré, alterné d'entre-deux
et d'arabesques d'où des glands descendent mugueter dans

�— 138 —
le dos — ou la capeline en poivrière aux bords de, velours.
La dame du notaire traverse la place : elle a une robe de
damas chargée de pampres, d'épis, de roses et un collier,
un bracelet, plusieurs agrafes d'or, une bijouterie abondante;
elle entre aussitôt dans l'église en compagnie de sa fille
vêtue de velours. Les femmes, je cite textuellement un
voyageur de l'époque, sont en général bien faites et bien
proportionnées, quoique en général peu agréables de visage,
elles ont quelque chose de rude, l'angle facial resserré, la
peau assez blanche et le corps robuste.
Le curé, un vieillard alerte, paraît sous le porche et
soulève son bonnet étagé : on s'incline. La clochette s'agite.
La population envahit les bancs et la tribune. Les cierges
brasillent' à l'autel. Un cortège se dessine sur la place. La.
flûte prélude, le tambour roule. Dans l'église, les yeux
des assistants se réjouissent. La flûte et le tambour se font
plus agressifs. Le clergé, les enfants de chœur, les dignitaires des autels descendent en procession du sanctuaire
jusqu'à la porte. Le curé ouvre la porte et Rrésente l'eau
bénite au nouveau bailei (ou maire). Le fifre et le tambour
résonnent sous la voûte. Le Conseil communal, élu le jour
de la Pentecôte, le baile, les consuls, l'es "assesseurs, les
arbitres, les regardateurs, les campiers, le secrétaire, le vicefiscal vont prendre officiellement place au banc communal.
Au prône, le curé souhaite la bienvenue aux nouveaux
administrateurs du village.
A l'offertoire, le tambour roule épcrdûmerit. Puis, dans un
silence religieux, la flûte prélude en une mélodie venue directement de la plus haute antiquité. Après quelques rythmes
d'un charme bucolique, elle s'enhardit, fuse en cadences martiales et en élans d'apothéose, en trilles agressives et en guilIerih suggestifs. Le tambour souligne ses caprices. Deux hallobardiers s'avancent dans l'église d'un pas martial, tête
couverte, un lapin et un poulet vivants attachés par les
pattes au fer de la pique, l'œil surpris. Ils s'arrêtent ferme
!. trois pas du célébrant, se découvrent, baisent les .reliques,
se couvrent et montent la garde d'honneur. Le premier des
abbés de ville tenant une épée dont la pointe traverse une
pomme piquée de pièces d'argent, se présente au célébrant,
suivant le même cérémonial, salue de l'épée, baise les

�— 139 —
reliques et passe l'arme aux jeunes gens de la paroisse qui
accomplissent le même rite et, pour s'unir particulièrement
à l'offrande, déposent une obole dans un plat d'étain. Ils
dressent une double haie à la suite des hallebardiers. Le
tambour se tait ; la flûte module une gracieuse aubade. Une
jeune fille offre dans une corbeille deux pigeons blancs et
passe le présent à ses compagnes. Une ménagère apporte
sur un plateau une large fougasse qui sera découpée pour le
pain bénit. Le célébrant reçoit les présents et retourne à
l'autel. Les hallebardiers, les abbés de ville et les jeunes
gens continuent à former la haie au milieu de l'église. Les
chants liturgiques reprennent. A l'élévation, un hallebardier
incline la lance ; au commandement de « feu », l'assistance
tombe à genoux cependant que la cloche s'agite, que le
tambour roule et que des salves de mortiers font tressaillir
les murailles.
A la fin de la messe, le baile et les consuls, toujours '
précédés de la flûte et du tambour, se placent à la porte
de l'église et distribuent, à la sortie, à chaque assistant, un
pain de ménage, dit pain du Saint Esprit, en don de joyeux
avènement. Puis dans le brouhaha des paroles et les fusées
de rires, la foule se munit d'écueîles et se dirisre vers le Mont
de Piété. Des énormes chaudrons accrochés à la crémaillère
rayonnent d'aopétissantes odeurs. Les campiers emplissent
les écuelles de soupe fumante, de lentilles et de jambon.
C'est la soupe traditionnelle que les consuls offrent annuellement h la population aux frais du Mont de Piété, et crue
les habitants vont déguster dans leurs maisons en bénissant
le jour de la fête de la Trinité, mielcruefois en commentant
les aptitudes culinaires des campiers ou la parcimonie
du baile.
Après les vêpres, le plus alerte consul brandit la hallebarde et, aux sons du fifre et du tambour, tous les âares'se
tenant par la main, tournent la farandole. Puis, le gaboulet,
le crin-crin ou la vielle mêlent leurs rythmes au tambourin.
Jeunes et vieux sur la srrand' place, évoluent en rondesquadrilles, se tenant par la main, se Quittant, se retrouvant
après des chassés et des flanrmés. sautillant sur leurs souliers
ferrés, marquant la mesure, clacmant des mains, poussant
de bruyants you-you jusqu'à l'Angélus du soir.

�— 140 —
Telle est la physionnomie d'un village niçois un jour
de liesse : elle est reconstituée d'après nombre de documents,
elle s'est conservée à peu près intacte dans certaines vallées
du Comté. En publiant le programme des fêtes patronales
de la région, aujourd'hui encore les journaux locaux ne
manquent jamais de souligner l'attrait de « l'offerta traditionnelle » telle qu'elle vient d'être décritei et, dans l'arrondissement de Puget-Théniers, nombre de villages conservent
le pieux usage de la soupe de lentilles à la Trinité, à la Pentecôte ou à la Fête-Dieu.
La chère dame de Liesse se complaisait au village' d'antan.
Les parties de balles, de longue paume, de mail, de boules
et de quilles, les barres, les billes, les jeux de neige
passionnaient curé et paroissiens, les fêtes après les offices
et la semaine désœuvrée d'hiver tandis que sous l'auvent
les femmes caquetaient. Au mois du carnaval les mascarades
frappaient de porte en porte ; en mai, tous les âges tournaient
la mauresque.
Les exhibitions de marchands forains et de bohémiens,
les fricassées, les brousses nouvelles, les régals de clôture
des semailles scandaient les intervalles des grandes réjouissances qui polarisent les iêves, les festivals qui défraient
quinze jours les parlotes.
Tout village a son romérage d'hiver et son romérage d'été
et les localités d'une vallée s'étaient concertées pour en
accorder un à chaque mois. C'était fête religieuse autour
d'une chapelle rurale avec quelques distractions profanes.
On courait au pain bénit, au panégyrique, à la bravade, aux
rondes anodines, aux déjeuners sur l'herbe. Cela ne laissait
pas de barrière entre les pays. On marchait beaucoup autrefois, on avait la nostalgie des clochers voisins. Aux romérages
on revivait des souvenirs, des réjouissances, des alliances, des
amitiés ; on jalonnait des projets, des unions ; on savourait
les nouvelles des familles, les bonjours et les au-.revoir au
prochain romérage. Les bons clients se défiaient à d'interminables parties aux cartes, à des beuveries sans mesure,
dédiant même plusieurs nuits à Bacchus, au grand émoi
-du clergé. « Les fêtes qui dans leur origine étaient des jours
saints pour le peuple ne sont aujourd'hui pour les gens que
des jours de plaisir ou de scandale, où ils fréquentent plus

�— 141 —
les cabarets que les églises, écrivait un évêque de Glandêves
au xvue siècle. » La jeunesse, de tout temps, boute-en-train
ou pays, élit en marge des communs divertissements ses
frivolités, ses brelans, ses franche-iippées ; elle ferme, son
clan aux baiourds et aux mariés ; elle veut sa part des
bonnes ciicoiisiaiices. Elle enjolive les alentours des familles
visitées par la joie, aux baptêmes, aux noces, à l'installation
des consuls, aux visites officielles et épiscopales, puis elle
réveillonne et farandole. Le mariage des veufs est l'objet
au plus violent et du plus grotesque charivari en même temps
qu'un fructueux chantage quand les époux trouvent le bruit
de mauvais goût. L'hiver est la saison des bonnes veillées.
Dans la haute vallée du Var, dès novembre, les voisins
trompent le temps au salon d'hiver, l'ample écurie où l'on
a barré le troupeau de moutons, tassé sur la litière chaude
un tapis de buis et de lavande, aligné des bancs, dressé la
table aux jeux, disposé une grande couchée de paille poui
les nonchalants. Le soir, on accourt, la raquette aux pieds,
d'une lieue à la ronde goûter la compagnie, à la clarté des
calens fumeux que chacun à son tour alimente et mouche
avec les doigts. Les femmes filent la quenouille, les hommes
tressent des. paniers, emmanchent des outils. Les jeunes
folâtrent. Les regards s'attisent aux cancans, aux histoires
de sorciers, aux apparitions des esprits, aux gracieuses
légendes.
Le divertissement, compagnon inséparable de l'homme
est digne de figurer, à la montagne, à la place- d'honneur
d'un charmant consolateur des jours uniformes et neigeux :
il féconde la vie rurale en semant de la poésie sur les vieux
toits où la prose ne manque pas.
II
Car la terre est exigeante, les labours pénibles et les
travaux harassants au moment des semailles et des récoltes..
Au xviie siècle, la population des villages était trois fois
plus dense qu'actuellement, l'importation était nulle, les
communications se faisant par sentiers muletiers rendaient
difficiles tes échanges. Le village devait à peu près subvenir
à lui-même ; aussi bien toutes les parcelles de terre utilisables étaient exploitées. On sourit aujourd'hui en suivant

�— 142 —
sur des à-pics, sur de hautes montagnes, en des quartiers
dépeuplés et envahis par les pins ou de rares buissons, les
lignes méconnaissables de patientes cultures en terrasse
d autan ; on est surpris d'y rencontrer des traces de/ vignes
ou d'en entendre épeler les noms synonymes de fertilité ;
on gémit sur le sort de, ceux qui attendaient leur pain de
ces langues de désert. Les hommes se courbaient sur la bêche
ou conduisaient, sous les ardeurs du soleil Yaraire ou
charrue primitive : une perche cylindrique attachée d'une
part au soc en fer et traversée de l'autre par le timon que
poussaient les bœufs. Grâce à son labeur, le paysan arrivait
à prélever sur ses récoltes la nourriture, l'entretien suffisant
de sa maisonnée, et à réserver, toutes charges couvertes, un
modeste bénéfice pour les éventualités. Même aux époques
que des historiens ont nommées les siècles de la misère des
campagnes, ordinairement il le put. Il se contentait de peu.
Les statistiques dressées à l'aide des archives permettent
d'établir que les revenus excédaient le nécessaire. Les
indigents étaient dans la proportion de 1 sur) 20. Au témoignage des intendants préposes à la surveillance de l'agriculture, le paysan avait du pain. D'après les minutes notariales,
ii économisait assez pour prévenir les dettes, doter ses filles,
et disposer de précieux écus à l'heure du testament. Par
carte de mariage, de 1550 à 1600, le père donnait ordinairement à sa fille, une pièce de terre, un lit avec deux draps,
deux couvertures à l'état neuf, quatre robes de drap du pays,
trois robes de toile, une pièce de drap, une pièce de chanvre,
une paire de sabates, un setier de froment.
En définitive, l'encaisse du ménage, quoique modique,
subvenait amplement aux débours en numéraire : le paysan
mangeait de sa récolte, se vêtait de son chanvre et de la
laine de son troupeau, cuisait le plâtre et les tuiles, débitait
des mélèzes, menuisait, dépensait peu en frais éventuels, en
denrées, en main-d'œuvre et honoraires. Il achetait le sel
et un peu de sucre.( Pour avoir le nécessaire, il se privait
de ce qui coûtait un sol, les épioes. Après les mauvaises
récoltes, il empruntait au Mont de Piété. Toujours il déjeuna
et dîna parce que sobre et dur pour lui-même. Il éprouvait
peu de ces besoins factices qui tyrannisent ses descendants.
Il se gêna, il souffrit quelquefois de ses privations, il vieillit

�— 143 —
comme un patriarche, content quand même de ses jours et
de l'horizon de ses montagnes, parmi ses petits enfante
penchés sur le même sillon.
Saluons ce vieillard satisfait. Le voici, silencieux scrutateur du temps sur son seuil, contemporain et frère, semblet- il, de certain sexagénaire actuel de Péone ou de Duranus,
plein de santé, le visage grave, sans moustaches,, les joues
rasées, le front barré de sillons, la bouche taciturne, dans
le cadre d'une longue chevelure et d'un collier de barbe. Sa
femme trottine dans la maison, elle s'avance. La famille
intriguée se presse dans l'ébrasement de l'entrée, l'héritier,
la bru, le cadet pas encore établi, les petits enfants, accrochés
à leur mère. Les voisins aussitôt de mettre le nez à la porte.
A tous une physionomie parente;, le type de la vallée relevé
des caractéristiques de la localité.
« Dieu soit béni ! » répond le villageois à notre salut.
Quelques mots de bienvenue, deux phrases sur la santé, une
sur le temps et il nous introduit dans une grande pièce à
tous usages, s'excusant de sa pauvreté. Lourde est la porte
au dos chargé d'outils, hachettes, serpes, scie, faucille, cordes;
enfumés, les murs sombres de la salle omnibus, cuisine,
réfertoire, lieu de réception, atelier même. Des souches
rougissent sous le manteau très large de la cheminée. Audessus émergent de la muraille deux pierres où le soir i v„.
allume des morceaux de bois gras pour s'éclairer. La clarté
se diffuse de la fenêtre aux vitres indécises pansées de1 papier,
sur le mobilier : la grande table, un éclat de glace, la huche,
le pétrin, les chaises de bois, des coffres, des sacs ventrus,
une guirlande de 'boîtes sur la cheminée, la cruche, des marmites, le mortier, un bassin sur des caisses, et, entre les bras
d'un rideau de chanvre, unei étagère chargée de plats de
faïence jaune, d'assiettes gercées, d'écuelles d'érable, de
cueillers de bois, des gobelets. Des murs pendent sans
symétrie un crucifix, des images bariolées, le calen (vénérable
lampe romaine) la râpe à fromage.
Des portes ouvrent de-ci de-là, sur des placards
engoncés dans la maçonnerie, — sur des chambres, sur
l'escalier du grenier et de la cave. Dans la chambre à coucher:
un lit de planches sur chevalets, une paillasse, quelquefois
un matelas, des draps, des couvertures très lourdes, une

�— 144 —
chaise, des coffres, une petite table, une commode une
armoire. L'hôte se trouve à l'aise parmi ce mobilier séculaire
en noyer massif, ferré, relevé ordinairement de motifs au
couteau.
Si nous étions admis à partager la nourriture de notre
hôte, nous connaîtrions le régime suivant : le matin au lever
et invariablement le soir, soupe fumante ; — à midi pâte
frais laminée par la ménagère, quelquefois ragoût. Les
légumes secs, pois, gesses, lentilles, gounflo-gus, les légumes
frais sont à la base de l'alimentation avec le pain de ménage,
pain « mitadier « pain mixte dei blé, de seigle et d'orge. La
farine garde de la grisaille des meules qui cèdent de leur
grès, les bluttoirs passent trop, à la satisfaction de la ménagère qui, par économie, ajoute du son. Le chef de famille
immole aux fêtes un chevreau ou un agneau, en charge
plusieurs jours sa table. L'hiver, il sale et fume les quartiers
de quelque bête grasse, voire même une chèvre. Le lait, le
fromage, le miel complètent les repas avec la cruche d'eau
claire à l'ordinaire, le vin aux fêtes et aux jours de surlabeur.
Certains plats locaux, boules de pâte et de hâchés d'herbes,
les crousés, les ravioli, les gnoki accusent à l'honneur du
paysan du xvne siècle des aptitudes gastronomiques. La
fréquente « poutrole » est un aliment complet. Certaines
recettes de confitures trahissent des délicatesses de gourmet.
Ce régime favorisait une commune: longévité : beaucoup
de familles vivaient autour du bisaïeul, des enfants connaissaient leur trisaïeul. Chaque lustre, au village, s'éteignait
un centenaire, chaque année un duo d'octogénaires. La mort
attendait de préférence ses victimes de 60 à 75 ans lorsqu'elles
avaient doublé les tournants critiques, la première et la
vingt-cinquième année, les infections emportant quelquefois
un tiers des enfants à la mamelle, nombre d'adolescents
succombant aux environs de leurs vingt ans. L'on était
robuste, la nubilité précoce, la stérilité très rare. Les bras
surabondaient. Malheureusement, l'hygiène était embryonnaire et la médecine dans l'enfance. Le villageois broyait
des herbes et avait plus foi dans les grimoires et les philtres
que dans les drogues des apothicaires. Le chirurgien ou le
docteur en médecine externe du village prenait martre pour
renard, s'inspirait de l'adage « se purger, se saigner et se bien

�— 145 —
ménager, éviter tout excès au dormir, au manger » et soignait
en herboriste. Des traités manuscrits de médecine usuelle
sont d'étranges nomenclatures d'infusions de racines de hêtre,
de mauve, de violette, de fleurs de sureau dont, le dosage
très varié, infaillible panacée, pouvait guérir la graveile, les
plaies, le mal caduc, le mal d'yeux. Des recettes trahissent
le magicien : le pied gauche d'une tortue, l'urine d'un lézard,
le foie d'une taupe, du sang tiré sous l'aile d'un pigeon blanc
pour les coliqueux, du sang de bouc pour les graveleux... Le
corps s'accommodait de ce traitement n'étant miné d'aucun
vice ruineux.
Un exemple de recettes. Pour guérir une plaie' aux seins :
prendre sept ou huit cloportes, les piler dans le mortier, les
boire dans deuxj doigts de vin blanc soir et matin et, si la
plaie ne guérit pas, il faut s'en prendre au diable. On soignait
tout autant par des philtres, des mots 'magiques et des
oraisons bizarres. Trois paroles, ante te, post te, ante te et
post te et trois signes de croix sur un pied guérissaient
abracadabra disposés triangulairement sur le papier, des
instantanément. Des coups de serpe donnés autour du berceau
d'un enfant malade tuaient la sorcière. Les charlatans, les
incantateurs exploitaient leur monde et à sa satisfaction,
ils flattaient la sensualité avec leurs recettes du bonheur,
leur orviétan, leurs séduisantes formules « pour réaliser les
désir, se rendre invisible », les traités de magie, les sornettes
du Grand et du Petit Albert, du Dragon Rouge et de la
Poule Noire. Les crédules, avec un couteau vierge immolaient « les chats tout noirs sans un poil blanc », desséchaient
des grenouilles à minuit après incantations, glissaient des
peaux sous la nappe de l'autel, couraient les vallons la nuit
de Saint Jean tailler au noisetier la baguette magique,
ceuillir trois feuilles de trois herbes « pour voir ce qu'on
veut ». Hélas ! sorciers, rebouteurs et bonnes femmes n'arrivaient pas à diminuer le nombre des goutteux et des crétins
que les mauvaises eaux et" les mariages proches multipliaient.
La famille adoucissait les jours. Comme le tronc moussu
du chêne, la souche paternelle poussait des germes prolifiques, les rejetons ombrageaient leur propre génération,
dressaient autour du chef une haie de paix. Les enfants qui
après le testament du père et des années encore de patronage
10

�— 146 —
de leur aîné, asseyaient leur foyer dans le voisinage du seuil
ancestral, gardaient le contact de la première famille et
léguaient à leurs enfants les traditions de souvenirs, dé
sagesse, dei patience, de travail et de foi religieuse rivées à
leur nom. Au même logis le même nom s'est perpétué du
moyen-âge au xxe siècle, indemne du parchemin au cahier
de l'écolier moderne.
Le foyer, le « feu » était la base solide de la société : les
pouvoirs communaux ne reconnaissaient que le chef de
famille. On comptait nombre de familles de 12 à 15 enfants ;
très peu de deux, une moyenne de quatre. L'homme, à vingt
ans, cherchait femme, Le célibat était le lot des déshérités
de la nature. Le marié ne s'endormait pas sur le premier
veuvage ; des sexagénaires convolaient en troisième noces et
souvent quarante ans séparaient l'aîné du dernier né. Le
père savait que le nombre est un gage de prospérité, que
la grande douceur est au foyer. Il cueillait le respect et
l'amour à travers la sévérité, cinglant de coups un geste
d'insubordination, modelant son monde au devoir, soufflant
aux coeurs un indéfectible dévouement sous le couvert de la
religion et de l'autorité.
Lev village était une vie, une force, il avait une musculature solide, il constituait un corps à peu près indépendant,
ii était une petite république dans laquelle les souverains
sardes s'immisçaient très rarement se contentant de
percevoir un impôt général ou donatif pour l'administration
générale des Etats de Savoie et de lever des forces quand
les frontières étaient menacées. Les historiens officiels
terminent à 1789 la période de l'asservissement. Ils ouvrent
en 1789 la période de la liberté. Si nous devons en juger
par les fastes de nos villages niçois, il nous faut renverser
cette proposition. La liberté concrète fut pour les villageois
autrefois. Depuis l'an VIII, ils ne sont plus citoyens, ils
sont administrés. Nous pouvons, il est vrai, influencer par
notre bulletin de vote, les plus grandes affaires générales
de la nation, mais ces affaires qui voudraient une attention
profonde, une compétence infinie, une étude de toutes les
heures du jour, nous ne pouvons les suivre, au milieu de
nos affaires personnelles que très distraitement et de loin.
Les paysans s'occupent à semer et à moissonner. Il est très

�— 147 —
difficile de se faine entre temps une opinion motivée sur les
avantages de la politique: de tel ministre comparée à celle
de tel autre. Cependant, ils en sont les souverains et derniers
arbitres. En revanche, ils ont fréquemment des opinions
assez arrêtées, issues de leur usage ou de leur expérience,
sur une foule de sujets qui les touchent de près : ce sont
les affaires propres de la commune. Mais à notre époque
toutes les affaires se traitent hors de la commune, les
délégués municipaux devant sans cesse en référer à l'administration centrale du département. Traitées en personnes
mineures, les communes retombent réellement en minorité
tandis que jadis elles étaient réellement majeures et détenaient tous les pouvoirs. Les habitants étaient par l'élection
les maîtres de l'administration municipale, de la justice, de
l'école, de la milice.
Revenons à 1600, au jour de la .Pentecôte, et assistons à
l'assemblée générale de tous les chefs manants et habitants
au village. Je rapporte textuellement le procès-verbal
consigné dans les archives.
Après les vêpres, sous les peupliers de la place publique,
les chefs de famille et manants du pays sont réunis. Le baile
lit le privilège de la commune, tous les présents prêtent
serment de fidélité. Le baile déclare le scrutin ouvert. On
élit à la majorité des voix les consuls, les conseillers et autres
représentants de la commune. Les élus jurent de « faire
le dû de leur charge », de .respecter les ordres de Son Altesse
le souverain du Piémont, de protéger les pauvres, les
femmes, les orphelins, les veuves et autres humbles
personnes qui ne sauraient faire observer leurs droits, de
défendre les privilèges et ordonnances de la communauté,
d'être équitable dans la répartition des tailles, l'organisation
de la milice et l'administration générale du pays, d'instruire
impartialement les contestations, entre habitants, d'inspecter
les poids et mesures, les foires et les ventes...
Les consuls et conseillers s'étant tirés à part en compagnie du secrétaire, après avoir conféré ensemble et fait les
réflexions convenables, choisissent trois candidats à la
dignité de baile. L'assemblée statue sur ce choix. Paraissent
alors les réclamations mûries secrètement toute une année.
Que les propriétaires qui ont avancé leurs bornes dans les

�H- 148 —
terres communales acquittent une taille supplémentaire !
Que les campiers soient plus vigilants à dénombrer le bétail
et, à protéger les bandites ! Que les exempts de taille,
dispensés de la gabelle comme le curé, contribuent tout au
moins à payer le port du sel ! Trop de sapins ont été abattus
sans concession dans les forêts. Le plus avisé de chaque
quartier présente les doléances : la poutre du pont fléchit,
la meule du moulin est usée.
Ne réalisait-il pas la conception la plus enviée du citoyen
ce paysan qui non seulement nommait directement tous ses
administrateurs et les choisissait librement parmi ses
voisins, ses camarades de travail dans la maison et l'âme
desquels il voyait clair tous les jours — mais encore était
admis à faire leur procès publiquement à la fin du mandat
annuel, à présenter- ses doléances, à faire valoir efficacement ses droits ? La place du village était l'aréopage et le
forum des anciens ; elle connut une ferveur publique, et fit
rayonner autour d'elle de fécondes énergies ; elle centralisait
tous les organes de la vie du peuple. Les administrateurs
souverains de la province, de la viguerie se transportaient
eux-mêmes, à périodes fixes, dans chaque village et y
opéraient à ciel ouvert.
Le village rendait lui-même la justice. Le baile et les
consuls se réunissaient chaque semaine au « tribunal » sous
l'auvent de l'église ou dans la salle du Saint Esprit pour
entendre les plaintes et trancher les difficultés survenues
entre particuliers. Leurs décisions portaient autour de délits
de pâturages, de déplacement de termes, de chicanes de
hameau. Elles étaient accréditées. Les plaideurs pouvaient
en référer au juge-mage de la viguerie et en appeler encore
au Souverain Sénat de Nice. Référés et appels étaient choses
très rares. Les audiences du baile étaient publiques, un régal
pour les curieux et les désœuvrés et comme les frais étaient
modiques l'on plaidait beaucoup.
Le Conseil communal avait un arsenal muni de mousquetons et mousquets, de piques, de bourres et de balles,
d'un tambour et d'une trompe, levait la milice. Chaque
année, les électeurs tiraient au sort parmi les hommes de
16 à 50 ans un contingent qui, en cas de mobilisation, constituait une compagnie ; les miliciens élisaient eux-mêmes

�— 149 —

leurs chefs : un capitaine, un lieutenant, quatre sergents,
huit caporaux et un tambour.
Dans chaque village, un secondaire ou vicaire « capable
et souflsant » pour endoctriner les jeunes enfants, tenait
école pour les garçons de 8 à 15 ans, pendant les mois qui
ont un r ; une maîtresse d'école, approuvée par l'évêque et
rétribuée par le prieur et le baile, instruisait les filles. Le
programme comprenait la lecture, l'écriture, la grammaire,
l'arithmétique1, des éléments d'histoire et de géographie, les
civilités (le bon Galathée, manuel de politesse, le catéchisme,
le chant, des rudiments de latin pour la bonne exécution
des psaumes. Le secondaire formait un cours supérieur
avec les enfants les mieux doués ; des jeunes gens apprenaient suffisamment pour subir des examens de droit, de
médecine des simples, de chirurgie et de théologie. Il y avait
au village une élite intellectuelle nombreuse d'avocats, de
notaires, de chirurgiens. De bons propriétaires trompaient
1'; longeur de l'hiver à composer des poèmes, des mémoires,
des recueils d'algèbre, de sentences, de recettes médicinales
ou culinaires.
Il arrivait souvent que les intempéries, les étés trop secs,
les hivers trop rigoureux compromettaient les récoltes, La
population, autrefois1 beaucoup plus dense, en exploitant
toutes les terres, semait juste assez pour suffire à ses besoins.
Il y avait moins d'importation et, dans le bas de laine, peu
de ressources pécuniaires. Les mauvaises saisons se traduisaient par des années de disette. Heureusement, il y avait
une oeuvre de prêt des denrées appelée Mont de Piété, Mont
Granatique. Il y avait annexé au presbytère un grenier de
réserves de blé, de légumes secs... Le Mont de Piété consentait aux personnes qui le demandaient l'avance de quelques
charges de froment pour les semailles avec un augment
minime (un picotin pour six hémines) à la prochaine
récolte. Le Montiste distribuait aux nécessiteux les bénéfices
de l'augment ; il donnait à des familles nombreuses des
hémines de blé, à d'autres des vêtements, des outils, des
bons de nain comme un bureau de bienfaisance.
Le village était donc une personnalité à peu près indépendante. Cette décentralisation à outrance avait sesl inconvénients. Le village devant subvenir à ses besoins, ne

�— 150 —
pouvait progresser dans la voie des facilités, connaître les
projets de routes carrossables, d'adduction d'eau, il se
cantonnait dans la .routine et ses citoyens fiers de leur
autonomie eurent certainement à endurer beaucoup. Ils
marchaient péniblement de heurt en heurt dans le lit des
torrents, poussant cahin caha leur mule chargée. Ils économisaient un grain de sel, mais c'était dans l'esprit de
l'époque.
Vous qui visitez les ruines allongées sur les crêtes, les manoirs démantelés, les repaires du lierre et des blocs de maçonnerie, les vieux villages qui s'effondrent, les broussailles
poussant avec le même rythme que les toits s'affaissent, ne
cédez pas trop à la mélancolie des porches lacérés et du squelette de plusieurs siècles, ressuscitez par la pensée dans ces
ruines le village d'antan plus gai, plus hospitalier, respirant
au milieu des champs, s'agitant dans la grisaille d'oliveraies
défuntes et songez que ceux qui y vécurent lui furent
fidèles... Le village en 1600 était pépiant comme une envolée
d'alouettes, il avait pour lui les caresses de la vie. Il avait
une âme sur laquelle avec un soin jaloux l'Eglise veillait.
J'ai nommé l'Eglise. On peut dire qu'elle a été le plus
grand artisan du village. Elle centralisait la vie et la pensée
rustiques. Là cloche bénit les étapes du jour, concrétise les
souvenirs des heures de liesse, ries consolations, des espoirs,
sème de la poésie. La dévotion peuplait la maison d'images,
les pas ombreux de croix, les hameaux de chapelles. Le culte
offrait un peu d'art : à l'oreille des chœurs, à l'œil la
symétrie d'un sanctuaire, des statues, des "tableaux, des
ornements, des visions de soie, d'or et d'argent, à la mémoire
des provisions de sensations, de refrains pour les heures
atones. La religion accompagnait le mortel du berceau à
la tombe, couvrait l'autorité des parents, le nouvoir séculier
lui-même. Le clergé avait l'institution officielle avec l'étatcivil : il publiait les édits, les circulaires, les bulletins de
victoire, notifiait les informations du Conseil communal.
t'Eelise monopolisait les fêtes : elle égayait d'offices les
jours fériés et doublait d'agrément ses solennités. Aux
festivités des patrons et titulaires, on débondait les réserves
de luxe sacré : au passade des processions et des cortèges, les
brûleurs de poudre saluaient de leurs tonitruantes bravades

�— 151 —
lies « corps saints », les novi, les nouveaux baptisés. La
dévotion jalonnait l'année de fêtes pittoresques, de jromérages (fêtes patronales), de pèlerinages aux chapelles rurales,
de bonnes journées d'où les divertissements, les rondes
n'étaient pas bannis.
L'union se faisait autour d'un autel, d'un lot de privilèges religieux aussi bien que communaux. Les zélés
s'enrôlaient dans les Compagnies pieuses, parmi les Pénitents multicolores, Pénitents Blancs, Pénitents Rouges,
Pénitents bleus, parmi les Frères de la Bonne Mort, les
Congréganistes du Rosaire, les recteurs des Luminaires, les
fervents de Notre-Dame aux titres suaves, N.-D. des Grâces,
N.-D. du Bel Amour, N.-D. de Miséricorde, N.-D. de Pitié,
N.-D. des Suffrages. Les corporations d'artisans, les chaussetiers (fabricants de bas et hauts-de-chausse) les penchiniers (chanvriers), les fustiers (charpentiers) se rangeaient
sous leur bannière pour soutenir les intérêts de leur saint
et de leur association.
Il y avait autrefois plus d'union dans les villages, l'individualisme moderne ne pouvait prendre racine. Il n'y avait
pas de barrière entre paroisses. Le déclin de la vie villageoise date de la baisse des institutions religieuses locales.
A mesyre que les anciens cadres de la paroisse, les confréries, les associations se vident, le paysan se cantonne dans
son patrimoine. L'isolement à! la campagne appelle, l'hiver,
la mélancolie et le rêve de la ville.
Depuis 1860 la population rurale de l'Ancien Comté de
Nice a diminué de plus de la moitié et ceux qui restent au
foyer des ancêtres, en dépit de plus d'aisance, se plaisent
moins que leurs pères. Nos villages n'ont plus leurs organes
vitaux d'antan.
Les progrès matériels drainent au village des avantages
que nombre de lois économiques multiplieraient encore en
créant de petites industries locales qui, l'hiver, procureraient
aux familles un supplément de ressources, en organisant
des œuvres d'assurance, d'hygiène, de protection. Mais il
faut plus que des lois, un état d'esprit qui comporte la
satisfaction.
L'exode s'accentue.

�Il faut remonter la pente, rééduquer la sensibilité du
villageois en fonction des besoins nouveaux en lui apprenant à sentir fortement des joies là où ses pères s'estimèrent
heureux.
L'intensification des amours forts si réalisables à la campagne, la passion de la famille, de la propriété et de
l'indépendance, les secours des législateurs, la croyance
religieuse, la restauration de la camaraderie, la communion
de village à village la reprise des saines distractions autour
des traditions, la diffusion du goût de la lecture, l'exemple
des meilleures familles, le travail intelligemment coordonné
de ceux qui ont autorité : autant d'éléments certains de la
formation de cet état d'esprit.
Redonnons une âme au village...
PAUL CANESTRIER.

Qu manja la mouola mé li dent,
rouïa la crousta emé li gengiva.

�Counfidènça
Lias d'un'esistènça troù vueia,
Un jou mi venguesse l'envueia, —
Ben décidât
A l'amour de dounà de gage ; —
De laisssà pèr lou mariage
Lou celibat ;
Sauprii chausi la miéu bella...
Seria pas la vierginela,
Jouve tendroun.
Que vous lutina, vous despera
E voù, lou matin e lou sera,
Toujou bouon proun.
Seria pas mai la bigota ;
Ni la pretentuda mé dota
Que vous todsan,
Vous reprouchan la siéu fourtuna,
Si crès toumbada de la luna
En v'espousan.
Seria pas la doumaisèla
Qu'a sa mère couma tutèla...
Pietà, Signour !
La bella-mère, que suplici ;
Cada jou seria d'esclissi,
Adiéu l'amour !...
Seria pas l'avaricioua...
E ni la frema troù jiloua.
Dragoun jurat
Qu'es toujou à li vouostri troussa
E quoura lou diàu la poussa
Pa lou sàbat.

�— 154 —
Non, Non ; pas d'infèr su la terra ;
Se mi desplason li maniera.
Aimi la pax.
Noun s'empouisounen l'esistènça...
Es pèr l'amour que si coumença
Pi... ven lou las.
Dounerii la preferènça
A la .frema que l'esistènça
Dura souven,
En l'isoulamen a laissada
E couma iéu s'es counsoulada
En fen lou bèn.
Lou couor esènt d'ipoucrisia,
Li dirii mé moudestia ,
Mé verità :
« Iéu v'aimi bèn, madoumaisèla...
« Vous que siés' jouve, bouona. bella,
« Voulès m'aimà ?
« Couma iéu counouissès la vida.
« Lou vouostre pensié noun oublida.
« Lu vouostre mouort.
« Ai pèr lu miéu carta jurada...
« Ligueri li nouostri destinada,
« Seren pu fouort.
« Metès la vouostra man cherida
« En la man que li vous counvida
« E li preguen
« Li creatura tant aimadi,
« D'estèndre li siéu man sacradi
« Lou grand moumen.
Que Diéu counsacrera l'aliança ;
« Qu'à ginoui, plen de confiança
« Faren sermènt
« De s'aima sènsa defaiança
« Pèr poudé, ferme de constança
« Dire souven :

.

�— 155 —
« Es l'amour tendre que persiste
« Es l'amour segur que resistí
« A li passioun,
« Rebèl au màu que lou desfida,
« Es l'amour que daura la vida :
« L'amour d'autoun !... »
PAUL NADIR.

Vièi mot Niçard
TOUNIN. — M'avès proumés, pai' gran, l'autre jou, de
mi dounar, tout' una frasa, de vièi mot niçard, pèr vèire s'en
oaipable de lu acapir dintre la siéu deflnicioun.
PAÍ' GRAN. — Lou tiéu vout es esaudit, coumenci : « Pépin
si prea pèr li siéu ourtaïa e li va soumoure pèr un tros
d'ourtoun.
TOUNIN. — Douni la miéu lenga au cat, n'en capissi un
corno !
PAÍ' GRAN. — Aco vau dire : « Pépin si flata pèr lu siéu
légume e lu va oufrir pèr un moussèu de pan. « Ensinda
parlava lou miéu rèire (aïeul).
Dïa amenda, abalana, peira abalana, au luec de tèndra ;
— estrachana pèr dura ; — abergiacat una paret, pèr coustruch una muraïa en peira sequi ; — un casàu, au luec de
cabana dei outis ; — una berge abouïrada, e noun eboulada ;
— acabaire e noun dissipateur ; — s'aflarar e noun s'escaufar, s'essouflar ; — La Fous era la bouca d'una riviera ; —
agrumar, pèr coagular ; — aiga-passera, pèr raïn de Corinta ;
— ambora, pèr boutiha ; — antenola e noun biga o mât ;
— antifonari, pèr cantaire à la gleïa.
TOUNIN. — E lou mot que m'as dich l'autre jou...
aparear...
PAÍ' GRAN. — Aparear pèr acoublar ; — apounchaire à li

�— 156 —
bocha ; — s'apressar, pèr s'aprouchar ; — s'aquassar, pèr si
bloutir, s'aeroupir o si ramassar en un mouloun ; — aquistar, pèr acquérir ; — arcana, pèr mistèri ; archier voulia dire
garda esclàu, agènt de justícia e de pouliça...
TOUNIN. — Couma tout aco a chanjat !...
PAÍ' GRAN. — A qu lou dies ; e lou mounde es pas mai
boun !... — Avian encara arecampar : reunir, mau recevre
quaucun, à si retirar à maïoun ; — s'aredounar, pèr fourmar
lou rodou ; arei, lou mascle de la fea ; — la ret, dei pescadou;
. — asset, una cadiera en bouosc ; arutar, e noun urtar ; —
assuliar e noun lissar o aplanir ; — atras e noun atiraï ; —
tirar d'aufa e noun escroc ; avastar, menar li bestia en
campagna pèr li faire passar la nuech ; — à l'avaste valïa
dire à l'abandoun ; avenènça e noun bouona gracia, bouona
façourt ; — avousar, pèr ebruitar ; — bategar, pèr tremoular,
refrenir o estre en pounch de mouort ; — bategiaia, pèr
banquet de bategià — becalin...
TOUNIN.

— Pèr souterra-mouort ; — bescuchar...

PAÍ' GRAN. — Pèr recuèire ; — bimbaro, pèr orne capricious ; — bodraga, pèr gros vèntre ; à bodre, pèr dire sèns'
ordre o pèle mêle ; — boudroi, vau finda dire gros vèntre ;
— bonârietà, pèr feblessa, bountà o douçour ; — caravèu,
pèr creus ; — cassamen, pèr soulamen ; — cremesin, pèr
cramoisi ; — croïa, pèr troumparia ; — desboucat. persouna
que di de groussieretà ; destourbar...
TOUNIN.

— Pèr troublar...

PAÍ' GRAN. — Embrancounar, pèr acrouchar ; — encapelat, qu gardava toujou lou capèu ; — ingeni, pèr moyen ;
— ingourt, pèr gourmant ; — escars, pèr un pau juste, avaro
o mesquin ; — esquasi, pèr presque ; — escassear, pèr rétrécir ; — escorno, pèr afront o ignominia ; •— espatuf, pèr
esclat à si faire remarcar ; — espècia, pèr epiça ; — esperjurar, era jurar en si désirant de mau ; — estrabot, pèr esageracioun ; — estro, pèr entousiasme o verva ; — fantaumié,
pèr nècho, nigaud, imbécile ; — ferun, pèr sauvage ; —
ferla o farzela, pèr poussa venen ai pen dei aubre ; — ôu
galebe, pèr ôu à la coca ; — gaubiat, pèr gracions, abile.
adrech ; — gauch, pèr maladrech ; — gaudir, pèr jouir ;

�—v 157 —
— giaïna a giacina, pèr bercail ; — gerp, pèr terren inculte ;
— mau gimbrat, pèr mau vestit...
TOUNIN. — Au pounch de vista de l'arrenjamen dei efèt...
PAÍ' GRAN. —■ Capisses... — Rire souta gourjoun, pèr
rire souta capa ; — grincho, invech d'avaro ; — grifo, voulia
dire voulur ; — goulifardo, qu avalavon sènsa mastegar ; —
itéra, pèr repetar un ordre ; — issa ! pèr allons donc ! —
lairar, pèr cridar o baubar ; — lequiènça, pèr educacioun,
elegança ; — libac o alibac, pèr nord ; — adrech, pèr miejou ; — luchaire, pèr lutur ; — en maloura, pèr en rouïna ;
— margiasso, pèr fanfaroun ; — maucreança, pèr impoulitessa ; — mauparada...
TOUNIN. — Pèr marrida tournura o marrit plec que
piha...
PAÍ' GRAN. — Un' afaire ; — meso, pèr moyen ; — metre
à meuil e noun metre à trempar ; — misé, titre dounat à li
frema d'artisan ; — im molei, carga de gran pèr lou moulin ;
— mouissinar, pèr durmir ; — mouscoun, aquéu que si fachava pèr un rèn ; — muanda, un caleçoun ; — naï, un pichin bassin doun si faïa rouïr lou canebe ; — odi, pèr èna ;
— à oufa, valia dire en gran quantità ; — ounchesc, persouna embé d'abihamen ounch ; — ossi, oisivetà ; — paioulada, tèmp qu'ima frema en coucha garda lou liech ; —
— paparotet, tetin artificiel pèr lu pichoui que tèton ; —
paragounar, pèr coumparar ; — patacar, pèr abandounar ;
patafia, frema grossa, indoulènta ; — pecaminous, criminel ;
— pegrissia, feneantisa ; — penec...
TOUNIN. — Penec, pèr un souan court....
PAÍ' GRAN. — Ti fas... — Penié, pèr ancrié ; — prefa^hié,
travaiadou à prefach e tambèn un fesur d'embarras ; —
reboumbar, pèr reboundir ; — refestounar, cercar en lu muble ; — refigufar, pèr coulaciounar o verificar ; — renar, au
luec de plagne ; — remoulin, pèr tourbioun d'aïga o de vènt ;
— remondar lu arèt de pesca, pèr una remondiera ; — resarchir e noun dedoumajar ; resignar e noun asardar ; — restaubiar e noun recuperar ; — sagataïre, bouchié dei israelita ;
— sartre, un taïur ; — sèca douassa,'persouna impourtuna ;
— si di flnda tarabasteri ; — secadnra, pèr enuei ; — sequi-

�&lt;— 158 —
gnoun, pèr autramen ; — serioun, vau dire que sèca li
fueia ; — s'es dich, pèr bessai ; — estouf, pèr degoustat ; —
esparar, pèr glissar ; — suerbe-cocho, pèr papié-buvard ; —
sustraire, pèr plourignèta ; — svergougnar, pèr desounourar ;
— svista, pèr bestisa ; — testificar, pèr atestar ; — testemoni
e noun témoin ; — bouona tola, pèr audaça o efrountaria ;
— toump, e noun precipici ; — trafegoun, persouna toujou
en mouvimen ; — trampinar...
— Travai de countunia...
— Ousca, e noun vaïant ; — vastiera, parc
pèr li fea ; — vanegar, ,pèr dire anar, venir,, s'agitar, boujar ; — en carta-de-vènt, voulia dire en minga de maniera ;
l i tiradou vesson, esprimava la gran' aboundança ;
voulante e noun faucïa.
Basta, pèr ancuei ; quoura n'en vourras de mai, faras
couma iéu : counsulteras lou Diciounàri de J.-B. Calvino,
à la Biblioutèca Municipala, e véiras couma aquéu counsciencious autour s'es dounat de mau pèr nen laissar un parié
mounumen en lenga niçarda.
TOUNIN.

PAÏ

GRAN.

TOUANA DE LA BUFFA.

�Lou Vot
Doui paure San-Jouanenc, un jour de lebechada,
Veguènt veni la mau-parada,
E si trouvant en perdicioun,
Tout en faguènt lou siéu ate de countricioun,
Proumetèron à la Madona,
Que tant de miracle faguèt,
De s'en anar fin à Laghet
Pauvar, au pèn de l'autà doun trona,
Un bateloun coum' ex-voto.
Même, pèr bèn -marcar la siéu recounouissènça.
Jurèron, couma penitènça,
De s'empli lu soulié de cee. Rèn qu'aco !
Lu nouostre pescadou, couma poudès lou crèire,
S'en tirèron à sauvamen
E quauque tèmp après, aurias pouscut lu vèire,
Dau coustat de Laghet, parti tranquilamen.
Pèr bèn si merendar, avïon de prouvista
E, glouriousamen, pourtavon bèn en vista
Lou bateloun.
N'èron pas arribat souta Roumpe-taloun (1)
Qu'un dei doui s'arrestava
E d'un toun pietadous si lamentava :
— P-atroun Laurèn ! diguèt, n'en pouodi plus !
Que noun vegui mai plus la lus
Se noun es vèr qu'un pas de mai, noun pouodi faire.
— Ti vouos bessai garçar de iéu ! aquéu d'afaire !
Partèn à pena. Siès 'jà las ?
— Vous diéu quel noun pouodi plus faire un pas.
E mi demandi
Couma poudès èstre tant lèst ;
Sembla, que trèst !
Qu'anas menar lou brandi !
(1) Quartié de San-Jouan,

�— 160 —
— Acô seria bèu, s'en sourtèn de maioun,
Eri rendut. Pura, siéu pas un embrouioun
E mi siéu souvengut de la nouostra proumessa.
Ma, tu, sèmbles d'aver toui lu mau de Boumbessa !
De cee, quant n'as mes ? — Cada pèn, sèt o uèch.
— Ma... bessai crut ? — Aï. — Arlèri 1 iéu soun cuèch ! !
JOUSÈ GlORDAN.

En un escur vallon, una bissa era lassa
D'està souta lu roumegas,
E decidet d'estirassa la sieu carcassa,
En lou giardin flourit, de cauche gros ricas.
Un beu giou, si pijan lou manteu e la coufa,
Souorte dau sieu viei trau, eschija su la moufa,
E va ficà lou nas en un beu giardinet
Estelat de mile floureta.
Giust en acheu moumen, un piccion paisanet
Su l'erba l'aperseu, pija una bleta
E su lou còu,
Li coupa lou camin e la cuerbe de còu.
Couontra eu la bestia en furour si redrissa,
Esfouors ben enutil ! e soulamen un trau,
En un bari crepat, dubert ben a perpau,
D'una terribla mouort, sauva la paura bissa.
Si lamentan dau sieu malur,
En lu vallon umide, e scur,
De magagna remplida e de badola plena,
L'animau s'entournet, si stirassan a pena.
Un verp la rescouontret si plouran per camin,
E, l'aughen compatit, li predichet ensin :
« Amiga escoute-mi, nouostra maire Natura
« En la sieu prouvidensa, a cada creatura,
« Suivan lu sieu beson, dounet una majon.
« Cu la laissa giamai, li retourna mencion. »
Noncle PETOTJ.

�Notizie sulia famiglia Badat
Rovistando archivi privati trovai note che si riferiscono
a diverse famiglie nobüi del Contado di Nizza. Chi nel secolo
xvm° riuni le note in questione ebbe certament© in animo di
servirsene per la genealogia délie dette famiglie, ma, o pex
la sopravvenuta Rivoluzione, o per la morte del raccoglitore,
o per altre ragioni il lavoro non ebbe seguito.
Parte di queste note ai riferiscono aU'antica ed illustre
famiglia Badat, senonchè gli alberi genealogici ai quali
lavorava il raccoglitore délie memorie non sempre si
aooordano con quelli che l'illustre Cais di Pierlas ci lasciô
nel suo opuscolo di grande erudizione : Le fief de Châteauneuf
du XIe au XVe siècle.
Per questa ragione ed anche perché gli alberi genealogici
concernenti la f amiglia Badat sono in alcuni punti in contradizione con le stesse memorie raccolte in detti archivi mi
dispenserô dal publicarli, non volendo urtare contro
l'autorità del Gais di Pierlas e del De Orestis di Castelnuovo
eutore délia importante ed erudita opera in due volumi :
La Noblesse Niçoise.
Quindi mi limiterò a riferire le note che copiai nei detti
archivi e coU'aiuto délie medesime a ricostituire l'albero
genealogico, ma soltanto per colmare le lacune esistenti nelle
oette opère del Cais di Pierlas e del De Orestis di Castelnuovo.
Da alcune di queste note si ricavano notizie, forse inédite,
su taluni dei Badat ed io stimai rivelarle agli studiosi per
tema che le carte dalle quali le tolsi vadanocol tempo perdute.
In questo lavoro genealogico ho seguito un ordine affatto
arbitrario, però, siccome i numeri corrispondono a quelli

n.

�— 162 —
deU'albejro genealogico sarà facile al lettore rendersi conto
delia flgliazione.
Dal Pietro che il Gais di Pierlas dioe giudice nel 1437
delia vicaria del Poggetta e che nelle note da me copiate è
dette giudice di iNizza nel 1428 e 1448, giudice di Sospello
negli anni 1435, 1443, 1446 e 1453 si fa discendere un Bartolomeo vicario e capitano general© delia città e vicaria di
Sospello negli anni 1447 e 1448 e da questi un altro Pietro,
primo console di Nizza nel 1460 ed un Antonio prevosto
délia Cattedrale di Nizza ; dal detto Pietro un altro Bartolomeo vicario e capitano générale delia città e vicaria di
Sospello nel 1478 ; dal Bartolomeo un Giovanni, che unitamente ai Gapelli e Martelli fondé nel 1532, sulla riva sinistra
del Paglione, l'ospedale dei leprosi e che le note dicono
familiare. del Duca Emanuele Filiberto, e flnalmente dal
Giovanni il Giovanni Battista che metterò a capo del seguente
albero genealogico, tralasciando i nom! precedenti, alcuni
dei quali probabilmente ripetuti per errore nelle note, corne
» può arguire dalla flgliazione che si legge nell'opera del
De Orestis.
1° Don Giambattista Badat, Cavalière délia Religione dei
SS. Maurizio e Lazzaro, ha continuamente servito durante
il corso di sua vita li Serenissimi Duchi di Savoia in diversi
carichi onorati di Gentiluomo di Bocca del Serenissimo Duca
Emanuele Filiberto, di commissario générale nelle prime
guerre di Provenza e di Piemonte, di capitano e colonnello
d'infanteria, di capitano e vice ammiraglio délie' galère e
di governatore di Oneglia, Barcellonnetta e Villafranca, forti
e porto, dove fini sua vita con gran Iode dopo aver servito
durante 57 anni la Casa di Savoia.
Sposò Francesca
dalla quale ebbe tre figli,
Annibale, Marc'Antonio, Stefano ed una flglia Cassandra.

�163 —

T3
C

3

U

M
s

&lt;

&gt;
o
O

c
c

es
&gt;
O

_o

C

U

_o
"c

-»&lt; ■

E

o
■a
E
&gt;&lt;
' o

u

U

�— 164 —

2° Don Annibale Badat, Cavalière delia Sacra Religione
dei SS. Maurizo e Lazzaro, governatore del luogo, castello,
porto e forte di Villafranca, con patenti del 21 maggio 1616
del Duca Carlo Emanuele 1° di Savoia ,ricevette per lui,
suoi eredi e successori, maschi e femmine,
in
feudo nobile, ligio, antico, avito e paterno, i luoghi, giurisdizione, feudi, terre, castelli, territori e mandamenti di
Entraunes, San Martino, Castelnuovo e Villanova, posti li
due primi nella vicaria di Barcellona e li due ultimi in
quella del Poggetto
col mero e misto impero, possanza
del coltello, totale giurisdizione con spéciale facoltà di
mettere detti feudi in primogenitura.
Con le stesse lettere patenti Sua Altezza gli vendette e
rimise per lui, suoi eredi e successori li servizi, censi o sieno
fitti che annualmente gli dovevano le terre, comunità, Città
di Nizza e particolari, più le ragioni di caducità, trezeni,
laudemi ed altre enfiteutiche quali si fossero, in pagamento
del credito che esso Badat ayeva verso Sua Altezza per la
metà dei noliti del Galleone, detto l'Annunziata, al detto
Signor Badat e al fu Signor capitano Martino Doria accordati
, erigendo a favore delia stesso Badat e suoi
i suddetti luoghi, tutti insieme e ciascuno separatamente,
per lo tutto in vero e legittimo titolo di contado e che si lui
che tutti i suoi, maschi e femmine, potessero nominarsi
Conti di Entraunes, San Martino, Castelnuovo e Villanuova
riservandosi S. A. per lui e suoi successori le
ragioni del feudo, superiorità, dominio, ultime appellazioni
e ricorsi, con che detto Annibale, seguitane l'interinazione,
passasse quitanza a favore di S.&lt; A. del menzionato suo
credito.
Con altre patenti del 22 marzo 1621, Cario Emanuele
ricompensava l'Annibale Badat dei devoti servizi a lui
prestati, nonchè per quelli dei suoi maggiori, specialmente
d i Don Gi ambattista suo padre, nel modo che segué :
« Cario Emanuele Duea di Savoia,
Siccome è proprio del principe il procuraré che sieno

�— 165 —
c;;stigati coloro che, smentichevoli del giusto e conveniente,
prendono le armi contre- il loro naturale e legittimo signaré,
corne ha fatto il fu Annibale Grimaldo, già Conte di Boglio
, cosí è proprio del principe il rimunerare chi
fcdelmente serve, come ha fatto e fa il moltó magnifico e
reverendo Don Annibale Badat, Cavalière délia Sacra Religione e Milizia dei SS. Maurizio e Lazzaro, consigliere di
Stato, governatore del luogo, castello, porto e forte di Villafranca presso Nizza, Conte di Entraunes, San Martino,
Castelnuovo e ViHanuova, il quale da trent'anni in qua ci
ba serviti, prima di Luogotenente nei Governi di Oneglia e
Villafranca e dopo la morte del padre, non pure nel Governo
d'esso luogo, ma nelle occasioni délie passate guerre ed altre
di grande portata, senza risparmio alcuno, nè délie facoltà,
nè délia vita, mostrando in tutte le ricorrenze, il singolare
affetto ,1a pura fede e l'osservanza che ci confessa, massime
nella riduzione all'obbedienza a mani nostre, ultimamente
seguita del detto Annibale Grimaldo e dei luoghi del contado
di Boglio, delia Valle di Massoins, Signoria di Scros, Todone
e Torretta del Revesto, dove esso governatore Badat, si à
portato con molta prudenza e Valore e acquistato particolarî
meriti, oltre quei dei suoi1 maggiori, specialmente di Don
Giambattista suo padre
(sono in questo punto enumerati i meriti del Giambattista come al n° 1)
, perciô
volendo noi con la liberalità nostra più splendidamente' che
si puô rimeritare si lunga, effettuosa e leale servitù
avuta prima certezza deirimportanza, valore e redditi dei
laoghi d'Illonza. Rora e Pierlas nel Contado di Bosrlio,
devoluti con tutti srli altri feudi e beni del detto Annibale
Grimaldo, come reo di lesa maestà, alla Camera nostra
ci siamo risoîuti di darli. infeudarli. diamo, cediamo ed
infeudiamo al detto Don Annibale Badat, per lui, suoi eredi
p sucres«ori maschi e femmine in infinito
con
facoltà al detto Don Annibale di costituirne perpetua primogenitura
in feudo nobile
i luoghi, terre,
beni feudali ed allodia-li d'Illonza. Rora e Pierlas
col mero e misto impero
possanza del coltello, total
g'urisdizione, alta, mezzana e Bassa
con autorità di

�— 166 —
deput'ar gìudici .
di far drizzar forche, berline,
pilastri
Date in Torino, li 22 marzo 1621 ».
Con lettere patenti del 12 giugno 1621, S. A. conoesse ad
A nnibale Badat i redditi del luogo di Rigaut, in cambio dei
ftudi, giurisdizione ed altre cose dei luoghi di Entraunes,
San Martino, Castelnuovo e Villanuova infeudatigli nel
mese di maggio 1616.
• Annibale Badat sposò Margherita dei Marchesi di Ceva,
che gli portò in dote scudi 3,000 d'oro in oro, altri scudi 500
d'oro avuti dall'eredità del fu Matteo Baravaglio e délia
Signora Barbara dei Marchesi di Ceva, sua madré, più
lire 3.500 d'argento ritirate dal Signor Conte Persival Roero
per ragioni che aveva sop,ra l'eredità délia Signora Marchesa
Caterina Costafart, sua cugina germana, moglie del d° Conte
Persival.
Dalla Margherita ebbe un fîglio Carlo Giovanni e due
fìglie, Béatrice e Fulvia, di cui si parlerà a suo luogo.
Ebbe pure un jfiglio naturale, per nome Alessandro, al
quale legò ducatoni dieci l'anno, sua vita durante.
La Signora Margherita mori circa l'anno 1640.
Ad Annibale Badat stava a cuore lo splendore délia sua
famiglia, come risulta dal suo testamento del 30 agosto 1639 :
« E perche la sperienza mostra, egli dice, ohe la divisione
dei patrimoni li distrugge e col mancamento dei redditi si
perde la splendor délie famiglie illustri ed antiche com'è la
mia, al che solo rimedio è la costituzione délia primogenitura,
e maggiorati ; onde desiderando di provvedere alla memòria
del mio sangue e dei miel discendenti nel miglior modo che
so e posso, valendomi délia facoltà datami dalla gloriosa
memòria del Serenissimo Duca Carlo Emanuele nelle lettere
délia donazione ed infeudazione dei luoghi e Contado d'Illonza,'Rora e Pierlas dei 22 marzo 1621. interinate et approvate
daH'illustrissima Camera dfi Conti li 15 magsrio del medesimo anno, ho deliberato d'instituirç nei suddetti luoghi, feudo, contado e redditi d'Illonza, Rora e Pierlas, come anche nel
luoso, feudo, giurisdizione P roddíti di Robione, venendo il
caso di cui nelle lettere di donazione ed infeudazione fatta
da detto Serenissimo Carlo Emanuele al Sísrnor Commendat.ore fra Ptefano Badat, mio fratellO, un maggiorato e proge-

�— 167 —
r.itura perpetua mascolina, acció il mio erede infrascritto, e
i miei discendenti in infinito e li altri chiamati a quella
possano più facilmente serviré a Dio ed ai Serenissimi Duchi
di Savoia, nostri naturali padroni, con quella fedeltà e diligenza che ho fatto io ed i miei antenati, e come ordino e
comando al mio erede ed .a tutti quelli che in virtù di questa
mia disposizione gli succederanno di fare
perciò a
titolo di particolare instituzione e primogenitura mascolina
perpetua, riservato però in quanto sia necessario il beneplacito di S. A. R., ho lasciatoe lascio a Carlo Giovanni mio
figlio legittimo e naturale primogenito il contado, i luoghi,
feudo, giurisdizione e redditi d'Illonza, Rora e Pierlas ed
emolument] provenienti da essi, insieme il detto feudo, giurisdizione e redditi di Robione ».
Poscia gli sostitui il suo primogenito maschio e i discenaenti da questo, servato sempre la linea di primogenitura ed
•n mancanza délia linea del primogenito le Hnee del secondo,
terzo e quarto, ma morendo detto Carlo senza proie ordinô
che detta primogenitura dovesse passaré al Signor Vittorio
Amedeo, primogenito del fu Signor colonnello Marc'Antonio
Badat, suo fratello ed alli suoi discendenti maschi e sempre
il primogenito ; e mancando anche questa linea dovesse
pervenire a Cesare, altro flglio del detto suo fratello, e sempre
di primogenito in primogenito.
Ed in caso di mancanza pure di questa linea chiamô alla
detta primogenitura il primogenito délia figlia primogènita
del detto Conte Carlo Giovanni, coll'obligo preciso di assumera il cognome dei Badat e le armi, ed estinguendosi tutte
ie summentovate linee, stabilî che detti feudi e redditi
passassero per metà aile sue figlie Béatrice e Fulvia ed ai
primogeniti discendenti da esse coll'ordine e prerogativa
sovra descritta.
« E perché, cosí termina il suo testamento, ho patito
diverse'persecuzioni ingiustamente e senza causa aJcuna,
voglio ed ordino al mio erede suddetto di non procurare,
ne farne mai vendetta alcuna, nè con fatti, nè con parole. »

�— 168 —
In altra parte del testament» si lamenta di essersi trovato
con poco denaro per le gravi spese che fu obbügato di fare
per difendersi dalle false ed ingiuste persecuzioni che gli
furono fatte, ma non dice da chi, e per quale motivo.
Alli 28 luglio 1647, degente in letto nella proprietà del
Temple, dettava un codicillo per revocarne un altro ricevuto
c'al notaio Antonio Brunei di Roccabruna in Provenza e
confermare certe disposizioni precedentemente fatte.
Mori li 5 giugno 1648.
3° Fra Stefano Badat, Cavalière Geroloaomitano, per i
suoi meriti ed anche in considerazione dei servizi resi dal
padre a Casa Savoia, meritò che S. A. gli concedesse i feudi
di Robione e di Cadenetta, come dalle lettere patenti del
22 maggio 1621, qui appresso trascritte :
« Cario Emanuele Duca di Savoia,
Siccome è proprio del Principe il procurare che
íseguita con le medesime parole che si leggono nelle precedenti lettere patenti spedite a favore del Cavalière Annibale
Badat, indi prosegue)
cosi è proprio del Principe il
rimunerare chi fedelmente serve, come ha fatto e fa il magnifico e reverendo fra Stefano Badat, Cavalière Gerolosomitano
e Gentiluomo delia nostra Camera e del principe Tommaso
mio figlio amatissimo. che incominci'ô a servirci nei suoi
primi anni, sotto il padre, e cessa ta in questi stati l'occasione
delia guerra, per rendersi più abile, andô, con licenza nostra,
ir. Fiandra,, nelle cui enerre militò al servizio di S. M.
Cattolica, da dove ritornato. fu fatto luogotenente del
Coverno di Villafranca, colla, comodità delia qual carica si
adoprò non poco nella fortificazione. conservazione e governo
del forte di S. Ospizio, sirichè condusse un rea·gimento di
fa.nteria nelle ultime guerre del Monferrato contre s'Ü Spasrnuoli e per l'esperienza sua nella condofta deirartisrlieria ?li
dípflímo il srado di sonraintendente
si esercitò sí
lodevolmente che dopo ce ne si a mo vatsi, non solo nelle
oocorrenze dello Stato e delia enierra. nelle cruali ha esposto
moite volte la vita per noi, ma nel seguito delia persona

�— 169 —
del principe in Francia e del .Principe Tommaso nel viaggio
d'Italia e in diversi altri viaggi ed affari, nei quali è riuscifco
a compita soddisfazione nostra (seguita come nelle precedenti
patenti anche per i meriti del padre) perciò volendo
avuta prima certezza delPimportanza, valore e reddito dei
luoghi di Robione e Cadenetta nel contado di Boglio, devoluti con tutti gli altri feudi e beni del Don Annibale Grimaldo,
come reo di lesa maestà alia Camera nostra, ci siamo risoluti
liberamente diamo .... per lui ed a richiesta sua
per Don Annibale Badat suo fratello in quanto a Robione ?
per il colonnello Marc'Antonio altro suo fratello in quanto
a Cadenetta, e gli eredi, discendenti e successori di Don
Annibale e Marc'Antonio, maschi e femmine
con
facoltà al med" fra Stefano di constituiré nei suddetti suoi
perpetua primogenitura, con autorità di far drizzar forche,
berline....
Date in Torino, li 22 marzo 1621. »
Le lettere d'interinazione sono del 15 maggio 1621 e Finvestitura del 22 del detto mese, nella quale è ripetuta la facoltà
concessa a fra Stefano d'instituire primogenitura in persona
di Annibale, quanto a Robione, in persona di Marc'Antonio,
quanto a Cadenetta, gli eredi e successori loro, maschi e
ff mmine.
Fra Stefano, mori in Malta nel 1650.
4° Cassandra, fíglia di Giambattista Badat, con atto delli
11 gennaio 1610 si promise in matrimonio al Signor Scipione
dei Conti di Ventimiglia, capitano delia galera Santa Margherita, matrimonio contratto in seguito e le furono assegnati
in dote scudi 1.400, oompreso in detta somma il legato di
scudi 300 lasciatile dalla fu Signora Francesca, sua madre,
f d altro legato di scudi 150 del fu Signor Giulio Doria signore
di Dolceacqua.
L'atto fu fatto e pubblicato nel forte di San Elmo di Villafranca, nella sala d'alloggio di detti Signori Badat, alia
presenza del Signor Gio. Batta Galeano, Referendario di
'S. A., del Signor Antonio Audiberti, awocato fiscale, e del

�— 170 —
Signor Bartolomeo Doria di Oneglia, testimoni, e ricevuto
da Ludovico De Bartolomeis, ducal notaro di Nizza.
Nel 1627 erano già morti, cosí il capitano Gio. Batta Badat
suo padre, come il marito Scipione di Ventimiglia, onde la
Cassandra si ritirò ad abitare insiem© a Don Annibale Badat,
suo fratello, col quale convenne per gli alimenti con scrittura
privata del 1627, indi con instrumento pubblico del 23 maggio 1631, ricevuto da Giovan Francesco Solaro, di Nizza.
Con testamento delli 8 febbraio 1649, al rogito di Bartolomeo Gioffredo, notaro di Nizza, la Signora Cassandra, già
in età senile, dopo aver ordinato la sua sepoltura nella chiesa
dei padrí di S. Francesco e che il suo cadavere vi foss© portato
vestito con abito di monaca e fatto legati aile chiese dei
Cappuccini, Agostiniani scalzi, Domenicani, Carmelitani,
Paolotti, Conventuali e di Cimella, più alla Compagnia delia
Misericòrdia, aile flglie orfanelle, all'ospedale di San Allodio,
in tutti i suoi beni instituí suoi eredi universali li Signori
Conte Carlo Giovanni Badat, figlio del fu Conte Annibale,
e Vittorio Amedeo Badat, figlio del fu colonnello Marc'Antonio, ambidue suoi nipoti e tutti e due per uguali parti,
con sostituire l'uno all'altro, ed i suoi in stirpe,. in caso di
if ort© senza figli d'alcuno d'essi.
Passiamo ora alia discendenza di Annibale, il quale, come
già si è detto, lasciò un solo figlio maschio, Carlo Giovanni e
due figlie, Béatrice e Fulvia.
5° Carlo Giovanni sposò Gabriel la del Poggetto, òssia San
Marco delia Provenza. Fu primo gentiluomo di Camera di
S. A. R. Mori senza prole poco prima delli 11 novembre 1679,
per cu i il diritto di primogenitura passò ai figli di Marc' Anton :o Badat, fratello delí'Annibale e più precisamente di
Vittorio Amedeo.
Con testamento del 24 settembre 1657, instituí sua erede
universale Gabriella del Puget Saint-Marc, sua moglie.
6° Béatrice sposò nel gennaio del 1631 il Conte e Senatore
Giovan Paolo Caissotti. Da questo matrimonio nacquero il
Conte Cario Francesco ed Annibale Caissotti, quest'ultimo
fattosi poi abbate.

�— 171 —
La Béatrice ebbe in dote scudi 2.500, oltre gli scudi 500
che già le aveva costituiti la di lei madré Margherita dei
Marches! di Geva.
7° Fulvia sposò Antonio di Sales, signore di Boysi, e come
sua sorella Béatrice, ebbe in dote scudi 2.500, oltre scudi 500
avutv dalla Signora Margherita, sua madré.
Era già vedova nel 1627 ed in un atto del 27 settembre
1664, rogato al notaio Onorato Vallettone, notaro di Nizza,
si leggeva il passo seguente :
« ... che fosse morta la Signora. Fulvia Badat Sales,
lasciata una figlia, la quale anche fosse morta, con aver
lásciato altra flglia pur morta dopo pochi giorni. »
Però era morta molti anni prima del 1664, come si vedrà
in seguito.
In una nota che concerne il marito delia Fulvia, si legge
quanto appresso :
« Gio. Antonio de Gresy de .Boissj, marchese di Sales,
d' Ciamberj, si domicilio in Nizza verso il 1600 e si ammogliò con Fulvia Badatti, figlia del Conte Annibale Badatti,
morta e sepolta nella chiesa dei Padri di San Fran'oesco, H
6 febbraio 1655, che l'ha reso padre di Margherita de Gresy
de Boissj dei marchesi di Sales, maritata con Cario Lorenzo
Tonduti, dei Signori di Falicone, verso il 1650, quale sebbene
non abbia avuto prole fu nulla di meno dichiarato erede di
tutti i beni di sua moglie.
Quest'illustre famiglia portava d'azzurro a duo fa=cie
d'oro bordate di rosso, accompagnate in capo d'una Luna
crescente d'oro e di due stelle dello stesso, poste una in mezzo
del le fascie e l'altra in punta. »
8° Marc'Antonio Badat, figlio di Giovambattista e fratello
di Annibale, era, nel 1621, governatore delia cittadella et luogotenente di governatore di Vercelli, dove egli ed i suoi figli
si stabilirono cosicchè negli atti sono detti di Vercelli.
Ebbe da Antònia Ijucia Gattinara. sua moglie, due figli,
Vittorio Amedeo e Cesare, dei quali si discorrà a suo luogo.

�— 172 —
Da un atto del 18 luglio 1633 si rileva che il Marc'Antonio
e(ra già morto.
In un libro mastro dei Signori Badat si leggeva la seguente
nota da lui fîrmata :
« L'anno 1621, li 22 marzo, l'Altezza Serenissima di Carlo
Emanuele Duca di Savoia mi ha fatto gratia per la mia buona
e fedele servitù delli feudi di Malausena et Ablet, con sue
ertrate, con prima e seconda cognizione, come si vede per le
patenta ed interinazioni ; e di più mi fa grazia del feudo
delia Cainea con sue entrate dopo vita del Cavalière fra Stefano
Badat, mio fratello ; e questa grazia a contemplazione délia
buona servitù di d° mio fratello, e in mancanza mia alli
miei eredi, come di tutto si vede per le investiture, quali si
trovano in mano di d° mio fratello, e in Camera... »
Infatti ecco qui appresso le lettere d'investitura del feudo
di Malausena :
« Carlo Emanuele, per grazia di Dio, Duca di Savoia...,
Ad ognuno sia manifesto, come oggi avanti noi è comI arso il ben diletto nostro Giulio Cesare Perrachio dei Signori délia Pié, résidente in questa nostra città, procuratore
ed in nome del magnifico nostro carissimo Marc'Antonio
Badat, colonnello e sergente maggiore di Battaglia, nostro
governatore délia cittadella, e luogotenente di governatore
di Vercelli, come
.. ,rogato Pietro Baldoino di Nizza,
li 10 delcorrente giugno, il quale ci ha umilmente supplicato,
che ci degnassimo investiré in persona sua il d° colonnello
Marc'Antonio Badat del luogo, terra, castello, feudo, signoria, giurisdizione, béni feudali, territorio e mandamento di
Malausena, col mero e misto impero, possanza del coltello,
totale giurisdizione alta, mezzana e bassa, prima e seconda
cognizione
con autorità di deputar giudici di prima
e seconda cognizione, secretari fiseali, campari ed altri officrali di giustizia e con autorità pure di far drizzar forche,
berline, pilastri
ragione di patronati
minière,

�— 173 —
minerali
con parucolar íacuita e ragioae di poter
riscattar tutti li reüditi, entrate ....
cùe si trovassero
aiienate in esso íuogo, suo íinaggio da Annibale ü-rimaido già
Conte di Bogiio, e da suoi antecessori
e come m vwrtù
delia donazione e infeudazione per noi íattagli, come per
lettere di nostra mano íirmate
sottoscritte Crotti, date
ni questa città li 22 marzo prossimo passato, interinate par
&gt;? Camera nostra de' Conti, li 15 maggio ora scórso, e questo
in feudo nobüe
per lui, suoi eredi e successori mascni
e i'emmine
Investiamo Ü suddetto colonnello Marc'Antonio Badat...
In fede... Date in Torino, li 12 giugno 1621 per Sua Altezza
a nelazione delia sua Camera. Facciotto. »
9° Cesare Badat, fu Commendatore delia Religion© di
San Giovanni Gerolosomitano, governatore di Villanuova.
Interviene generalmente tanto a nome proprio che a nome
di suo fratello Vittorio Amedeo negli atti di amministrazione
dei loro beni nel Contado di Nizza. Cosí con atto rogato a
Bartolomeo Gioffredo di Nizza, li 30 giugne 1650, dava a nome
suo, di sua madre Antònia Lucia, di suo fratello Vittorio
Amedeo, procura ai Signori Giovan Gerolamo e Marcello,
fratelli Galleano, Cavalieri Gerolosomitani, per esigere e
ricuperare le ragioni, crediti, azioni e legati che di ragione ad
essi spettavano sopra li beni ed crédita, lasciati dal f u Signor
Commendatore fra Stefano Badat, loro zio paterno, morto da
alcuni mesi in Malta. Sorvolo su altri atti di amministrazione, in cui egli interviene a nom© proprio e di suo fratello
Vittorio Amedeo. Ricavai da una nota ch'egli aveva investito
il luogo delia Pena con quattro mila fanti nel 1672, probabilmente nella guerra contro i Genovesi.
10° Vittorio Amedeo, maggiordomo maggiore del Serenissimo Princip© Tommaso di Savoia, Conte di Malausena,
figlio primogenito ed erede universale di Marc'Antonio Badat,
cittadino di Vercelli, come egli stesso si dice, sposò Francesca
Maria, figlia di Tommaso Tizzone, Conte di Dezzana e di
Giovanna Gazella, nobile napoletana. Ebbero i seguenti figli,
Marc'Antonio, Carlo Tommaso, Àngela Maria, Maria Maddalena, Antònia Lucia e suor Maria Adelaide Amedea (al secolo

�— 174 —
üiovanna) monaea professa nei monastero di Santa Ghiara
d i Ver celli.
In un atto del 17 novembre 1549, vien chiamato maggiordomo maggiore del Serenissimo Príncipe Tommaso, Signore
di Malausena, ed in aitro dei 27 febbraio 1674, Signore di
Malausena e Cainea, commendatore, colonnello del íteggimento delia Groce Blanca, se però questa ultima denominazione non si riferisce al frateiio Cesare.
Con testamento del 31 dicembre 1677, ma che deve essere
anteriore, come lo fa osservare la nota da cui copiai questi
dati, Vittorio Amedeo Badat ordinò la sua sepoltura in quella
propriai delia casa Gattinara, nella chiesa dei Padri Agostirdani di San.Marco in Vercelli, nominò suo erede universale
il Conte Marc'Antonio Badat, suo figlio, a cui, morendo senza
figli legittimi sostitui l'altro figlio Tommaso e venendo tutti
e due a moriré senza figli, sostitui loro le damigelle sopra
enunciate che si troveranno collocate in matrimonio.
Legò ad Àngela Maria ducatoni 1.000, a Maria Maddalena&gt;
Antònia Lucia ducatoni 700 per ognuna, inoluso il fardello,
poi instituí in sua erede particolare suor Maria Adélaïde
nelle doti già pagate per instrumento del 27 agosto 1673.
Instituí pure suo erede particolare il figlio Tommaso,
capitano d'infanteria, serviente S. M. Cattolica, stando fuori
(íi casa, in scudi 50 da lire 4 da pagarglisi dall'infrascritto
erede annualmente, sua vita durante, e ritornando a casa, che
il suo erede fosse tenuto a dargli il vitto, oltre li detti scudi 50.
La Contessa Francesca Maria, vedova del Conte Vittorio
Amedeo Badat di Vercelli, fece pur essa testamento il 23 gennaie 1677, ma la data del testamento deve essere posteriore,
come viene giustamente osservato nella nota che ad esso
si riferisce.
Mi dispenso dal riprodurre le disposizioni testamentarie ;
basti il dire che nominò erede universale il figlio Marc'Antonio e fece legati al figlio Tommaso ed aile figlie sopra
nominate.
11° Marc'Antonio, seconde di questo nome, figlio primogenito ed erede universale di Vittorio Amedeo, sposò Constanza
Vittoria Signoris, figlia del Cavalière D. Gio. Francesco

�— 175 —
Signons dei Conti di Baronza, Bolero e Bastia, dalla quale
non ebbe figli maschi, ma soltanto une íiglia per nome
Maria Teresa.
Li 6 settembre 1698 venne investit© dei feudi dlllonza,
Rora e Malausena nel Gontado di Nizza.
Con testamento delli 11 settembre 1697, nel quale si dice
cittadino e dei Signori Decurioni di Vercelli, nomma sua
erede universale ta figlia Maria Teresa, ma ,venendo ad
avère un figlio maschio, l'instituí suo erede universal© e la
detta Maria Teresa erede particolare in lire 10.000, ove si
maritasse, e monacahdosi nella dote solita, dichiarando però,
che morendo esso testator© senza figli maschi, debbano pervenire al Signor Cavalière Carlo Tommaso Badat suo fratello,
ad esclusione di detta damigella e di altre di lui figlie naseitupe, non solo i feudi d'Illonza e Rora e ragione di riouperare
quello di Pierlas nel Contado di Nizza spettanti a d° Signor
Cavalière per ragioni di primogenitura mascolina, ma anche
quello di Malausena nel medesimo contado, quale è proprio
d'esso conte testatore.
Detta sua figlia essendo ancora in pupillare età, ad essa
ta al parto nascituro nominò curatrice la Confessa Constanza&gt;
sua moglie, pregando il Signor Conte Gio. Batta Signons, suo
cognato, d'assistere detta Signora Contessa col di lui consiglio, come pure il Cavalière Carlo Tommaso Badat, suo
fratello, ©d essendo questo assente o in di lui difetto il Signor
Gio. Batta Badat mercante di Vercelli a prestaré la sua âssistenza ed aiuto in tutto ciò che verra dalla medesima richiesto.
Ho sorvo'lato su alcuni particolari del testamento e mi sono
dilungato inveoe sui capitolo delia tutela a causa del Gio.
Batta Badat, mercante di Vercelli che in esso vien nominato
e del quale s'ignora la paternità. In un atto del 27 luglio
1705 si dice cugino, non si comprende bene se di Marc'Antonio o di Vittorio Amedeo.
Nel codicillo del 29 agosto 1701, Marc'Antonio Badat
confermava le disposizioni testamentarie ed aggiungeva la
seguente raccomandazione a favore di sua figlia :
« E perché dopo la morte d'esso codicillante, attesa la
morte già seguita del Signor Conte ed abate Annibale

�— 176 —

Caissotti delia città di Nizza, ultimo chiamato alia primogenitura dedii íeudi comitaíi d'Ilionza e Rora nei Contado di
Nizza, si fa luogo, non meno alia succés sione che alla totale
uisposizione dei medesimi ieudi a ïavore dei signor Cavalier© Tommaso Badat, fratello germanu d'esso codicillante,
perciò riüettendo al grande aíietto, cne questi ha in ogni
teinpo proíessato e eumostrato, lanto verso d'esso lui, clie
delia damigeila Maria 'mesa sua ngiià e nipoie rispettivamente, si persuade, che in caso di morte d'esso Signor Cavalière suo fratello senza prole legittima e natural©, lo prega
di aver in considerazione detta damigeila sua figlia, e di
continuaré anclie in questo caso alia medesima gli effett»
delia sua cordiale benevolenza nei favorirla dei suddetti feudi,
ed anche di quello di Maulausena nel medesimo contado,
proprio d'esso codicillante, ed a cui resta detto Signor Cavalier© fratello chiamato per forma del suddetto suo testamento. »
Vedremo poi che questa circonstanza non si ewerò, Cario
Tommaso avendo avuto discendenza mascolina.
Marc'Antonio mori li 14 marzo 1705 in Vercelli ; la Maria
Teresa aveva allora circa 15 anni, come risulta da atto del
27 luglio di detto anno. Non trovai altre notizie intorno alia
medesima.
12° Àngela Maria Badat sposò il Conte Emanuele Piliberto
Amedeo Pallavicini di Perlo, senatore, sedente nel Senato di
Nizza li 13 maggio 1680, dai quali nacque li 19 giugno 1683
il marchese D. Gio. Francesco Pallavicino di Frabosa, Cavalier© de' SS. Maurizio e Lazzaro, ammesso di giustizia li
7 giugno 1717.
13° Maria Maddalena sposò il Conte di Prarolo, Cario
Emanuele Langosoo Stropplana, di Vercelli.
14° Maria Adelaide, al secolo Giovanna, monaca professa
del monastero di Santa Chiara, in Vercelli.
15° Antònia Lucia mori probabilmente nubile, perché nel

�— 177 —
testamento di suo fratello Marc'Antonio delli 11 settembre
1697, dal quale ricavai le notizie concernenti le di lei sorelle,
non vien nominata.
16° Il cavalière Carlo Tommaso Badat, maggiore di S. A.
nel Castelló di Nizza, figlio del Conte Vittorio Amedeo délia
città di Vercelli, come si ricava da un atto del 17 febbraio
1703 rogato al notaio Mchelangelo Aurico, di Nizza, sposò
Lucrezia Germana, figlia del Signore Marc'Antonio Germano,
Conte di Villafranca delia città di Nizza,. nata li 5 luglio 1683,
alla quale fu costituita la dot© in doppie mille d'oro Italia.
Mori detta Lucrezia nel 1737 e fu sepolta nella chiesa di San
Francesco li 25 agosto di detto anno.
Nell'atto di riconoscenza (28 dicembre 1715) per i feudi
d'Ilionza, Malausena e Rora.il Conte Carlo Tommaso è detto
comandante per Sua Reale Maestà nella città di Agosta
(Sicilià).
La Lucrezia Germana era stata affidata al Convent» delia
Visitazione per esservi educata. Malgrado la rigorosa disciplina del convento essa trovò modo, aU'insaputa dei suoi
parenti, di corrispondere col Conte Carlo- Tommaso e d'intendersi seco lui per il matrimonio. I genitori di lei ne furono
©ltremodo spiacenti.
A Carlo Tommaso, essendo mort» il fratello Marc'Antonio Badat senza proie mascolina, passò il diritto di primogenitura.
Dal matrimonio suddetto nacquero il Conte Carlo Ciuseppe
Maria Badat e diverse figlie per nome Teresa Delfina,
Lucrezia Maria, Clara Constanza e Teresa Maddalena, le due
prime religiose nel monastero di Santa Chiara in Nizza e le
altre due religiose in quello di San Bernardo, pure di Nizza,
aïle quali la madré, con testamento del 24 maggio 1737,
ricevuto dal notaio Gio. Antonio Cagnoli, legô un'annua pensione vitalizia di doppie due per ciascuna.
Esse si fecero monache in giovanile età, giacchè mi passarono sotto gli oochi le note concernenti la monacazione di
Maria Teresa (17) e di Maria Vittoria (18) in data del 20 maggio 1717 e 28 aprile 1724 nel monastero di Santa Chiara, di
Angela Maria (19) e Giuseppa Bernardina (20) in quello di
12

�— 178 —
San Bernardo, li 20 aprile 1719 e 20 dicembre 1723. Quali
fossero i veri loro nomi al secolo non risultachiaramente dalle*
suddette note, ma molto probabilmente sono questi ultimi.
Nel ,1705, come è noto, il Contado di Nizza f u occupato dalle
truppe Gallo-Ispane ed i beni dei cittadini emigrati nel
Piemonte furono sequestrati ed incamerati dagli invasori.
In relazione con questo fatto storico stimo dover riprodurire una lettera che concerne la confisca dei beni délia
famiglia Badat.
Coppie de lettre escritte par Monseigneur Voysin à Monsieur Gayot.
A Versailles, ce 25 septembre 1709
Depuis ce que je vous ay écrit le 15 juillet et vostre response du 7 aoust dernier au sujet de la jouissance des biens
situés dans le Comté de Nice apartenant au Comte Badat de
Vercëil, qui sert auprès de S. A. R. le Duc de Savoye ; qui
estoient sujets à la confiscation à cause de la guerre ; mais
dont le Roy avoit laissé la jouissance, à M. le Comte Pallavicin de Perl qui est attaché au service de Sa Majesté et
qui a quitté le Comté de Nice au mois de janvier 1706 pour
venir s'establir à .Paris, ledit Seigneur Comte Pallavicin de
Perl a représenté au Roy qu'il a cessé de jouir des revenus
desdits biens dont il avoit confié la perception au Seigneur
Comte de Villefranche, beau-père dudit Seigneur Comte
Badat ,à la charge de payer au seigneur Tondut une somme
de sept cent vingt une livre cinq sols monnoye de Piedmont,
que ledit Seigneur Pallavicin luy doit, à prendre sur le
produit desdits revenus, et de luy faire tenir le surplus à
Paris ce que ledit Seigneur de Villefranche n'a pas exécuté,
ensorte que le Boy ny ledit Seigneiir Perl n'ont nullement
nrofité de la dite confiscation depuis la Saint-Michel 1705.
Ce que Sa Majesté ne voulant pas souffrir et estant nécessaire
(''empêcher que ledit Seigneur de Villefranche ne puisse
faire passer les dits revenus au dit Seigneur Badat son gendre,
elle ma commandé de vous mander que son intention est
que vous fassiez confisquer à son profit les revenus des dits
biens, qui consistent dans les terres dé Malaucene, Rore, et

�— 179 —
lilonce, et obliger le dit Seigneur de Villefranche d'en rendre
compte depuis la Saint-Michel 1705 et que vous en fassiez
faire recette, et de ceux qui eseheuront à l'avenir pour le
receveur des confiscations qui est à vos ordres par le quel
vous ferez acquitter seulement et une fois payer les1 susdits
sept cent vingt une livres cinq sols monnoye de Piedmont
à la décharge du dit Seigneur de Pallavicin.
Signé :

VOYSiN.

21" Il Conte Carlo Giuseppe Badat, Cavalière Gran
Croce délia Sacra Religione ed Ordine Militaré dei
SS. Maurizio e Lazzaro, générale di f anteria nelle armate di
Sua Maestà, e governatore délia città, provincià e dipartimento di Tortona, figlio del fu Signor Conte Carlo Tommaso
Badat, originario délia Città di' Nizza, sebbene nato nel forte
ci Mommelian© in Savoia, dopo aver, con testamento rogato
al notaio Rocco Antonio Galli di Tortona, li 18 febbraio 1786,
provveduto aU'anima sua ed ordinata la sua sepoltura nella
chiesa parroochiâle e col·legiata di Santa Maria Canale senza
alcuna pompa funèbre, nè alcun onore militaré, fatti alcuni
generosi regali alla sua servitù, in tutti i suoi beni mobiii
ed immobili, ragioni, ecc., ©ce, instituí sua erede universale
la Signora Marchesa Donna Genevieffa Alli Maccarani nata
Tondut, sua nipote^ e vedova dei fu Signor Marchese Gio.
Batta Alli di detta Città di Nizza.
Col Conte Carlo Giuseppe si estinse la famiglia Badat e
perciô dovrel por fine a questo scritto, se alcuni dati retrospettivi di una certa importanza riguardo a questa illustre
famiglia non meritassero ch'io ne facessi cenno.
Fra le numerose note che rinvenni negli archiVi privati
ne trovai una di transazione in data del 27 settembre 1664
fra i Conti Badat ed i fratelli Caissotti, ma non è ben definita
ia ragione del loro dissenso edí inconcludente è il contenuto
delia medesima.
Da un instrumento delli 11 novembre! 1679 si ricava che,
stantei la mort© da poco awenuta del Conte Carlo Giovanni
Badat fu Conte Don Annibale, essendo sorta differenza tra
il Signor Conte Marc'Antonio Badat fu Conte Vittorio
Amedeo ed i Signori Conte Cario Francesco ed abbate Anni-

�— 180 —
baie Caissotti, figli delia Contessa Béatrice, per causa delia
succession© dei feudi di Robione, Illonza, Rora e Pierlas,
posseduti in suo vivente dal detto Conte Carlo Giovanni,
pretendendo ognuno di loro che dovessero spettargli, onde,
per evitaré le apese e le liti, ne fecero compromesso nei
Sig" avvocato Vittorio Boneto, Signor d'Aiglien, ed avvocato
Bartolomeo Ferrero eletti per parte del detto Conte Badat,
ed avvocati Francesco Drago e Giacomo Galera eletti per
parte di detti Signoj'i Conte ed abbate Caissotti, ed il
Signor senatore Francesco Flaminio Tondut el&amp;tto da dette
parti per terzo !
Francesco Gastaldo, notaro.
Ed alli 8 dicembre 1679 il Conte Marc'Antonio Badat
presentendo che li Signori Conte Carlo Francesco ed abbate
Annibale fratelli Caissotti, figli del fu senatore Gio. Paolo,
pretendessero di volerlo molestaré e volendosi opporre, dava
procura al commendatore Cesare Badat, suo zio paterno,
délia Città di Vercelli, governatore di Villanuova per Sua
Altezza Serenissima.
Un altra transazione del 13 giugno 1684 fra la Signora
Contessa Gabriella du Puget, abbate Annibale Caissotti e
Marc'Antonio Badat, nella quale dopo avère enumerati ;
morti ed i superstiti ai quali, in dati casi, avrebbe potuto
competere la primogenitura, oosi prosegue :
« Che il Conte Marc'Antonio Badat, come primogènit© del
detto fu Signor Conte Vittorio Amedeo, suo padre, avesse
ottenuto la primogenitura instituita dal detto Conte Annibale Badat, attesa la morte del Conte Carlo Giovanni Badat
senza prole e per conseguenza se gli dovessero rimettere
dalla detta Contessa Gabriella li feudi d'Ilionza, Rora e
P'erlase Robione con i frutti
oltre le doti delia fu Signora
Contessa Cassandra Badat, vedova del fu Scipione dei Conti
di Ventimiglia ; che però in riguardo al feudo e redditi. di
Robione mancasse di ragione il detto Conte Marc'Antonio,
perché apparteneva al detto commendatore Stefano, che non
ne avea disposto, e per conseguenza spettasse per metà alla
detta Contessa Gabriella, come erede testamentària di detto
Conte suo marito, e l'altra metà al detto abate Caisotti,
mediante la persona delia detta Contessa Béatrice, sua

�— 181 —
madré
che il feudo di Pierlas si fosse alienat» per
pagaré un debito ereditario dovuto al Signor Luigi Galeano
dei Signori di Castelnuovo ; che gli altri due feudi di Rora
t d'Ilionza, col sudetto di Robione, l'abate Caissotti pretendesse che non si fossero potuti mettere in primogenitura ;
che il detto abate Annibale Caissotti, come erede universale
delia Contessa Béatrice, sua madré, atteso la morte del Conte
Francesco, suo fratello, si fosse proposto la domanda délie
doti materne rilevanti a scudi 2.000 d'oro ; ché appartenesse
alla Contessa Gabriella anche il feudo, redditi © pertinenze
di Priola, spettanti al sudetto Conte Carlo Giovanni, suo
marit», in virtù délia sostituzione in di lui favore apposta
nell'instrumento di donazione délia fu Signora Contessa
Barbara Ceva, del 6 marzo 1613, rogato al notaio Bertoni ;
che per owiar aile liti si fossero amorevolmente interposti
rillmo ed Eccelmo Signor présidente De Gubernatis, Conte- di
San Martino et l'Illmo Signor Conte e senatore Pallavicino
di Perle, loro rispettivi parenti ed amici, i quali
: che alla detta Contessa Gabriella Badat dovessero
spettare tutti i mobili ed effetti proven ienti dalle eredità del
detti fu Conte Carlo Giovanni, suo marito, e del fu Conte
Annibale Badat, suo suooero
; più il prezzo del bosco
venduto alli Signori Conti Annibale Lea e Pietro Galera ;
più il predio detto il Temple, sito nel territorio dit Nizza,
con le case, edifici, molini, papieri ed ogni altra cosa dal
medesimo dipendente ; e finalmente il feudo di Priola con
tutti i suoi diritti, il che fosse tutto proprio dessa Signora
Contessa e potesse liberamente dispome si per contratto, che
disposizione d'ultima volontà.
Fatto in Torino ed in una stanza delia casa del Signor
controllore Mallorzano, abitazione délia Signora Contessa
Badat .presenti il Signor colonnello Napoleone Borriglione ed
il Signor avvocato Onorato Fighiera, testimoni, Giovan Mattia
Soleri, notaio ducale. »
Chi ha copiato detta transazione ha saltato alcuni passi
importanti, imperocchè sarebbe utile il sapere quale sia stato
il laudo degli arbitri rispetto ai diversi feudi.
E' da presumersi però che il feudo di Robione sia stato

�— 182 —
assegnato agü eredi delia Contessa Béatrice e quelli d'Ilionza
e di Rora a Marc'Antonio Badat.
Infatti, dice il De Orestis, che l'investitura del feudo di
Robione a favore dei Caissotti ebbe luogo il 25 agosto 1684 e
più precisamente a favore di Gian Paoto Caissotti, marito
delia Beatrce, il che non puo essere perché tanto l'uno che
l'altro non erano più in vita e nemmeno Cario Francesco loro
figlio, ma solo superstite l'abat© Annibale Caissotti, avente
diritto al feudo. Sono inesatíezze difficili ad evitaré in un
opera importante come quella del De Orestis e non mi stupirei
se qualche inesattezza fosse pure sfuggita a me in questo
mio scritto relativamente di poca importanza, perché ne
rilevai parecchie nelle note che rai servirono di base.
Nemmeno mi consta dalle note che il Cario Francesco
abbia presó moglie ed abbia avuto figli.
Due note che si riferiscono ad instrumenti del 25 gennaio
1747 e 1° marzo 1753, sono moltó laconiche, sebbene parlino
delia famiglia Caissotti.
Esse dicono testualmente :
« 1747, 25 gennaro: Instrumento per cui il Signor Conte
Cario Ottavio Giuseppe Maria Badat, del fu Signor Conte
Cario Tommaso, delia Città di Vercelli, fece nel Signor Conte
d i Robbione Antonio Francesco Caissotti del Signor Conte
Francesco Marcello di Nizza
, fatto in Nizza. Gio.
Antonio CagnoH, notaro.
1753, primo marzo. Instrumento per cui la Signora Contessa Delfina Cays di Giletta, fu Signor Conte di Giletta
Antonio Francesco, e moglie del Signor Conte Antonio Francesco Gaetano Caissotti di Robion, come procuratrice del
Signor Conte Cario Ottavio Giuseppe Badat, pago
Giulio Cesare Cristini, notaro. »
Chi volesse, potrebbe avère la spiegazione di queste note
dagli atti dell'insinuazione, ma siccome i Badat non sono
più in causa, stimo inutile dilungarmi in propòsit©.

�— 183 —
Quanto al feudo délia Cainea, paese già disabitato nel
secolo xvi°, fu alienat© nel 1657.
Perché l'atto di transazione del 1684 abbia avuto luogo a
Torino anzichè a Nizza è presumibile ne sia causa un ricorso
fatto a S. A. dalla Gahriella. du Puget de Saint-Marc, pieno
di sospetti e di diffîdenza.
« A. R. narra la Dama Gabriella du Puget de Saint-Marc,
vedova del fu Conte Carlo Giovanni Badat, primo gentiluomo
d." Camera de V. A. R., che h 5 dello soorso mese di settembre, si oompiacque V. A. R. di conoederle delegazione nei
presidenti Castelli e Balbis, senator Pallavicino e auditore
Gotti, in tutte le sue cause, liti, ecc. e mentre credeva che si
dovesse procedere avanti detti delegati fu dimandata alla
delegazione avanti la Camera dei Conti, sedenti in questa,
?.. supplicazione dei Conti Carlo Francesc© e Annibale Caissotti' ; ed il vassallo Marc'Antonio Badat ha preteso d'altra
parte di tirarli avanti il Senato di Nizza
sicchè resta
l eaponetite vessata in diversi tribunali
, e la detta
provisió ne concessale senza effetto, ora massime che il detto
Présidente Castelli è stato chiamato in questa città, ed il
Signor senatore Pallavicino si è fatto cognato di detto Badat
per il matrimonio che ha contratto con sua sorella, per il che
resta sospetto ad essa esponente, come' pure resta sospetto
il présidente Balbis per esser congiunto di parentela con lo
stesso Badat ed ha anche detto Badat molti parenti in detta
città e Senato di Nizza, ed in seguito di questa parentela, e
smgolarmenfe del detto matrimonio ha ora aderenze considerabilï e per altra parte l'esponente esser vedovai senza
fig-li, ma straniera e per non esserci ministri, eziandio nemmeno avvocati' a lei oonfidenti per la poteuza delia parentela
ed aderenze suddette, ondle per questi motivi resti servita
avocar a sè dette cause e, delegarle a quei presidenti e senatori
che meglio le parera in questa Città di Torino. »
Riguardo all'origine1 délia famiglia Badat, alquanto
incerte sono le notizie ; tanto il Cais di Pierlas che il De
Crestis la dicono antichtesima e taie rsulta pure dalle note
che mi servirono di base e dalla tràdizione.

�— 184 —

Secondo queste note, la famiglia Badat avrebbe la sua
origine da Miro Balbo detto Lagit, da oui un Bartolomeo,
vivente ancora nel 1117, che per primo avrebbe preso il
cognome di Badat.
Per terminaré questo studio, trascrivo qui appresso l'opinione dell'autore délie note, senza però garantiré l'esatezza
slorica.
« Monsignor delia Chiesa, parlando nella sua Corona
Reale délia famiglia Badatti, al tomo 2 fol. 48 dice che questi
erano i primi Signori di Boglio e che erano, nel tempo che
scriveva la sua opera, consignori di Priola castello del marchesato d Ceva.
Il suddetto prelato, nello stesso tomo delia sua opera, dice
in altro luogo che li Badatti discendevano dalla famiglia del
Balso, che ha fatto tanto strepito, massime per la guerra per
lungo tempo sostenuta dalla Principessa Steffanetta del Balso
contre il Conte di Provenza ; in ciò non ha taie prelato colpito
interamente nel segno, avendo preso equivoco dalla somiglianza del nome in lingua francese corne Tha eruditamente
spiegato l'abate Roberto di Briansone parlando délia famiglia dè Balbi, discendenti dal Conte di Baud di Provenza,
nentre devesi sapere che il nome di Balso in italiano si scri-.
veva Baux in francese ed il nome di Balbo in italiano si
scriveva Baubs o Bauds in francese, ma sî l'uno che; l'altro
nome si pronunciava in francese délia stessa maniera
cioè Bô.
Noi siamo poi di parère che dal nome&gt; di Bauds in francese corne abbiamo detto, siasi formato quello di Badat. »
GrusEPPE BRES.

�Cansoun Niçarda
Au bout de quize jou
Mon père mi marida, mes amours !
Couor dous !
Mon père mi marida, mes amours !
Ma mi douna pa vou,
Mi douna un'autra fiha, mes amours !
Couor dous !
Mi douna un'autra fiha, mes amours !
Non bella couma vou,
Ma qu'es un pou plu rica, mes amours r
Couor dous !
Ma qu'es un pou plu rica, mes amours !
A li nouoça non v'enviti pa,
Ma v'enviti à li dansa, mes amours !
Couor dous !
Ma v'enviti à li dansa, mes amours !
Se à li dansa venès,
Non vengués touta en blanc, o mes amours !
Couor dous !
Non vengués touta en blanc, o mes amours !
Mete-li lou jaune su,
Lou vert à l'esperança, mes amours !
Couor dous !
Lou vert â l'esperança, mes amours !

�— 186 —
Au premié cou de tambàu,
La bella ientra en dansa, mes amours !
Couor dous !
La bella ientra en dansa, mes amours !
Au segound cou de tambàu,
La bella ha toumbà mouorta, mes amours !
Couor dous !
La bella ha toumbà mouorta, mes amours !
O bella hissa-vou,
Non mourès pas pèr fouorça, mes amours !
Couor dous !
Non mourès pas pèr fouorça, mes amours !
Iéu pèr fouorça non mouori pas,
Mouori pèr amour vouostre, mes amours !
Couor dous !
Mouori pèr amour vouostre, mes amours !
Lou galant piha un coutèu,
Lou si planta en li vena, mes amours !
Couor dous !
Lou si planta en li vena, mes amours !
XXX.

Li man tràucadi soun pas dauradi.
Quoura dintre la vila avès un pen merdous,
dintre lou vilage n'avès doui.
Un marrit pagaïre paga mihou qu'un bouon :
paga doui fès.
Pèr San Tournas
lu jou crèisson de la bouca au nas.

�Un Evêque de Nice
ANCÊTRE

de S. S. le Pape Benoît XV
ci-devants Cardinal GiacomeJ délia Ck tesa

L'évêehé de Nice, fondé avant 235, possède une liste de
ses évêques depuis le ix" siècle. Elle comprend quatre-vingtquatre titulaires ; ils ont le titre de : Comte de Drap. L'intérieur de la cathédrale Sainte-Réparate est divisé sur le modèle de Saint-Pierre de Rome.
En 1663, le siège épiscopal de Nice était occupé par Mgr
Didaeus délia Chiesa, appartenant à la famille de ce nom,
célèbre dès le Moyen-Age pour sa fidélité au Saint-Siège où
elle lutta contre Henri IV, Frédéric Barberousse et Frédéric II ; elle était originaire de Milan, et se répandit en Piémont, en Ligurie, et en 1525 on constata sa présence à Gênes.
Elle compte parmi ses prélats : le cardinal Jean Paul, huit
évêques, des prédicateurs célèbres, un ministre d'Etat du
roi Charles-Albert (le père J.-P. Raggi délia Porta, né en
1812), enfin le pape actuellement régnant S. S. Benoît XV.
Mgr Didaeus délia Chiesa eut pour prédécesseur sur le
siège de Nice Mgr Hyacinthe Solare, trinitaire, nommé en
1655 et transféré à Mondovi le 23 avril 1663 ; et pour successeur Mgr Henri Provana, fondateur du séminaire et mort
le 30 novembre 1706.
Mgr Didaeus délia Chiesa fut évêque de Nice d'avril
1663 au 30 décembre 1669, époque de sa mort. Durant ce
court espace il se signala en 1667 par la réforme de l'administration du diocèse, avec la coopération du duc de Savoie
Charles Emmanuel. Il résulte des « Decreta diocesana synodis niciensis » qu'il eut de graves abus à réprimer. Des or-

�— 188 —
donnances successives défendirent aux moines et autres religieux de demander publiquement l'aumône. Il mit un terme
aux abus qui se commettaient pour les baptêmes, les mariages et les décès : « Sotto pena di lire dieci ed altre a Noi
arbitrarie, secondo la gravita del caso ».
Cet éminent prélat s'occupa aussi de l'observance des
fêtes, de l'abstinence du carême et de la surveillance des
mœurs ; ce qui prouve que le pouvoir épiscopal était alors
investi d'une grande autorité en matière séculière. On doit
conjecturer par ces « Decreta diocesana » qu'un grand relâchement devait s'être introduit dans la conduite du clergé,
car nous lisons dans ce code que : défense était faite aux
moines et aux prêtres de faire usage d'habits séculiers, de
s'absenter des divers offices, d'aller à la chasse et à la pêche
les jours fériés, de porter des armes prohibées, de fréquenter
les cabarets, de se masquer pendant le carnaval, de se livrer
à des exercices publics, d'habiter avec des femmes, enfin de
tenir des servantes d'un âge moindre de 40 ans, sous peine
de suspension « a Divinis ipso facto », d'amende pécuniaire
et même de prison en cas de récidive.
On peut juger combien l'épiscopat de Mgr Didaeus délia
Chiesa fut actif puisqu'en six ans seulement il opéra de si
importantes réformes.
COMTE DE MONTALBO.

Lou levant es ni cassaire ni pescaire.
D'amic nen pouden pas troù avè ;
d'enemic, de la mitan d'un n'i a de resta.
Lou mensounegié ben counouissut,
Quoura di ver noun es cresut.
Pèr faire un bouon meinage fau que l'ome sigue balourd
e la frema borgna.
Noun pouodon si counouisse ben :
Bouon meloun e frema de bèn.

�«4g gt» «54g «4» W» «4»

j^j^jj^ggtë»

La Deessa, l'Aragna e lou Magnan

Per douna mai de pres ai sieu ciarme segret,
ü pura, per escondre aiias saupre che rougna,
Una deessa decidet
De si tapa la vergougna ;
E sounan su lou cou, l'aragna e lou magnan,
Li dighet : « O filaire, a cadun vou coumandi,
« Per mi faire un manteu, caucu sen mille pan
« Dau pu beu fieu de seda, e surtout vou demandi,,
« De lou faire ben fouort e ben fin a la fes,
« Per che lou mieu beu cors, a traves li si veghe.
« Che cadun au mïou, lou sieu talent empleghe
« E sauprai coma fou pagà lou mai attes ».
La touora su lou côu, sensa fa de tapage,
Pia l'eiscagna e si mete a l'ouvrage,
Tan ben ch'en caucu giou aughé fenit,
De travajà per lou divin vestit.
Suspenduda en un fieu, dau sieu coustà l'aragna
Bavegia nuec e giou, lou sieu tem non espragna,
Sensa arribà giamai a faire ren de ben.
La bestiola che ve s'approcia lou moumen
De presentà la coumanda
Couma es che pôu ben faire aloyra si demanda,
E li greja en la testa un prouget criminal.
Un beu matin s'en va raubà lou sieu rival,
Entan che lou rnejschin si faïa merenda.
Courre da la deessa e li pouorta davan,
La seda che ha raubada au laborious magnan.
Lou paure malurous, coura ve la facenda,
Crida : « Au voulur ! m'han raubat lou mieu fieu ».
L'aragna li réspouonde : « Insoulent, es lou mieu, »

�— 190 —
«
«
«
«
«

Achela, di la touara, es un pòu reda !
Bruta bèstia, bandida, es mieua achela seda,
Em be la mieu sudou l'haï facia e rn'apparten.
A d'autre ch'a raubà, tu non sies bouorta a ren.
Per lou mancou, dai dieu, la giustissia redouta ! »
Ma per non pareisse aver touort
E per non estre en dessouta
La ladra crida enca pu fouort.
L'immortala pourtan, per feni la cherela,
Ai animau parlet ensin :
« Ch'es achela disputa, e tout acheu bousin ?
« Ch'ai mieu ues cadun file una seda nou vela,
c E veirai ben a cu achel obra reven. »
Auden aco, lou mestre de l'escagna
Repian lou niestié, debana en pòu de tem
Un fieu enca pu beu, aloura che l'aragna,
Fa, desfà, pi reia, sen còu lou sieu travai
A feni caucaren, non arriba giainai.
Giustamen endegnada, aloura la deessa,
A la ladra dighet : « La tieu seleratessa
« Mérita, cresi ben, un castic dei pu dur.
« Per empega li mosca auras da fa la tela.
« Aïssada de toui, pouorteras li tieu vela,
« En li crota, en preson, en toui lu luec escur.
« Segura non seras, en minga residensa,
« E non auras giamai, ne tana ne majon.
Lou magnan pi, per recompensa,
Sighé ciangiat en parpajon.
Achestou giugiamen sighet autre che sage,
Un ouvrié, tougiou, si connouiase a l'ouvrage.
NONCLE PETOU.

Au mai lou passeroun es vièi, au mai ten à la siéu pluma.
Doui bras e la santà
Riquessa de la paureta.
Emé la paciènça li frema vènon grossi.

�La Musica municipala
En ramplaçamen de Moussu Tournas, mes su la siéu
demanda à la retrèta, la municipalita a fach chois de
Moussu Guillon, qu'aven counouissut ben avan la guerra
couma chèfe doù 112e.
Noun pouden que si felicità e la coumplimentà d'avé
plaçât à la testa doù nouostre premié cors de musica, au sen
dau qual YArmanac Niçart cuènta de noumbrouvi simpatia,
un chèfe counsoumat que saupra li assegurà la noutourietà
que li souvetan.
Jà, en lu premié tèmp de la nouvela direcioun, aviavan
pouscut s'enavisà que li era quaucarèn de chanjat. Dintre
l'interpretacioun dai divers moussèu, en fouora dei pas redoublât, Tensèmble avia aquistat quaucarèn de mai oumougène, de pu nervous. Tambàu, timbala e cubecèu avion coumençat à si teni pu discretamen, evitan aquéu bousin infernal que noun avia d'autre but que de mascà l'insufisènça doù
resta. Lu prougrès an seguit. Lu soulista soun estat mes à
même de desplegà li siéu qualità dintre la selecioun de
moussèu ben aproupriat. Lu ensèmble an aquistat la couësioun, l'armounia e lou velutat que charmon. Lu prougrama
banal soun estat ramplaçat pèr d'autre dintre lu quai an
agut part li obra dichi classiqui e la siéu ecelènta esecucioun
n'a proucurat de douci souspresa. Doutan pas un soulet
moumen que quoura li dès unità demandadi seran vengudi
ranfourçà e coumpletà la nouostra musica municipala,
aquela interessanta falanja noun devengue souta la bagueta
magistrala doù siéu chèfe una de li premieri de França.
La nouostra musica municipala, a counouissut dintre lou
passat de moumen brihant. À fach souven bouona figura en
lu councours ai quai a pihat part. Ma pèr desgracia noun

�— 192 —
es jamai estada counsiderada que couma un elemen segoundari, lu encourajamen indispensable li an toujou mancat.
Lu bouoi artista an deugut cercà fouora li coumpensacioun
que la villa de Niça li refusava, e lou temp si perdia toujou
à fourmà de nouvèu soujèt dispost à pihà lou vol au premié
signàu. La musica municipala noun dèu pas estre un counservatori, una pepiniera à l'usage de li musica councurrènti de li autri villa, ma un cors noustral, invariablamen
atacat à Niça e pagat en counsequènça. Fau que la Municipalità saupe counsenti toui lu sacrifici necessàri pèr que lu
esfouors doù chèfe noun sigon van e que pousquènt counsiderà una fes pèr touti la Musica Municipala couma una
musica veramen niçarda.
Es indispensable tambèn que la disciplina la mai coumplèta li règne d'una façoun permanènta e que si saque se
besoun es lu elemènt de perturbacioun. Souta l'anciena direcioun aquela disciplina s'era seriousamen relachada e certen esecutant dei quai la valour artística noun era pas àTautessa de l'agitacioun, soun même intrat en revolta duberta
contra lou chèfe. Lou mèra dèuguet interveni pèr faire cessà
l'escandalo.
En la nouostra qualità de Niçart noun esigèn ren de troù
en demandan que s'évite lou retour d'aqueli sèna passadi.
Desirerian tambèn que pendènt l'ivèr la Musica Municipala
siguesse laissada à la dispousicioun doù public. Tout lou
mounde noun frecuènta pas lu teatre e es urous lou dimenegue, après-dinà, de si retrouvà autour doù kiosque doù
Jardin-Public. Nautre Niçart, soubre tout, que travaran la
semana, sian urous d'aplaudi l'amie Autié, doun lou bugle
en lu passage espressif nen parla d'una façoun tant suava, e
fra tant d'autre, l'amie flutista Pierre-Pierre, dau qual lu
gazouiamen en fin de seança soun toujou acuit pèr de cascada d'aplaudissamen. Demandan tambèn que lou chèfe distingat au quai seren redevable de la renouvacioun de la
nouostra Musica Municipala, saupe countentà quauque fes
lou nouostre désir de vièi Niçart en nen fen audi en même
tèmp que li sinfounia, lu moussèu principal doù vièi repertori. Lou fount de la siéu biblioutèca musicala es assé rie
pèr li permetre de faire revièure certeni obra francesi e ita-

�— 193 —

liani que duermon despi sempiterna e que noun n'en soun
pas pu laïdi pèr aco.
En résumât, sian outimista en cen que regarda l'aveni
de la nouostra Musica Municipala, à la coundicioun que
noun s'espargne rèn au pounch de vista dei estrument e dei
estipèndi. Lou resta es l'afaire doù chèfe. Lu prougrès réalisât
fin ahura nen soun garant de touta la mesura que sauprà
dounà, e d'avança s'en rejouissen pèr lou bouon renoun artistique de la nouostra Niça.
L'ARMANAC NIÇART

ìffijfliiQftiiiíiììi^

Bibliougrafia Niçarda
JULI

BELLEUDY

Que faut-il penser du XVe Corps ? — Préface du Colonel
Gros Long. —• Imprimerie Coopérative, Menton, 1921.
Prix : i5 francs.

Lou XVe Cors e la Guerra. (Un'obra vendicatriça de
Moussu Belleudy :
Lou nouostre touplen estimat councitadin Moussu. Juli
Belleudy, ancien prefèt doù Gouvernamen de la Republicà,
s'es proupousat en un'obra de counsistènça qu'aven legit
m'un passiounant interès, de refuta l'absurda calounia qu'un
senatour mau entenciounat, Moussu Gervais, s'es permès de
lança contra lou nouostre amirable XVe Cors. Remercian de
tout lou nouostre couor Moussu Belleudy d'avé elevat aquéu
mounumen de proutestacioun contra l'afirmacioun impudènta d'un ome que a toutalamen mancat de justicia e de
soulidarità naciounale en cercan à desounourà lu brave
mouort e lu brave mutilat que an cOurajousamen pagat de la
siéu persouna pendènt touta la durada de l'ourribla guerra.
13

�— 194 —

Regretan ben sinceramen que noun n'en sigue poussible
de dounà un résumât d'aquel'obra superba, touta de verità e
de auta doucumentacioun, que pihan lou XVe Cors au debut
de la guerra, lou sègue jusqu'à la fin dintre touti li siéu
ouperacioun de campagna, en meten en relievo d'una façoun
sesissènta lou siéu erouisme ; en relevan touti li faussi manoubra coumessi ; e lou diguen justamen, inevitabli dintre
d'aquela guerra que n'a sousprés couma aquela dou 70 sènsa
serioua preparacioun.
Nen seria facile de poulemicà e aurian la partida bella
pèr s?endignà contra l'incuria dei gouvernant que nen proumeten toujou la revenja, noun an ren fach, o pàu cauva,
pèr la preparà coumplèta e foudroianta, car noun soun pas
lu nouostre sacrifici en argènt e autre que li an mancat. An
trouvât pu aise de s'avili en d'entriga de courredou, en d'escarpinamen de seança, e quoura si soun drevihat, lou canoun reboumbava su li doui frountiera.
Que trista cauva que lu pouliticien e mai t^riste encara
lu Gervais que ajougnon la calounia bestiala à l'insufisènca !
La mouort a sesit lou difamatour avan la fin de la
guerra, ma l'acusacioun mensouniguiera, l'atroça calounnia
li avia surviéugut... L'obra reparatriça de Moussu Belleudy
aussan la dala que lou recuerbe ven de la sepeli en lou
même cros e lavà una fes pèr touti lu brave doù XVe Cors
que an noblamen ademplit lou siéu dever, couma toui lu
autre, an soufèrt sènsa si plagne e soun toumbat glouriousamen pèr la defènça coumuna !
L'ARMANAC NIÇART.

Quoura en mars trona
L'annada es bouona.
Dintre un vièi pairoù si fa de bouona soupa.
Li bouoni paraùla noun ramplisson lou vèntre.

�M. FÈLIS AUDEMARD
Lou coumèrce loucal a fach en 1921 una granda perta
en la persouna de Moussu Félis Audemard, amenistratour
delegat de la Soucieta dei Oli d'oùliva de Niça, decedat en
lou sièu castèu de Seyssinet, dapè Grenoble, à l'âge de: 76 an.
Ouriginàri de Valenciana (Nord)) Moussu Audemard
avia foundat en lou 1870, au numero 46 de l'Avenguda de
la Gara, une maïoun d'oli e prouduch loucal que quauqui
annada pu tardi trasferava en la siéu prouprietà de l'Avenguda Auber. Aven gardât la souvenènça de Testât dei luec
en aquela epoca. La vilà era en bourdura su la carriera dau
Pountin. Lu enviroun eron quasi toutalamen gèrp. L'avenguda noun cuentava gaire, couma coustrucioun, que la vilà
Dol, lou pavaioun Gilly, pintada en rouge, à l'estreme fount.
L'escalié que fa coumunicà l'avenguda Auber mé l'avenguda
Thiers esistava pas. Un escalié en bouosc plaçât à drecha
de la maioun Gilly, dounava su lou canal cubert que longa
encara au jou d'ancuei la gran' muraia de soustenemen e en
seguen lou canal anavas referi à l'avenguda Durante que
pourtava aloura lou noum d' « Avenue Delphine ».
La vilà: era separada dau resta de la proprietà pèr un
espaoi libre bourdat d'un bàrri su touta la siéu lounguessa.
Lou burèu en lou quai s'intrava de plen pen pèr l'avenguda
v lu magasin à cousta, noun fourmavon qu'un ras-de-souol ;
la construcion virava à senèca à angle drech, paralèlament à
la prouprietà Florès e à la siéu estremità si trouvava la
destilaria. Una court meinajada contra lu burèu e lu magasin servia à entrepauvà li bouta vueji e à la sourtida dei
espedicioun. Lou resta de la prouprietà fourmava jardin e
era plantat de rosa-té. Pèr ooumpletà la toupougrafia, diguen
qu'une pichina rara engravada lou long doù jardin,
menava à una pourtèta praticada en lou bàrri de separacioun,
en faça de l'escalié de servici de la vilà. En quauque mot

�— 196 —
lou cadre era magnifique e à li oura doù calabrun, lu sera
d'estiéu, empruntava à l'ambiança un charme inefable.
Marcaud, un San-Bemard de bella taïa avia pèr
missioun de garda la prouprietà, ma era lou pu. souven
en Parrouna. Quoura li agantava la fantasia faïa petà la
cadèna e noun si pressava gaire de retournà...
Moussu Audemard, en mai de la siéu prudènça e de ia
sieu coumpetènça en lu afaire, avia pourtat en la creacioun
ue la siéu maïoun aquel ensèmble de qualità mourali que
at;ron su li obra même puramen umani l'ajuda d'en aut.
La prousperità s'acusava d'annada en annada. En 1885, la
coustrucioun èra surelevada ; de nouveli dependènça venion
sajougne à li ancisni, ramplaçan lou jardin, e de pila eron
coustruchi su touta la surfaça dei magasin. L'outiage e la
manipulacioun avion proufitat dei même prougrès. En 1886,
lü Soucieta Anounima dei Oli d'ouliva de Niça si sustituava
à l'anciena resoun coumerciala e lou siéu foundatour n'en
counservava la direcioun que a gardât fin à la siéu mouort.
Pèr un'iniciativa urouva, Moussu Audemard avia
foundat un magasin de venta au detai que a rendut ben de
servici à li classa pauri, en meten à la siéu pourtada de
prouduch franc ai pres lu pu abourdable ; tambèn à certen
jou l'avenguda Auber era plena de gènt venen à li prouvesioun.
Es un dever pèr toui aquelu que li sucèdon de s'ispirà
dei prencipi que l'an guidât afin que l'obra surviéugue e
prouspère, car representa cínquant'an d'esfouors inlassable
e de proubità coumerciala.
Moussu Audemard noun es jamai estat un militant de
la poulitica loucala ; a declinat touti li ofra -d'un mandat
qualounque quourà l'an pressentit ; ma l'afecioun que a
toujou proufessat pèr lou nouostre bèu païs devengut lou
siéu païs d'adoucioun, noun li a pas permès de s'en desinteressà. Es toujou estat de couor m'au partit de l'ordre contra
loi; desordre, de l'ecounoumia, contre lou gaspihage, de la
bouon* aministracioun contra lou favouritisme e la èna, afin
que lou bouon renoum de Niça noun aguesse à soufri d'aquelu
ecès e aquéu partit a toujou trouvât proch d'éu l'ajuda
moHrala e pecuniària.

�— 197 —

Maugra que noun parlesse lou nouostre dialète, la siéu
inteligènça e la siéu bountà li avion permès de s'adatà à
toui lu mitan à l'encountrari d'aquelu esprit froundur e
superficial que trovon tout marrit, oudious e vil serpènt que
soun la plaga de la nouostra Niça.
En touti li ohra de beneficènça lu noum de Moussu e
Madama Audemard si soun toujou trouvât assouciat e
aquelu que n'en soun estat o n'en seran à l'aveni lu benifieiàri, an lou devèr de li estre grat. Ma noun es pas soulamen
en dounan que la nouostra tradicioun crestiana n'a ensignat
la bountà e qu'an sauput la praticà. Es en jougnen au doun
public o privat l'afabilità, la paraula que recounfouorta,
veritable baume doù besoun o de la doulou.
La même moudestia que avia escartat Moussu Audemard
d'un mandat eletif li avia fach refusà lou titre de Presidènt
doù Sindicat dei Negouciant en Oli crue li avion oufert à,
diférènti reprisa. Aco noun lou dispensava pas d'estre presènt
touti li fes aue si debatia de questioun d'interès courpouratif
o se noun lou poudia de si faire representà.
Ancien assidut dei saloun Viscounti, Moussu Audemard
era en même tèmp qu'un fin letrat un adepte fervènt de la
musica dicha clàssica. Aimava e encourajava tambèn lu
sport. Aquéu que preferava soubre toui era lescrima que
avia long-tèmp praticat en la sièu jotiinessa.
La siéu salma rameuada de Sevssinet e benedida en la
srleia de Sant-Estève repauva en lou nouostre flementèri de
Sant-Bartoumié\i dapè de soun pere e de sa mere, pèr lu
quai a tom'ou agut un culte flhal, e dapè doù siéu bambin
ranit pèr lou croup à la sîén tendressa de pere. Mondèle en
la vida privada, esèmple nèr lu siéu counfrair-p. crestian an
sèns assoulut dou mot, la justicia divina noun a pouscut
que recoumpensià la vida de l'ome de bèn cm'an acoumpacnat en Ion siéu darrié souon de la terra d'unanime reg-rèt.
VArmanac Niçart presenta respetnonsamen h Madama
Audemard. la siéu veuve, e à toui lu membre de la famiha, li
siéu coundouleança atristadi.
L'ARMANAC NIÇART.

�QUARANTE-TROISIÈME

ANNÉE

LE PETIT NIÇOIS
Journal Républicain Quotidien, Illustré à 4 et 6 Pâtes

Fondateur :
ALFRED

».

BORFUGLIOME

Rédacteur tn Chef :

*

IIE NUMÉRO

ED.

:

FÉGUILHAN

15 Centimes

17, Avenue de la Viefoire, 17

NICE

TÉLÉPHONES : Direction-Locaiion : 40-65 ; Administration : 41-70

»s&gt;"

•"«*C*î

LE PETIT NIÇOIS est le journal le mieux informé, le mieux

LE

LE

LE
LE

présenté, le plus répandu de Nice, du Département et
de toute la Région du Sud-Est.
PETIT NIÇOIS reçoit ses nouvelles du monde entier
bien avant tous les journaux régionaux, grâce à son
fil télégraphique spécial.
PETIT NIÇOIS dont la diffusion est assurée par plus de
2.000 dépositaires, est le meilleur organe de publicité
du Littoral. Il insère les annonces légales et judiciaires, les ventes et cessions de fonds de commerce,
ses annonces populaires sont les plus lues.
PETIT NIÇOIS est le journal favori des Hivernants sur
la Côte-d'Azur.
PETIT NIÇOIS a des Agences à Cannes, 42, rue d'Antibes, téléph. : 7-11 ; à Menton, 33, avenue Félix-Paure,
téléph. : 3-50 ; à Grasse, boulevard du Jeu-de-Ballon,
téléph. : 1-88 ; à Antibes, 60, place Nationale, téléph. :
0-71 ; à Monaco, 1, rue Grimaldi, téléph. : 4-17.
o

La Salle de Dépêches &amp; d'Exposition du " Petit Niçois "

est ouverte au public à partir de 8 h. dn matin
Toufes les actualités ef Illustrations y sont affichées

IMPRIMERIE SPÉCIALE DU " PETIT NIÇOIS "
Impressions de tous Travaux en Typographie et Lithographie - Travaux de Commerce en
tous genres, labeurs, affiches, etc. - Ateliers de Gravure et de Stéréolypie
Les commandes sont reçues aux guichets de la Salle des Dépêches

�Grands Vins - Spiritueux - Liqueurs
SPÉCIALITÉ DE VINS DE TABLE DE TOUT Ier CHOIX

P. VISCONTI
Ancienne Maison HTE fÉGOUD, Fondée en Î860
BUREAUX
6-7,

RUE

DE

ET

LA

CAVES :

TERRASSE,

6-7

(entre les rues du Palais et Saint-François-de-Paule)

m f^ff

Téléphone 25-76 |

HUILE

D'OLIVE

-

«

VINAIGRES

-

| Téléphone 25-76 |

EAUX

MINERALES

♦ VOUS TROUVEREZ TOUT
♦
♦
♦

§

Le complément de votre installation

Porcelaines - Cristaux - Orfèvrerie Christofle
Ustensiles - Brosserie - Meubles de Jardins
A

LA

j
IMAISON UNIVERSELLE!
GRANDE

♦
©
♦
©
♦
©
♦

MAISON D'UTILITÉ

A. COCHOIS

♦

NICE — 15, Rue du Palais — NICE

I

—3

TELEPHONE 24-35

i

�^.'IIIÜJilllílil.'rill'l'M^MilllllílliriiMíl^Mü^llllil l 'l &lt;l&gt;4i:i'.'MI I!liI!lii:ilS.I!l!r.MillM.I'lil.l4;i'Mi| l.lil lÌlllllllÌllllllSIIII^

1 fiElEïi

CálET

I 5, Sue St-ppançois-de-Paule, 5

I

42-66

NICE -«*
..&lt;j&gt;„

I

ŒUFS -

BEURRES -

FROMAGES

-

CONSERVES

S

§
9

Françaises

et

Anglaises

Í

FONDÉE

EN

1792

J.-F. TEISSIER &amp; C*», Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée

—~w.~~&gt;..,

pour la vente de la belle draperie de toute la région

BARATTA,

Successeur

NICE - 4, Rue Sainte-Réparate, 4 • NICE
DESSINS

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Fondée en 1829

Gustave VESPA
NICE • 2, Rue Sainte-Réparate, 2 - NICE

( Téléphone 6-88 )

DROGUERIE COLONIALE
Vernis et couleurs, Huiles, Essences, Brosseries, Pinceaux, Eponges
FOURNITURES POUR HOTELS - VERRE à VITRE
SaTons de tontes sortes, pétroles, produits de propreté et à polir
DÉPÔT
DU
RIPOLIN

�1

MACHINES A COUDRE |

SINOER

•&lt;

&gt;€
&gt;€
*

Z&gt;es meilleures
les plus solides

&gt;e

•X

les moins chères

*;

&gt;®

&gt;c
&gt;€
&gt;C

I
*&lt;

*

I

Facilités de Paiement — Escompte au Comptant

)c

*k

&gt;«

JK

&gt;e

'APPRENTISSAGE GRATUIT

&gt;®

&gt;c
&gt;c
*&lt;
X

Réparations de toutes machines SINGER

•&lt;
&lt;x
«X
&lt;X
•&lt;
•&lt;
»&lt;

&gt;£

*
AGENCES
DANS LES

Alpes-Maritimes
3K

X&gt;

[NICE,

22, Rue St-François-de-Paule.

CANNES, 82, Rue d'Antibes.
GRASSE, 3, Place du Marché.

&gt;£
&gt;€

�m

-

COUVERT "LAMITIÉ"
Breveté S. G. D. &amp;. (en France et à l'Etranger)

Les Couverts LRMITIÉ n'ont qu'une pièce unique
servant à deuf( usages ; ils sont très recommandés
au public comme étant des plus pratiques et économiques pour son entretien.

DEUX ARTICLES EM U/N SEUL

Se recommande à Ions les Hôteliers et Restaurateurs
Fabrication en argenté, en métal blanc,
en aluminium, fer (type militaire)

jVICE -

39, 7{ue

de la Préfecture,

39

- jVICE

i Al pes-Maritimes)

Demandez les Couverts " LAMITIÉ "

�a..

EXCELSIOR
Amaro G. Rovighi
UN

siÈeiaE

r&gt;E sueeÈs

mm

PHARMACIE - DRQGUBR13 CENTRALE
DU

MIDI

2, Boulevard des Italiens, 2

- NICE

I, M!Tâ©II
PHARMACIEN

EX-INTERNE

DES

HÔPITAUX

LP0P?0IHE DE PRODUITS PHAWCKullQÛKS
TELEPHONE

20-67

�SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
8, Avenue de la Victoire, 8
== NICE —
Toutes Opérations
de Banque
/WWVWV VVVVVVVWWVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV\^

»»»»»»»»»»

PHOTO-COMPTOIR
1, Avenue de la Victoire

- NICE Tout ce qui concerne
la Photographie

�GRANDS

Magasins de Nouveautés

DAMES de FRANCE
54 ei 56, Avenue de la Victoire
ET

35, Rue de Paris, 35
ANNEXE

:

Aux Trois Quartiers
Beulevard

des

Italiens

«

NICE

Téléphone 21-88

NOUVEAUTÉS

-

VÊTEMENTS

AMEUBLEMENT
ARTICLES DE MENAGE
ENTRÉE

LIBRE

�l ■ ■ ■ ■ ■ '•■.■«■.■WWW

A. URECH
Relieur

/

Fournisseur breveté de S. A. S. le Prince de Monaco

\*

MSUCRË »R ï,l\i:. FA*TAISIIî et OHDllí.ilHK

&gt;

\

Registres — Musiques
Entoilage de Cartes et Plans
V
Pose d'initiales
!' NIOE Cft 1, Rue Vanloo tfr NICE

!j

GRAVURE SUR METAUX
Timbtfes Caoatehoae et Caivpe

Bagues, Cachets, Armoiries,
Gravure sur Bijouterie
Bloc acier pour timbrage
Chiffres pour maroquinerie
NICE — 39, Rue Cioffredo, 39 — NICE
(En tace le Temple Vaudois)

r

F

* T

■ ■'

le Champagne MOET &amp; CHANDON
L. PORTAL Edouard

11

H
D

l

M

AGENT GÉNÉRAL

DTICE

—

3, Place Masséna, 3
&gt;:

TÉLÉPHONE 26-33

—

&gt;:

NICE

H
H

*s

�VVVVVVWVVVVV1/VVVVVVVVVVVVVWVVW

HABILLEMENTS
tout faits et sur mesure

Maison de Confiance fondée en 1860

JL'O-tli

e/ ??ue de l'Opéra

^•mVJV.·.V.VmV.'.Vm·.·m·m·m·.·.·m·A·m·m'm'.V.·m·mVmV.V

\ CRÉDIT COMMERCIAL ^
5
DE FRANCE
î

'S
ŷ
I;
Í

!

-

s

NÍ3E - 1, rue Gubsrnatis (angle av. Féhx-Faure) j;
Agence MASSÉNA, 2, Avenue de la Victoire (angle Place Masséna)

AGENCES A

:

£

^

CANNES, GRASSE, DRAGUIGNAN

—

t

ì

£ Toutes Opérations de Banque et de Bourse £

TABLEAUX
Reproduction — Reconstitution
Restauration dans toutes ses applications

V, Rue de l'Eseanène, V

-*&gt;-î^

NICE

�THÊATRS DE HONTE-CARLO
CERCLE

DES

ÉTRANGERS

SOCIÉTÉ DES BAINS DE MER DE MONACO

SAISON

1921-1922

Concerts Classiques - Grands Opéras

�FANÀU
PAGES
ARMANAC

NIÇART.

Calandrié pèr l'annada 1922
5
Représentants des Alpes-Maritimes
7
Administration Municipale
.'
8
Coumput, quatre tèms. festa moubili, etc
9
Lou Canoun d'en Castèu (vers)
11
Me Ernest Lairolle, avoucat
13
MB Alexandre Mari, avouoat, ajount au Mera
17
L'Opera Municipal
,
•
23
Letra de Madama veuva Frederic Mistral
100
Cansoun Niçarda (***)
185
La Musica Municipala
191
Bibliougrafia niçarda. — M. J. Belleudy. — Que faut-il
penser du XVe Corps ?
193
Mortuorum. — M. Fèlis Audemard
195
BLANCHI

(Marius) — Paul Nadir.

L'Aloës (sounèt)
Moda passada (vens)
Titou Bacèu decourat (prosa)
Varianta su lou Vase brisé (vers)
A Rosalindo Rancher (vers)
Miejou-pounènt (vers)
Chambreta de campagiia (vers)
Elevacioun (vers)
Ganta la vèsta (vers)
D oui fauta (prosa)
La preguiera d'una rosa niçarda (vers)
L'escola pèr un jou de plu eia (vers)
Départ (sonnet)...
Un matin d'estiéu (vers)
Li fesusi d'ange (balada)
Counfidènça (vers)

39
50
69
80
81
87
88
99
102
107
111
117
118
126
131
153

�— 210 —
PAGES

BRES

(Giuseppe).

Notizie sulla famiglia Badat
CANESTRIER

161

(Paul).

Le village niçois au xviie siècle'
UAPPY

135

(Louis).

Histoires de poissons
DEVOLUY

132

(Pèire).

Lou dangié d'amour (cansoun emé musica)
DOUBLET

15

(Georges).

Poésies niçoises de 1770
Un sorcier niçois de la fin du xvi9 siècle
Un gueuleton municipal sur les bords du Var en 1759...
EVENOS

(A. d').

Le Milhas (vers)...-.
EYNAUDI

40
52
115

19

(Jules).

Une bouona plaça (sèna à doui persounage)
33
Pendoun de fourca (balada)
68
Es à Bairouol que v'asperí (prosa)
83
Es pas de bôu, qu'es de vaca ! (prosa)
83
Li doui candela (prosa)
90
Plesi d'estiéu... magagna d'ivèr (sèna à doui persounage). 91
Envoueacioun (balada)
113
FENOCCHIO

(Antonio).

Catarina Segurana (vers)
GIORDAN

90

(Joseph).

Un bèu còu de fusiéu (prosa)
Lu estilò (conte dôu front)
Un bounapartista (prosa)
Cansoun maïenca
LOTI « Bater Noster » (prosa)
Lou vot (vers)

•

104
109
114
119
129
159

�- 211

PAGES

ISNARD

(Pierre).

Aventures d'un
xix8 siècle
JAUBERT

Niçois

au

Paraguay

au

début

du
120

(Eugène).

Les noms de lieux dans les Alpes-Maritimes
MONTALBO

27

(Comte de).

Un Evêque de Nice ancêtre de S. S. le Pape Benoît XV,
ci-devant Cardinal Giacomo délia Chiesa

187

NOUNGLE iPETOU.
Cupidon e l'Abeja (faula)
Lou goitre e la granoja (faula)
Lou Gai e la siéu ombra
Lou renart, la galina e lou can
Giunon che si trova vieja
'.
L'enfan, la bissa e lou verp
La deessa, Faragna e lou magnan

:

21
31
32
76
134
100
189

(Antoine) — Touana de la Buffa.

ROLLAND

Vièi mot niçart
RONDELLY

155

(Menica).

Frissoun d'iver (vers)
Piciouna rouseta (vers)
Se voughesses m'aimà (vers)

106
106
114

ILLUSTRATIONS

de M. Fernand Maille e de Mme L. Cappy

Se voulès estre ben ïerTit,
O counfraire de la boutiha,
E pèr de gent lest e poulit.
En anavon toui da Gasiglia !

NICE - 8, Rue Alberti, Passage Vaudois - NICE

�♦

Pour visiter la "Région Niçoise

+

Pour en connaître les Beautés
PRENEZ LES SERVICES D'AUTO-CARS
D'ÉTÉ ou D'HIVER
DE

♦
♦
♦

G3

♦
Fron, des Anglais
Téléph. 24-75

NICE
En Eté : La ROUTE DES ALPES (Correspondance P.-L.-M.)

CHOCOLATS FINS

MAISON PRINCIPALE

SUCCURSALE DE NICE

87, Boul" Haussmann, 87

15, Avenue de la Victoire, 15

PARIS

(Angle Hue Cotta)

♦

�NICE HISTORIQUE
£

OliOANE

OFFICIEL,

J

DM L'ACADÈMIA.

JVZSSARDA

»J

Fondateur : Ji. SfVPPlA

jjî Le Numéro : 7 francs

•J Première
*,
Année

Un An : 18 Francs £

L'ESSOR NiQOIS

^

Le Numéro : ï
15 Centimes 5

5

La Politique — Les Arts - Les Lettres — Les Théâtres

%

Direction : Raymond FEBVRE

ï

NICE — 3, Rue Georges-Clemenceau, 3

— NICE

6

S

�l
"j

5

MONTE-CARLO

I

g!

A/VWV\WVWVWWVVVVVV

ì

^Épr\WVWWWWWWW1

í - Casino Ouvert toute l'Année -

ï
Ì
í
^

«fe*

•

:&lt;

Toutes

?
í
/es Manifestations Artistiques \

ì

7o£/s /es Sports

^

ï

♦♦♦♦

j;

5

Splendide établissement Thermal \

I Hôtel de Paris j
\

OUVERT

TOUTE

5 Le plus près des
ï

L'ANNÉE

^

Terrasses du Casino \

i

�OPÉRA DE NICE
THÉÂTRE MUNICIPAL
Directeur artistique •*

Chefs d'orchestre

M.

BRUHI

MM. S BOVY
T. A. BRUNETTI

COMPTOIR DRAPIER
Maison de Confiance

HBNRI

MÉLANDRI

23, Rue de la Préfecture et 7, Rue Sainte-Réparate

-*~&lt;-

XICË

•!-»-

Nouveautés
Françaises
et Anglaises
= HAUTE NOUVEAUTÉ =

MUSEE MASSENA
NICE — 65, Promenade des Anglais, 6s — NICE
Nice à travers les âges — L'Art et les Traditions
Les Personnages illustres — Le Carnavalet Niçois

»*"ré&gt;© :

K

1

franc

Le Dimanche : ENTRÉE GRATUITE

�IMPRIMERIE o Q
DE L'ECLAIREUR
DE NICE □ □

L

TYPOGRAPHIE
LITHOGRAPHIE
TRAVAUX
ET

DE

REVUES

DE

LUXE

COMMERCE
-

-

BROCHURES

PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
AFFICHES - - ILLUSTRÉES - EN COULEURS
CATALOGUES - -

2g, A ven. 3e la Victoire
21, Rue JMeyerbeer -

\

DIRECTION :

k

ATELIERS :

X

»

»

«

TÉLÉPHONE : 45-39

«

ç

�I■: SOCIÉTÉ
MARSEILLAISE DE CRÉDIT \
■ S
Í =

INDUSTRIEL et COMMERCIAL et de
FONDEE EN 1865

J

Capital 75 millions -:■ Réserves 25 500 000

ï
s

■ï «S/é^e Social à Marseille : 75, "Rue Paradis jj"
ï
Í

Y,■

AGENCE

45,

Boulevard

J,

SOUS

DE

NICE

Dubouchage,

■'

45

AGENCES

Í
%

«J

Cannes ^ Grasse «*&gt; Antibes &lt;*&gt; Monaco ^ Monte-Carlo ^
■:
Fréjus » Saint-Rapha
£
^

J
S

_^—
ORDRES

de BOURsSE à TERME et au COMPTANT
■
►o·fSSSí··»''

^
?
V

J CHANGE - ESCOMPTE - RECOUVREMENTS ÜJ
I;
^

Négociations en Valeurs Locales

&gt;

Í

% Carde de Xitres et Objets précieux ■*

Ì

í
::

-

|

Location de Compartiments de Coffres-Forts
Í

�93
'If

#0/*/
If

i
Ç3
&lt;|F

Suisse

NICE »
Aux Ponchettes.au bord de la Mer
Maison Suisse, d'ancienne re'putation, située dans le quartier
le plus chaud de Nice. Entièrement abrité des vents de l'Est et
du Nord - Vue superbe sur la Baie des Anges - Ascenseur. —
Chauffage Central. - Eau chaude partout.- Installation sanitaire
à l'anglaise. - Grand jardin en plein Midi. - Confort moderne.

PRIX MODÉRÉS

f
à

TELEPHONE
— 4-23 -

J. P. HUG. Propriét.

AUX NOUVELLES GALERIES

fl

Lift JVIÉNRGÈÇE

h
k
il)

fi
ib
93

&lt;lf
4,
c?
W
Jl)
«•?
19'
jli

V
-1
J

93
&lt;iF

Les plus vastes Magasins de la Région
Grandes Réclames tous les Lundi

■4*2

Spécialité de la Société Anonyme

FRATfcLLI BRANCA- MILAN

fi

TiE ROI DES AMERS
Le plus efficace des Digestifs
pris avec le Café, ou Pur
Le demander aussi avec le
VERMOUTH BRANCA ET ANIS

il,

♦O*

Agence

èt

Nice

28, RUE BERLIOZ. 28
TÉLÉPHONE

28-28

ÎÏT
«t

93
&lt;lf

93
'IF

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58294" order="146">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/111fa7c73ed81e89c65346d19aa7f46e.jpg</src>
      <authentication>3de786d4f942ee18040cd9135a3759e0</authentication>
    </file>
    <file fileId="58295" order="147">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/699b39704c368f88012459ef4df7daef.jpg</src>
      <authentication>45f7c43143c763879a26c4947d879e84</authentication>
    </file>
    <file fileId="58296" order="148">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d6d23ba34625b0a62a416e5a22094730.jpg</src>
      <authentication>a6c1deb87740769b66998c59078c7aaf</authentication>
    </file>
    <file fileId="58297" order="149">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/13f56c3ec91182b305033ec920002255.jpg</src>
      <authentication>0d19b76453d60e682270f95c5aeeec84</authentication>
    </file>
    <file fileId="58298" order="150">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/edfcb4d72a2632c22208395dea1247fa.jpg</src>
      <authentication>756818f485ca0998473b3f108e0d4acf</authentication>
    </file>
    <file fileId="58299" order="151">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/dbcecb1cef5e30be1764837fff7463ed.jpg</src>
      <authentication>e5679d1fef2153c6049fe903d1ce6063</authentication>
    </file>
    <file fileId="58300" order="152">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0db37f854d2b0b1b37a5cd4aa88acbc5.jpg</src>
      <authentication>9bf7362e336947776f09dd6df6cc5826</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="912995">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58301" order="153">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ae6bc58bda68c8292d6459e0f1cdb281.jpg</src>
      <authentication>824849bdee4acc258af21701bd61258a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913062">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58302" order="154">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/113527b287495227ea3fc77d6de78e95.jpg</src>
      <authentication>a133a44cabbc4d0132a789c0573433ab</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913093">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58303" order="155">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8f54d8f08f34729984b95b83f9e342e0.jpg</src>
      <authentication>940333a1dc01dd3aebd0c6de7412875c</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913127">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58304" order="156">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/170e2efef7629bcaa17f287724959bde.jpg</src>
      <authentication>ff1b53684bba56e777a41dfecf0134f4</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913190">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58305" order="157">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b8b15653729ee25b62c9fe7e0a5b4ec5.jpg</src>
      <authentication>07d7d1934c16a39bdd49e282c5358c64</authentication>
    </file>
    <file fileId="58306" order="158">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d9c0c7a08609f2059c3dbc708e6b5bda.jpg</src>
      <authentication>abe1aa4f5fe713adcf04710b1012fc90</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913251">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58307" order="159">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/30b081f5ff4c2efbab383a373bcd7961.jpg</src>
      <authentication>d0b76302c5e86bdc4ed5ffc929e870f4</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913282">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58308" order="160">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/da42cf72f51fafc6951fd21eeba11720.jpg</src>
      <authentication>0f40c7b9b71f4a29998730dad655b277</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913348">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58309" order="161">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/46b767193a358ab2d9ccf4eff184021d.jpg</src>
      <authentication>5a5b576c7f60260321caf220b9cc3559</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913412">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58310" order="162">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/07cdce94f57d65274e5cc27ccc41099d.jpg</src>
      <authentication>7713d59671b8733f8b4b0681ff24c8f3</authentication>
    </file>
    <file fileId="58311" order="163">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b43f9d644b21eb695a1bfd4910772b89.jpg</src>
      <authentication>086cb7c8811c14eab0b4a2f5cd508b3a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913506">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58312" order="164">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/90f7cf441401f7653865a61b516a579c.jpg</src>
      <authentication>a438fae2986bd0a63dac82e7f63475cd</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913538">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58313" order="165">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9ca0830b7e010c1508656827733d2f35.jpg</src>
      <authentication>dec60db12d2419ede769a9ce207d23e0</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913570">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58314" order="166">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5ec3e56b92bcb79219767b1229340290.jpg</src>
      <authentication>c00ab8db0ca4aaffcc6bc9c9dc826934</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913602">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58315" order="167">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2de4ff8cb38980e86d94e6334d692635.jpg</src>
      <authentication>3fb962ad7f40a2962db6701564ad74b3</authentication>
    </file>
    <file fileId="58316" order="168">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/635fec177200b3983038b1f7f8688770.jpg</src>
      <authentication>9b7346aa907e6baaa5c1b24530c3df4a</authentication>
    </file>
    <file fileId="58317" order="169">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/967c542b6323fa5ad9c8f5bf6ef5a568.jpg</src>
      <authentication>5e21bebdbb94b43d393050358dd39776</authentication>
    </file>
    <file fileId="58318" order="170">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/33500b5e316f1f42925fd1aa64edd2d9.jpg</src>
      <authentication>c5e448f54847b48724db0290e7de3cdc</authentication>
    </file>
    <file fileId="58319" order="171">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/24649f50a251eb04e12d28980b8e3665.jpg</src>
      <authentication>57e1b1d86e09eeeff81135c5e4708c2e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913759">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58320" order="172">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2abf47cc2f44e7818269e2dd798c0890.jpg</src>
      <authentication>4988dd45ed3a35aebca08c6cf67a997e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913795">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58321" order="173">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e512f2a833df32227a58d0f3032531a9.jpg</src>
      <authentication>47bf4f9470b8f79186f4738db84a508a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913909">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58322" order="174">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/69018d2e1f4f07203b85d24fa4a2b337.jpg</src>
      <authentication>797d8a458f48ccf6e6042e44fe46d2a5</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913942">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58323" order="175">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b3bf0c282d960214d45f1240fd1c64cc.jpg</src>
      <authentication>caa8001938a742d85f575cea20a31ea9</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="913980">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58324" order="176">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e6926596164627d3df2750c74ed70f89.jpg</src>
      <authentication>19be7bc83c5cdfc5b9a2a21b417895c1</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914011">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58325" order="177">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bde6dd8d70180d9355ff94efbe079c0f.jpg</src>
      <authentication>a5eef543fb8400f3c3622e491d010885</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914044">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58326" order="178">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9ecb247eab693fd852e84e1c8767d078.jpg</src>
      <authentication>15a596867b221eacfbd4c59119d54699</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914108">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58327" order="179">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/29fb11c8b793011de6fdd9a49e5a7953.jpg</src>
      <authentication>a73ecdebc227e420f0c381e9c5f5640e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914171">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58328" order="180">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d6e230aa2fb24bc71d59b0e8655af5b6.jpg</src>
      <authentication>94fd56987a2900ea21a023eec05197f4</authentication>
    </file>
    <file fileId="58329" order="181">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/838224f7d9a1d90f01e661229ca02b87.jpg</src>
      <authentication>70bf9182496ca842c82031d79766be61</authentication>
    </file>
    <file fileId="58330" order="182">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/7e3ed56d49ad44024457dfbc1dd48e04.jpg</src>
      <authentication>cc96b60be0a5d9bc8eba9df78ce61ba8</authentication>
    </file>
    <file fileId="58331" order="183">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/630e503a3f9017dbc7eca6a0a032f4f0.jpg</src>
      <authentication>36a5a5876a7a63fc44ee2f33a5497d5b</authentication>
    </file>
    <file fileId="58332" order="184">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8b3755e02c55b342ec240434795c919e.jpg</src>
      <authentication>72acdb8121e6d70cd5e771c7aa08b102</authentication>
    </file>
    <file fileId="58333" order="185">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/eeda4d061f2fc7f7cd516c991aa0ecfc.jpg</src>
      <authentication>89f7650f351fe969591a35ac0cd2fcad</authentication>
    </file>
    <file fileId="58334" order="186">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d4f872052e1c3c15d21f359ea7fc55e9.jpg</src>
      <authentication>18f045016c93342decc05ab793efbd77</authentication>
    </file>
    <file fileId="58335" order="187">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/692f1cad4937b5b129b0945bd22bc9ed.jpg</src>
      <authentication>7d7b12e98dc94dee9d732bea739e28b9</authentication>
    </file>
    <file fileId="58336" order="188">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b988d7d543c20bcb89bbc6d4a9cdc25e.jpg</src>
      <authentication>1178e56dfc02e7d09105b3ecc8cdb3b4</authentication>
    </file>
    <file fileId="58337" order="189">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/7c6971562f9c677af06454d0a04b53e4.jpg</src>
      <authentication>bc9604668c0c16bddbf8d4a9e9ee26d8</authentication>
    </file>
    <file fileId="58338" order="190">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3f23052fc05de89856b73f9a275d6b8e.jpg</src>
      <authentication>2fb5f587d2d6a59f9db369146c6cde6e</authentication>
    </file>
    <file fileId="58339" order="191">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1ca2023560a6e8017171c2939b240d93.jpg</src>
      <authentication>d559927b981d79b9b1a7a5b14d8dd85f</authentication>
    </file>
    <file fileId="58340" order="192">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9ab0d7aae4739c4a98efe3524a8ea9aa.jpg</src>
      <authentication>68c056c39b4d1598cc8b0f61258a8b25</authentication>
    </file>
    <file fileId="58341" order="193">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/81163ddecda529e38dab622f174a7cc1.jpg</src>
      <authentication>c4106bc46d13b519d0c5c85baea7c4f6</authentication>
    </file>
    <file fileId="58342" order="194">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/acb5dad3892a19e437f8defe198116cc.jpg</src>
      <authentication>3c95faaa35d7bfc23c0c1c658d4f1ce2</authentication>
    </file>
    <file fileId="58343" order="195">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a3ea2ccfba05d43f486e012ab7bbff8d.jpg</src>
      <authentication>9824932a632aaa06e493b99d96071955</authentication>
    </file>
    <file fileId="58344" order="196">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/33e40fec2e6bde8eeeacab56f3795c4a.jpg</src>
      <authentication>f92a53e64af3876930e6026fa65b495f</authentication>
    </file>
    <file fileId="58345" order="197">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0dfa20ce6a20b261e2ca52f08d4513fb.jpg</src>
      <authentication>abe793ddc6201c8cc6f9225a279aba3b</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914747">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58346" order="198">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1799b2135819b39fc3fa9fd56da2886c.jpg</src>
      <authentication>18f5f17a1b0977bde434c684d9610883</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914778">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58347" order="199">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/84b52220f9c33dc971328e9e4f3cfd3c.jpg</src>
      <authentication>c28c86c2da463d582cf82802b6b8f992</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914809">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58348" order="200">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6c20e9bb4e8bb0688fc70ea5d5b84a17.jpg</src>
      <authentication>3e50189141690328cf37fb32a6131a06</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914840">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58349" order="201">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/127978bf5878aa8160a755f41f5a9a1c.jpg</src>
      <authentication>e61a6edce6aab2f1873bef9995bf39e0</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914873">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58350" order="202">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8761ef6a2f799292652a6bf46087066d.jpg</src>
      <authentication>aa88d16eac3f97a939a914f14c03a524</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914908">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58351" order="203">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6bab5c27d51fba12ecbfa43d63c6ba1d.jpg</src>
      <authentication>b2557f1b8706c49326e3c2fb73ead35a</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914939">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58352" order="204">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/51408860433660de72467b5ba6396a14.jpg</src>
      <authentication>2c040add534923f06bfff8e93e344748</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="914973">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58353" order="205">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9aee2292d8d02fdc7ef64a6f02f3091c.jpg</src>
      <authentication>e3aee5553464633397a2c4d732949dcc</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915036">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58354" order="206">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a561d09876b86b16f8ea973df1a45275.jpg</src>
      <authentication>67a0a04143a83e8ca2c58a89377150ca</authentication>
    </file>
    <file fileId="58355" order="207">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b4339690a79c19b597c29d08164da19a.jpg</src>
      <authentication>2e32f701f773427ca610638a9efd6ac5</authentication>
    </file>
    <file fileId="58356" order="208">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/52a3cab29182ecf3346c673501129a0a.jpg</src>
      <authentication>8567dcef84987729a3df7245f58ad521</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915129">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58357" order="209">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8f4ec9a5049e8ea34acd364f2a5d33de.jpg</src>
      <authentication>8b16b8f566627da3e47e8ed403e18715</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915166">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58358" order="210">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ea10841300031eba1fe8272a72dace3f.jpg</src>
      <authentication>563eebbc7d1ebe70f268fd3a1fd179d7</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915229">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58359" order="211">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/538e7f6e91788602ee38be739128f7c8.jpg</src>
      <authentication>7a81621f8766dc13730f5a480bd45eba</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915260">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58360" order="212">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2150323ccadb2df599333576d7ad75e6.jpg</src>
      <authentication>ac02e79e27eeee9ae35d57925ada3001</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915323">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58361" order="213">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5f38f0b050d036a0e80bc72eb0ae45e1.jpg</src>
      <authentication>236a53a920471d4f09e39be12fcce850</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915354">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58362" order="214">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6eed4c61974aa6cd071ba0c49d5f1b10.jpg</src>
      <authentication>7bce8195575293430b3462f8dcc4d4f8</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915388">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58363" order="215">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4308de630f4ca5222cd857a3e37f154f.jpg</src>
      <authentication>0cd9af4ea9e029078d633851724f13bd</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915422">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58364" order="216">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/946769c055f57d66b38d2627369b46cf.jpg</src>
      <authentication>921b8d3863f9ed4ce4bce72f0a2ec822</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915453">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58365" order="217">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/802d66f8211445de553d7b453cf11d76.jpg</src>
      <authentication>a4e40c4093d20fd7fb77a21b78373ab2</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915484">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58366" order="218">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bfafa642a5d273a5603d647e1f80f3bf.jpg</src>
      <authentication>60b3fa8bb79efbc8cc7fd92efc002bff</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="915515">
                  <text>fc^ «

■

' » &gt;^

« »•

• »

{L·it

jace i tiotei-aes-rosiesj

Gravure Artistique

Joseph DRAGO

&amp; COMMERCIALE sur MÉTAUX ::

39, Rue Gioffredo, 39, NICE

�Amaro Ojqjgéné
Uijioq

í(im]

Grandes Marques Recommandées de

BkANQllI
TIT

Distillerie à Vapeur :
PONT-MAGNAN
Téléphone 0-47

NICE

�^5Ï9 ^^35* ^BÍB* ■Sï^ vSS^ 3s^&amp;

II

^SS? ^^^9^^^9^S^&amp;3H5 ■^^^? ^9S93B9sS&amp; 399-35^93^^7

GRANDE BRASSERIE DE NICE
7 - 9 - 11 - 13

—

Boulevard de Riquier

—

NICE |

i
fA

|
»

,

Téléphone 2-04 - Adresse télégr. Rubensbière-Nice

its.

BIÈHE RÜBENS
Garantie pur Malt et Houblon

i

RECOMMANDÉE PAR TOUTES LES SOMMITÉS MÉDICALES

$ Fabrication Munich et Pilsen $
BIÈRE DE CONSERVE ET D'EXPORTATION
Livraison à. Domicile

n
dans les principales Villes du Littoral

�Haile d'Olives
GARANTIE PURE

Antoine-Auguste CIFFRÉO
9, Rue Colonna-d'Istria ,g
SPÉCIALITÉ

d'HUILE DE TABLE de lre QUALITÉ
Maison Fondée en 1860

Livraison à Domicile

�- 3 -

MAISON
EN

MAISON

FONDÉE

lia,

FONDÉE

EN 1843

1843

1ES
PREMIÈRES MARQUES

l·imçmnm et &amp;nglais&lt;

Loais ROOT
- Ffcu.e Centrale -

ais on Recommandée

1

�L'AMEUBLEMENT MODERNE
LA MAISON UNIVERSELLE

A. €OCHO!§
PROPRIÉTAIRE

Achetez tous vos Meubles à

L'AMEUBLEMENT MODERNE
Ancienne Maison JANION

A. COCHOIS

SUCCESSEUR

3 et 5, Rue Garnier, 3 et 5
Les plus vastes Magasins de Meables du Littoral

lliilâf»

MUTILIS
de tous Styles

de Villas et Appartements

- f ÂlIiillIJ
LINGE ET ACCESSOIRES

Maison de confiance — Prix très modérés

Achetez tout le complément d'une installation au

GRAND BAZAR D'UTILITÉ
^rv mniüuli

\

A COCHÓÌST " » • '
15 Rue du Palais NICE
Sa plus importante Jíîaison Niçoise fondée en 184-0
42; M4@4iX]IS SlPÉQÎA.'ÇrX $,2.

Contenant tout ce qui est INDISPENSABLE ou UTILE aux FAMILLES, VILLAS
RESTAURANTS, HOTELS :
Porcelaines - Cristaux

I

Ustensiles de Ménage

RAÏ0K8 SPÉCIAUX POUR ENFANTS

I

ORFÈVRERIE CHEISTOPLE - E1C.

I, RUE DU COURS
«s

|5f RUE DU PALAIS, 15

RUE DE L

* TERRASSE, 6

�ARMANAC NIÇART 1912
FENOUMENE ASTROUNOUMIQUE E CALCUL DOU TÈMS
PÈR L'AN DE GRACIA

COUMPUT ECLESIAST1C0

1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

NICE — 8, Avenue Masséna, 8 — NICE
TKLKPHONE

l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

En Vente

CHEZ MM. BONI FACE ET GIBERGE
±, ZR.u_e -A-llDerti,

±

EX-ELÈVE de L'ECOLE NATIONALE D'HORLOGERIE
et D'ÉLECTRICITÉ de CLUSES
ier diplôme et 2 médaille or

�GRANDS VINS - SPIRITUEUX - LIQUEURS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison

Hte PECOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :

6 7, RUE DE LA. TERRASSE =«»= =«»= = «» = = «» =
= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)
Téléphone 5-79
Téléphone 5 79

NICE

Comptoirs à

BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

2

11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
4
5
6
7
8
9
11)
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

&lt;4$ 45 é$í «p ÍJS ájf» áp «p

àfS &lt;# 4»

LA

«S»

«t» 4» 4® «£&gt; &lt;4* »t* 4* âfe» «sè

VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

50CIÉTE5

^^gjUaP^^

34,B?mc-nHHON

�iipi lllfíllll lin
••H»

2

-

ZLSTICIE

ISiae

t=*~

-A^ltoex-ti

—

2

SFÈGIALITÉ de
"-VXU5^."-FOURNITURES de MODES
ICIiBAWS,

SOIERIES.

TULLES,

IHl.Vl'EI.l.lCS

CHAPEAUX ET CAPOTES DEUIL - GANTS ET CRAVATES

MAISON PARISIENNE
Dépôt de Chapeaux de Paille &amp; Feutres
Dépôts de Fleurs et Plumes de Paris
SPÉCIALITÉ DE CHAPEAUX DE DEUIL

1, Place du Palais - NICE - Rue du Palais, 14

RIVIERA - SOUVENIR

m

LATTES

m

NICR — 4, A-Venixo de la Gare, 4
(SOUS LES ARCADES)

�-75 —

AU PESCADOU NIÇART
NIÇA —

PARRIÈRA

|3ENOIT-|3UNICO, 5

— NIÇA

&amp;rand a? sourtimen en article fle Pesca
MOUREDURS ET TREMOULINA ZZZ1
SPECTALTTA : MOUNTAGE DE CANA

CARR1E
OPTICIEN

S PÉCIALISTE
:3\iEécLsLÍll©

Marque dépn.se

DIPLÔMÉ

d'Or

GUSTAVE VESPi, SOCC.
O-iand Cla-oisc

&lt;3.©

z

LUNETTES, PINCE-NEZ, ACIER, NICKEL, ARGENT, OR
Faces à Main, Jumelles, Thermomètres, Baromètres, etc.
NICE — 15, Rus Hûtel-des-Postes, 15 - HICE

Grande Fabrique de Vermouth de Turin
MARTINI &amp; ROSSI
Successeurs de

MARTINI SOLâ &amp; 0le
Fournisseurs de LL. MM. les Rois d'Italie, d'Espagne
et de Portugal

Vermouth • Fernet • Marsala et Yino Chinato
8 GRANDS PRIX ET 40 MÉDAILLES DE T CLASSE

Entrepôts : 59, boulevard Gambetta, 59
••~&gt;5=3
m «es E;

�GIOLFO,
NICE

—

Opticien

30, Avenue de la «are, 30

—

NICE

Lunettes et Pince-nez depuis i jr. 50. — Pince nez or, argent, écaille. — Verres cylindriques pour astigmatisme. — Cristal
de Roche. — Jumelles et Longues-vues. — Lunettes automobiles. —
Alcoomètres. — Pèse-vin, lait, sirop, etc. — Thermomètres médicaux. — Thermomètres de bains. — B romélres et Thermomètres. —
Atelier de réparations en tous genres.

DRAPERIES HAUTE NOUVBAUTÉ
FRANÇAISES ET ANGLAISES

Ancienne Maison AUDIFFRET Frères
Fondé©

©33.

1783

J.-F. TEISSIER &amp; Cie, Successeurs
La plus ancienne et la plus renommée
pour la rente de la belle draperie de toute la Région

MELANDRI &amp; BARATTA, Successeurs
NICE

-

4, Rue Sainte-Réparate, 4

DESSINS

-

NICE

EXCLUSIFS

MAISON DE DROGUERIE
Téléphone e-88

FONDÉE

EIÏ

Téléphone e-88

IS«©

Gustava VESPA
NICE — S, Rue Sainte-Réparate, S — NICE
DROGUERIE COLONIALE
Vernis et Couleurs,

Huiles, Essences,

FOURNITURES POUR HOTELS

Brosseries Pinceaux, Eponges
-

VERRE

à

VITRE

Savons de toutes sortes, pétroles, produits de propreté et

à

polir

�En quelques Heures
— Voulez-vous guérir les Rhumes, Catarrhes, Grippe, Influenza et toute espèce de Toux ?
Prenez le Sirop Faraut et la Pâte Faraut aux violettes de
Nice. Remède sérieux, 35 ans de succès.
— Voulez-vous guérir de la Migraine, Mal de tête, Névralgie ?
Prenez les Pilules Faraut.
— Voulez-vous guérir du Mal de Dents à l'instant ?
Employez le Dentaire Faraut.
— Voulez-vous vous débarrasser des Cors aux pieds en 8
jours ?
Employer le Corricide Faraut.
— Voulez-vous augmenter le sang chez une personne anémique, ayant palpitations et pâles couleurs ?
Buvez le Vin Faraut à la Centaureïne ferrée.
ON TROUVE LES PRODUITS MERVEILLEUX A LA

PHARMACIE FARAUT, au Pont Garibaldi, NICE

ENGRAIS CHIMIQUES
CARBONATES, CHLORURE, NITRATES, PHOSPHATES,SUPERPHOSPHATES
SULFATES, SANG DESSÉCHÉ, SÉSAMES, INSECTICIDES &amp; SOUFRES

Toutes Graines pour Semences
Ie* Prix, Diplômes d'Honneur • (Chevalier du Mérite Agricole)

25 Médailles

NICE — Pont-Magnati — NICE

COMPAGNIE. TRO YEN NE
MAISON

SPÉCIALE POUR LA BONNETERIE

5PÉCIALITÉ DE nAIL.L,OT5

POUR THÉATRE5

Dépôt de la Bonneterie du Docteur JAEGER
MAISON

FONDÉE

ENim

OflQlfl

Duoiu

rreres

CHAIIAA

MAISON

FONDÉE

ENi820

6, Rue S&lt;e-Réparate, et 16, Rue de la Préfecture, NICE

�- 78 -

PHARMACIE NÛMALE
English &amp; American Chemist Dentsch Apoteke

J/ice — th5, Jtfvenue de la Çare et T(ue d'Jîmérique
V. ROSTAGNI, Pharmacien
Ouverte toute la nuit

Laboratoire Spécial

d'Analyses

Téléphone

A.

Médicales

O-66

BLANCHI

NICE — 20, Boulevard Mac-Mahon — NICE
MÉDAILLES

Milan - ÎOOG

D'OR

Londres - 1©08

ANCIENNE

MAISON

BOSIO

Veuve Marie PONZIO
NICE — 20, Rue de la Préfecture, 20
ASSORTIMENT

— NICE

D'ARTICLES DE FANTAISIE

PHARMACIE-DROGUERIE CENTRALE
DU

A\IDI

NICE — 2, Boulevard du Pont Vieux, 2 — NICE

M. 1©§1Â(MI
Pharmacien

ex-in terne

des

Hôpitaux

LABORATOIRE de PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Téléphone 0-67

&lt;-®-

18, Hue Seguraue

�GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS

Trois Quartiers
4-6, Boulevard du Pont-Vieux, NICE

Caraven, Ladour &amp; Cie

Nouveautés - Vêtements

Ameublements

ARTICLES DE MÉNAGE
lies plus Vastes
ET VENDANT

lie Meilleur JVIat*ehé
zsfi=^=
i

Téléphone 1-88

ENTREE

LIBRE

=^=553

Téléphone 1-88

�- 8o -

TAI LLEU R

N1GE

—:-

34,

-«

Rue

PRIX

—:—

MODÉRÉS

COUPE GARANTIE
TÉLÉPHONE

Droite

—o—

1-82

NICE

*

TRAVAIL SOIGNÉ

HOUSE ft ESTATE AGENCY

AGENCE

LATTÈS

La plus ancienne fondée en

Amédée LATTES,

1842

DIRECTEUR

—®—
TRANSACTIONS

IMMOBILIÈRES

JKai^n^ 4^ rLaporçt, §ôtel$, Wi\h$, $t\\ún$, §ïty\UUji
location- &lt;)e

^t-ffa*

eï t)

CSX.ppaï/temetvtA

NICE - 10, Avenue Félix-Faure (Le Grand-Hôtel) - NICE

CENA-ZANDOTTI Fils
Succeí Acut
-

MAISON

FONDÉE

ghemin de ^ont-^jlbon
fue §e Haeyer

—

EN 1869

'

gue godcré prolongée
NICE

�Application Générale de l'Électricité
Consti»aeteai»xEleetPieien
Entpepeeneap de la Ville de Jiiee
Appareils Électriques - Poses et Abonnements - Iyumière Electrique - Paratonnerres - Réparations - Téléphones. „ v-j^

5, Rue Deloye, 5
Téléphone 14-15

12, Rue Hôtel-des-Postes, Ï2

— «».—

MICE

— «»—

Téléphone 14-15

AMEUBLEMENTS
façon
Jnsfallcttions de Villas et jîpparferrjenfs Tapissier à

Décorations
Sièges -s- Tentures
-~=^.&lt;=^
Coupe de Housses -s- Sommiers, etc.

DIS, Bautevard dactubatti» ttd
—==

NICE

==^-

■» ■ 4-

^

Cravcrujr en

genres

f

jPr/ar Jtfodérés

*&amp;zfc
x x

$§™g§&lt;

GRANDE BOUCHERIE
Etal de ire classe «1=1* Veau de Vichy .
x x Maison Fondée en 1830 x x X

jfrançoiô ||
— n» *ae de la Boaeherie, 11 —
Fournisseur d'Hôtels, Villas et Yachts
—o—
LIVRAISON A DOMICILE
—o—

11

GRANDE TRIPERIE NIÇOISE
bis, Rue de la Boucherie,
bis

11

X

�— 82 —

PHARMACIE AMICI
NICE — 6, Rue Centrale — NICE

La PELA.DE est guérie radicalement par le

PARASÏTÏCÏBE
(Nombreuses Attestations)

EMÜLSION D'HUILE DE FOIE DE MORUE AMICI
Pharmacie

ouverte

to 11 to

la nuit

CAISSE DE CREDIT DE NICE
1 - Rue Guiernaîis - 1
La Caisse de Crédit de Nice fait toutes opérations
de Banque et de Bourse ; elle reçoit en dépôt de garde
les titres et valeurs, bijoux, argenterie, etc. Location de
compartiments de coffres-forts.

AGENCE PL 8ARABN
FONDÉE El 1901

Ventes Immobilières et Commerciales, Villas, Terrains,
Maisons de Rapport, Propriétés, Fonds de Commerce, Cession
de Charges Ministérielles, Prêts hypothécaires (seul genre
de prêt), Renseignements Gratuits.
t. SÌue ^atitiez, ('*«• étag.e)
úbiíicaux 3e 9 à i% et 2 à 6

L/ire tous les Dimanches :

La CROIX des Alpes Maritimes
Seul journal catholique paraissant toute l'année
Administration : 6, Passage Gioffredo — NICE

a

m

�— 83 —

Anciennes Armoiries de Nice I

•1578

1600

FERNET-BRANCA
Spécialité dei Fratelli Branca — MI L AN O
Amer tonique
::
:: |
27, rue Gounod, 27
:: :: Apéritif digestif 1
(Impasse Mozart)
TÉLÉPHONE S-2S
Y
NICE ■&gt; *
j
B_—

�- 84 -

TAULA

Armanac Nieart 1912

pages

5,

Fenoumene, li sesoun, Festa moubili, lu esc'issi, lu vènt, vigilia e jeuni

—

6

L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

le.i.0.0.
ÌBÊZlEBSl

�MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS !!!

rnara Blanqai
Oonsaerat per ben carant'an
Medagliat a touti li Kspousissioun
IPlusieur Gran-Premi
An mès Hors Concours l'inimitable
Apéritif ch'es

L'AMARA BLANQUI
Restat, maougrà touti li imitassioun,
lou plus agréable
lou plu igienico e lou plu appressia
da tou i
Buvès l'Amar Nissart aï pourtugal de Nissa :

VIVA L'AMARA BLANQUI !
íouara Nissa, toui vous dioun :

L'AMARA BLANQUI !
Voilà l'Amer* à boire !
EXIGEZ LE VÉRITABLE NOM !!!

�fi

HOTEL QUISSE

j] NICE — (Aux Ponchettes, au bord de la Mer) — NICE

rjj

U!

f|

Maison Suisse d'ancienne réputation, située dans le
lu
quartier le plus chaud de, Nice. — Entièrement abrité
des vents de l'Est et du Nord. — Vue superbe sur ta
baie des Anges. — Ascenseur. — Chauffage Central
à eau chaude partout. — Installations sanitaires à
l'Anglaise. — Confort moderne. — Grand jardin en
plein Midi. — Prix modérés. — Téléphone U-23.

i
1

I

J.-P. HUG, Propriétaire

A LA MENAGERE

[U

•s

Li

LES

NICE &amp;

PLUS VASTES MAGASINS DE LA RÉGION
GRANDES RÉCLAMES TOUS LES LUNDIS

GROS :: :: ::

\f

JLJLNI F""*

: DEMI-GROS

MALAUSSENA Frères
12, Rue Saint-FraDçois-de-Paule. 12 — NICE
(4 côté île V Hôtel de-Ville et de l'Opéra)

IU

\

VINS FINS &amp; LIQUEURS de toutes Marques
Spécialités de CAFÉS GRILLÉS et MÉLANGÉS de choix

ï
|

li

L·IBRAIRXE ESCOFFIER f

m
ÉPICERIE &amp; CHARCUTERIEÜ

3,

IMHCC

Masxcn», 3 — NICE

il'

(UNDKR THE ARCADE)

I

I

English et And Américan

Book-Store

PICÎIRE8, ÏSÍRAV1XW, PHOTOS, FRÍMIS AM STATIOMRÏ

CIR CUL ATING

LIBRARY

g^t=;p[=i^i=;p3e=;^ic=,?q?3c=;^c=;^[=;^ic;p3erft

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="58367" order="219">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8062d08ee7b4619e884478e3dff2045a.jpg</src>
      <authentication>502dc336adacd6860ae368a425a9b7ac</authentication>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="463515">
            <text>Languedoc-Roussillon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="163">
        <name>Type de périodique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="463517">
            <text>Almanacs = Almanachs</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="463519">
            <text>Provençal</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463495">
              <text>Armanac niçard. - 1922</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463497">
              <text>Almanachs occitans</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463521">
              <text>Nissart (dialecte)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463522">
              <text>Littérature nissarte</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463523">
              <text>Nice (Alpes-Maritimes ; région) -- histoire</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463498">
              <text>Armanac niçard 1922</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463499">
              <text>Eynaudi, Jules (1871-1948). Directeur de publication</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463501">
              <text>imp. de l'Eclaireur de Nice (Nice)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463502">
              <text>1922</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463503">
              <text>Domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463504">
              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/5d03856a746d9f467445231234c57ef0.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463505">
              <text>http://www.sudoc.fr/038560712&#13;
</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463506">
              <text>Armanac nissart (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13228"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463507">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463509">
              <text>1 vol. (211 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463508">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463510">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463511">
              <text>publication en série imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463512">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/14178</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463513">
              <text>FRB340325101_Al11-12_1922</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463514">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463516">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463518">
              <text>2016-12-05</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="37">
          <name>Contributor</name>
          <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="463520">
              <text>Devoluy, Pierre (1862-1932)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463788">
              <text>Evenos, Adèle d'</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463789">
              <text>Jaubert, Eugène</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463790">
              <text>Blanchi, Marius</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463791">
              <text>Doublet, Georges (1863-1936)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463792">
              <text>Nadir, Paul</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463793">
              <text>Rondelly, Menica (1854-1935)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463794">
              <text>Giordan, Joseph (1878-1963)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463795">
              <text>Isnard, Pierre (1881-1970)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463796">
              <text>Cappatti, Louis (1886-1966)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463797">
              <text>Canestrier, Paul</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="463798">
              <text>Bres, Giuseppe</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="818271">
              <text>Armanac nissart. - 1922 </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="823523">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers AL 11</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="601525">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="601526">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="601527">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="644223">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="876804">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="2087">
      <name>Conte occitan = Conte occitan</name>
    </tag>
    <tag tagId="1471">
      <name>Fablas occitanas = Fables occitanes</name>
    </tag>
    <tag tagId="1922">
      <name>provèrbis e expressions en occitan = proverbes et expressions en occitan</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
